Des soupçons de botulisme reviennent sur la table un an, jour pour jour, après l’anniversaire mortel d’Ambohimalaza et quelques jours après une vague de contrôles menés par le ministère du Commerce et de la Consommation dans les grandes surfaces d’Antananarivo, d’Antsirabe et de Diana. .
Quatre membres d’une même famille, originaires d’Antsirabe, ont été transférés au Centre hospitalier universitaire Joseph Ravoahangy Andrianavalona (CHU-JRA), dans la capitale. « Les malaises sont apparus après la consommation de charcuterie achetée dans une grande surface d’Antsirabe. La piste du botulisme est sérieusement envisagée », confie une source hospitalière. Faute de plateau technique adapté sur place, les patients ont dû être acheminés à Antananarivo. Deux d’entre eux seraient désormais stabilisés, les deux autres restant sous étroite surveillance médicale.
Dans un autre établissement de la capitale, deux personnes supplémentaires sont prises en charge pour un tableau clinique comparable. Là encore, le mal proviendrait de charcuterie, cette fois achetée à Antananarivo même.
Ces signalements ont placé les autorités en état d’alerte. Par précaution, l’ensemble des produits de charcuterie aurait été retiré des rayons de plusieurs grandes surfaces, dans la capitale comme en province, puis entreposé en chambre froide, le temps que des prélèvements partent au laboratoire. « L’État a renforcé ses interventions à la suite des cas recensés à Antsirabe et à Antananarivo », souligne la ministre du Commerce et de la Consommation, Haingotiana Andriamadison.
Dans une seule enseigne de la capitale, les marchandises consignées auraient rempli plus de sept chariots, désormais placés sous scellés. Leur sort dépendra des analyses : retour en vente si rien d’anormal n’est décelé, destruction pure et simple en cas de danger avéré. La ministre a rappelé aux commerçants leur obligation de garantir la qualité des denrées et, surtout, de respecter sans faille la chaîne du froid, dont la rupture favorise la prolifération bactérienne.
Du côté des soignants, un appel se fait pressant : rendre enfin disponibles, à Madagascar, les antidotes contre la toxine botulique, alors que les épisodes se multiplient et que, pour les patients, chaque heure compte.
Faut-il rappeler que dans la nuit du 14 au 15 juin 2025, plusieurs dizaines de convives avaient péri après un repas de fête, lors de ce qui reste dans les mémoires comme une « journée noire ».
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