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	<title>Madagascar-Tribune.com</title>
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	<description>L'actualit&#233; &#224; Madagascar. Informations politiques, &#233;conomiques, sociales, culturelles et sportives. Tourisme, m&#233;t&#233;o, guides pratiques, dossiers et reportages.</description>
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		<title>Madagascar-Tribune.com</title>
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		<title>2028 : la campagne a-t-elle d&#233;j&#224; commenc&#233; (dans les coulisses du faux) ?</title>
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		<dc:date>2026-05-29T05:24:11Z</dc:date>

      <pubDate>Fri, 29 May 2026 08:24:11 +0300</pubDate>

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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



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&lt;p&gt;Abstract : Ou comment la popularit&#233; num&#233;rique se fabrique-t-elle &#224; la commande ? La page de Siteny aligne 808 000 followers et 96 % d'avis favorables. Mais derri&#232;re un seul post, cinquante profils pass&#233;s syst&#233;matiquement et exhaustivement au crible r&#233;v&#232;lent une arm&#233;e de comptes flambant neufs, orn&#233;s de visages de synth&#232;se. Bienvenue dans le th&#233;&#226;tre du faux consensus, o&#249; l'on cherche d&#233;j&#224; peut-&#234;tre moins &#224; convaincre qu'&#224; dissuader. Eternelle pr&#233;f&#233;rence d'une classe politique qui, une fois (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://m.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L150xH100/logo_720-46-1d10b.jpg?1780032279' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Abstract : Ou comment la popularit&#233; num&#233;rique se fabrique-t-elle &#224; la commande ? La page de Siteny aligne 808 000 followers et 96 % d'avis favorables. Mais derri&#232;re un seul post, cinquante profils pass&#233;s syst&#233;matiquement et exhaustivement au crible r&#233;v&#232;lent une arm&#233;e de comptes flambant neufs, orn&#233;s de visages de synth&#232;se. Bienvenue dans le th&#233;&#226;tre du faux consensus, o&#249; l'on cherche d&#233;j&#224; peut-&#234;tre moins &#224; convaincre qu'&#224; dissuader. Eternelle pr&#233;f&#233;rence d'une classe politique qui, une fois encore, soigne son image au lieu d'&#233;couter ceux qu'elle pr&#233;tend servir. D&#233;cryptage d'une mise en sc&#232;ne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20654 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L443xH638/illustration-8-e50dc.jpg?1780030727' width='443' height='638' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a des chiffres qui ont la rondeur tranquille de l'&#233;vidence. Voil&#224; ce qu'a offert, un matin, un post sur la page Facebook du pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e nationale : deux nombres align&#233;s comme des m&#233;dailles. 807 000 abonn&#233;s. 97 % d'opinions favorables. Et un message limpide, qui s'en d&#233;gage tout seul : Siteny est un homme appr&#233;ci&#233;. Aim&#233; &#8230; pl&#233;biscit&#233;&#8230; port&#233;. Les 900 000 followers d&#233;j&#224; &#224; port&#233;e de main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait s'arr&#234;ter l&#224;, hocher la t&#234;te et passer son chemin, comme nous le faisons mille fois par jour devant ces indicateurs abstraits qui ont remplac&#233; le suffrage. 800 000 followers, why not &#8230; La page Andry Rajoelina en compte 1,2M &#8230; Pour ce que &#231;a lui a servi &#8230; Quant &#224; RA8, &#224; titre indicatif, il en recense 1100.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le 96 % interpelle. Quatre-vingt-seize pour cent de gens contents&#8230; d'un homme politique ? &#192; Madagascar ? En 2026 ? Dans un pays qui n'est pas sorti de l'effondrement, qui se d&#233;chire sur la rue et les treillis, sur Base Toliara, sur les amiti&#233;s russes et les financements de Duba&#239; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait mati&#232;re &#224; douter. La politique, par construction, divise, clive, agace. Un score d'unanimit&#233; sovi&#233;tique &#8212; tiens donc &#8212; ne d&#233;crit jamais une opinion. Il d&#233;crit une mise en sc&#232;ne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La descente dans la salle des machines&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il ne fallait pas m'interpeller&#8230; J'ai donc fait cette chose incongrue &#224; l'&#232;re du zapping : j'ai cliqu&#233;, cliqu&#233;, cliqu&#233;. Non pas sur le score &#8212; mais sur les profils cens&#233;s se presser derri&#232;re. Le post &#233;tait une &#171; &lt;strong&gt;belle b&#234;te&lt;/strong&gt; &#187; : 9 100 like, 2 000 commentaires, 259 partages. J'ai relev&#233; &#224; la main &lt;strong&gt;strictement les soixante premiers&lt;/strong&gt; commentateurs : nom, sexe, date de cr&#233;ation, nombre de followers ou d'amis, nombre de publications. Boulot de greffier &#8212; l'ennui m&#233;thodique de celui qui compte les fagots pendant que les autres admirent le feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et se r&#233;v&#232;lent des fissures. Premi&#232;re fissure : les dates de cr&#233;ation. Une grappe enti&#232;re surgie de nulle part entre fin 2025 et d&#233;but 2026. Huit en d&#233;cembre. Onze en janvier. D'autres en f&#233;vrier, mars, avril. Une quarantaine de profils flambant neufs, peu d'abonn&#233;s, peu de publications, &#233;clos juste &#224; temps pour la f&#234;te&#8230; des taux d'adh&#233;sion qui contredisent un nombre de publications d&#233;risoire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or Siteny n'est pas un nouveau-n&#233; de la vie publique : voil&#224; plus de dix ans qu'il l'arpente. Une vraie audience se s&#233;dimente par couches, par ann&#233;es. Celle-ci &#233;tait tomb&#233;e d'un coup. Comme un d&#233;cor qu'on d&#233;balle avant la premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:red&#034;&gt;On n'avait pas une foule de partisans, mais un peuplement : des coquilles v&#234;tues de minois emprunt&#233;s ou r&#234;v&#233;s par un algorithme, align&#233;es pour faire nombre&#8230; faire consensus.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seconde fissure, plus d&#233;rangeante. Une tr&#232;s grande partie de ces profils arboraient des portraits de jeunes femmes&#8230; Invariablement s&#233;duisantes&#8230; Soigneusement &#171; typ&#233;es &#187; &#8230; Normal : &#231;a maximise l'acceptation des demandes d'amis et le taux de clic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que ces femmes n'existent pas : les unes sortent de banques d'images, les autres sont fabriqu&#233;es par intelligence artificielle&#8230; et sans g&#233;nie &#8212; cette anatomie qui se d&#233;robe d&#232;s qu'on insiste du regard, ces rat&#233;s que la machine laisse tra&#238;ner. Un profil masculin aussi, beau gar&#231;on de catalogue. Sur les premiers profils pass&#233;s au crible d'une recherche d'image invers&#233;e : trois sur quatre, FAUX. On n'avait pas une foule de partisans, mais un peuplement : des coquilles v&#234;tues de minois emprunt&#233;s ou r&#234;v&#233;s par un algorithme, align&#233;es pour faire nombre&#8230; faire consensus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soyons honn&#234;te&#8230; Tout n'&#233;tait pas faux : j'y ai aussi crois&#233; de vrais comptes, anciens, vivants, parfois critiques m&#234;me. La page m&#234;le les deux, une audience r&#233;elle et &lt;strong&gt;une amplification artificielle qui la grossit&lt;/strong&gt;. Je p&#232;se mes mots : j'&#233;tablis qu'on gonfle, je n'affirme pas qui &#171; souffle dans le ballon &#187;. Il s'agit de documenter un fait, pas une intention&#8230; et laisser &#224; d'autres le soin des proc&#232;s. Mais le fait, lui, tient debout.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'art de vaincre sans combattre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Reste la question : pourquoi peupler une page d'avenants avatars avenants ? Il faut redescendre de vingt-cinq si&#232;cles, jusqu'&#224; Sun Tzu, qui consignait dans L'Art de la guerre la phrase qui &#233;claire tout : &#171; L'excellence supr&#234;me consiste &#224; soumettre l'ennemi sans combattre. &#187; Le faux consensus comme ici ne cherche pas &#224; convaincre &#8212; il cherche &#224; dissuader l'ennemi, le concurrent. Ces 807 000 abonn&#233;s, ce mur de commentaires laudateurs ne sont pas un argument : ils sont un rempart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le message n'est pas &#171; voici pourquoi cet homme a raison &#187;&#8230; Le message dit : &#171; regardez comme il est d&#233;j&#224; puissant &#187;. &#192; quoi bon s'y opposer ? Vous seriez seul. Vous seriez ridicule. Rentrez chez vous. La bataille est gagn&#233;e avant d'&#234;tre livr&#233;e, sans un coup, par la seule mise en sc&#232;ne de la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:red&#034;&gt;&#171; la preuve sociale &#187; : face &#224; l'incertitude, l'humain se tourne vers ses semblables pour d&#233;cider quoi penser. Le nombre devient boussole.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le ressort log&#233; dans nos t&#234;tes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le plus g&#234;nant, c'est que cela fonctionne &#8212; parce que la man&#339;uvre ne s'attaque pas &#224; nos opinions mais &#224; des m&#233;canismes que nous portons tous de mani&#232;re anthropologique, planqu&#233;s sous la raison. Le premier m&#233;canisme, les psychologues le nomment &#171; la preuve sociale &#187; : face &#224; l'incertitude, l'humain se tourne vers ses semblables pour d&#233;cider quoi penser. Le nombre devient boussole. &#171; Beaucoup approuvent, donc ce doit &#234;tre bon. &#187; Notre jugement, paresseux et gr&#233;gaire, d&#233;l&#232;gue &#224; la foule le soin de trancher. M&#234;me quand la foule est en carton-p&#226;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:red&#034;&gt;&#171; la spirale du silence &#187;. Qui se croit minoritaire se tait, par cette peur ancestrale de l'isolement, souvent plus forte que la conviction.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second m&#233;canisme est plus retors : &#171; la spirale du silence &#187;. Qui se croit minoritaire se tait, par cette peur ancestrale de l'isolement, souvent plus forte que la conviction. Et chaque silence &#233;paissit l'illusion majoritaire, qui fait taire le suivant. Le faux consensus fabrique du vrai silence &#224; partir de faux applaudissements. &#192; ce stade, la machine peut s'arr&#234;ter de tourner : elle a fait son nid dans les t&#234;tes et s'entretient toute seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre sociologue de r&#233;f&#233;rence, G&#233;rald Bronner&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je ne saurais trop recommander de l'excellent Bronner trois ouvrages de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, a donn&#233; un nom savant &#224; ce peuple de figurants : &#171; le calibrage social &#187;, cette mani&#232;re dont les r&#233;seaux faussent notre perception de qui est majoritaire. Sur le march&#233; cognitif qu'il d&#233;crit, on ne truque plus seulement l'information &#8212; on truque la popularit&#233;. Et notre cerveau, dans sa gr&#233;garit&#233; ancestrale, y mord &#224; plein neurones. C'est ainsi qu'on gagne sans combattre : non pas &#233;craser l'adversaire, mais le persuader, doucement, qu'il a d&#233;j&#224; perdu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le contre-poison &#233;tait &#224; port&#233;e de clic&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Que faire, alors, devant un d&#233;cor qu'on sait enfin reconna&#238;tre ? La r&#233;ponse, ironie d&#233;licieuse, g&#238;t dans le m&#234;me vieux livre. Car le strat&#232;ge qui enseignait la ruse enseignait aussi son rem&#232;de : &#171; Connais ton ennemi et connais-toi toi-m&#234;me, tu ne seras jamais en p&#233;ril. &#187; La parade &#224; Sun Tzu, c'est de nouveau Sun Tzu : la connaissance. La v&#233;rification. Le refus obstin&#233; de prendre le compteur pour la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:red&#034;&gt;La d&#233;mocratie num&#233;rique nous a vendu une promesse empoisonn&#233;e : la mesure comme v&#233;rit&#233;, le &#171; like &#187; comme bulletin.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce que j'ai fait ici n'a, je le confesse, rien d'h&#233;ro&#239;que. C'est lent, laborieux, presque sot&#8230; Cliquer. Regarder les visages. Noter des dates sur un tableur. Glisser une photo dans un moteur de recherche invers&#233;e. Voil&#224; tout l'arsenal &#8212; et c'est parce que personne ne prend ce temps que la mise en sc&#232;ne prosp&#232;re. La d&#233;mocratie num&#233;rique nous a vendu une promesse empoisonn&#233;e : le nombre comme v&#233;rit&#233;, le &#171; like &#187; comme bulletin. Mais le nombre ment aussi bien qu'il parle &#8212; d'autant mieux, d&#233;sormais, que les visages s'ach&#232;tent au kilo&#8230; et se g&#233;n&#232;rent &#224; la commande. Bien s&#251;r, beaucoup sur les r&#233;seaux sociaux se cachent derri&#232;re de faux portraits &#8230; C'est le mod&#232;le syst&#233;matique qui interroge.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20655 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://m.madagascar-tribune.com/IMG/jpg/faux_1024.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH201/faux_1024-5afff.jpg?1780032279' width='500' height='201' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:red&#034;&gt;On rode les outils, on calibre les fermes &#224; comptes, on apprend &#224; fabriquer de la ferveur. Pour le jour o&#249; il faudra fabriquer un vainqueur.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que r&#233;v&#232;le, au fond, cette petite industrie du faux applaudissement ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un m&#233;pris. Tranquille, presque administratif, de l'&#233;lecteur. Fabriquer un consensus, c'est parier que personne ne v&#233;rifiera. Que les Malgaches gobent les chiffres ronds comme une rumeur de march&#233;. Bref : qu'&lt;strong&gt;on nous prend pour des imb&#233;ciles&lt;/strong&gt;. Et le calendrier donne &#224; ce m&#233;pris toute sa saveur : 2028 approche. Ce n'est probablement pas une lubie de communicant en mal de likes, mais un banc d'essai : on rode les outils, on calibre les fermes &#224; comptes, on apprend &#224; fabriquer de la ferveur. Pour le jour o&#249; il faudra fabriquer un vainqueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:red&#034;&gt;Le citoyen qui doute, qui clique, qui compte les fagots pendant que les autres admirent le feu, exerce la fonction la plus d&#233;mocratique qui soit : la contradiction&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; la seule parade qui vaille, et elle n'a rien d'h&#233;ro&#239;que : la vigilance&#8230;T&#234;tue, permanente, ennuyeuse. V&#233;rifier ne doit plus &#234;tre un r&#233;flexe de parano&#239;aque&#8230; c'est un devoir civique. Dans un espace o&#249; la popularit&#233; se truque aussi facilement qu'une photo de profil, le citoyen qui doute, qui clique, qui compte les fagots pendant que les autres admirent le feu, exerce la fonction la plus d&#233;mocratique qui soit : la contradiction. Celle qui emp&#234;che le d&#233;cor de passer pour la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;mocratie ne meurt pas seulement sous les coups de force&#8230; elle s'&#233;tiole aussi sous les consensus fabriqu&#233;s, faute de voix pour dire &#171; ces chiffres mentent &#187;. Le contre-pouvoir tient dans un geste minuscule et obstin&#233; : refuser de croire sur parole. Et le r&#233;p&#233;ter. &#192; chaque chiffre trop rond, &#224; chaque unanimit&#233; trop belle. Jusqu'aux urnes &#8212; et apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) Mai 2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11864032566a1cab53adbd90.57140162&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je ne saurais trop recommander de l'excellent Bronner trois ouvrages de r&#233;f&#233;rence : &lt;i&gt;Apocalypse cognitive, La D&#233;mocratie des cr&#233;dules, &#192; l'assaut du r&#233;el&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Madagascar, Justice d&#233;faillante, transition d&#233;faillante</title>
		<link>https://m.madagascar-tribune.com/Madagascar-Justice-defaillante-transition-defaillante.html</link>
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		<dc:date>2026-05-21T05:20:10Z</dc:date>

      <pubDate>Thu, 21 May 2026 08:20:10 +0300</pubDate>

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		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La pi&#232;ce qu'on rejoue tous les quinze ans &lt;br class='autobr' /&gt;
On la conna&#238;t pour l'avoir &#233;nonc&#233;e 100 fois cette &#233;num&#233;ration de dates : 1972, 1991, 2002, 2009, 2025&#8230; &#192; r&#233;p&#233;ter le m&#234;me sc&#233;nario, on aurait pu esp&#233;rer que les acteurs finissent par trouver du sens &#224; la pi&#232;ce&#8230; Eh bien non. Les acteurs sont mauvais, les sc&#233;naristes sont mauvais, le d&#233;cor s'use et tombe en ruine&#8230; et l'intrigue reste identique avec le m&#234;me d&#233;sesp&#233;rant d&#233;nouement : un r&#233;gime tombe sous la pression de la rue, une &#171; transition &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://m.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L150xH100/logo-19-7b956.jpg?1779340812' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20619 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L418xH523/illustration-7-b78e0.jpg?1779307206' width='418' height='523' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pi&#232;ce qu'on rejoue tous les quinze ans&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On la conna&#238;t pour l'avoir &#233;nonc&#233;e 100 fois cette &#233;num&#233;ration de dates : 1972, 1991, 2002, 2009, 2025&#8230; &#192; r&#233;p&#233;ter le m&#234;me sc&#233;nario, on aurait pu esp&#233;rer que les acteurs finissent par trouver du sens &#224; la pi&#232;ce&#8230; Eh bien non. Les acteurs sont mauvais, les sc&#233;naristes sont mauvais, le d&#233;cor s'use et tombe en ruine&#8230; et l'intrigue reste identique avec le m&#234;me d&#233;sesp&#233;rant d&#233;nouement : un r&#233;gime tombe sous la pression de la rue, une &#171; transition &#187; s'installe avec son lot de promesses de refondation, de moralisation, de r&#233;conciliation&#8230; Et puis le rideau retombe sur une distribution identique, qui reprend sans la moindre inspiration les m&#234;mes mises en sc&#232;ne, avec la m&#234;me gourmandise, et qui pr&#233;pare d&#233;j&#224; le public &#224; l'oubli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;crivais en octobre 2025&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, au lendemain du basculement, que la transition ne pouvait &#234;tre cr&#233;dible que si elle s'accompagnait d'une v&#233;ritable justice transitionnelle. Pas pour punir. Pas pour venger. Mais pour &#233;tablir la v&#233;rit&#233;, reconna&#238;tre les torts, r&#233;parer les victimes et garantir qu'on ne recommence pas. Une commission ind&#233;pendante v&#233;rit&#233; et justice. Un r&#233;cit officiel, document&#233;, des d&#233;rives. Une r&#233;forme des institutions judiciaires,p&#233;nales, carc&#233;rales et s&#233;curitaires&#8230; En bref, un nouveau sc&#233;nario.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sept mois plus tard, force est de constater : &lt;strong&gt;c'est rat&#233;&lt;/strong&gt;. Comme c'&#233;tait rat&#233; en 1972, en 1991, en 2002 et en 2009. Et pour la m&#234;me raison qui revient comme un mauvais refrain : on a encore confondu &lt;strong&gt;r&#233;conciliation et oubli&lt;/strong&gt;. On a encore r&#233;int&#233;gr&#233; dans le jeu, sans reddition de comptes, les h&#233;ritiers de ceux qui avaient les mains les plus sales. Et l'&#233;lite (encore nos 72%)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, infatigable, s'est encore r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e &#224; l'identique &#8212; m&#234;mes int&#233;r&#234;ts, nouveaux visages, m&#234;me app&#233;tit&#8230; M&#234;me m&#233;pris&#8230; M&#234;me cynisme&#8230; M&#234;me irresponsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La refondation introuvable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a bri&#232;vement esp&#233;r&#233; que la nouvelle Ministre de la Justice puisse apporter le changement radical promis de longue date. On y a cru : elle devait servir de caution &#224; la l&#233;gitimit&#233; du pouvoir mis en place par la rue. Elle aurait d&#251; s'atteler &#224; ce qu'une &lt;strong&gt;justice transitionnelle&lt;/strong&gt; aurait d&#251; produire, &#224; savoir d'abord &lt;strong&gt;un grand m&#233;nage structurel&lt;/strong&gt; dans la maison judiciaire &#8212; au-del&#224; des annonces de poursuites contre Ravatomanga qui, on doit le reconna&#238;tre, nous ont r&#233;jouis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est par l&#224; qu'il fallait commencer. Par les fondations. Pas seulement par des coups d'&#233;clat m&#233;diatiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La justice ne s'occupe plus prioritairement de d&#233;sengorger les prisons, ni de r&#233;duire la d&#233;tention provisoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y avait &#8212; et il y a toujours &#8212; du travail. 915 magistrats pour 26 millions de justiciables. Moins de quatre pour 100 000 habitants. Des pr&#233;venus qui croupissent des ann&#233;es sans proc&#232;s. Une aide juridictionnelle inexistante pour ceux qui ne peuvent pas se payer un avocat ou &#171; graisser &#187; discr&#232;tement quelqu'un. Une culture punitive qui jette en prison celui qui a vol&#233; un poulet par n&#233;cessit&#233;, pendant que les vrais pr&#233;dateurs &#233;conomiques se prom&#232;nent tranquillement &#224; Duba&#239;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;taient l&#224; les chantiers de la &lt;strong&gt;refondation r&#233;elle&lt;/strong&gt;. Voil&#224; ce qu'aurait d&#251; &#234;tre l'agenda du minist&#232;re de la Justice de la transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de quoi, on assiste, m&#233;dus&#233;s, &#224; un glissement spectaculaire du centre de gravit&#233;. La justice ne s'occupe plus prioritairement de d&#233;sengorger les prisons, ni de r&#233;duire la d&#233;tention provisoire, ni de l'aide juridictionnelle aux plus pauvres. Elle s'occupe de &lt;strong&gt;nominations strat&#233;giques&lt;/strong&gt;, de &lt;strong&gt;dossiers politico-financiers&lt;/strong&gt; et de &lt;strong&gt;complots contre la s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 2026 : vague de nominations sur les postes les plus sensibles &#8212; Commissaire g&#233;n&#233;ral de la loi, parquets d'Antananarivo et de Fianarantsoa, juridictions financi&#232;res. Rotation quinquennale, nous dit-on. Soit. Mais le timing, le p&#233;rim&#232;tre, et le fait que le Conseil sup&#233;rieur de la magistrature soit pr&#233;sid&#233; par le Pr&#233;sident lui-m&#234;me, avec le ministre de la Justice en vice-pr&#233;sident, rendent l'argument fragile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La trahison des priorit&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ministre Fanirisoa Ernaivo, &#224; son cr&#233;dit, a pos&#233; des diagnostics justes &#8212; bien qu'il s'agisse de constats reconnus de longue date. Peines alternatives, travaux d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, libert&#233; sous caution pour les infractions mineures, humanisation de la d&#233;tention. Les mots sont les bons. Les pistes sont pertinentes. Sur le &lt;strong&gt;plan doctrinal&lt;/strong&gt;, c'est &lt;strong&gt;irr&#233;prochable&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;On annonce solennellement vouloir &#171; humaniser la d&#233;tention &#187;, mais on y recourt massivement pour des dossiers politiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais entre le doctrinal et l'op&#233;rationnel, il y a tout un monde. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment ce monde-l&#224; &#8212; celui des modalit&#233;s, des calendriers, des budgets, des d&#233;crets d'application, des indicateurs de suivi &#8212; qui reste, &#224; ce jour, d&#233;sesp&#233;r&#233;ment vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pendant que les annonces s'empilent, les mandats de d&#233;p&#244;t politiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, eux, pleuvent. Treize personnes poursuivies douteusement en avril 2026 pour &#171; tentative d'assassinat &#187;&#8230; Des militants Gen Z arr&#234;t&#233;s quelques jours plus tard pour &#171; atteinte &#224; la s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat &#187;. Paul Rabary et Yves Maurice Rakotoniaina incarc&#233;r&#233;s en mai pour &#171; d&#233;stabilisation &#187; et &#171; association de malfaiteurs &#187;. Amnesty International d&#233;nonce explicitement l'usage d'&lt;strong&gt;accusations vagues&lt;/strong&gt; pour r&#233;duire au silence des opposants et des voix critiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; le &lt;strong&gt;contraste insoutenable&lt;/strong&gt; qui devient le fil conducteur de cette transition : on annonce solennellement vouloir &#171; humaniser la d&#233;tention &#187;, mais on y recourt massivement pour des dossiers politiques. On promet la r&#233;duction de la d&#233;tention provisoire mais on multiplie les placements sous mandat de d&#233;p&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La main droite r&#233;pare ce que la main gauche aggrave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le d&#233;tenu ordinaire, lui, attend toujours son proc&#232;s dans une cellule con&#231;ue pour dix o&#249; ils sont quarante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'enfer carc&#233;ral, autre insupportable angle mort de la justice de la transition&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'il faut le redire, encore. Les chiffres sont r&#233;voltants &#224; force d'&#234;tre r&#233;p&#233;t&#233;s sans susciter de sursaut. Taux d'occupation moyen &#224; &lt;strong&gt;277 %&lt;/strong&gt;. Plus de &lt;strong&gt;1 000 %&lt;/strong&gt; dans certains &#233;tablissements, selon le Sous-Comit&#233; de l'ONU pour la pr&#233;vention de la torture qui qualifie ces conditions de &#171; &lt;strong&gt;cruelles, inhumaines et d&#233;gradantes&lt;/strong&gt; &#187;. La prison d'Antanimora, con&#231;ue pour 900 d&#233;tenus, en accueille plus de 4 000.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Six d&#233;tenus morts de faim &#224; Mananjary en octobre 2024. Pas de m&#233;dicaments. Pas d'eau.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La malnutrition est devenue end&#233;mique. Six d&#233;tenus morts de faim &#224; Mananjary en octobre 2024. Pas de m&#233;dicaments. Pas d'eau. Pas de s&#233;paration entre pr&#233;venus et condamn&#233;s. Pas de s&#233;paration entre mineurs et adultes. Et pour les malades psychiatriques, le summum du renoncement &#233;tatique : on les confie &#224; des structures religieuses o&#249; l'on pratique l'exorcisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; le pays r&#233;el. Voil&#224; ce dont la transition a h&#233;rit&#233;. Et voil&#224; ce qu'elle ne traite pas en priorit&#233;. Et c'est aussi ici qu'elle perd toute cr&#233;dibilit&#233; dans la l&#233;gitimation de sa sinc&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le test ultime : l'or, ou la sinc&#233;rit&#233; retrouv&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il fallait un seul crit&#232;re pour juger la sinc&#233;rit&#233; de l'agenda anticorruption de la transition, ce serait celui-l&#224; : que fait-on de l'&lt;strong&gt;or&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;le pouvoir communique fortement sur la chasse aux figures politiques de l'ancien r&#233;gime, sur les biens mal acquis, le FSM&#8230; Mais pas sur la reprise en main de la fili&#232;re aurif&#232;re.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour m&#233;moire, en 2024, le Guichet Unique d'Exportation, cens&#233; encadrer la fili&#232;re, avait enregistr&#233; &lt;strong&gt;douze kilos&lt;/strong&gt; d'or sur dix mois. Douze kilos. Quand on sait qu'&lt;strong&gt;au moins sept tonnes&lt;/strong&gt; quittent clandestinement le pays chaque ann&#233;e&#8230; Et probablement bien davantage. Soit, au cours actuel, plusieurs centaines de millions de dollars qui s'&#233;vaporent, blanchis dans l'immobilier de luxe &#224; Duba&#239;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pendant ce temps, le pouvoir communique fortement sur la chasse aux figures politiques de l'ancien r&#233;gime, sur les biens mal acquis, le FSM&#8230; Mais pas sur la reprise en main de la fili&#232;re aurif&#232;re. Pourtant identifi&#233;e depuis des ann&#233;es comme le foyer majeur &#8212; structurant &#8212; de la corruption malgache, avec ses sponsors hauts grad&#233;s, ses magistrats complices, ses op&#233;rateurs &#233;conomiques prot&#233;g&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, si la lutte anticorruption se contente de fixer les vaincus politiques sans d&#233;manteler les circuits &#233;conomiques structurants &#8212; or, douanes, transitaires, banques, soci&#233;t&#233;s-&#233;crans, complicit&#233;s transnationales &#8212; elle devient une arme de l&#233;gitimation du nouveau pouvoir. Pas une r&#233;forme de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qu'on doit, en honn&#234;tet&#233;, mettre dans la balance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On doit toutefois reconna&#238;tre qu'aucune transition n'op&#232;re dans un environnement vierge. Les contraintes existent. Elles sont r&#233;elles. Elles &lt;strong&gt;n'excusent rien&lt;/strong&gt; &#8212; mais elles &lt;strong&gt;expliquent&lt;/strong&gt; une partie des lenteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;strong&gt;contraintes budg&#233;taires&lt;/strong&gt; sont &#233;videntes : minist&#232;re de la Justice traditionnellement parent pauvre des arbitrages, prisons &#224; construire, magistrats &#224; recruter, tribunaux &#224; &#233;quiper&#8230; tout cela co&#251;te. Et si le support des PTFs se r&#233;duit, on n'est pas pr&#232;s de soulager le syst&#232;me satur&#233; sans r&#233;elle volont&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;strong&gt;contraintes administratives&lt;/strong&gt; ne sont pas moins &#233;videntes : on ne forme pas 500 magistrats en six mois &#8212; pour peu que le concours soit respect&#233; &#8212; et on ne rec&#226;ble pas une cha&#238;ne p&#233;nale d'un claquement de doigt. &#192; moins d'une r&#233;elle et sinc&#232;re volont&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;strong&gt;contraintes politiques&lt;/strong&gt; p&#232;sent aussi : dans le cadre d'une transition issue d'une rupture, en &#233;quilibre instable avec ses propres alli&#233;s, toucher au CSM, au statut du parquet, aux carri&#232;res des magistrats, c'est s'attaquer &#224; des corporations puissantes et &#224; des &#233;quilibres factionnels qu'on ne bouscule pas impun&#233;ment&#8230; &#192; moins d'un v&#233;ritable et sinc&#232;re courage politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les &lt;strong&gt;contraintes humaines&lt;/strong&gt; ne sont pas moindres : demander &#224; une magistrature traditionnellement soumise &#224; l'ex&#233;cutif de devenir, du jour au lendemain, ind&#233;pendante et exigeante, c'est esp&#233;rer qu'un d&#233;cret fasse ce qu'aucun d&#233;cret n'a jamais fait : transformer les habitudes. Le Journal officiel n'a nulle part acquis ce super-pouvoir. &#192; moins d'une sinc&#232;re et v&#233;ritable ambition politique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les contraintes ne sont jamais qu'&#224; moiti&#233; subies : l'autre moiti&#233; rel&#232;ve du choix.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout cela est vrai. Tout cela m&#233;rite d'&#234;tre dit. MAIS&#8230; aucune de ces contraintes n'explique pourquoi on a trouv&#233; le temps, l'argent et l'&#233;nergie politique pour mener une vague de nominations strat&#233;giques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(&#233;nergie politique BOF)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en mai 2026 et pour multiplier les mandats de d&#233;p&#244;t politiques, sans trouver les m&#234;mes ressources pour publier le premier d&#233;cret d'application des peines alternatives. Les contraintes ne sont jamais qu'&#224; moiti&#233; subies : l'autre moiti&#233; rel&#232;ve du &lt;strong&gt;choix&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans pour la transition. 730 jours. Le temps file. Et nous voil&#224;, sept mois apr&#232;s la rupture, avec une justice qui se mobilise sur des complots plut&#244;t que sur ses fondamentaux&#8230; Avec des prisons qui restent de honteux mouroirs&#8230; avec une &#233;lite qui se r&#233;g&#233;n&#232;re sous d'autres costumes&#8230; et avec une fili&#232;re aurif&#232;re dont les ma&#238;tres continuent tranquillement de saigner le pays &#224; blanc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transition sera jug&#233;e &#8212; par l'histoire et peut &#234;tre par les urnes, si elles sont sinc&#232;res &#8212; sur un crit&#232;re : sa justice aura-t-elle eu le courage de se lier elle-m&#234;me par des r&#232;gles ind&#233;pendantes opposables &#224; ses propres alli&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce stade, on a du mal &#224; r&#233;pondre oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on attend, sinc&#232;rement, qu'ils nous prouvent le contraire. A moins qu'on ne veuille poursuivre la s&#233;rie : 1972, 1991, 2002, 2009, 2025&#8230; 2036 ?&#8230;2043 ?&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) Mai 2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11864032566a1cab53adbd90.57140162&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/2025/10/18/les-chroniques-de-ragidro-transition-politique-a-madagascar-deux-ans-pour-restaurer-la-legitimite-par-la-justice/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://madagoravox.com/2025/10/18/les-chroniques-de-ragidro-transition-politique-a-madagascar-deux-ans-pour-restaurer-la-legitimite-par-la-justice/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/2026/05/07/les-chroniques-de-ragidro-madagascar-quand-28-dune-elite-signent-lacte-de-deces-dun-contrat-social/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://madagoravox.com/2026/05/07/les-chroniques-de-ragidro-madagascar-quand-28-dune-elite-signent-lacte-de-deces-dun-contrat-social/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/2026/04/24/les-chroniques-de-ragidro-madagascar-letat-citadelle/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://madagoravox.com/2026/04/24/les-chroniques-de-ragidro-madagascar-letat-citadelle/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/2026/04/24/les-chroniques-de-ragidro-madagascar-letat-citadelle/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://madagoravox.com/2026/04/24/les-chroniques-de-ragidro-madagascar-letat-citadelle/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(&#233;nergie politique BOF)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Madagascar, quand 28 % d'une &#233;lite signent l'acte de d&#233;c&#232;s d'un contrat social</title>
		<link>https://m.madagascar-tribune.com/Madagascar-quand-28-d-une-elite-signent-l-acte-de-deces-d-un-contrat-social.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://m.madagascar-tribune.com/Madagascar-quand-28-d-une-elite-signent-l-acte-de-deces-d-un-contrat-social.html</guid>
		<dc:date>2026-05-08T04:28:18Z</dc:date>

      <pubDate>Fri, 08 May 2026 07:28:18 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Un article du sociologue Jean Michel Wachsberger, sur la base de l'enqu&#234;te Elimad (2012-2014) d&#233;velopp&#233;e sur un millier de repr&#233;sentants des &#233;lites malagasy, caract&#233;rise un chiffre qui fait mal : seuls 28 % des membres de cette &#233;lite placent l'am&#233;lioration du sort des pauvres parmi leurs priorit&#233;s politiques. Vingt-huit pour cent ! Il ne s'agit pas d'un sondage d'humeur. Il s'agit d'un relev&#233; clinique, froid, document&#233;, de ce que nos dirigeants pensent vraiment de leur peuple &#8212; quand ils (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://m.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L150xH100/logo-18-2904d.jpg?1778214503' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un article du sociologue Jean Michel Wachsberger, sur la base de l'enqu&#234;te Elimad (2012-2014) d&#233;velopp&#233;e sur un millier de repr&#233;sentants des &#233;lites malagasy, caract&#233;rise un chiffre qui fait mal : seuls 28 % des membres de cette &#233;lite placent l'am&#233;lioration du sort des pauvres parmi leurs priorit&#233;s politiques. Vingt-huit pour cent ! Il ne s'agit pas d'un sondage d'humeur. Il s'agit d'un relev&#233; clinique, froid, document&#233;, de ce que nos dirigeants pensent vraiment de leur peuple &#8212; quand ils n'ont pas besoin de faire semblant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&#034;color:red&#034;&gt;&#171; 28 %, c'est la proportion de nos &#233;lites qui se souviennent encore qu'il y a des gens dehors. De mani&#232;re crue, c'est formellement constater que &lt;u&gt;72% des gens au pouvoir ne se pr&#233;occupent que de leur seul int&#233;r&#234;t&lt;/u&gt; &#187;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20568 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH375/image-1-3-dda95.jpg?1778214503' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un chiffre comme un miroir qu'on voudrait casser&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On s'est souvent demand&#233; quelle &#233;tait cette mal&#233;diction malagasy qui veut que chaque changement de r&#233;gime ne refl&#232;te qu'un jeu de chaises musicales ou les kleptocrates &#233;ject&#233;s sont aussi rapidement remplac&#233;s par d'autres nouveaux kleptocrates. L'adage dit : le pouvoir corrompt. Mais la question demeure : pourquoi l'acc&#232;s aux hautes sph&#232;res du pouvoir semble-t-il transformer aussi rapidement un individu apparemment normal en un oligarque assum&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article de Jean-Michel Wachsberger peut nous en donner une lecture. Cet article fond&#233; sur l'enqu&#234;te Elimad&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'enqu&#234;te Elimad (2012-2014) men&#233;e par Jean Michel Wachsberger, Mireille (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, men&#233;e aupr&#232;s de mille membres de la haute sph&#232;re du pouvoir malgache, dresse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Wachsberger, J.-M. (2023). Le peuple des &#233;lites. Repr&#233;sentations &#233;litaires (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; le constat non pas d'une &#233;tude d'opinion comme les autres mais d'une cartographie des repr&#233;sentations &lt;strong&gt;sur ce que les &#233;lites pensent de leur peuple&lt;/strong&gt;. Et sur ce qu'elles en disent quand on le leur demande. Et l&#224;, le tableau est cruellement &#233;difiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple malgache, vu d'en haut ? &#171; &lt;i&gt;Aimable mais inerte. Traditionnel mais immature. Bon mais incapable de d&#233;cider seul&lt;/i&gt;. &#187; Ces mots ne sont pas ceux d'un &#233;ditorialiste irrit&#233;. Ce sont les mots recueillis, compil&#233;s, analys&#233;s &#8230; Les mots que des hauts fonctionnaires, des hommes d'affaires, des politiciens utilisent pour d&#233;crire les quatre-vingts pour cent de leurs concitoyens qui vivent sous le seuil de pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et hop &#8230; Que voil&#224; un joli tour de passe-passe id&#233;ologique : si le peuple est pauvre, c'est parce qu'il est &lt;i&gt;mou, conservateur, enferm&#233; dans ses coutumes d'un autre &#226;ge&lt;/i&gt;. La pauvret&#233; n'est de toutes fa&#231;ons pas un &#233;chec politique. Elle devient une fatalit&#233; anthropologique. Une sorte de mal&#233;diction convoqu&#233;e bien &#224; propos pour exon&#233;rer ceux qui gouvernent de toute responsabilit&#233; dans le d&#233;sastre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, le pouvoir d'achat moyen des Malgaches a &#233;t&#233; amput&#233; d'un tiers depuis 1960. Tandis que le reste de l'Afrique subsaharienne progresse, la Grande &#206;le recule. Cette &#171; &#233;nigme &#187; n'a pas d'explication naturelle. Mais elle a des auteurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La peur comme moteur de la solidarit&#233; &#8212; et son absence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut ici convoquer un th&#233;oricien que nos dirigeants devraient lire : Abram de Swaan. Sa th&#232;se, document&#233;e dans Sous l'aile de l'Etat (1988)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans son ouvrage de r&#233;f&#233;rence, In Care of the State (1988), le sociologue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, est simple et cinglante. Les &#233;lites europ&#233;ennes n'ont pas invent&#233; l'&#201;tat-providence par g&#233;n&#233;rosit&#233;. Elles l'ont fait par peur. Peur des r&#233;volutions qui d&#233;bordent les quartiers chics. Peur des foules qui, quand elles n'ont plus rien &#224; perdre, trouvent des id&#233;es dangereuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qu'on appelle l'&lt;strong&gt;interd&#233;pendance sociale&lt;/strong&gt; &#8230; le sentiment que mon destin est li&#233; au tien, m&#234;me si tu vis &#224; l'autre bout de la ville dans un taudis. Ce sentiment-l&#224; est le ciment invisible qui a forc&#233; les classes dominantes &#224; investir dans la sant&#233;, l'&#233;ducation, la protection sociale. Non par vertu mais &lt;strong&gt;par int&#233;r&#234;t bien compris&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Madagascar, ce moteur de l'interd&#233;pendance sociale semble tr&#232;s largement gripp&#233;. Trois raisons, trois m&#233;canismes qui se renforcent mutuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;strong&gt;fihavanana&lt;/strong&gt; d'abord. Cet id&#233;al d'harmonie, de consensus, d'&#233;vitement du conflit &#8212; une valeur belle en elle-m&#234;me &#8212; se retourne contre les domin&#233;s d&#232;s lors qu'il neutralise toute pression populaire sous argument de concorde et d'harmonie. Parce qu'une &#233;lite qui ne craint pas son peuple n'a aucune raison de lui faire des concessions. Le fihavanana devient ainsi, dans certains contextes, le consentement des faibles &#224; leur propre soumission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&lt;strong&gt;atomisation g&#233;ographique&lt;/strong&gt; ensuite. Quatre-vingts pour cent de la population est rurale, dispers&#233;e, vivant en autarcie relative, loin des circuits &#233;conomiques formels que contr&#244;le l'&#233;lite. Pour un d&#233;cideur tananarivien, le paysan de l'Androy n'est pas un acteur politique : c'est un &#233;l&#233;ment du d&#233;cor&#8230; lointain, silencieux, non mena&#231;ant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&lt;strong&gt;achat &#233;lectoral ponctuel&lt;/strong&gt; enfin. Dans un syst&#232;me o&#249; les suffrages se n&#233;gocient la veille du scrutin contre quelques billets ou un sac de riz ou quelques litres d'huile, les &#233;lites n'ont pas besoin de programmes sociaux pour gagner des &#233;lections. L'investissement &#233;lectoral est un co&#251;t de transaction &#224; assumer de mani&#232;re br&#232;ve le temps d'une campagne &#8230; Et non pas un contrat de gouvernance dont on serait redevable. Le &#171; Je vais, je tire et je reviens &#187; se traduit en &#171; Je paie, je gagne, et j'oublie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:red&#034;&gt;&lt;i&gt;&#171; Quand une &#233;lite ne craint plus son peuple, ne le respecte pas comme &#233;lecteur, et ne le voit pas comme partenaire &#233;conomique &#8212; il ne lui reste rien pour se sentir solidaire de lui. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Raiamandreny, ou l'art de dominer avec le sourire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;connexion ne se dit pas cr&#251;ment. Elle s'habille d'un discours paternaliste omnipr&#233;sent &#8212; celui du &lt;strong&gt;raiamandreny&lt;/strong&gt;, le p&#232;re et la m&#232;re du peuple. Les &#233;lites se repr&#233;sentent volontiers comme des figures tut&#233;laires, bienveillantes, dont la sagesse &#233;clair&#233;e doit guider des enfants qui ne sauraient d&#233;cider par eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce cadre cognitif est une arme politique redoutable. En pr&#233;supposant le peuple comme &#233;ternellement immature, on s'arroge le droit de d&#233;cider &#224; sa place &#8212; sans consultation, sans reddition de comptes. La d&#233;mocratie formelle subsiste : il y a des &#233;lections, des constitutions, des assembl&#233;es. Mais elle est vid&#233;e de toute contrainte r&#233;elle sur les gouvernants. Le peuple vote. Mais son vote, qui adoube une l&#233;gitimit&#233; de fa&#231;ade du pouvoir aux yeux des partenaires internationaux, ne changent rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce paternalisme n'est pas une originalit&#233; post-coloniale que d'aucuns voudraient lire. Il puise ses racines dans la monarchie merina, o&#249; le souverain prot&#232;ge, organise, nourrit symboliquement un peuple qui lui doit en retour ob&#233;issance et fid&#233;lit&#233;. La colonisation a ensuite recycl&#233; cette structure en y ajoutant son propre discours de la mission civilisatrice. L'ind&#233;pendance n'a pas tout effac&#233; : elle a simplement chang&#233; de costume le m&#234;me rapport au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'oligarchie, produit logique d'un syst&#232;me sans peur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour en revenir &#224; nos 28 %. Que font les 72 % restants ? Ils ne sont pas oisifs. L'espace politique qui n'est pas occup&#233; par la d&#233;fense de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral (et des plus faibles en particulier) est imm&#233;diatement investi par la &lt;strong&gt;comp&#233;tition pour la rente d'&#201;tat&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans projet redistributif, sans id&#233;ologie programmatique, sans ancrage dans des int&#233;r&#234;ts de classe organis&#233;s, la vie politique malgache se r&#233;duit &#224; ce qu'elle est fondamentalement : une &lt;strong&gt;querelle de factions &#233;litaires pour le contr&#244;le des ressources&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1972, 1991, 2002, 2009, 2018, 2025 &#8212; les crises se ressemblent toutes. Elles n'opposent pas des projets de soci&#233;t&#233; antagonistes. Elles opposent des r&#233;seaux d'int&#233;r&#234;ts concurrents qui mobilisent temporairement des foules pour des enjeux qui ne sont pas les leurs. &#192; chaque transition, la promesse de rupture. &#192; chaque consolidation, la m&#234;me logique de pr&#233;dation. On croit avoir affaire &#224; la m&#234;me clique &#8230; alors qu'elle a en fait &#233;t&#233; spontan&#233;ment r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e dans un mortif&#232;re jeu de seza (chaises) musicales ;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'oligarchie kleptocratique et ploutocratique&lt;/strong&gt; n'est pas une perversion du syst&#232;me malgache. C'est son &#233;tat d'&#233;quilibre naturel &#8212; ce vers quoi toute configuration politique tend quand les contre-pouvoirs sont absents, les acteurs populaires atomis&#233;s, et les &#233;lites sans peur ni contrainte. Ce n'est pas un accident. C'est une d&#233;sesp&#233;rante destination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 % vs 72% ne mesure donc pas seulement l'indiff&#233;rence d'une &#233;lite. Il mesure le &lt;strong&gt;degr&#233; de d&#233;liquescence d'un contrat social qui n'a peut-&#234;tre jamais vraiment &#233;t&#233; conclu&lt;/strong&gt;. Un contrat o&#249; les gouvernants s'engageraient &#224; am&#233;liorer le sort des gouvern&#233;s en &#233;change de leur consentement &#224; &#234;tre gouvern&#233;s. &#192; Madagascar, ce contrat est rest&#233; lettre morte &#8212; peut &#234;tre depuis la monarchie, depuis la colonisation, depuis l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en m&#234;me temps ce constat ne devrait pas qu'&#224; moiti&#233; nous surprendre quand on sait la soci&#233;t&#233; malagasy extr&#234;mement hierarchis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:red&#034;&gt;&lt;i&gt;&#171; Le 28 % n'est pas le chiffre d'une indiff&#233;rence ordinaire. C'est le relev&#233; d'un contrat social qui n'a de national que le nom. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;tablir l'interd&#233;pendance, ou accepter l'effondrement lent&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sortir de l&#224; ne se fera pas avec une nouvelle constitution. On sait les collectionner, &#224; Madagascar, comme d'autres collectionnent les timbres&#8230; et avec autant d'effet sur la gouvernance r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il faut r&#233;tablir est d'un autre ordre : le &lt;strong&gt;sentiment que nos destins sont li&#233;s&lt;/strong&gt;. Que le dirigeant de la capitale a quelque chose &#224; perdre si le paysan de l'Androy cr&#232;ve de faim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sentiment ne surgira pas par vertu. Il surgira &#8212; comme partout dans l'histoire &#8212; par pression. Par la pression d'une soci&#233;t&#233; civile organis&#233;e et forte qui co&#251;tera vraiment cher d'ignorer. Par la pression d'un syst&#232;me &#233;lectoral (et des financements de campagne) o&#249; les suffrages populaires sont v&#233;ritablement dangereux &#224; contourner (autrement qu'&#224; coup de liasses d'ariary ou de sacs de sucre). Par la pression de m&#233;dias v&#233;ritablement ind&#233;pendants qui rendent visibles et contestables les repr&#233;sentations &#233;litaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que ces conditions ne sont pas r&#233;unies, &lt;strong&gt;le chiffre de 72 % d'irresponsables&lt;/strong&gt; ne bougera pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la Grande &#206;le continuera sa trajectoire singuli&#232;re et cruelle : des crises qui se succ&#232;dent, des r&#233;gimes qui s'effacent, une oligarchie qui, sous des visages changeants, demeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; ce que quelqu'un, quelque part, d&#233;cide qu'il vaut mieux craindre (et respecter) un peuple en col&#232;re que continuer &#224; le m&#233;priser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est une question que tout un chacun, qui reconnaitra faire partie de cette &#233;lite, doit se poser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) Mai 2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11864032566a1cab53adbd90.57140162&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'enqu&#234;te Elimad (2012-2014) men&#233;e par Jean Michel Wachsberger, Mireille Razafindrakoto et Fran&#231;ois Roubaud de l'IRD, a interrog&#233; &lt;strong&gt;1 000 membres des &#233;lites malgaches&lt;/strong&gt; : hauts fonctionnaires, hommes d'affaires, responsables politiques, cadres des ONG et de la soci&#233;t&#233; civile, repr&#233;sentants religieux et militaires. Un &#233;chantillon d&#233;lib&#233;r&#233;ment large de &lt;strong&gt;quiconque d&#233;tient, &#224; un titre ou un autre, une capacit&#233; d'influence sur la vie publique du pays&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Wachsberger, J.-M. (2023). Le peuple des &#233;lites. Repr&#233;sentations &#233;litaires et ordre moral &#224; Madagascar. Participations, N&#176; 37. Enqu&#234;te Elimad (2012-2014) &#8212; 1 000 membres des &#233;lites malgaches.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans son ouvrage de r&#233;f&#233;rence, In Care of the State (1988), le sociologue Abram de Swaan renouvelle l'analyse de la protection sociale. Contrairement aux approches qui y voient uniquement un progr&#232;s humaniste, il d&#233;montre que l'&#201;tat-providence est le r&#233;sultat d'un processus de collectivisation des risques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Madagascar, l'Etat citadelle</title>
		<link>https://m.madagascar-tribune.com/Madagascar-l-Etat-citadelle.html</link>
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		<dc:date>2026-04-27T05:52:29Z</dc:date>

      <pubDate>Mon, 27 Apr 2026 08:52:29 +0300</pubDate>

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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Un pouvoir qui se durcit parce qu'il tremble &lt;br class='autobr' /&gt;
On a toujours tort de croire qu'un pouvoir se durcit parce qu'il est fort. Ou qu'il est fort parce qu'il se durcit. La plupart du temps, il se durcit parce qu'il tremble. Le b&#226;ton n'est pas toujours l'instrument de la domination, il est souvent la b&#233;quille de la peur. &lt;br class='autobr' /&gt;
De fait, &#224; Madagascar, la s&#233;quence actuelle ne doit pas &#234;tre lue comme le simple visage d'un autoritarisme assum&#233; qui trahirait la promesse faite &#224; une jeunesse devenue depuis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://m.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L150xH100/logo_720-41-3f8a6.jpg?1777269159' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20532 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://m.madagascar-tribune.com/IMG/jpg/etta-citadelle_900.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH375/etta-citadelle_900-f0616.jpg?1777269159' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un pouvoir qui se durcit parce qu'il tremble&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On a toujours tort de croire qu'un pouvoir se durcit parce qu'il est fort. Ou qu'il est fort parce qu'il se durcit. La plupart du temps, il se durcit parce qu'il tremble. Le b&#226;ton n'est pas toujours l'instrument de la domination, il est souvent la b&#233;quille de la peur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, &#224; Madagascar, la s&#233;quence actuelle ne doit pas &#234;tre lue comme le simple visage d'un autoritarisme assum&#233; qui trahirait la promesse faite &#224; une jeunesse devenue depuis ing&#233;rable parce que fondamentalement incomprise. La s&#233;quence doit &#234;tre interpr&#233;t&#233;e comme le sympt&#244;me d'une panique plus profonde : celle d'un pouvoir contraint de gouverner non seulement contre ses opposants, mais aussi et surtout contre ses propres fragilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la crise de septembre-octobre 2025, marqu&#233;e par les manifestations de la Gen Z, la chute du pouvoir et la fuite d'Andry Rajoelina, puis l'installation d'un cadre de transition militaire rebaptis&#233; &#171; refondation &#187;, on avait voulu croire &#224; un changement de sc&#232;ne. Peut-&#234;tre m&#234;me &#224; un changement de r&#233;gime. Mais en fait derri&#232;re la fa&#231;ade, on retrouve les m&#234;mes p&#233;nuries, la m&#234;me d&#233;fiance, les m&#234;mes luttes de pr&#233;s&#233;ance entre factions respectives de la junte, de la pr&#233;sidence de la refondation, de l'Assembl&#233;e et des r&#233;seaux d'int&#233;r&#234;ts qui gravitent autour.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La junte n'est pas un bloc&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les rumeurs de complot, les tentatives d'assassinat all&#233;gu&#233;es, les manifestations de jeunes r&#233;prim&#233;es ne rel&#232;vent pas d'une simple confrontation entre un bloc de pouvoir compact et une opposition ext&#233;rieure. Croire cela serait produire un premier contresens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une junte, dans l'imaginaire commode, serait un bloc : des galons, des d&#233;crets, des hommes align&#233;s derri&#232;re un projet, soud&#233;s par une m&#234;me discipline et, croit-on, une m&#234;me doctrine. Or la r&#233;alit&#233; du pouvoir, surtout en transition, est tout autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une cartographie des fractures de ladite junte, entre gendarmerie et arm&#233;e, entre g&#233;n&#233;rations d'officiers, entre fid&#233;lit&#233;s r&#233;gionales, entre unit&#233;s op&#233;rationnelles et &#233;tats-majors d&#233;crirait tout sauf un bloc compact o&#249; se jouent des rivalit&#233;s concr&#232;tes&#8230; Rivalit&#233;s qui remettent en question la stabilit&#233; m&#234;me du centre de commandement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'on appelle un pouvoir ressemble ici moins &#224; une photographie militaire qu'&#224; une table branlante autour de laquelle s'asseyent des officiers, des politiciens, des technocrates, des affairistes, des notables en reconversion, quelques patriotes sinc&#232;res peut-&#234;tre, beaucoup d'opportunistes s&#251;rement, et des doctrinaires de circonstance presque toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On appelle cela un pouvoir. Mais ce n'est en fait qu'un compromis sous tension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quand ce compromis se fendille, on d&#233;gaine les grands mots : s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat, stabilit&#233;, ordre r&#233;publicain, menace contre la nation&#8230; Ces mots surgissent pr&#233;cis&#233;ment au moment o&#249; le pouvoir n'arrive ni &#224; produire des r&#233;sultats, ni &#224; tracer un horizon, ni &#224; offrir une respiration d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Au-del&#224; de la trahison, la r&#233;traction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La lecture purement morale a ici ses limites. Bien s&#251;r, il y a trahison des promesses. Bien s&#251;r, il y a confiscation possible de la rupture par les vieux r&#233;flexes du commandement. Mais ce qui se joue est probablement plus profond qu'une simple d&#233;ception civique m&#234;me si elle s'enracine dans une r&#233;alit&#233; sociale implacable : inflation, vie ch&#232;re, ins&#233;curit&#233; alimentaire, ch&#244;mage, pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce pouvoir, qui ne distribue ni horizon ni am&#233;lioration mat&#233;rielle tangible, voit sa l&#233;gitimit&#233; se contracter. La coercition devient alors moins un choix id&#233;ologique qu'un substitut brutal &#224; l'incapacit&#233; &#233;conomique du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir n'est donc pas seulement en train de trahir ; il est en train de se r&#233;tracter. Il se resserre. Il choisit la coercition parce qu'il ne sait plus int&#233;grer. La bonne cl&#233; de lecture n'est pas seulement l'autoritarisme. Il faut y ajouter les logiques d'embouteillage au sommet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peter Turchin, avec sa th&#233;orie de la surproduction d'&#233;lites, nous fournit ici une grille utile (cf &lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/2025/12/16/les-chroniques-de-ragidro-madagascar-lineluctable-systemique-des-crises-partie-1/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'in&#233;luctable syst&#233;mique des crises&lt;/a&gt; ) : une soci&#233;t&#233; entre dans une zone de turbulence quand le nombre d'aspirants au pouvoir augmente plus vite que le nombre de places, de rentes, de protections et de statuts &#224; distribuer. En d'autres termes : trop de pr&#233;tendants, pas assez de fauteuils (seza).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Explosent ainsi aujourd'hui les effectifs des contre-&#233;lites : les exclus du premier cercle. Cadres, fonctionnaires, politiques, militaires. Ceux qui en ont r&#234;v&#233; mais qui n'ont pas ou plus acc&#232;s au centre. Ils ne sont pas hors syst&#232;me. Ils sont le syst&#232;me devenu surnum&#233;raire. Et ils sont probablement plus nombreux, plus nerveux, et surtout plus agressifs qu'ils ne l'&#233;taient en octobre 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et appara&#238;t alors le mot magique : LE complot !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le &#8220;complot&#8221; en outil de gestion de la peur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le mot a un avantage extraordinaire : il transforme un d&#233;saccord en crime, une rivalit&#233; en trahison&#8230; Une f&#234;lure interne en menace nationale&#8230; Un d&#233;but de manifestation en &#171; atteinte &#224; la s&#251;ret&#233; de l'Etat &#187;. Gr&#226;ce &#224; ce mot, on n'avoue pas qu'on purge des concurrents, on &#171; sauve le pays &#187;. C'est pratique. Mais c'est surtout le signe que l'on n'est plus dans la gestion de l'&#201;tat mais dans la gestion d'une peur qui se tourne vers l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces s&#233;quences de transition, le principal danger pour le noyau dur n'est en effet pas tant l'opposition officielle que la d&#233;fection : le colonel qui doute, le r&#233;seau &#233;conomique qui finance ailleurs, le technocrate qui parle trop, l'alli&#233; d'hier qui r&#233;&#233;value ses dividendes, le compagnon de route qui d&#233;couvre qu'il n'aura ni le poste, ni la rente, ni l'h&#233;ritage politique esp&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le vrai probl&#232;me : la fragmentation du pouvoir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me du pays n'est pas seulement qu'il y a un pouvoir et des opposants. Le probl&#232;me, c'est qu'il y a trop de pouvoirs inaboutis, trop de contre-&#233;lites incapables de coalition durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transition malgache n'oppose donc pas un bloc militaire monolithique &#224; une opposition civique unifi&#233;e. Les rivalit&#233;s et luttes de pouvoir (pour la rente ?) au sein de la junte elle-m&#234;me &#8211; mortif&#232;res en soi parce qu'elles rajoutent &#224; l'informel &#8211; sont de plus exacerb&#233;es par la confrontation permanente &#224; l'ambition d'une pluralit&#233; de contre-&#233;lites &#8212; colonels et g&#233;n&#233;raux, pr&#233;sidents d'assembl&#233;e, entrepreneurs, figures de la Gen Z.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or un noyau dur, sans culture politique r&#233;elle, ne sait pas n&#233;gocier avec une pluralit&#233; mouvante. N&#233;gocier avec l'un, c'est f&#226;cher l'autre. R&#233;int&#233;grer un rival, c'est inqui&#233;ter les fid&#232;les. Partager la rente, c'est r&#233;duire le g&#226;teau ou approfondir la corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fragmentation se devine dans les contradictions de certaines figures cens&#233;es incarner la refondation. I.e la ministre de la Justice qui brandit le lexique du complot contre des jeunes Gen Z accus&#233;s de conspirer avec un colonel&#8230; mais se retrouve en m&#234;me temps &#224; d&#233;noncer &#8211; en d&#233;pit des logiques de solidarit&#233; gouvernementale &#8211; la capture de l'&#201;tat et les d&#233;rives de projets miniers&#8230; I.e le Pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e Nationale qui revendique sa propre milice sur un socle d'instructeurs russes &#8230; apr&#232;s avoir bl&#226;m&#233; la pr&#233;sence sur le territoire de militaires fran&#231;ais&#8230; Alors qu'un leader politique ne devrait pas pouvoir organiser sa propre force adoss&#233;e &#224; des soldats ou mercenaires &#233;trangers&#8230; A moins d'assumer qu'il serait moins dans la consolidation de l'&#201;tat que dans sa contestation directe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le voit donc : on n'a pas affaire &#224; un &#201;tat souverain qui assume une ligne, mais &#224; une citadelle fractur&#233;e, o&#249; des morceaux d'appareil judiciaire et des segments militaro-priv&#233;s rivalisent, nient de l'int&#233;rieur l'&#201;tat qu'ils devraient d&#233;fendre et semblent s'adosser &#224; des parrains ext&#233;rieurs pour se neutraliser mutuellement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La crainte de la jeunesse, la fatigue du peuple&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais la r&#233;alit&#233; de ces luttes intestines rend d&#233;risoire l'argument de la r&#233;pression du peuple et des manifestations de la jeunesse. D'autant qu'on doit craindre aujourd'hui la fatigue politique et le d&#233;litement du mouvement de contestation citoyenne sur un fond de dissensions internes mais aussi sur un fond de lassitude. Trop de crises, trop de renversements, trop de permutations de privil&#233;gi&#233;s&#8230; A force de voir quelques t&#234;tes changer sans que les structures n'&#233;voluent, on risque de glisser vers une r&#233;signation &#233;puis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cadre, la r&#233;pression &#8211; men&#233;e de mani&#232;re chirurgicale : on n'a plus besoin d'&#233;craser les foules, il suffit d'intercepter quelques relais officiers, activistes &#8211; mise en &#339;uvre n'est de fait qu'un commode et scandaleux habillage qui veut masquer les carences, les d&#233;ficiences et les conflits internes au pouvoir. Et tenter de contr&#244;ler les d&#233;fections et les alliances endog&#232;nes &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#201;tat-Citadelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Appara&#238;t donc ici la figure de l'&#201;tat-Citadelle. Non pas simplement un &#201;tat autoritaire, mais un &#201;tat qui a renonc&#233; &#224; conduire la soci&#233;t&#233; pour se concentrer sur la protection d'un centre qui se d&#233;lite de lui-m&#234;me. Dans ce cadre, l'&#201;tat ne d&#233;fend plus la maison commune &#8230; si il l'a jamais fait. Il devient la forteresse d'une faction qui pr&#233;tend parler au nom de la nation tout en s'en &#233;loignant chaque jour davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une telle configuration, les influences ext&#233;rieures &#8212; fran&#231;aises, russes, am&#233;ricaines ou autres &#8212; ne sont pas la cause premi&#232;re du d&#233;sordre. Mais elles en deviennent les multiplicateurs. Un pouvoir isol&#233; cherche un adossement, un protecteur, un fournisseur de technologie (drones, tanks &#8230;), ou &#171; simplement &#187; un fournisseur de l&#233;gitimit&#233;. L'exog&#232;ne sert moins &#224; gouverner le pays qu'&#224; tenir &#224; distance les rivaux int&#233;rieurs. On n'est alors plus dans une logique de souverainet&#233;, mais dans une sous-traitance de la survie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une forteresse qui fabrique son si&#232;ge&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; force de traiter toute dissidence comme une conjuration, le pouvoir transforme les ambitieux en clandestins, les critiques en suspects et les d&#233;&#231;us en ennemis. &#192; force de r&#233;tr&#233;cir le cercle de confiance, il augmente m&#233;caniquement le nombre de ceux qui esp&#232;rent sa chute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La citadelle peut rassurer un temps le pouvoir. Mais elle accumule, pierre apr&#232;s pierre, les forces qui l'assi&#233;geront demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233; la plus cruelle de la s&#233;quence malgache actuelle est peut-&#234;tre l&#224; : il y avait promesse de rupture. Mais alors qu'on esp&#233;rait une rupture avec les vieilles pratiques, on a une nouvelle rupture entre l'&#201;tat et le pays. Et le c&#339;ur du danger n'est pas ici seulement l'autoritarisme : c'est l'approfondissement m&#233;thodique d'un divorce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que nous ne sommes pas face &#224; un pouvoir qui s'installe dans un projet, mais face &#224; un pouvoir qui risque de s'organiser pour durer dans sa peur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) 24/04/2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11864032566a1cab53adbd90.57140162&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Madagascar n'est pas un pays en retard, c'est un pays mal lu.</title>
		<link>https://m.madagascar-tribune.com/Madagascar-n-est-pas-un-pays-en-retard-c-est-un-pays-mal-lu.html</link>
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		<dc:date>2026-04-20T05:39:38Z</dc:date>

      <pubDate>Mon, 20 Apr 2026 08:39:38 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;J'ai lu cet ouvrage de Mamy Rakotondraibe avec un v&#233;ritable enthousiasme : il &#233;claire avec force et clart&#233; une question malgache essentielle. M&#234;me discutable par endroits, il m&#233;rite d'&#234;tre lu par tous ceux qui veulent penser Madagascar autrement et profond&#233;ment. &lt;br class='autobr' /&gt;
Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) 18/04/2026 &lt;br class='autobr' /&gt;
Anatomie d'un ouvrage cl&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Et si le drame malgache ne venait pas seulement de la pauvret&#233;, de la corruption ou de l'instabilit&#233;, mais d'une erreur plus profonde : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://m.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L150xH100/logo-17-020b4.jpg?1776663578' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;J'ai lu cet ouvrage de Mamy Rakotondraibe avec un v&#233;ritable enthousiasme : il &#233;claire avec force et clart&#233; une question malgache essentielle. M&#234;me discutable par endroits, il m&#233;rite d'&#234;tre lu par tous ceux qui veulent penser Madagascar autrement et profond&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) 18/04/2026&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20508 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L404xH580/illustration-6-be782.jpg?1776663578' width='404' height='580' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Anatomie d'un ouvrage cl&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Et si le drame malgache ne venait pas seulement de la pauvret&#233;, de la corruption ou de l'instabilit&#233;, mais d'une erreur plus profonde : l'obstination &#224; penser Madagascar avec des cat&#233;gories qui ne sont pas les siennes ? C'est la th&#232;se rugueuse, discutable par endroits, mais salutaire, de Providence r&#233;publicaine, ouvrage de Mamy Rakotondraibe, pr&#233;fac&#233; par Bernard Ramanantsoa : Madagascar n'a pas seulement &#233;t&#233; mal gouvern&#233;. Il a &#233;t&#233; mal compris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ouvrage propose moins un manifeste qu'une lecture de fond du pays. Le livre a ses angles morts. Il est parfois trop anthropologique, trop moral, pas assez attentif aux d&#233;terminants &#233;conomiques et sociaux &#224; mon go&#251;t. Mais il a le m&#233;rite de poser enfin, avec nettet&#233;, une question que beaucoup d'entre nous pressentent sans la formuler : &#224; Madagascar, &lt;strong&gt;le divorce entre les formes de l'&#201;tat et la v&#233;rit&#233; v&#233;cue de la soci&#233;t&#233; nourrit l'informel, pousse cet informel vers la corruption, et installe une d&#233;fiance profonde envers la justice et l'autorit&#233; publique&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit : le probl&#232;me n'est pas seulement que l'&#201;tat fonctionne mal. C'est qu'il parle une langue que le pays r&#233;el ne parle pas. Le d&#233;sir d'une refondation et d'une nouvelle constitution trouve ici son origine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un pays moins en &#233;chec que mal interpr&#233;t&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a des pays qu'on exploite. D'autres qu'on oublie. Madagascar, lui, subit depuis longtemps un sort plus subtil et peut-&#234;tre plus destructeur : il est mal interpr&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; le c&#339;ur du propos. Le texte ne demande pas d'abord pourquoi Madagascar &#233;choue. Il demande pourquoi ceux qui pr&#233;tendent le redresser s'acharnent &#224; le lire de travers. La nuance est d&#233;cisive. Un pays peut survivre longtemps &#224; ses manques. Il survit beaucoup plus mal aux contresens r&#233;p&#233;t&#233;s sur ce qu'il est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis des d&#233;cennies, Madagascar est trait&#233; comme un cas &#224; ranger. On le met dans la case &#8220;Afrique&#8221;, avec les recettes administratives pr&#234;tes &#224; l'emploi, les diagnostics photocopi&#233;s et les le&#231;ons de gouvernance standardis&#233;es. Puis, quand cela ne marche pas, certains lui cherchent des racines &#8220;asiatiques&#8221;, comme si quelques h&#233;ritages austron&#233;siens suffisaient &#224; faire de l'&#238;le une sorte de petit laboratoire disciplin&#233; de l'oc&#233;an Indien. Et quand ni l'Afrique ni l'Asie ne donnent de cl&#233; satisfaisante, on ressort le kit occidental : Constitution, s&#233;paration des pouvoirs, proc&#233;dures, &#233;lections, organigrammes, moralisation du discours public. Puis l'on s'&#233;tonne encore que tout tienne en fa&#231;ade et se vide dans la pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte a raison sur un point essentiel : Madagascar n'est ni un brouillon de l'Afrique, ni une Asie rat&#233;e, ni un Occident inachev&#233;. Il est autre chose. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment parce qu'on refuse de partir de cette &#233;vidence que l'on recommence sans cesse les m&#234;mes erreurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#201;tat mal ajust&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La th&#232;se la plus forte du livre est l&#224; : Madagascar n'est pas seulement mal administr&#233; ; il est administr&#233; sur la base d'une mauvaise anthropologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On lui applique des formes d'&#201;tat con&#231;ues pour des soci&#233;t&#233;s o&#249; la loi pr&#233;c&#232;de la relation, &lt;strong&gt;o&#249; le conflit structure le d&#233;bat public, o&#249; l'institution l'emporte sur le lien personnel&lt;/strong&gt;. Or la soci&#233;t&#233; malgache ne fonctionne pas spontan&#233;ment sur ce r&#233;gime. Ici, la relation pr&#233;c&#232;de souvent la r&#232;gle. La l&#233;gitimit&#233; doit &#234;tre incarn&#233;e avant d'&#234;tre proclam&#233;e. L'harmonie sociale p&#232;se plus lourd que la m&#233;canique juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, cela agacera les amateurs de simplification rapide. Ils d&#233;nonceront un culturalisme commode, une c&#233;l&#233;bration romantique de &#8220;l'exception malgache&#8221;, une mani&#232;re &#233;l&#233;gante d'excuser l'inefficacit&#233;. Ce serait rater la cible. Le texte ne dit pas que Madagascar a raison contre le reste du monde. Il dit plus simplement qu'&lt;strong&gt;aucune r&#233;forme n'a de chance de tenir si elle m&#233;prise la texture r&#233;elle de la soci&#233;t&#233; qu'elle pr&#233;tend transformer&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et sur ce point, difficile de lui donner tort.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le pays r&#233;el contre l'&#201;tat de papier&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Combien de lois vot&#233;es sans prise r&#233;elle ? Combien d'institutions respect&#233;es en apparence et contourn&#233;es dans les faits ? Combien de Constitutions brandies comme des totems pendant que la vie concr&#232;te s'organise ailleurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le diagnostic est brutal : l'&#201;tat formel et la soci&#233;t&#233; v&#233;cue ne parlent pas la m&#234;me langue. Alors l'un &#233;dicte des normes, l'autre invente des arrangements. L'un proclame, l'autre contourne. L'un affiche la r&#232;gle, l'autre cherche la m&#233;diation, l'exception, le passage lat&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tout cela finit rang&#233; sous l'&#233;tiquette paresseuse de &#8220;crise de gouvernance&#8221;, comme si l'expression avait la moindre valeur explicative. En r&#233;alit&#233;, ce que le livre met au jour, c'est une d&#233;sarticulation plus profonde : les formes officielles subsistent, mais elles n'adh&#232;rent plus au v&#233;cu. L'&#201;tat reste l&#224;, mais comme une architecture partiellement vide. Il produit de la r&#232;gle. Le pays, lui, produit de l'usage.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'informel n'est pas un accident : c'est une r&#233;ponse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'un des m&#233;rites du texte est de prendre l'informel au s&#233;rieux. Non pas pour l'absoudre, mais pour le comprendre enfin autrement que comme une simple salet&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'informel n'est pas seulement du d&#233;sordre. Il est une technologie de survie. Quand la r&#232;gle &#233;crite humilie, quand la proc&#233;dure expose, quand la loi tombe sans m&#233;diation humaine, la soci&#233;t&#233; fabrique des chemins de traverse. Elle n&#233;gocie. Elle arrange. Elle contourne pour ne pas casser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; force, un syst&#232;me parall&#232;le s'installe. Non pas en marge, mais au c&#339;ur m&#234;me du fonctionnement social. La relation y devient plus efficace que l'institution. Et c'est ici que le texte touche juste : le probl&#232;me malgache n'est pas seulement l'absence d'&#201;tat, mais la coexistence d'un &#201;tat officiel et d'un pays r&#233;el qui se tol&#232;rent sans jamais vraiment se rejoindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On garde les formes. On vide le fond. On respecte le rituel. On d&#233;place la d&#233;cision ailleurs. La loi demeure, mais elle n'ordonne plus vraiment. Elle se n&#233;gocie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De l'informel &#224; la corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est ici qu'il faut pousser le raisonnement jusqu'au bout. La corruption, &#224; Madagascar, n'est pas seulement une addition de turpitudes individuelles. Elle est souvent le prolongement logique d'un syst&#232;me o&#249; la r&#232;gle est floue, in&#233;galement appliqu&#233;e ou v&#233;cue comme hostile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au plus bas niveau, on &#8220;arrange&#8221; pour obtenir un papier, acc&#233;l&#233;rer une d&#233;marche, &#233;viter une sanction, d&#233;bloquer un dossier. Cela para&#238;t petit. Cela para&#238;t banal. Mais ce petit geste produit un grand effet : il installe l'id&#233;e que le droit n'est plus un cadre commun, mais une ressource n&#233;gociable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, la m&#234;me logique remonte toute la cha&#238;ne&#8230; Avant de la redescendre. Ce qui se joue au guichet se rejoue au sommet. L'acc&#232;s remplace le droit. Le r&#233;seau remplace la norme. La faveur remplace l'arbitrage impartial. En bas, on paie pour survivre. En haut, on capte pour r&#233;gner. Et la contre exemplarit&#233; des d&#233;viances du Haut pardonne les d&#233;viances du Bas. &#171; Ben oui&#8230; Si les grands trichent, pourquoi ne tricherai je pas ? &#171; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e n'est alors plus une d&#233;viance p&#233;riph&#233;rique. Elle devient un mode de r&#233;gulation diffus d'une soci&#233;t&#233; o&#249; l'institution ne parvient plus &#224; faire autorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le fihavanana ou le prix du silence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'autre force du texte, c'est sa lecture du &lt;i&gt;fihavanana&lt;/i&gt;. Il &#233;vite ici le folklore. Il n'en fait ni un bijou identitaire pour colloques bien-pensants, ni une essence purement morale. Il le traite comme une force r&#233;elle, mais ambivalente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;fihavanana &lt;/i&gt; prot&#232;ge. Il amortit les chocs, pr&#233;serve le lien, retarde l'explosion. Sans lui, Madagascar aurait sans doute connu des fractures plus brutales. Mais &#224; force de prot&#233;ger le lien, il peut aussi devenir couvercle. Il permet d'&#233;touffer ce qui d&#233;range, de relativiser ce qui blesse, de suspendre la v&#233;rit&#233; pour sauver l'apparence de la paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est ici qu'arrive l'une des phrases les plus justes du texte : la paix sociale n'est pas la justice sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Madagascar, le silence est trop souvent pris pour du consentement, la patience pour de l'adh&#233;sion, la retenue pour de la docilit&#233;. C'est une erreur lourde. Ce que certains prennent pour de l'acceptation est parfois du ressentiment compost&#233;. Une soci&#233;t&#233; qui ne verbalise pas frontalement ses fractures n'est pas forc&#233;ment r&#233;concili&#233;e. Elle peut &#234;tre satur&#233;e de tensions simplement d&#233;plac&#233;es hors champ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le silence social n'est pas la paix. C'est parfois une cocotte-minute sans sifflet.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quand la loi devient une menace&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le passage sur la loi est, lui aussi, d&#233;cisif. Pourquoi la loi est-elle si souvent v&#233;cue comme une violence ? Parce qu'elle sanctionne l&#224; o&#249; beaucoup attendent d'abord r&#233;paration. Parce qu'elle s'impose sans traduction morale ni m&#233;diation humaine. Parce qu'elle est, surtout, trop souvent in&#233;gale dans ses usages : raide avec les faibles, maniable pour les puissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une loi qui ne prot&#232;ge pas &#233;galement finit toujours par appara&#238;tre comme une arme. Et une loi per&#231;ue comme arme nourrit presque m&#233;caniquement le contournement. La d&#233;fiance envers la justice ne rel&#232;ve donc pas seulement d'une faiblesse civique. Elle proc&#232;de d'une exp&#233;rience sociale concr&#232;te : celle d'un ordre juridique qui promet l'universalit&#233; et distribue l'in&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une R&#233;publique habit&#233;e ou rien&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; qu'intervient la proposition de &#8220;Providence r&#233;publicaine&#8221;. Le terme peut para&#238;tre grandiloquent. Il a pourtant un m&#233;rite : il rompt avec le bavardage technocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le message est simple : Madagascar ne sera pas sauv&#233; par une r&#233;forme de plus, par une Constitution de plus, par un empilement de proc&#233;dures mieux r&#233;dig&#233;es que les pr&#233;c&#233;dentes. Il lui faut une doctrine de gouvernance enracin&#233;e dans la soci&#233;t&#233; r&#233;elle, capable de r&#233;concilier morale et institution, autorit&#233; et service, justice et harmonie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non pas une R&#233;publique de papier. Une R&#233;publique habit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le mirage du chronom&#232;tre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A ma conclusion, cela m&#232;ne &#224; la derni&#232;re illusion : celle du temps court. Peut-on r&#233;ellement refonder l'&#201;tat en vingt-quatre mois ? Ou ne fait-on, une fois encore, que repeindre une fa&#231;ade coloniale qui s'effrite ? Ou pense t on que se jeter dans les bras d'une nouvelle puissance nous permettra de r&#233;soudre les probl&#232;mes d'alignement entre l'Etat et les citoyens ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'urgence est le pi&#232;ge pr&#233;f&#233;r&#233; des technocrates, des bailleurs mais aussi des opportunistes. On boucle un calendrier, on coche des cases, on r&#233;dige une Constitution entre deux missions internationales ou deux rencontres diplomatiques, et l'on appelle cela &#8220;refondation&#8221;. C'est exactement ainsi qu'on reproduit le divorce entre l'&#201;tat &#233;crit et le pays v&#233;cu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La refondation n'est pas un sprint administratif. C'est une s&#233;dimentation sociologique. Elle exige du temps, de la conflictualit&#233; assum&#233;e, de la maturation, de la traduction, de la l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vrai retard de Madagascar n'est peut-&#234;tre pas d'abord institutionnel. Il est interpr&#233;tatif. Depuis trop longtemps, on pr&#233;tend redresser le pays sans commencer par le lire. Or on ne refonde jamais un pays contre sa v&#233;rit&#233;. On ne le refonde que lorsqu'on accepte enfin de le regarder tel qu'il est, et non tel qu'il rassure les importateurs de mod&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20507 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH273/illustration_2_700-4d5b6.jpg?1776663578' width='500' height='273' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) 18/04/2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11864032566a1cab53adbd90.57140162&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Mirage du blind&#233;</title>
		<link>https://m.madagascar-tribune.com/Le-Mirage-du-blinde.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://m.madagascar-tribune.com/Le-Mirage-du-blinde.html</guid>
		<dc:date>2026-04-07T04:44:20Z</dc:date>

      <pubDate>Tue, 07 Apr 2026 07:44:20 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Abstract : Blind&#233;s &#224; chenilles, drones, h&#233;licopt&#232;res, fusils de pr&#233;cision, promotions en cascade de g&#233;n&#233;raux : &#224; Madagascar, la tentation militariste revient toujours sous des formes nouvelles. Pourtant, l'&#238;le n'a pas d'ennemi ext&#233;rieur cr&#233;dible. Alors &#224; quoi servent vraiment ces d&#233;monstrations de force ? &#192; d&#233;fendre la nation, ou &#224; intimider la soci&#233;t&#233; ? De Ratsiraka &#224; aujourd'hui, une m&#234;me logique semble se confirmer : l'arm&#233;e n'est pas tant pens&#233;e comme rempart de la souverainet&#233; que comme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://m.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L150xH100/logo_720-37-d099a.jpg?1775537061' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Abstract : Blind&#233;s &#224; chenilles, drones, h&#233;licopt&#232;res, fusils de pr&#233;cision, promotions en cascade de g&#233;n&#233;raux : &#224; Madagascar, la tentation militariste revient toujours sous des formes nouvelles. Pourtant, l'&#238;le n'a pas d'ennemi ext&#233;rieur cr&#233;dible. Alors &#224; quoi servent vraiment ces d&#233;monstrations de force ? &#192; d&#233;fendre la nation, ou &#224; intimider la soci&#233;t&#233; ? De Ratsiraka &#224; aujourd'hui, une m&#234;me logique semble se confirmer : l'arm&#233;e n'est pas tant pens&#233;e comme rempart de la souverainet&#233; que comme instrument de stabilisation politique int&#233;rieure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20458 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH333/logo_pitch-eb57e.jpg?1775537061' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque, Antoine, notre chanteur aux cheveux longs et aux id&#233;es pas toujours courtes &#8211; qui, soit dit en passant, &#233;tait originaire de Tamatave &#8211; nous chantait : &#171; pourquoi, pourquoi ces canons qui nous co&#251;tent tant ? &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la Deuxi&#232;me R&#233;publique de Didier Ratsiraka aux r&#233;cents fruits de la coop&#233;ration militaire entre le Madagascar de Randrianirina et la Russie, on nous offre ce spectacle de ces anachroniques mat&#233;riels militaires : pourquoi diable peut-on avoir besoin de blind&#233;s &#224; chenilles &#224; Madagascar ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste encore une fois, dans la Grande &#206;le, &#224; ce spectacle paradoxal d'une nation sans ennemis ext&#233;rieurs, mais dont les dirigeants semblent vivre dans une permanente parano&#239;a du si&#232;ge. Je parle d'assi&#232;gement militaire, et non pas de seza&#8230; Quoique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette tendance, qui caract&#233;rise ce qu'on appelle la pr&#233;torianisation de l'&#201;tat, refl&#232;te une r&#233;currente v&#233;rit&#233; : dans la Grande &#206;le, l'arm&#233;e n'est pas l'outil de d&#233;fense de la patrie, mais le premier client du r&#233;gime en place.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'arme comme d&#233;cor&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'histoire militaire malgache refl&#232;te ce go&#251;t pour le symbole militaire d'apparat, co&#251;teux et inutile. Dans les ann&#233;es 1970, l'amiral Ratsiraka dotait le pays de MiG-21 et d'autres syst&#232;mes sophistiqu&#233;s. Pour quoi faire ? Le MiG-21 &#233;tait un intercepteur de haute altitude con&#231;u pour la guerre moderne en Europe&#8230; N'y avait-il vraiment rien de plus adapt&#233; &#224; Madagascar pour surveiller les c&#244;tes ou courir apr&#232;s le Dahalo et ses z&#233;bus&#8230; ???&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une illustration de ces &#233;l&#233;phants blancs dont on est friands&#8230; Gabegies que l'on rattachera &#224; la litanie des Colis&#233;e du Rova ou autres t&#233;l&#233;ph&#233;riques de qui on sait&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait l&#224; servir de d&#233;corum &#224; une &#171; r&#233;volution &#187; qui s'essoufflait et prouver aux yeux du monde que Madagascar comptait&#8230; Un Andry Nirina avait lui aussi tent&#233; de s'affirmer dans cette diplomatie d'apparat d&#233;cal&#233;e des besoins r&#233;els du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quarante ans plus tard, le script reste identique. L'arriv&#233;e de mat&#233;riel russe &#8211; blind&#233;s &#224; chenilles, fusils de pr&#233;cision, drones de surveillance et h&#233;licopt&#232;res &#8211; sous le r&#233;gime Randrianirina ne r&#233;pond &#224; aucune urgence g&#233;opolitique. &#192; moins de vouloir d&#233;barquer les blind&#233;s sur les plages de Juan de Nova&#8230; Ce ne sont &#233;videmment ni les Comores voisines, ni les Seychelles, ni Maurice que l'on peut imaginer pr&#233;parer une invasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que l'acquisition de mat&#233;riel russe fait plaisir &#224; certains nationalistes qui y verront une rupture avec l'ancienne puissance coloniale et une reprise en main du destin national.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le v&#233;ritable ennemi est int&#233;rieur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'ennemi, pour le r&#233;gime, est encore une fois &#224; l'int&#233;rieur. Le blind&#233; n'est plus ici un outil de guerre ; c'est un accessoire de psychologie et d'intimidation interne. Il s'agit de saturer l'espace urbain, de d&#233;courager de mani&#232;re pr&#233;ventive les foules, et d'affirmer encore une fois que le pouvoir dispose seul du monopole de la violence brute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en &#339;uvre de ces blind&#233;s de combat peut ici constituer un basculement doctrinal majeur. Ces mat&#233;riels, con&#231;us pour la guerre de haute intensit&#233;, parce que trop lourds, trop lents, n'ont aucune utilit&#233; tactique contre les Dahalo en brousse (encore eux). Et il est difficile d'imaginer qu'ils puissent &#234;tre utilis&#233;s dans un conflit de d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais leur pr&#233;sence en milieu urbain cr&#233;e un danger de massacre indiscrimin&#233;. Les images de r&#233;pression en Birmanie sont l&#224; pour nous alerter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu pour le pouvoir serait, de fait, la sid&#233;ration psychologique : transformer chaque carrefour en zone de guerre, avec des engins invuln&#233;rables aux projectiles, et &#233;touffer dans l'&#339;uf toute vell&#233;it&#233; de manifestation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Acheter la loyaut&#233;, fabriquer le silence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Entre ces deux p&#244;les de d&#233;monstration de force et d'exposition ind&#233;cente de mat&#233;riel &#8211; ind&#233;cente au regard des besoins r&#233;els du pays &#8211;, les parenth&#232;ses civiles ou semi-civiles de Ravalomanana et Rajoelina ont illustr&#233; une autre facette du probl&#232;me de cette gabegie militariste parano&#239;aque : la domestication des forces de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marc Ravalomanana avait cru pouvoir acheter la loyaut&#233; de l'arm&#233;e par une am&#233;lioration des soldes et une gestion &#171; manag&#233;riale &#187;. Il a &#233;chou&#233; en sous-estimant la profondeur des r&#233;seaux de corruption et d'influence au sein de la hi&#233;rarchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andry Rajoelina a, lui, pouss&#233; l'art du client&#233;lisme militaire &#224; son paroxysme, en multipliant les promotions de g&#233;n&#233;raux &#224; un rythme &#171; industriel &#187; : 65 promotions en 2018, 35 en 2024. Si l'on ne dispose pas des chiffres actualis&#233;s, ils seraient aujourd'hui, a minima, quelque 150 g&#233;n&#233;raux d'active&#8230; qui devraient encadrer un corps d'arm&#233;e de 300 000 hommes, au ratio courant de 2 000 hommes par g&#233;n&#233;ral de brigade&#8230; quand on atteint le chiffre de 25 000 tous corps d'arm&#233;e confondus&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a l&#224;, &#224; Madagascar, ce que l'on appelle une arm&#233;e mexicaine : une pyramide invers&#233;e o&#249; le nombre d'officiers sup&#233;rieurs devient d&#233;mesur&#233; par rapport au nombre de soldats de rang. Est-ce parce que le drapeau du Mexique est lui aussi vert, blanc, rouge&#8230; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le TGV a ainsi transform&#233; la haute hi&#233;rarchie en caste de privil&#233;gi&#233;s. Un g&#233;n&#233;ral promu est un g&#233;n&#233;ral qui ne conteste pas ; un colonel promu est un alli&#233; qui prot&#232;ge les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques du clan au pouvoir. Strat&#233;gie hasardeuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on l'a vu : les ralliements forg&#233;s artificiellement sur ce client&#233;lisme opportun ont vite fait, d'une part, de se retourner et, d'autre part, d'ouvrir la voie &#224; des frustrations violentes chez les officiers et sous-officiers subalternes, &#233;mettant des &#171; et mon tour alors, c'est pour quand ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette strat&#233;gie de l'apaisement par le galon cr&#233;e un &#201;tat dans l'&#201;tat. L'arm&#233;e n'est plus une institution de service public, mais une corporation mutuelle dont la mission principale est d'assurer sa propre p&#233;rennit&#233;&#8230; et celle de son bienfaiteur&#8230; du moment. Il est toutefois &#224; remarquer que l'audit de la cour des comptes sur le Minist&#232;re de la D&#233;fense semble ne se pr&#233;occuper que de la conformit&#233; des proc&#233;dures de d&#233;penses sans aborder le probl&#232;me des r&#244;les, des effectifs et des retraites.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le co&#251;t social de la gabegie s&#233;curitaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Et m&#234;me si, proportionnellement, la part du budget des forces de l'ordre malgaches reste souvent en de&#231;&#224; de la moyenne des pays africains, assurer les soldes et les retraites de cette pl&#233;thorique hi&#233;rarchie militaire &#8211; ce qui est fait au d&#233;triment des &#233;quipements de la soldatesque &#8211; caract&#233;rise un volet financier dont on pourrait se passer au regard des urgences&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans &#233;noncer l'&#233;vidence que ces fonds, utilis&#233;s sur des lignes de budget social, auraient eu plus d'impact, on admettra quand m&#234;me qu'on a toujours besoin de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'am&#233;lioration de la s&#233;curit&#233; n'a-t-elle pour seule voie que la croissance des outils de r&#233;pression ? Ou bien le progr&#232;s social n'est-il pas la voie la plus raisonnable et la plus efficace de lutte contre l'ins&#233;curit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le risque de l'&#201;tat-garnison&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De Ratsiraka &#224; Randrianirina, les pratiques montrent que le pouvoir &#224; Madagascar reste toujours une affaire de caserne masqu&#233;e par des rituels civils. Peter Turchin d&#233;crit bien, dans son mod&#232;le, que la composante militaire reste la pi&#232;ce essentielle des m&#233;canismes de changement de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend pourquoi les dirigeants successifs se pr&#233;occupent autant de bichonner les corps militaires et d'assurer la paix sociale au sein de ce corps en perp&#233;tuel d&#233;s&#233;quilibre&#8230; bichonn&#233; par l'&#233;quipement&#8230; ou bichonn&#233; par l'avancement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me, c'est que ces strat&#233;gies, loin de consolider la nation, ne font probablement que la fragiliser en faisant de l'arm&#233;e une variable d'ajustement de la stabilit&#233; de l'&#201;tat, laquelle s'av&#232;rera de plus en plus difficile &#224; ma&#238;triser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que l'arm&#233;e sera per&#231;ue comme un instrument de survie politique plut&#244;t que comme un garant de la souverainet&#233; nationale, Madagascar restera prisonni&#232;re de ce cycle : des g&#233;n&#233;raux toujours plus nombreux, des chars toujours plus neufs, et un peuple toujours plus pauvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le blind&#233; russe dans les rues d'Antananarivo n'est pas le signe d'une force retrouv&#233;e, mais peut &#234;tre bien l'aveu d'une faillite d&#233;mocratique profonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;fi de ce r&#233;gime est de ne pas devenir un &#201;tat-garnison, o&#249; la s&#233;curit&#233; devient une fin en soi, en oubliant que la s&#233;curit&#233; et la paix durable reposent davantage sur le d&#233;veloppement que sur la capacit&#233; de r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antoine chantait aussi : &#171; qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez moi ? &#187; Lui, au moins, se posait la question que beaucoup de nos dirigeants devraient se poser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) 06/04/2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11864032566a1cab53adbd90.57140162&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Herintsalama, ou le mauvais proc&#232;s fait &#224; un gouvernement de l'action</title>
		<link>https://m.madagascar-tribune.com/Herintsalama-ou-le-mauvais-proces-fait-a-un-gouvernement-de-l-action.html</link>
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		<dc:date>2026-03-13T05:27:32Z</dc:date>

      <pubDate>Fri, 13 Mar 2026 08:27:32 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#192; Madagascar, on aime beaucoup parler de stabilit&#233;. C'est un mot pratique : il sert dans les discours, dans les communiqu&#233;s, dans les salons diplomatiques, dans les conversations de chancellerie. Tout le monde s'en r&#233;clame. Mais, au fond, peu de gens l'acceptent vraiment d&#232;s lors qu'elle prend la forme ingrate de la m&#233;thode, de la patience, de la continuit&#233; administrative. On veut la stabilit&#233; en slogan ; on la refuse d&#232;s qu'elle devient discipline. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le limogeage du Premier ministre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://m.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; Madagascar, on aime beaucoup parler de stabilit&#233;. C'est un mot pratique : il sert dans les discours, dans les communiqu&#233;s, dans les salons diplomatiques, dans les conversations de chancellerie. Tout le monde s'en r&#233;clame. Mais, au fond, peu de gens l'acceptent vraiment d&#232;s lors qu'elle prend la forme ingrate de la m&#233;thode, de la patience, de la continuit&#233; administrative. On veut la stabilit&#233; en slogan ; on la refuse d&#232;s qu'elle devient discipline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le limogeage du Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo a parfaitement illustr&#233; ce travers national. En pleine transition, dans un moment o&#249; l'on pr&#233;tendait justement remettre l'&#201;tat debout, l'ex&#233;cutif a choisi de casser la cha&#238;ne gouvernementale de mani&#232;re brutale. Le r&#233;sultat est saisissant : au nom de la stabilit&#233;, on a cr&#233;&#233; une nouvelle s&#233;quence d'instabilit&#233;. Au nom de la refondation, on a donn&#233; le spectacle d'un pouvoir encore travaill&#233; par les r&#233;flexes de rupture soudaine, de sanction opaque et de recomposition improvis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me n'est pas qu'Herintsalama ait &#233;t&#233; critiqu&#233;. En politique, et plus encore dans un moment de crise, la critique est normale. Le probl&#232;me est qu'il a tr&#232;s vite &#233;t&#233; transform&#233; en cible commode, en coupable de synth&#232;se, en r&#233;ceptacle de frustrations multiples. On lui a fait un proc&#232;s de climat avant de faire un bilan. On a jug&#233; un homme &#224; travers sa r&#233;putation suppos&#233;e, sa sociologie, ses fr&#233;quentations r&#233;elles ou fantasm&#233;es, bien avant d'examiner s&#233;rieusement ce qu'il avait engag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car Herintsalama partait avec un handicap lourd : il n'incarnait pas la puret&#233; r&#233;volutionnaire. Son parcours, sa proximit&#233; avec les milieux &#233;conomiques, sa capacit&#233; &#224; parler aux partenaires financiers, aux bailleurs, aux institutions, tout cela le rendait imm&#233;diatement suspect aux yeux de ceux qui veulent voir dans toute comp&#233;tence install&#233;e la trace d'une compromission. Dans un pays o&#249; l'ancien pouvoir a laiss&#233; derri&#232;re lui une telle d&#233;fiance, il suffisait qu'un homme paraisse trop familier des circuits d'influence, trop connu des partenaires classiques, trop acceptable pour le &#8220;syst&#232;me&#8221;, pour que l'accusation implicite tombe : celui-l&#224; doit forc&#233;ment &#234;tre proche des corrompus d'hier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que commence l'hypocrisie. Car que demandait-on au d&#233;part ? Un chef de gouvernement capable de remettre les minist&#232;res en ordre, de parler aux partenaires, de rassurer les bailleurs, de rendre le pays &#224; nouveau lisible, de stabiliser la machine publique et de transformer une victoire politique en s&#233;quence gouvernable. Autrement dit, on voulait pr&#233;cis&#233;ment un profil comme le sien. Mais une fois ce profil nomm&#233;, on s'est mis &#224; lui reprocher ce qui faisait justement son utilit&#233; potentielle : son exp&#233;rience, sa lisibilit&#233;, sa capacit&#233; d'interlocution, sa compatibilit&#233; avec les circuits classiques de coop&#233;ration et de financement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On lui demandait d'&#234;tre efficace sans avoir de pass&#233;. Cr&#233;dible sans avoir fr&#233;quent&#233; personne. Comp&#233;tent sans avoir jamais approch&#233; les centres de pouvoir. Ferme sans &#234;tre froid. Visible sans &#234;tre spectaculaire. En somme, on lui demandait l'impossible : &#234;tre un homme d'&#201;tat sans porter les stigmates d'aucune histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, quand on sort du bavardage, on voit bien qu'il n'y avait pas seulement autour de lui un gouvernement de fa&#231;ade. Il y avait une logique. Une &#233;quipe de transition n'est pas l&#224; pour plaire, mais pour tenir. Elle doit g&#233;rer les urgences, remettre de la coh&#233;rence, faire tourner l'administration, produire des premiers r&#233;sultats, pr&#233;parer les r&#233;formes et tracer un chemin vers le retour &#224; un ordre institutionnel plus stable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait, au moins dans son principe, le sens du programme qui avait &#233;t&#233; mis en avant : r&#233;pondre &#224; l'urgence sociale et &#233;conomique, r&#233;organiser l'&#201;tat, relancer les services essentiels, am&#233;liorer la gouvernance, pr&#233;parer les &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, il ne s'agissait pas d'un gouvernement de parade, mais d'un gouvernement de mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est sans doute cela qui a fait sa faiblesse politique. Les hommes d'action ont souvent un d&#233;faut fatal : ils croient que le travail parlera pour eux. Or, &#224; Madagascar comme ailleurs, le travail silencieux ne parle jamais seul. Il faut le montrer, le raconter, le sc&#233;nariser, le d&#233;fendre. Si vous ne racontez pas le chantier, vos adversaires raconteront l'&#233;chec. Si vous ne produisez pas de r&#233;cit, on produira contre vous une r&#233;putation. Si vous ne rendez pas visible l'effort, la foule ne verra que l'absence d'effets imm&#233;diats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Herintsalama semble avoir gouvern&#233; comme un homme convaincu que l'action l'emporterait sur l'image. C'&#233;tait peut-&#234;tre moralement respectable. C'&#233;tait politiquement suicidaire. Dans une transition aussi nerveuse, travers&#233;e de m&#233;fiances, de frustrations et d'ambitions concurrentes, un gouvernement tourn&#233; vers l'ex&#233;cution mais peu arm&#233; pour la bataille de perception devient une proie id&#233;ale. On peut l'accuser de tout, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il laisse aux autres le monopole de la mise en sc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a d'autant plus compt&#233; que le contexte n'&#233;tait pas neutre. Une transition n'est jamais seulement un moment de redressement. C'est aussi un march&#233; politique. Chacun y avance ses pions. Les ambitieux locaux veulent leur place. Les d&#233;&#231;us de la vieille classe dirigeante cherchent &#224; revenir par d'autres portes. Les nouveaux radicaux veulent capitaliser sur la col&#232;re. Les influenceurs, les groupes d'opinion, les r&#233;seaux militants, les op&#233;rateurs &#233;conomiques, les appareils partisans en recomposition veulent tous peser sur la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans ce genre de moment, les influences exog&#232;nes ne restent jamais &#224; la porte. Madagascar, depuis le changement de pouvoir, est redevenue un terrain lisible de comp&#233;tition d'influences. Il y a les partenaires traditionnels, ceux qui veulent un pays stabilis&#233;, pr&#233;visible, r&#233;ins&#233;rable dans les circuits classiques de coop&#233;ration, de financement et de reconnaissance diplomatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a d'autres forces, d'autres puissances, d'autres agendas, plus int&#233;ress&#233;s par une redistribution des cartes, par une ouverture de nouveaux espaces d'influence, par des repositionnements g&#233;opolitiques profitant de la fragilit&#233; du moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel paysage, un Premier ministre trop lisible pour les partenaires financiers classiques peut devenir g&#234;nant. Non parce qu'il trahirait la nation, comme le disent les plus simplistes, mais parce qu'il donne forme &#224; une orientation : celle d'un pouvoir qui se normalise, se structure, se rend fr&#233;quentable, se rend solvable, se rend n&#233;gociable dans les cadres habituels. Cela peut rassurer certains. Cela peut en inqui&#233;ter d'autres. Cela peut surtout contrarier ceux qui, &#224; l'int&#233;rieur comme &#224; l'ext&#233;rieur, pr&#233;f&#232;rent un terrain plus fluide, plus instable, plus disponible aux jeux de repositionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que le proc&#232;s fait &#224; Herintsalama devient politiquement r&#233;v&#233;lateur. On l'a attaqu&#233; comme homme suppos&#233;ment trop proche des anciens r&#233;seaux. Peut-&#234;tre, en partie. On l'a accus&#233; d'&#234;tre trop compatible avec les bailleurs et partenaires traditionnels. Sans doute. Mais ces accusations, qui ont nourri sa mauvaise r&#233;putation, disent moins sa culpabilit&#233; qu'un conflit de lignes au sein m&#234;me de la transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fallait-il un gouvernement de stabilisation arrim&#233; &#224; une logique de continuit&#233; administrative, de cr&#233;dibilit&#233; financi&#232;re et de lisibilit&#233; diplomatique ? Ou fallait-il au contraire une ligne plus dure, plus politique, plus mobile, plus soucieuse d'&#233;quilibres internes et d'ouvertures g&#233;opolitiques nouvelles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fond, Herintsalama a sans doute pay&#233; cette contradiction-l&#224;. Il &#233;tait trop compromis pour les tenants d'une rupture absolue, mais trop structurant pour ceux qui avaient int&#233;r&#234;t &#224; ce que la transition demeure un espace de lutte ouverte. Trop gris pour les amateurs de puret&#233;. Trop s&#233;rieux pour les entrepreneurs d'agitation. Trop discret pour ceux qui vivent de r&#233;cit. Trop gouvernant pour ceux qui veulent d'abord se positionner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'absout pas ses insuffisances. Il est probable qu'il ait sous-estim&#233; la puissance de la d&#233;fiance. Il est probable aussi qu'il n'ait pas compris assez vite qu'&#224; Madagascar, apr&#232;s une rupture de pouvoir, on ne gouverne pas seulement contre les urgences mat&#233;rielles ; on gouverne aussi contre les soup&#231;ons, contre les fant&#244;mes de l'ancien r&#233;gime, contre les impatiences d'une jeunesse qui veut voir des signes, des gestes, des ruptures visibles. Il a peut-&#234;tre cru qu'il suffisait d'&#234;tre au travail. Il aurait fallu, en plus, prouver sans cesse qu'il ne travaillait pas pour la restauration d'un monde ancien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut remettre les choses &#224; l'endroit : ce gouvernement n'a pas &#233;t&#233; renvers&#233; par la preuve &#233;clatante de son inaction. Il a &#233;t&#233; emport&#233; par un r&#233;cit. Le r&#233;cit d'un homme trop proche des anciens. Le r&#233;cit d'un pouvoir trop proche des partenaires classiques. Le r&#233;cit d'un ex&#233;cutif incapable de sentir la rue. En un mot : &lt;strong&gt;il a &#233;t&#233; vaincu moins par ses r&#233;sultats que par ce que les autres ont r&#233;ussi &#224; faire croire de lui.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en cela que le proc&#232;s a &#233;t&#233; mauvais. Non parce qu'Herintsalama serait un saint, ni parce que son gouvernement aurait &#233;t&#233; parfait. Mais parce qu'on l'a davantage condamn&#233; sur son pedigree que sur son &#339;uvre, sur son odeur que sur sa m&#233;thode, sur sa r&#233;putation que sur son action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Madagascar, c'est une vieille maladie : on adore les proc&#232;s de puret&#233;, on d&#233;teste les hommes qui travaillent dans le gris du r&#233;el. On veut des ruptures, des symboles, des t&#234;tes qui tombent. On aime moins les tableaux de bord, les arbitrages, les encha&#238;nements administratifs, les n&#233;gociations laborieuses et les &#233;quilibres ingrats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Herintsalama aura pay&#233; ce malentendu jusqu'au bout. Son vrai tort n'&#233;tait peut-&#234;tre pas d'&#234;tre incomp&#233;tent, ni m&#234;me d'&#234;tre compromis au sens grossier du terme. Son tort &#233;tait d'incarner une stabilisation possible dans un moment o&#249; trop d'acteurs avaient int&#233;r&#234;t, pour des raisons diff&#233;rentes, &#224; emp&#234;cher qu'elle se consolide vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ceux qui l'ont pouss&#233; dehors au nom de on ne sait quoi devront un jour r&#233;pondre &#224; deux questions simples : pourquoi, &#224; Madagascar, la stabilit&#233; commence-t-elle si souvent par l'&#233;viction de ceux qui tentaient, maladroitement peut-&#234;tre, de lui donner une forme ? Quand donc apprendront ils que le pays plonge depuis 60 ans &#224; cause de ces coups d'Etat &#224; r&#233;p&#233;tition&#8230; Parce qu'on vient bien ici d'assister &#224; un nouveau coup d'Etat institutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) 12/03/2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11864032566a1cab53adbd90.57140162&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Je joins ici le &lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/wp-content/uploads/2026/03/temoignage-conseiller-technique_100326.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;t&#233;moignage de l'int&#233;rieur d'un conseiller technique&lt;/a&gt; que je connais irr&#233;prochable&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Anatomie d'un rapprochement Poutino Malagasy</title>
		<link>https://m.madagascar-tribune.com/Anatomie-d-un-rapprochement-Poutino-Malagasy.html</link>
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		<dc:date>2026-02-24T05:35:59Z</dc:date>

      <pubDate>Tue, 24 Feb 2026 08:35:59 +0300</pubDate>

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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Abstract : Cette chronique d&#233;crypte le r&#233;cent rapprochement diplomatique entre Madagascar et la Russie. Ce virage, parfois c&#233;l&#233;br&#233; localement comme un acte de souverainet&#233; et de non-alignement, dissimule de profonds enjeux g&#233;ostrat&#233;giques. Pour une Russie sous sanctions, l'int&#233;r&#234;t est structurel. Moscou convoite le port en eaux profondes de Diego-Suarez pour projeter sa flotte, vise les minerais critiques malgaches (graphite, terres rares, uranium), et d&#233;ploie son syst&#232;me financier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://m.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L150xH100/logo-15-247d6.jpg?1771911378' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Abstract : Cette chronique d&#233;crypte le r&#233;cent rapprochement diplomatique entre Madagascar et la Russie. Ce virage, parfois c&#233;l&#233;br&#233; localement comme un acte de souverainet&#233; et de non-alignement, dissimule de profonds enjeux g&#233;ostrat&#233;giques. Pour une Russie sous sanctions, l'int&#233;r&#234;t est structurel. Moscou convoite le port en eaux profondes de Diego-Suarez pour projeter sa flotte, vise les minerais critiques malgaches (graphite, terres rares, uranium), et d&#233;ploie son syst&#232;me financier alternatif pour contourner la surveillance occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, cette diplomatie multivectorielle s'apparente &#224; un exercice p&#233;rilleux sur un champ de mines pour Antananarivo. La France, redoutant une &#171; sah&#233;lisation &#187; de la r&#233;gion, tente de maintenir son ancrage strat&#233;gique vital dans l'oc&#233;an Indien avec un pragmatisme prudent. Surtout, ce pari expose l'&#238;le &#224; une riposte s&#233;v&#232;re de Washington. En s'associant &#224; des r&#233;seaux financiers russes sanctionn&#233;s, Madagascar risque notamment l'exclusion de l'AGOA, ce qui menacerait directement plus de 100 000 emplois dans le textile. Prise entre les grandes puissances, la Grande &#206;le pourrait bien devenir le th&#233;&#226;tre d'une nouvelle guerre froide plut&#244;t que de conqu&#233;rir sa v&#233;ritable ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20278 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH500/illustration-1-2-c52e6.jpg?1771911378' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Madagascar-Russie : Le grand jeu de dupes ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le mois de f&#233;vrier 2026 marquera d'une pierre l'histoire diplomatique de la Grande &#206;le. Alors que le monde observe avec une fascination inqui&#232;te le jeu des grandes puissances et de leurs dirigeants dysfonctionnels, dans l'Oc&#233;an Indien le Pr&#233;sident de la Refondation de Madagascar, Michael Randrianirina, semble avoir franchi le Rubicon de la Moskova. Entre les ors du Kremlin et la r&#233;alit&#233; de ses convoitises, voici l'anatomie d'un rapprochement qui pourrait ressembler &#224; un afindrafindrao&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'afindrafindrao est une danse traditionnelle qui se danse par paire o&#249; le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sur un champ de mines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jouer la carte du multilat&#233;ralisme s'av&#232;re &#234;tre une option de jeu pertinente &#224; prendre quand il s'agit de n&#233;gocier/jouer/bluffer dans cette partie de poker menteur qu'est la g&#233;opolitique et la diplomatie &#233;conomique. Mais il faut prudence garder quand il s'agit de jouer avec un partenaire qui n'a pas fait plus que les autres sa r&#233;putation sur le respect de la parole donn&#233;e et sur l'altruisme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le faste de Moscou : un message cod&#233; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e de Michael en Russie n'a ainsi rien eu d'une visite de courtoisie ordinaire. Le Kremlin a d&#233;ploy&#233; une panoplie protocolaire habituellement r&#233;serv&#233;e habituellement aux alli&#233;s du premier cercle ou aux partenaires strat&#233;giques vitaux : avion sp&#233;cial affr&#233;t&#233;, tapis rouge, parade de la garde d'honneur et limousine blind&#233;e : chaque d&#233;tail de cet apparat voulait certainement flatter l'ego national malagasy tout en envoyant un signal fort &#224; la communaut&#233; internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En recevant le pr&#233;sident malagasy au plus haut niveau, avec Sergue&#239; Lavrov aux c&#244;t&#233;s de Vladimir Poutine, Moscou ne se contente pas de discuter de coop&#233;ration diplomatique, &#233;conomique et militaire. Moscou met en sc&#232;ne, de fa&#231;on savamment orchestr&#233;e, un vrai &#171; pied de nez &#187; &#224; Emmanuel Macron, quelques jours seulement avant la rencontre pr&#233;vue entre le pr&#233;sident fran&#231;ais et le leader de la refondation malagasy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le message veut probablement &#234;tre limpide : &#171; Tiens, essaie de faire mieux maintenant &#187;. Ce d&#233;corum illustre l'int&#233;r&#234;t croissant de la Russie pour Madagascar, qu'elle ne voit pas seulement comme une &#238;le lointaine, mais comme un verrou g&#233;ostrat&#233;gique majeur &#8230; M&#234;me si on peut imaginer le plaisir que Poutine a de mettre un &#171; petit caillou &#187; (&#224; la taille des &#238;les &#201;parses ?) dans les rangers d'une Europe qui d&#233;cid&#233;ment ne veut pas se laisser faire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le nationalisme malagasy : Entre h&#233;ritage revendiqu&#233; des Menalamba et myopie politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans certains cercles nationalistes d'Antananarivo, ce virage vers Moscou est accueilli avec une vraie jubilation. On y voit enfin la fin de la &#171; Fran&#231;afrique &#187; (m&#234;me si elle est d&#233;j&#224; bien morte) , et une r&#233;ponse aux frustrations accumul&#233;es depuis la colonisation et le n&#233;o-colonialisme fran&#231;ais. Ces cercles invoquent certainement l'esprit des Menalamba, ce mouvement de r&#233;sistance populaire qui, contrairement &#224; l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re de l'&#233;poque, avait refus&#233; de capituler face &#224; l'envahisseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, cette lecture historique souffre d'une amn&#233;sie s&#233;lective. Si l'empire colonial fran&#231;ais a pu s'installer, c'est aussi parce qu'il avait su exploiter les calculs politiques de dirigeants locaux de l'&#233;poque, plus soucieux de leurs int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats face &#224; leurs rivaux internes que du sort de la nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'histoire semble b&#233;gayer. Le narratif gouvernemental actuel voudrait pr&#233;senter, quelque part &#224; raison, le rapprochement russe comme un acte de souverainet&#233; pure, une forme de &#171; non-alignement &#187; moderne qui permettrait de choisir ses partenaires librement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le danger est de confondre &#171; changement de partenaire &#187; avec &#171; ind&#233;pendance &#187;. L&#224; aussi, il ne faut pas perdre de vue que nos probl&#232;mes de d&#233;veloppement rel&#232;vent davantage de l'incurie et du cynisme de g&#233;n&#233;rations de dirigeants malagasys que des seules initiatives &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les puissances &#233;trang&#232;res, qu'elles soient russes, fran&#231;aises ou am&#233;ricaines, ne font que d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts nationaux respectifs. On doit encore et encore le redire : c'est &#224; nous, et &#224; nous seuls, de d&#233;finir et de d&#233;fendre nos enjeux. Sans esp&#233;rer que d'autres, m&#251;s par de sains desseins (saint des saints ?) g&#233;n&#233;reux et d&#233;sint&#233;ress&#233;s se chargent de d&#233;fendre NOS propres int&#233;r&#234;ts&#8230; Question d'autonomie v&#233;ritable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les enjeux et int&#233;r&#234;ts de la Russie : Le prisme de la survie strat&#233;gique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre pourquoi Vladimir accorde tant d'importance au pouvoir malagasy, il faut regarder Madagascar &#224; travers les lunettes d'une Russie sous sanctions massives. L'int&#233;r&#234;t russe est structurel, non pas seulement opportuniste et rel&#232;ve de logiques, entre autres, deprojection de sa puissance navale et de guerre des minerais critiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier chef, le joyau de la couronne malagasy pour les strat&#232;ges russes est semble-t-il Diego-Suarez. Ce port en eaux profondes, l'un des meilleurs de l'ouest de l'Oc&#233;an Indien, offrirait &#224; la flotte russe une capacit&#233; de projection in&#233;dite sur les routes maritimes reliant l'Atlantique et l'Oc&#233;an Indien. Apr&#232;s avoir sign&#233; un accord similaire avec S&#227;o Tom&#233; en avril 2025, la Russie cherche &#224; dupliquer, de mani&#232;re formellement d&#233;clar&#233;e, ce mod&#232;le &#224; Madagascar pour ancrer sa pr&#233;sence dans une zone historiquement sous influence occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le sous-sol malagasy va devenir, s'il ne l'est pas d&#233;j&#224;, un champ de bataille pour la transition &#233;nerg&#233;tique mondiale. La Russie s'int&#233;resse tr&#232;s probablement en particulier au graphite dont Madagascar est l'un des leaders mondiaux, aux terres rares ainsi qu'&#224; l'uranium. L'acc&#232;s &#224; ces ressources permettrait &#224; la Russie de consolider son statut de superpuissance &#233;nerg&#233;tique en mettant la main sur ces ressources strat&#233;giques. On n'oubliera l'affaire du chrome qui caract&#233;risait aussi il y a peu l'int&#233;r&#234;t des Russes pour les ressources du sous-sol malagasy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s'ins&#233;rant dans ces fili&#232;res, Moscou s&#233;curise ses propres besoins industriels et s'offre le plaisir de &#171; spoiler &#187; les strat&#233;gies des Occidentaux qui tentent de r&#233;duire leur d&#233;pendance &#224; la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, last but not least, l'or de Madagascar &#8211; dont l&#8216;extraction, souvent hors des circuits officiels, peut servir de matelas de liquidit&#233;s pour la Banque centrale russe pour contourner les sanctions financi&#232;res &#8211; est certainement au c&#339;ur de l'int&#233;r&#234;t des Poutine et autres Lavrov pour les ressources de la Grande Ile. .&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le corridor financier A7 et l'architecture d'une finance de l'ombre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais, au-del&#224; de ces enjeux g&#233;ostrat&#233;giques et miniers, la venue &#224; Antananarivo de Mikhail Dorofeev, vice-pr&#233;sident d'une banque russe sous sanctions qui n'est pas un diplomate de salon mais un sp&#233;cialiste du contournement financier, n'est par ailleurs absolument pas fortuite. La Russie veut int&#233;grer Madagascar dans son syst&#232;me financier alternatif &#171; A7 &#187; qui veut cr&#233;er un nouveau corridor financier en Afrique australe pour &#233;chapper &#224; la surveillance occidentale et d&#233;finirait un m&#233;canisme financier alternatif con&#231;u pour op&#233;rer hors des radars des r&#233;seaux habituels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif probable est de permettre le recyclage des revenus miniers et le commerce du fuel russe via des circuits de compensation opaques&#8230; Utilisant potentiellement l'or malagasy comme valeur refuge intra&#231;able. Pour le r&#233;gime malagasy, ce syst&#232;me peut promettre des liquidit&#233;s imm&#233;diates et une autonomie apparente face aux exigences de transparence des bailleurs de fonds traditionnels. Mais en ouvrant les portes &#224; ce corridor financier, la Grande &#206;le risque de devenir une zone grise financi&#232;re, s'exposant ainsi &#224; une mise au ban d&#233;finitive par le Tr&#233;sor am&#233;ricain. Le pari est audacieux, mais le prix de la d&#233;connexion du syst&#232;me financier mondial pourrait &#234;tre l'asphyxie durable de l'&#233;conomie malagasy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'exp&#233;rience des &#171; financements parall&#232;les &#187; de la Pr&#233;sidence Zafy&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lorsqu'Albert Zafy arrive au pouvoir au d&#233;but de la Troisi&#232;me R&#233;publique, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;qui r&#234;vait de s'abstraire des autorit&#233;s de Bretton Woods devrait nous rappeler que le mirage de l'argent &#171; facile &#187; s'av&#232;re des plus dangereux tant &#233;conomiquement que politiquement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La riposte des Occidentaux : Entre pragmatisme fran&#231;ais et offensive am&#233;ricaine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette perc&#233;e russe, les partenaires traditionnels tentent de sauver ce qui peut l'&#234;tre, chacun avec sa m&#233;thode. L'inqui&#233;tude de Paris et des Europ&#233;ens face au rapprochement entre Antananarivo et Moscou est profonde et multidimensionnelle, m&#234;lant s&#233;curit&#233; strat&#233;gique et int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques vitaux. La France, malgr&#233; le choc du coup d'&#201;tat qui avait renvers&#233; Rajoelina, a opt&#233; pour un pragmatisme prudent. Paris ne peut se permettre une rupture totale. Parce que la pr&#233;sence fran&#231;aise dans l'oc&#233;an Indien rel&#232;ve d'une logique de puissance r&#233;siduelle mais structurellement vitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France y d&#233;fend d'abord des int&#233;r&#234;ts g&#233;ostrat&#233;giques : La R&#233;union, Mayotte, les &#201;parses et la base de Djibouti constituent un arc de pr&#233;sence militaire qui lui permet de surveiller les routes maritimes reliant le Golfe Persique &#224; l'Europe&#8230; Environ 20% du commerce mondial y transite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madagascar repr&#233;sente ici un enjeu particulier. L'&#238;le est un verrou g&#233;ographique central du canal du Mozambique, zone qui peut s'av&#233;rer de plus en plus disput&#233;e pour sa position sur les c&#226;bles sous-marins num&#233;riques mais aussi pour ses potentielles ressources en hydrocarbures offshore. Perdre l'influence sur Tananarive, c'est ouvrir une br&#232;che dans ce dispositif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; sah&#233;lisation &#187; &#8212; entendre la contagion du rejet fran&#231;ais coupl&#233;e &#224; l'instabilit&#233; institutionnelle &#8212; constitue le cauchemar de Paris pour la r&#233;gion. Wagner puis Africa Corps ont d&#233;montr&#233; qu'un vide d'influence se comble rapidement. La Russie, via des offres s&#233;curitaires sans conditionnalit&#233; d&#233;mocratique, s&#233;duit des &#233;lites locales fragilis&#233;es. Madagascar, dont la gouvernance reste fragile, est une cible naturelle de ce narratif souverainiste anti-fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris tient donc &#224; Madagascar pour des raisons combin&#233;es : r&#233;sidus de la Fran&#231;afrique, int&#233;r&#234;ts miniers et agricoles, mais surtout pour &#233;viter qu'un pivot malagasy vers Moscou ou P&#233;kin ne fracture d&#233;finitivement son dispositif indopacifique, dont la coh&#233;rence repose pr&#233;cis&#233;ment sur cette continuit&#233; g&#233;ographique entre La R&#233;union et les c&#244;tes est-africaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Occidentaux derri&#232;re Paris, et europ&#233;ens au premier chef, peuvent redouter enfin de perdre l'acc&#232;s &#224; certains minerais critiques (graphite, terres rares, uranium) en offrant &#224; la Russie un levier de chantage industriel si elle venait &#224; contr&#244;ler ces cha&#238;nes d'approvisionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cela, la r&#233;action europ&#233;enne ne sera &#233;videmment pas frontale. Une forme de pragmatisme diplomatique s'assurera certainement de maintenir le dialogue pour &#233;viter une rupture totale et offrir une alternative aux &#171; offres de services &#187; russes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le risque d'une mise sous conditionnalit&#233; de l'aide et du gel demeure : L'Europe pourrait geler certains programmes de coop&#233;ration ou soutiens budg&#233;taires en invoquant des clauses de transparence et de bonne gouvernance. Ou, dans des logiques de pression par les investissements, utiliser le poids de de leurs entreprises pour rappeler que le d&#233;veloppement structurel de l'&#238;le d&#233;pend encore largement des capitaux de l'Ouest &#8211; pr&#233;sent&#233;s bien plus p&#233;rennes que les promesses de fuel brad&#233; par le Kremlin &#8211; est une option que les occidentaux pourraient envisager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais face au rapprochement poutino malagasy, ce n'est peut-&#234;tre pas tant du c&#244;t&#233; de Paris qu'il faut pr&#234;ter attention que du c&#244;t&#233; de Washington qui risque de jouer une partition plus muscl&#233;e. Le d&#233;partement d'&#201;tat a multipli&#233; les rencontres avec Randrianirina pour discuter de coop&#233;ration s&#233;curitaire et d'investissements dans les min&#233;raux critiques. Le projet Base Toliara, un investissement am&#233;ricain de 700 millions de dollars dans le titane et les terres rares, est certainement au c&#339;ur de leurs pr&#233;occupations. Des figures controvers&#233;es comme Erik Prince ont m&#234;me &#233;t&#233; approch&#233;es pour offrir des services de renseignement et de protection du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici que le pari de Michael Randrianirina peut s'av&#233;rer risqu&#233;. En jouant sur plusieurs tableaux, la pr&#233;sidence malagasy marche sur des &#339;ufs. Et jouer au billard de la g&#233;opolitique avec des &#339;ufs ( et non pas des boules ) n'est pas n&#233;cessairement ce qui apportera les bonnes solutions &#224; la stabilisation et au d&#233;veloppement du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapprochement avec des financiers russes sous sanctions, comme Dorofeev, pourrait d&#233;clencher des mesures de r&#233;torsion s&#233;v&#232;res de la part des &#201;tats-Unis et de leur impulsif et impr&#233;visible patron. Lequel ne regarde probablement pas d'un bon &#339;il des perspectives d'accord militaire et de d&#233;fense. Avec en menace principale la perte de nos avantages commerciaux et en particulier de l'AGOA, ce qui menacerait plus de 100 000 emplois du secteur textile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est ici : Madagascar est-elle en train de gagner son ind&#233;pendance, ou bien est-elle en train de devenir le terrain de jeu d'une guerre froide 2.0 ? Entre le tapis rouge de Moscou et les avertissements de Washington. Le tango avec un pas &#224; gauche et deux pas &#224; droite peut s'av&#233;rer pour le moins hasardeux &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) 23/02/2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11864032566a1cab53adbd90.57140162&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'afindrafindrao est une danse traditionnelle qui se danse par paire o&#249; le couple se tient par les deux mains, et avance en se balan&#231;ant de gauche &#224; droite.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lorsqu'Albert Zafy arrive au pouvoir au d&#233;but de la Troisi&#232;me R&#233;publique, l'&#233;conomie malagasy est exsangue. Le Fonds Mon&#233;taire International (FMI) et la Banque Mondiale exigent, en &#233;change de leurs pr&#234;ts, l'application stricte de Programmes d'Ajustement Structurel (PAS) (qui, entre nous soit dit, s'av&#233;raient &#234;tre une aberration) : privatisations massives (notamment des banques et des entreprises d'&#201;tat), lib&#233;ralisation &#233;conomique, et aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire. Le pr&#233;sident Zafy, anim&#233; par une vision tr&#232;s souverainiste et craignant le co&#251;t social explosif de ces mesures, refuse le diktat de Washington. Il rompt les n&#233;gociations avec le FMI. Mais l'&#201;tat a d&#233;sesp&#233;r&#233;ment besoin de devises pour fonctionner. C'est l&#224; que na&#238;t la th&#233;orie des &#171; financements parall&#232;les &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Refusant l'aust&#233;rit&#233; impos&#233;e par le FMI, le pr&#233;sident malagasy Albert Zafy tente de s'affranchir du syst&#232;me financier international. Il s'est tourn&#233; vers des &#171; financements parall&#232;les &#187; via d'obscurs courtiers promettant des milliards sans condition. Ce mirage s'est r&#233;v&#233;l&#233; &#234;tre une vaste escroquerie internationale visant &#224; extorquer des garanties souveraines &#224; l'&#201;tat. L'isolement diplomatique et la ruine macro&#233;conomique cons&#233;cutive (inflation record, effondrement mon&#233;taire) ont finalement conduit &#224; la destitution de Zafy en 1996 pour violation constitutionnelle des r&#232;gles budg&#233;taires. Ce fiasco historique rappelle tragiquement les dangers de l'opacit&#233; et l'illusion des partenariats miracles. Ce devrait &#234;tre une le&#231;on d'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Communication d'Etat, du pr&#233;sident spectacle au pouvoir-silence</title>
		<link>https://m.madagascar-tribune.com/Communication-d-Etat-du-president-spectacle-au-pouvoir-silence.html</link>
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		<dc:date>2026-02-16T04:18:07Z</dc:date>

      <pubDate>Mon, 16 Feb 2026 07:18:07 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Abstract : &#192; Madagascar, la chute de Rajoelina marque le passage d'un pr&#233;sident-spectacle, obnubil&#233; par une communication bling-bling, &#224; un pouvoir de transition adepte du silence institutionnel. Si cette sobri&#233;t&#233; rompt avec les exc&#232;s du pass&#233;, elle s'av&#232;re dangereuse. Face &#224; une jeunesse connect&#233;e, l'absence de r&#233;cit laisse un vide combl&#233; par le soup&#231;on et les rumeurs de continuit&#233;. La transition doit imp&#233;rativement rendre sa rupture lisible &lt;br class='autobr' /&gt; Mon r&#233;cent passage &#224; Tana m'a fait ressentir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://m.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L150xH100/logo_720-30-fd9c8.jpg?1771215514' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Abstract : &#192; Madagascar, la chute de Rajoelina marque le passage d'un pr&#233;sident-spectacle, obnubil&#233; par une communication bling-bling, &#224; un pouvoir de transition adepte du silence institutionnel. Si cette sobri&#233;t&#233; rompt avec les exc&#232;s du pass&#233;, elle s'av&#232;re dangereuse. Face &#224; une jeunesse connect&#233;e, l'absence de r&#233;cit laisse un vide combl&#233; par le soup&#231;on et les rumeurs de continuit&#233;. La transition doit imp&#233;rativement rendre sa rupture lisible&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20251 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://m.madagascar-tribune.com/IMG/jpg/communication-rajoelina.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH273/communication-rajoelina-9ada3.jpg?1771215514' width='500' height='273' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mon r&#233;cent passage &#224; Tana m'a fait ressentir une chose inattendue : la chute de Rajoelina a largement chang&#233; l'acoustique politique. La chape de plomb sur la soci&#233;t&#233; semble s'&#234;tre effac&#233;e et la charge mentale sur les gens consid&#233;rablement all&#233;g&#233;e. Bien s&#251;r, la violence symbolique demeure, avec sa dimension tragique et &#233;mouvante. Deux villes cohabitent : l'une affair&#233;e dans sa survie sociale et sa culture de la lenteur, et l'autre avec ses deux pieds dans l'opulence et la modernit&#233;. &#201;videmment, les ph&#233;nom&#232;nes et certains acteurs corruptifs sont encore en place, et il est probable que de nouveaux profiteurs remplacent les anciens. Mais le sentiment est l&#224; : on peut croire, malgr&#233; les frustrations et les impatiences, &#224; de nouveaux possibles et &#224; de nouveaux projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La disparition du bruit m&#233;diatique de l'ancien pouvoir rajoelinesque participe incontestablement de ce souffle d'air frais. On en a enfin fini des annonces de Miami sur Pangalanes, de l'importation de girafes, des Colis&#233;es et autres billeves&#233;es. D'un r&#233;gime qui narrait fort, vite, partout et sans rel&#226;che une ode &#224; la gloire d'un hyper-pr&#233;sident &#224; l'extr&#234;me vacuit&#233;, on est pass&#233; &#224; un pouvoir de transition qui parle peu. Ce dernier s'exprime parfois tard, comme si ses actes devaient suffire &#224; faire l&#233;gitimit&#233;. Cependant, dans un espace public hyper-r&#233;actif, le silence n'est pas neutre : c'est un vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature ayant horreur du vide, celui-ci se remplit d'un bruit qui ne rel&#232;ve pas toujours des &#233;l&#233;ments les plus avis&#233;s. La communication est une ar&#232;ne dont l'ancien r&#233;gime faisait un instrument central , tandis que la transition sembe la traiter comme accessoire. Or, l'acte sans r&#233;cit laisse le public d&#233;cider du sens, l'amenant parfois &#224; y voir de la ruse, la continuit&#233; des collusions ou la trahison de la r&#233;volution. Dans un pays o&#249; une jeunesse connect&#233;e vient de d&#233;montrer sa capacit&#233; de bascule, l'interpr&#233;tation rel&#232;ve purement du rapport de force.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La vitrine permanente : gouverner par affichage&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rajoelina gouvernait comme on administre une plateforme de communication : pr&#233;sence continue, images calibr&#233;es et narration en boucle. La communication politique reposait sur l'hyperpersonnalisation d'un pr&#233;sident incarnant les annonces, les chantiers et les campagnes. Elle cultivait une esth&#233;tique de la grandeur &#224; coups de superlatifs, de chiffres mirobolants et de projets symboliques. &#192; travers les canaux pr&#233;sidentiels, les m&#233;dias proches et les r&#233;seaux sociaux, elle assumait la mise en sc&#232;ne d'une modernisation factice. Le r&#233;cit pr&#233;sidentiel vendait, tant au niveau national qu'international, un Madagascar &#171; d'exception &#187;, futur hub technologique, bient&#244;t grenier de l'Oc&#233;an Indien ou vitrine de la lutte environnementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on observe le classement de la Grande &#206;le en termes d'attractivit&#233; des investisseurs, on se dit pourtant qu'il &#233;tait grand temps de sortir de l'inanit&#233; des discours et du bling-bling. Le co&#251;t de cette strat&#233;gie de fa&#231;ade &#233;tait d'ailleurs pr&#233;visible : la dissonance. Face aux d&#233;lestages, &#224; l'inflation et &#224; la fragilisation des services, plus l'image se voulait polie, plus l'&#233;cart avec la r&#233;alit&#233; devenait insupportable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les ficelles d'un pouvoir qui voulait tenir le r&#233;cit&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'ancienne m&#233;canique communicationnelle tenait en quelques principes s&#233;mantiques redoutables, du moins tant que le public voulait &#171; croire au film &#187;. Elle &#233;rigeait le chef en solution et sauveur absolu, multipliait les grands projets superlatifs et promettait la modernisation pour une &#171; nouvelle &#232;re &#187;, tout en d&#233;non&#231;ant syst&#233;matiquement la manipulation de &#171; forces hostiles &#187; et de l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais lorsque le public a fini par juger ces ficelles trop grosses, il a rejett&#233; moins l'histoire narr&#233;e que l'escroquerie d'un r&#233;cit violemment confront&#233; &#224; la r&#233;alit&#233; de ses d&#233;lestages, p&#233;nuries, inflation et d&#233;labrement g&#233;n&#233;ralis&#233;. La Gen Z a brillamment exploit&#233; cette br&#232;che avec un contre-r&#233;cit imm&#233;diat, document&#233; et viral. D&#232;s lors, la communication bling-bling de performance s'est retourn&#233;e contre son auteur : elle a cess&#233; de convaincre pour commencer &#224; exasp&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La transition : moins de spectacle, plus de brouillard&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La transition s'installe quant &#224; elle avec un ton institutionnel ax&#233; sur la Constitution, la s&#233;curit&#233;, le chronogramme, la concertation et une dur&#233;e limit&#233;e. La feuille de route est pos&#233;e comme si le calendrier suffisait &#224; faire politique. Or, un pays n'avance pas au tableur : il avance &#224; l'horizon et au sens partag&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pari implicite du nouveau pouvoir semble &#234;tre que la l&#233;gitimit&#233; d&#233;coulera des actes et des r&#233;alisations &#8212; proc&#232;s, r&#233;formes, &#233;lections &#8212; bien plus que du r&#233;cit. C'est pourtant un pari extr&#234;mement risqu&#233; quand l'interpr&#233;tation pr&#233;c&#232;de l'&#233;valuation, et quand le moindre silence se transforme in&#233;vitablement en soup&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa grammaire communicationnelle s'esquisse &#224; travers des logiques de rupture morale affich&#233;e : sobri&#233;t&#233; de mise en sc&#232;ne, concertation proclam&#233;e en priorit&#233;, d&#233;personnalisation relative et sobri&#233;t&#233; m&#233;diatique fuyant les images triomphalistes. Cependant, cette grammaire souffre d'une absence de vision et d'un r&#233;cit proactif, d&#233;laiss&#233;s au profit de logiques de r&#233;activit&#233; face aux critiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas absence totale de communication, mais on fait face &#224; une &#171; communication de survie &#187; consistant &#224; ne pas trop promettre, ne pas trop s'exposer et &#233;viter les faux pas. Les d&#233;clarations tonitruantes de la ministre de la justice &#224; ses d&#233;buts, faute de r&#233;sultats probants, desservent ainsi d&#233;sormais la cr&#233;dibilit&#233; du pouvoir. Mais en ligne, cette prudence ressemble tr&#232;s vite &#224; de l'opacit&#233;, et l'opacit&#233; m&#232;ne tout droit &#224; la perception d'une continuit&#233;, nourrissant les soup&#231;ons de collusion et de trahison.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Du trop-plein au soup&#231;on : la fin du &#8220;ch&#232;que en blanc&#8221;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sous Rajoelina, la d&#233;fiance est n&#233;e par saturation face &#224; des promesses et des images sans cesse contredites par le quotidien. Les r&#233;seaux sociaux ont d'ailleurs largement document&#233; cette dissonance. Avec la transition, la nature du reproche change : on n'accuse plus l'exc&#232;s, mais le d&#233;ficit flagrant d'explication. Le public, et la Gen Z en particulier, ne veut ni de promesses, ni de silences, ni de l'injonction &#171; Minoa fotsiny &#187; (&#171; faites-nous confiance &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils exigent des garanties, des m&#233;canismes clairs et des preuves de participation pour savoir qui d&#233;cide, comment, avec quel contr&#244;le et quelle transparence. Cette jeunesse scrute les nominations, les lenteurs et les ambigu&#239;t&#233;s ; le moindre flou devient un signal d'alerte et la moindre incoh&#233;rence se transforme en capture d'&#233;cran ravageuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; civile pointe du doigt cette prudence excessive et le manque de transparence, tandis que l'opposition oscille entre un soutien conditionnel et la d&#233;nonciation d'un simple changement de fa&#231;ade. Dans cet entre-deux incertain, le pouvoir laisse d'autres acteurs &#233;crire le r&#233;cit, parfois au prix d'une radicalisation du soup&#231;on. D'autant qu'il en est qui font leur lit de ce vide de communication, &#224;, savoir les opportunistes de tous genres qui, forts de leur virginit&#233; nouvelle, tapent dans la soupe, quitte &#224; cracher dedans aussit&#244;t que possible. Ce ph&#233;nom&#232;ne est d'autant plus pernicieux que l'intelligence artificielle amplifie dramatiquement ces d&#233;rives et cette d&#233;fiance, aliment&#233;es par une pl&#233;thore de productions, de pseudo-analyses et d'influenceurs manipul&#233;s qui tissent la toile d'une r&#233;alit&#233; largement d&#233;form&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La communication comme r&#233;v&#233;lateur des priorit&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La comparaison des deux grammaires communicationnelles r&#233;v&#232;le une hi&#233;rarchie claire : si l'ancien r&#233;gime faisait de la communication un v&#233;ritable capital politique , la transition la traite comme une simple variable d'ajustement au service de la reconstruction institutionnelle. Ce choix rompt certes avec la performance de fa&#231;ade, mais il abandonne dangereusement le terrain symbolique &#224; l'instant m&#234;me o&#249; le symbole d&#233;cidera de la l&#233;gitimit&#233;. Apr&#232;s une chute de r&#233;gime port&#233;e par une forte mobilisation num&#233;rique, la politique n'est plus un monologue : c'est devenue une co-production. Le public n'accorde plus sa confiance par d&#233;faut ; il attend un contrat de clart&#233; absolu et punit s&#233;v&#232;rement les zones grises.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les tireurs embusqu&#233;s : l'argument de la &#8220;continuit&#233;&#8221;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans ce brouillard de communication, les adversaires trouvent un angle d'attaque simple et efficace : la &#171; continuit&#233; &#187;. Ils d&#233;noncent la continuit&#233; des r&#233;seaux, des privil&#232;ges, de l'impunit&#233;, de la corruption et de l'inaction. Comme la transition tranche rarement de mani&#232;re publique, l'accusation n'a m&#234;me pas besoin de prouver : il lui suffit de sugg&#233;rer. La rumeur prosp&#232;re ainsi sur les silences et la suspicion sur les prudences. Si hier l'exc&#232;s de parole donnait l'impression de travestir la r&#233;alit&#233;, aujourd'hui la retenue donne fortement l'impression de cacher des choses. Les partisans de l'ancien r&#233;gime peuvent alors se permettre de jouer la carte du &#171; nous, au moins, on construisait &#187;, tout en se recyclant en procureurs, dans une insupportable et cynique hypocrisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument de l'inaction est le plus politiquement rentable : la transition s'appuie sur des proc&#233;dures, un calendrier et une prudence institutionnelle, imposant un tempo tr&#232;s peu visible. D'autant que le d&#233;labrement de la machine administrative, fait de ce projet de refondation une t&#226;che digne des douze travaux d'Hercule. Et, si on veut &#234;tre r&#233;aliste, le nettoyage des &#233;curies d'Augias n'est pas pour demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les critiques, elles, n'ont besoin que de quelques images pour frapper : une nomination contest&#233;e, un dossier qui tra&#238;ne, une arrestation s&#233;lective, un &#171; gros poisson &#187; qui circule librement, ou une r&#233;forme annonc&#233;e sans mode d'emploi. Et la formule tombe, nette et sans appel : &#171; rupture promise, continuit&#233; organis&#233;e &#187;. Le pouvoir est face &#224; un triple pi&#232;ge : le silence, la posture d&#233;fensive ou une justice spectaculaire sans p&#233;dagogie. Chaque option nourrit une nouvelle critique, d'o&#249; l'urgence absolue de rendre la rupture lisible &#224; travers des m&#233;canismes, des dispositifs et des preuves v&#233;rifiables.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Fragilit&#233; interne : les luttes au sein de la junte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aux offensives externes s'ajoute un facteur interne largement corrosif qui pompe probablement un maximum d'&#233;nergie : les luttes intestines. La junte et l'organisation de l'&#201;tat ne sont que des assemblages h&#233;t&#233;roclites. L'ennemi commun s'&#233;tant effac&#233;, les rivalit&#233;s et les ambitions font appara&#238;tre de profondes fractures, engendrant des luttes de pouvoir d'une extr&#234;me dangerosit&#233; d'autant qu'elles s'appuient sur des jeux d'alliances et d'influences &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faucons contre pragmatiques, s&#233;curitaires contre technocrates, rupturistes contre recycleurs et ambitions personnelles : m&#234;me invisibles pour le grand public, ces tensions laissent des traces &#233;videntes. Elles se traduisent par des h&#233;sitations, des nominations contradictoires, des signaux confus, un calendrier qui glisse et une lutte anticorruption rythm&#233;e par les rapports de force. Finalement, on gouverne moins par d&#233;cision que par recherche d'&#233;quilibre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fragilit&#233; a un effet m&#233;canique pervers : elle attise les surench&#232;res et les tentatives de r&#233;cup&#233;ration. Trop souvent, elle pousse &#224; compenser cette faiblesse par une nouvelle verticalit&#233; visant &#224; s&#233;curiser, contr&#244;ler et r&#233;duire le d&#233;bat, au risque de fabriquer exactement le fant&#244;me autoritaire qu'on pr&#233;tendait chasser. Le risque final est double : une paralysie &#224; force de temporisation et de colmatage, coupl&#233;e &#224; une d&#233;rive confondant le contr&#244;le avec la gouvernance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sortie par le haut porte un nom sobre : la coh&#233;rence. Elle doit &#234;tre interne, avec un cap et des arbitrages assum&#233;s, et externe, via un contrat public de transparence et de participation. Car en d&#233;finitive, un pouvoir qui ne raconte pas ce qu'il fait laisse in&#233;luctablement les autres raconter ce qu'il est. Et, &#224; Madagascar plus qu'ailleurs, &#171; les autres &#187; savent parfaitement faire basculer le sc&#233;nario.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) 14/02/2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11864032566a1cab53adbd90.57140162&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>128 nominations, un classique du verrouillage express du pouvoir</title>
		<link>https://m.madagascar-tribune.com/128-nominations-un-classique-du-verrouillage-express-du-pouvoir.html</link>
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		<dc:date>2025-12-30T05:36:21Z</dc:date>

      <pubDate>Tue, 30 Dec 2025 08:36:21 +0300</pubDate>

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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



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&lt;p&gt;Abstract : La derni&#232;re rafale de nominations para&#238;t improvis&#233;e, mais ob&#233;it &#224; une logique de transition fragile : changer vite les serrures (finances, s&#233;curit&#233;, renseignement), reprendre la main sur le territoire via des int&#233;rims budg&#233;tairement brid&#233;s, et contr&#244;ler le r&#233;cit (m&#233;dias, diplomatie). En parall&#232;le, le pouvoir tente une coalition d'&#233;quilibre entre fid&#232;les, technocrates, ex-opposants, dissidents de l'ancien r&#233;gime et signaux &#224; la Gen Z. Failles : rythme illisible, turnover qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://m.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L150xH100/logo-13-48347.jpg?1767073004' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Abstract : La derni&#232;re rafale de nominations para&#238;t improvis&#233;e, mais ob&#233;it &#224; une logique de transition fragile : changer vite les serrures (finances, s&#233;curit&#233;, renseignement), reprendre la main sur le territoire via des int&#233;rims budg&#233;tairement brid&#233;s, et contr&#244;ler le r&#233;cit (m&#233;dias, diplomatie). En parall&#232;le, le pouvoir tente une coalition d'&#233;quilibre entre fid&#232;les, technocrates, ex-opposants, dissidents de l'ancien r&#233;gime et signaux &#224; la Gen Z. Failles : rythme illisible, turnover qui affaiblit l'&#201;tat, crit&#232;res opaques, risque de politisation du r&#233;galien, &#8220;casting&#8221; jeunesse gadget. Rem&#232;de : doctrine publique, lettres de mission, redevabilit&#233;. Sans r&#233;sultats rapides (eau, &#233;lectricit&#233;, prix, s&#233;curit&#233;), la l&#233;gitimit&#233; fond et la contestation reprend vite. Dur&#233;e de lecture 6 minutes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20069 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH273/illustraton-50ba2.jpg?1767073004' width='500' height='273' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Vu d'en bas &#8212; c'est-&#224;-dire depuis les commentaires Facebook, les discussions de forums, les conversations au coin des gargotes &#8212; la s&#233;quence gouvernementale actuelle ressemble &#224; un festival de parapheurs : on d&#233;met, on r&#233;voque&#8230; puis on (re)nomme&#8230; &#224; la cha&#238;ne. Une avalanche de textes, de remplacements, d'int&#233;rims, de &#8220;DG par-ci, SG par-l&#224;&#8221;, jusqu'&#224; cette s&#233;ance du 22 d&#233;cembre qui a frapp&#233; les esprits par son volume : 128 nominations d'un coup. &lt;i&gt;Cent vingt-huit&lt;/i&gt;. Voil&#224;. Rideau. Applaudissements&#8230; ou hu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors oui : le public a des raisons d'&#234;tre agac&#233;. Une transition, m&#234;me fragile, ne devrait pas donner l'impression de pagaille et d'impr&#233;paration permanente. Parce qu'&#224; Madagascar, on a une m&#233;moire politique : les &#8220;r&#233;organisations&#8221; &#224; r&#233;p&#233;tition finissent souvent par &#234;tre le masque du m&#234;me vieux sport national &#8212; la redistribution des places, des moyens, des r&#233;seaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si on se force &#224; regarder la m&#233;canique &#8212; et si on se force &#224; ne pas seulement &#233;couter le bruit &#8212; on peut y lire une coh&#233;rence strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait (il est) urgent de reconstituer un appareil d'&#201;tat en mode &#8220;verrouillage rapide&#8221;, tout en bricolant une coalition politique h&#233;t&#233;roclite : fid&#232;les, ex-opposants, technocrates, dissidents de l'ancien syst&#232;me, figures &#8220;Gen Z&#8221;&#8230; J'avais &#233;crit r&#233;cemment sur cette course contre la montre : on en est toujours l&#224;. La grande aiguille tourne trop vite. Et quand une transition sent le sol trembler, elle ne commence pas par philosopher : elle commence par s&#233;curiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En regroupant les nominations par &#8220;blocs&#8221;, on peut lire quatre s&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;S&#233;quence 1 &#8212; Changer les serrures : finances, renseignement, coercition&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une transition qui vient d'arriver ne gouverne pas d'abord par des lois. Elle gouverne d'abord par les leviers qui font ob&#233;ir. Et ces leviers &#8212; &#224; Madagascar comme ailleurs &#8212; sont connus : recettes publiques (douanes/imp&#244;ts/tr&#233;sor), renseignement, forces de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 novembre illustre ce r&#233;flexe : des hauts responsables du minist&#232;re des Finances sont relev&#233;s, sur fond de soup&#231;ons et de contr&#244;le renforc&#233;. Dans le m&#234;me mouvement, la Pr&#233;sidence musclait son dispositif : secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, s&#233;curit&#233; &#224; la Pr&#233;sidence, agence anti-fraude (ANAF) plac&#233;e haut, tr&#232;s politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon&#8230; Ce n'est pas &#8220;joli-joli&#8221; en termes de perception : &#231;a ressemble &#224; une purge. Mais &#224; regarder froidement, c'est lisible : si tu ne contr&#244;les pas la caisse et le renseignement, tu ne contr&#244;les rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore faut-il esp&#233;rer que ces contr&#244;les ne servent pas &#224; rediriger les flux indispensables vers la bourse des nouveaux dirigeants. On peut y croire&#8230; On veut y croire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux semaines plus tard, autre verrou : la gendarmerie. Le 20 novembre, pluie de nominations, r&#233;organisation, repositionnements. On peut crier au militarisme, &#224; la panique, &#224; l'obsession s&#233;curitaire. Mais une transition, surtout quand elle entend des forces &#8220;r&#233;actionnaires&#8221; grogner, cherche d'abord &#224; neutraliser le risque de sabotage, de double cha&#238;ne de commandement, de loyaut&#233;s concurrentes. Et des loyaut&#233;s concurrentes, dans notre histoire r&#233;cente, on sait ce que &#231;a co&#251;te.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;S&#233;quence 2 &#8212; Reprendre le territoire : &#8220;int&#233;rim sous laisse&#8221;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le c&#339;ur du pays, ce n'est pas Iavoloha : c'est la capacit&#233; &#224; faire ex&#233;cuter dans les r&#233;gions. Un pouvoir qui se laisse d&#233;border par la p&#233;riph&#233;rie signe son acte de d&#233;c&#232;s &#224; l'encre administrative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, la transition a choisi une formule significative : l'int&#233;rim encadr&#233;, budg&#233;tairement brid&#233;. L'arr&#234;t&#233; n&#176;34794/2025 (2 d&#233;cembre) d&#233;signe, r&#233;gion par r&#233;gion, des responsables charg&#233;s de &#8220;l'exp&#233;dition des affaires courantes&#8221;, avec habilitation limit&#233;e &#224; certaines d&#233;penses : salaires, cotisations, contributions&#8230; mais exclusion des indemnit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politiquement, c'est un message double : aux barons locaux &#171; vous n'aurez pas la main sur le robinet &#187; ; aux citoyens &#171; on assure le minimum vital, on &#233;vite la razzia &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi une mani&#232;re de gagner du temps : on bloque le terrain sans figer une architecture territoriale d&#233;finitive, le temps de trier les loyaut&#233;s, les comp&#233;tences, les r&#233;seaux&#8230; et les arrangements.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;S&#233;quence 3 &#8212; Contr&#244;ler le r&#233;cit : m&#233;dias publics et diplomatie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une transition qui ne ma&#238;trise pas le r&#233;cit se fait manger par le feuilleton et le wera wera : rumeurs, proc&#232;s d'intention, nostalgies (&#8220;on nous a vol&#233; la r&#233;volution&#8221;), contre-nostalgies (&#8220;on va livrer le pays&#8221;), et ce bruit de fond qui tue les gouvernements plus s&#251;rement que les motions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; la reprise en main de l'audiovisuel public. Conseil des ministres, ajustements, nominations : on reste dans le classique. Oui, on peut hurler au muselage de la libert&#233; d'expression. Mais la transition, elle, pense : &#8220;le r&#233;cit doit &#234;tre contr&#244;l&#233;&#8221;. Et &#224; mon humble avis, on n'a pas fini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le front ext&#233;rieur, le geste est tout aussi symbolique : abrogations et repositionnements diplomatiques. Ce n'est pas seulement &#8220;on change des personnes&#8221;. C'est : on coupe des lignes, on retire des relais, on signale aux partenaires que la hi&#233;rarchie a chang&#233;. La strat&#233;gie attribu&#233;e &#224; Christine Razanamahasoa (ancienne MAPAR pass&#233;e &#224; la dissidence) vise, dit-on, &#224; d&#233;manteler des r&#233;seaux d'influence de l'ancien r&#233;gime &#224; l'international. Qu'on l'approuve ou qu'on la redoute : c'est coh&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;S&#233;quence 4 &#8212; Le vrai sujet : fabriquer une coalition avec des pi&#232;ces qui se d&#233;testent&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les nominations sont un puzzle d'&#233;quilibres. On voit une architecture de &#8220;large ouverture&#8221; o&#249; cohabitent figures de l'ancienne opposition (TIM/collectifs), dissidents de l'ancien syst&#232;me, technocrates, profils soci&#233;t&#233; civile / &#8220;Gen Z&#8221;, bloc s&#233;curitaire assum&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique est simple : &lt;strong&gt;on ne peut laisser personne dire &#8220;ce pouvoir n'est qu'un nouveau clan&#8221;&lt;/strong&gt;. Alors on distribue les bons points sur la base de a) la l&#233;gitimit&#233; morale (anciens opposants, figures &#8220;anti-syst&#232;me&#8221;) ; b) la capacit&#233; d'ex&#233;cution (s&#233;curit&#233;, administration, finances) ; c) la cr&#233;dibilit&#233; technique (technos, gestionnaires) ; d) la connexion &#224; la rue et aux r&#233;seaux (symbolique &#8220;Gen Z&#8221;, communication).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que cette coalition a une faiblesse structurelle : ses morceaux n'ont pas la m&#234;me d&#233;finition du but, de l'agenda, de l'urgence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour certains, la transition doit d'abord punir (justice, reddition des comptes)&#8230; et vite.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour d'autres, elle doit d'abord stabiliser (continuit&#233; de l'&#201;tat, services essentiels).&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour d'autres encore, elle doit r&#233;former vite (&#233;nergie, JIRAMA, co&#251;t de la vie), sous peine de se faire bouter dehors par la d&#233;ception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est ici que la m&#233;ga vague du 22 d&#233;cembre prend sens : ce n'est pas seulement un panier fourre-tout administratif. C'est un achat de temps politique. Une tentative de densifier le filet du pouvoir avant que la contestation &#8212; et elle peut se reconstituer rapidement &#8212; ne retrouve ses appuis, ses financements, ses narratifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, on a ici une s&#233;quence tr&#232;s &#8220;gramscienne&#8221; : Gramsci &#233;non&#231;ait que tenir l'&#201;tat ne suffit pas ; il faut construire une h&#233;g&#233;monie, faire passer son ordre pour &#8220;normal&#8221;, &#8220;n&#233;cessaire&#8221;, &#8220;protecteur&#8221;, presque &#8220;&#233;vident&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L&#224; o&#249; &#231;a p&#234;che&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On peut reconna&#238;tre la logique, mais critiquer quand m&#234;me la m&#233;thode. Les lacunes flagrantes sont connues :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Le rythme d&#233;truit la lisibilit&#233;. 128 nominations d'un coup, m&#234;me si certaines sont techniques, fabrique un sentiment d'improvisation : &#8220;ils courent partout&#8221;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le turnover affaiblit l'&#201;tat qu'on pr&#233;tend sauver. Abroger/nommer en rafales casse la continuit&#233;, d&#233;moralise les troupes, transforme l'administration en champ de bataille permanent.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'opacit&#233; nourrit la suspicion de copinage. M&#234;me si les profils sont solides, le public n'en sait rien. Sans crit&#232;res, sans doctrine, la nomination devient rumeur.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La politisation du r&#233;galien est un pari dangereux. Verrouiller s&#233;curit&#233;/renseignement peut stabiliser&#8230; ou installer la tentation de gouverner par la peur.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le &#8220;casting Gen Z&#8221; peut tourner au gadget. Nommer des figures visibles ne suffit pas. Sans r&#233;sultats concrets (eau, &#233;lectricit&#233;, prix, s&#233;curit&#233;), la jeunesse ne se dit pas &#8220;repr&#233;sent&#233;e&#8221; : elle se dit &#8220;r&#233;cup&#233;r&#233;e&#8221;.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Couper court au proc&#232;s en amateurisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si la strat&#233;gie para&#238;t coh&#233;rente, elle souffre d'un d&#233;faut mortel : &lt;strong&gt;elle n'est pas racont&#233;e proprement&lt;/strong&gt;. Une transition doit &#234;tre impitoyable sur la m&#233;thode, parce que sa seule monnaie, c'est la confiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aurait fallu publier une doctrine de nominations : crit&#232;res, dur&#233;e d'int&#233;rim, objectifs, lignes rouges anti-conflits d'int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aurait fallu des lettres de mission publiques sur les postes-cl&#233;s (finances, &#233;nergie, s&#233;curit&#233;, territoires), avec indicateurs &#224; 30/60/90 jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aurait fallu un m&#233;canisme de redevabilit&#233; (audit, rapport p&#233;riodique, comit&#233; citoyen) &#8212; exactement ce que toute charte de transition pr&#233;tend brandir quand elle parle de transparence et de refus du n&#233;potisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref : oui, ces nominations ont tout l'air d'un jeu de chaises musicales&#8230; et on conna&#238;t le danger de ce jeu. Elles refl&#232;tent surtout le stress d'une transition qui sait qu'elle peut mourir d'un d&#233;tail : une recette fiscale qui fuit, une r&#233;gion qui s'autonomise, une gendarmerie qui h&#233;site, un m&#233;dia public qui d&#233;rape, une rumeur qui enfle. Alors elle verrouille, elle replace, elle tisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me, c'est qu'&#224; force de verrouiller sans expliquer, elle donne au pays l'impression d'&#234;tre dirig&#233; par un gouvernement en &lt;strong&gt;d&#233;m&#233;nagement permanent&lt;/strong&gt;. Et &#224; d&#233;m&#233;nager trop souvent, on finit par casser les meubles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) - 28/12/2025&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11864032566a1cab53adbd90.57140162&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sources :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://2424.mg/medias-la-creatrice-de-contenus-miorahasina-lorahgasy-randrianiaina-nommee-directrice-de-la-tvm/?utm_source=chatgpt.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2424.mg+1&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://midi-madagasikara.mg/conseil-des-ministres-128-nouvelles-nominations-aux-hauts-emplois-de-letat/?utm_source=chatgpt.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Midi Madagasikara&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://cnlegis.gov.mg/uploads/D2025-1371-VF.pdf?utm_source=chatgpt.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cnlegis.gov.mg&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.lexpress.mg/2025/11/conseil-des-ministres-le-grand-menage.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Express de Madagascar+2Orange actu Madagascar+2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Madagascar : l'in&#233;luctable syst&#233;mique des crises ? (Partie 2 : sc&#233;narios de sortie)</title>
		<link>https://m.madagascar-tribune.com/Madagascar-l-ineluctable-30258.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://m.madagascar-tribune.com/Madagascar-l-ineluctable-30258.html</guid>
		<dc:date>2025-12-17T06:00:00Z</dc:date>

      <pubDate>Wed, 17 Dec 2025 09:00:00 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Partie 2 : Scenarios de Sortie &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la premi&#232;re partie de notre plong&#233;e dans la Cliodynamique de Peter Turchin, nous avons pos&#233; le diagnostic : Madagascar est une cocotte-minute qui a explos&#233; plusieurs fois &#8230; La derni&#232;re explosion date de 2025. Paup&#233;risation maximale, &#201;tat d&#233;sargent&#233; &#8230; Et surtout, une guerre fratricide entre les repr&#233;sentants de l'&#233;lite. &lt;br class='autobr' /&gt;
La question &#233;tant d&#233;sormais &#171; maintenant que &#231;a a p&#233;t&#233;, qu'est-ce qui vient apr&#232;s ? &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sortons ici de notre insularit&#233; et regardons (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://m.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L150xH100/illustration_2_logo_720-ce1e8.jpg?1766240681' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20035 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH273/illustration_2-3-c3f8c.jpg?1766239430' width='500' height='273' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Partie 2 : Scenarios de Sortie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans la &lt;a href=&#034;https://www.madagascar-tribune.com/Madagascar-l-ineluctable.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;premi&#232;re partie&lt;/a&gt; de notre plong&#233;e dans la &lt;strong&gt;Cliodynamique&lt;/strong&gt; de Peter Turchin, nous avons pos&#233; le diagnostic : Madagascar est une cocotte-minute qui a explos&#233; plusieurs fois &#8230; La derni&#232;re explosion date de 2025. Paup&#233;risation maximale, &#201;tat d&#233;sargent&#233; &#8230; Et surtout, une guerre fratricide entre les repr&#233;sentants de l'&#233;lite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question &#233;tant d&#233;sormais &#171; maintenant que &#231;a a p&#233;t&#233;, qu'est-ce qui vient apr&#232;s ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sortons ici de notre insularit&#233; et regardons comment d'autres nations ont trait&#233; (ou subi) cette &#233;quation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Turchin nous enseigne que l'histoire est un laboratoire, observons les &#233;prouvettes voisines : le Vietnam, le Rwanda et le Ghana &#224; l'aune de la th&#233;orie (on aurait pu le faire sur d'autres &#233;tats de mani&#232;re pr&#233;dictive ou r&#233;trospective&#8230; y compris &#224; propos notre ch&#232;re Reny Malala, la France, ce que vous pouvez vous amuser &#224; faire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &#171; Mod&#232;le &#187; du Grand Nettoyage : Vietnam et Rwanda&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'aucuns &#233;noncent &#171; &lt;i&gt;Il nous faut un Kagame !&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;Regardez le miracle vietnamien !&lt;/i&gt; &#187;. Il faut toutefois prendre garde &#224; bien regarder le prix sur l'&#233;tiquette avant d'acheter le produit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la lecture turchinienne, le d&#233;collage &#233;conomique du Vietnam et du Rwanda n'est pas le fruit du hasard ou du g&#233;nie d'un seul homme. C'est le r&#233;sultat d'une &#171; r&#233;duction radicale &#187; (et terrifiante) par la violence de la surproduction des &#233;lites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti Communiste du Vietnam en 1975 a r&#233;solu le probl&#232;me des factions rivales d'une mani&#232;re &#171; tr&#232;s simple &#187; : il a gagn&#233; la guerre. L'&#233;lite du Sud (bourgeoise, pro-am&#233;ricaine) a &#233;t&#233; d&#233;cim&#233;e, emprisonn&#233;e / reconditionn&#233;e &#8230; D'autant que la guerre avait aussi d&#233;cim&#233; les populations du Nord, il ne restait de fait plus qu'un seul groupe &#233;litiste, unifi&#233;, disciplin&#233;, sans concurrence interne pour freiner les projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Idem quant au Rwanda de 1994. Le g&#233;nocide et la guerre civile ont &#233;t&#233; un (atroce) filtre darwinien. L'ancienne &#233;lite Hutu extr&#233;miste a fui ou a &#233;t&#233; vaincue. La nouvelle &#233;lite (le FPR) s'est retrouv&#233;e seule aux commandes, avec une &#171; Asabiya &#187; (coh&#233;sion de groupe) forg&#233;e dans le sang et la peur existentielle de dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ces pays se sont-ils d&#233;velopp&#233;s ensuite ? Peut-&#234;tre parce que les &#233;lites survivantes avaient le dos au mur. Elles savaient que si elles ne d&#233;veloppaient pas le pays, elles disparaitraient. Et elles ont ainsi arr&#234;t&#233; de piller le pays pour commencer &#224; b&#226;tir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corruption est devenue une trahison, pour ne plus &#234;tre une composante syst&#233;mique, un mode de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que nous ne pouvons absolument pas souhaiter payer le prix des 3,3 millions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;de victimes militaires et civils de l'affrontement Vietcongs / Sud vietnamiens&#8230; Pas plus que les 800 000&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; victimes de l'affrontement Tutsis Hutus du Rwanda. Mais la froideur du constat est l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a fallu qu'une grande partie des politiciens et op&#233;rateurs &#233;conomiques soit partie soit en exil soit au cimeti&#232;re pour que, enfin, les survivants se d&#233;cident &#224; construire des routes&#8230; Et b&#226;tir une nation. Le &#171; Fihavanana &#187;, m&#234;me hypocrite, nous a pr&#233;serv&#233;s du pire jusqu'ici. Mais, il faut le dire, &#224; jouer avec le feu sans op&#233;rer aux r&#233;formes de fond n&#233;cessaires, l'incendie risque de reprendre encore plus violent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Contre-Exemple pour la vigilance : Le Ghana et l'Illusion de la Stabilit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple plus proche de nous est souvent cit&#233; en mod&#232;le d&#233;mocratique en Afrique : le Ghana.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Ghana de Rawlings a servi de mod&#232;le (et pourrait nous servir de mod&#232;le de r&#233;f&#233;rence). Rawlings a maintenu ses contre-&#233;lites &#224; l'&#233;cart pendant 11 ans avant de revenir &#224; la d&#233;mocratie. Et a fait du Ghana un mod&#232;le de stabilit&#233;, de d&#233;veloppement et de d&#233;mocratie en Afrique&#8230; Pour un temps&#8230; Pour un temps parce que si on applique le mod&#232;le de Turchin au Ghana d'aujourd'hui, on revoit tous les voyants clignoter comme un sapin de No&#235;l&#8230; C'est peut-&#234;tre de saison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Ghana vit une &lt;strong&gt;d&#233;sint&#233;gration contr&#244;l&#233;e&lt;/strong&gt;. Le pays a produit massivement des dipl&#244;m&#233;s. Il existe d&#233;sormais, de mani&#232;re absurde, une &#171; Association des Dipl&#244;m&#233;s Ch&#244;meurs &#187;. On a l&#224; de fait une contre-&#233;lite qui s'est b&#226;tie, v&#233;ritable arm&#233;e de r&#233;serve pour une r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'Etat ghan&#233;en, apr&#232;s des ann&#233;es de stabilit&#233;, la situation &#233;conomique du Ghana s'est d&#233;grad&#233;e &#224; partir de 2021 ?2022 sous le poids d'un endettement public d&#233;j&#224; tr&#232;s &#233;lev&#233;, de d&#233;ficits budg&#233;taires chroniques, de chocs externes (Covid, Ukraine) et d'une perte de confiance des march&#233;s &#8230; R&#233;sultat : crise de change, flamb&#233;e de l'inflation&#8230;. Et si, aujourd'hui, le pays se stabilise &#233;conomiquement la situation, sous le contr&#244;le du FMI, reste fragile&#8230; Et contrainte par l'aust&#233;rit&#233; et la restructuration de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Ghana n'a pas (encore) explos&#233; comme le Mali ou le Burkina&#8230; Gr&#226;ce en particulier aux soupapes que sont ses institutions traditionnelles (les Rois Ashanti, les chefs religieux), toujours respect&#233;es et capables de calmer le jeu. Et l'alternance politique (NPP vs NDC) semble y fonctionner encore un peu comme un calmant : &#171; &lt;i&gt;Patience, notre tour viendra dans 4 ans&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la fa&#231;ade se fissure. La jeunesse ghan&#233;enne ne croit plus en une alternance qui ne changera rien &#224; la d&#233;solation de son frigidaire vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Ghana nous montre qu'une d&#233;mocratie formelle, sans redistribution &#233;conomique r&#233;elle, ne fait que retarder l'&#233;ch&#233;ance&#8230; Ou repousser le cycle &#8230; C'est un avertissement pour Madagascar : une &#233;lection sous deux ans, m&#234;me &#171; propre &#187;, ne r&#233;soudra rien si la structure &#233;conomique sous-jacente reste fragile &#8230; Je l'avais pressenti &#8230; Je l'ai dit &#8230; Je le redis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les Solutions : Comment d&#233;samorcer la bombe sans la faire sauter ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, sommes-nous condamn&#233;s &#224; choisir entre le chaos perp&#233;tuel que caract&#233;rise le cycle malgache actuel et l'efficacit&#233; froide d'une dictature violente ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peter Turchin, propose une troisi&#232;me voie&#8230; Voie &#233;troite, difficile&#8230; Mais salutaire. Mais elle demande du courage politique, denr&#233;e malheureusement semble-t-il rare &#224; Tsimbazaza, Mahazoarivo, Ambohitsirohitra, Ambohidahy nos lieux symboliques du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les piliers d'une solution &#171; Turchinienne &#187; pour Madagascar sont d&#233;crits ici en trois vecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Inverser la Pompe &#224; Richesse (ou &#171; Le Sacrifice des &#201;lites &#187;)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la mesure la plus dure. Les &#233;lites malgaches (politiques et &#233;conomiques, souvent les m&#234;mes) doivent comprendre qu'il est dans leur int&#233;r&#234;t vital de perdre de l'argent MAINTENANT pour ne pas perdre leur t&#234;te DEMAIN. Cela signifie une r&#233;forme judiciaire et fiscale r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la fin des exon&#233;rations douani&#232;res pour les copains. C'est la fin des trafics d'or et de pierres pr&#233;cieuses qui sortent sans laisser un ariary au Tr&#233;sor Public. L'&#201;tat doit d&#233;finitivement capter cette rente pour financer ce &#171; New Deal &#187; malgache dont nous avons imp&#233;rativement besoin : des infrastructures rurales et des services sociaux&#8230; C'est la fin des contrats indus &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#201;tat redevient capable de fournir efficacement ses services de base en termes d'eau, d'&#233;lectricit&#233;, de s&#233;curit&#233;, d'emploi, d'&#233;ducation, de sant&#233;, d'infrastructure, la tension populaire baisse instantan&#233;ment. Le &#171; Principe de Sacrifice &#187; s'&#233;nonce simplement : payez vos imp&#244;ts pour acheter votre s&#233;curit&#233; &#224; long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Cr&#233;er une Soupape &#201;conomique pour les &#201;lites (Diversifier ou Mourir)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la politique est-elle une guerre &#224; mort &#224; Madagascar ? Parce que c'est le seul business rentable. Si vous n'&#234;tes pas au pouvoir, le fisc vous tue, la douane vous bloque, les juges vous harc&#232;lent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;connecter la r&#233;ussite &#233;conomique du pouvoir politique devient un imp&#233;ratif absolu. Une v&#233;ritable m&#233;ritocratie doit retrouver pleinement sa place. Le jeune brillant doit pouvoir devenir millionnaire en montant une start-up, une usine de transformation de vanille ou une coop&#233;rative agricole, SANS avoir besoin de se soumettre aux injonctions d'un ministre ou d'une quelconque et fallacieuse autorit&#233; &#8230; Ou d'un banquier. Si l'&#233;conomie priv&#233;e r&#233;elle se d&#233;veloppe, elle absorbera le surplus d'&#233;lites. C'est la seule et la meilleure assurance-vie d'un r&#233;gime en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. La D&#233;centralisation radicale (diviser pour faire r&#233;gner&#8230; la Paix)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On doit voir ici la d&#233;centralisation, non pas seulement comme un projet administratif ou &#233;conomique (m&#234;me si les enjeux doivent rester pr&#233;gnants). Il s'agit d'un enjeu strat&#233;gico-politico turchinien : le syst&#232;me &#171; Winner-Takes-All &#187; centralis&#233; &#224; Antananarivo est suicidaire. Tout le monde veut le palais d'Iavoloha parce que tout s'y d&#233;cide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diluer v&#233;ritablement le pouvoir, en attribuant les budgets et le pouvoir de d&#233;cision localement (au moins r&#233;gionalement) permet de disperser la comp&#233;tition. Au lieu de 100 candidats pr&#233;dateurs de la contre-&#233;lite qui se battent pour un fauteuil &#224; Tana, on en revient &#224; 4 pr&#233;dateurs par r&#233;gion&#8230;. Ce qui ferait m&#233;caniquement baisser la temp&#233;rature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion : les choix &#224; faire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le de Turchin est formel : les cycles ne s'arr&#234;tent pas par magie. Ils s'arr&#234;tent quand les pressions structurelles sont soulag&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madagascar arrive &#224; la crois&#233;e des chemins. Le chemin de la facilit&#233;, c'est de continuer comme avant : les politiques actuelles semblent ne reconduire que l'existant. Colloque national, textes &#233;lectoraux, constitution, &#233;lections m&#234;me si elles sont un jour moins douteuses&#8230; Et des pri&#232;res pour que &#231;a tienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a malheureusement de grandes chances que &#231;a ne tienne pas. La pression d&#233;mographique, la frustration &#233;conomique et la frustration des ambitions des contre-&#233;lites risquent d'&#234;tre trop fortes. Le chemin de la raison nous impose de reconna&#238;tre que le syst&#232;me actuel est &#224; bout de souffle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour transformer cette d&#233;sint&#233;gration en une transition ma&#238;tris&#233;e, il nous faudrait un Pacte R&#233;publicain in&#233;dit. Un pacte o&#249; les grands d&#233;cideurs, patrons, chefs militaires et leaders politiques accepteraient de &#171; poser les armes &#187; (&#233;conomiques et politiques) et de renoncer &#224; tout (on peut r&#234;ver) ou large partie de leurs pr&#233;l&#232;vements de pr&#233;dateurs pour que le navire ne se fracasse pas&#8230; Ou peut-&#234;tre un R&#233;f&#233;rendum &#8230; Qui fixerait un pouvoir capable de contr&#244;ler ses contre-&#233;lites et de lutter contre la corruption &#8230; Intelligemment, avec fermet&#233; et sans violence imb&#233;cile qui ne r&#233;soudrait pas l'&#233;quation&#8230; Et pr&#233;parer une VRAIE transition d&#233;mocratique&#8230; &#171; Esprit de Rawlings, inspire-nous &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela peut sembler utopique d'autant que le sc&#233;nario para&#238;t inexorable. Il revient &#224; chacun des acteurs de l'&#233;conomie, de la soci&#233;t&#233; civile, de la jeunesse, de l'administration, des partis politiques, des organisations confessionnelles, d'&#233;valuer pleinement le niveau de danger&#8230; Pour d&#233;cider si nous nous muons en b&#226;tisseurs &#8230; Ou en fossoyeurs de la Nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule). 16/12/2025&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11864032566a1cab53adbd90.57140162&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.britannica.com/question/How-many-people-died-in-the-Vietnam-War&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.britannica.com/question/How-many-people-died-in-the-Vietnam-War&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.britannica.com/event/Rwanda-genocide-of-1994&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.britannica.com/event/Rwanda-genocide-of-1994&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Madagascar : l'in&#233;luctable syst&#233;mique des crises ?</title>
		<link>https://m.madagascar-tribune.com/Madagascar-l-ineluctable.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://m.madagascar-tribune.com/Madagascar-l-ineluctable.html</guid>
		<dc:date>2025-12-17T05:18:55Z</dc:date>

      <pubDate>Wed, 17 Dec 2025 08:18:55 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;PARTIE 1 &#8211; La m&#233;canique du chaos : pourquoi Madagascar retombe toujours dans la crise &lt;br class='autobr' /&gt;
On a parfois ce sentiment &#233;touffant que l'histoire malgache semble in&#233;luctablement enferm&#233;e dans sa spirale de pauvret&#233;&#8230; Enferm&#233;e dans cette croissance r&#233;guli&#232;re des in&#233;galit&#233;s (de plus en plus de pauvres de plus en plus pauvres face &#224; la mont&#233;e d'une oligarchie cynique &#224; vomir de plus en plus riche) &#8230; Et enferm&#233;e dans ce cycle de crises &#224; r&#233;p&#233;tition&#8230; 1972, 1991, 2002, 2009, 2025&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
On change quelques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://m.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L150xH100/logo_720-19-dce1f.jpg?1765948815' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20012 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH273/illustration-5-67fa3.jpg?1765948815' width='500' height='273' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;PARTIE 1 &#8211; La m&#233;canique du chaos : pourquoi Madagascar retombe toujours dans la crise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On a parfois ce sentiment &#233;touffant que l'histoire malgache semble in&#233;luctablement enferm&#233;e dans sa spirale de pauvret&#233;&#8230; Enferm&#233;e dans cette croissance r&#233;guli&#232;re des in&#233;galit&#233;s (de plus en plus de pauvres de plus en plus pauvres face &#224; la mont&#233;e d'une oligarchie cynique &#224; vomir de plus en plus riche) &#8230; Et enferm&#233;e dans ce cycle de crises &#224; r&#233;p&#233;tition&#8230; 1972, 1991, 2002, 2009, 2025&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On change quelques t&#234;tes, on change les couleurs des cravates ou des T-shirts que l'on passe du bleu &#224; l'orange&#8230; On br&#251;le quelques b&#226;timents et on pille quelques magasins &#8230; Et on recommence. M&#234;me mis&#232;re, m&#234;mes combines&#8230; m&#234;me d&#233;sespoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui a prononc&#233; le mot de &#171; mal&#233;diction &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si ce n'&#233;tait pas une mal&#233;diction ? Et si ce cycle n'&#233;tait ni un &#8220;tody&#8221;, ni un karma qui revient, ni une fatalit&#233; mystique, mais une m&#233;canique sociale que l'on peut regarder en face, sans complaisance ni romantisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici qu'entre en sc&#232;ne Peter Turchin. Ce n'est pas un astrologue. Ce n'est pas non plus un Nostradamus des temps modernes. Turchin est un chercheur, un biologiste reconverti en anthropologue et en historien des math&#233;matiques qui &#233;tudie les soci&#233;t&#233;s humaines comme il le ferait dans son laboratoire d'entomologiste : il cherche &#224; rep&#233;rer des cycles, des pressions, des ruptures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa discipline a un nom un peu barbare : la cliodynamique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Cliodynamique, de Clio &#8211; la muse de l'Histoire &#8211; et de dynamique &#8211; le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Qu'on y adh&#232;re ou pas, elle a une vertu : elle force &#224; poser la question qui d&#233;range &#8212; &#8220;qu'est-ce qui, structurellement, rend nos crises si r&#233;p&#233;titives ?&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Tr&#233;pied de l'Enfer : Le Mod&#232;le Turchinien pour les Nuls&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Turchin, l'histoire des soci&#233;t&#233;s complexes caract&#233;rise des cycles syst&#233;matiques d'int&#233;gration et de d&#233;sint&#233;gration, de stabilit&#233; et d'effondrement &#8230; Une soci&#233;t&#233; stable, c'est comme une cocotte-minute. Elle tient le coup tant que la pression est g&#233;rable. Mais quand trois facteurs sp&#233;cifiques se r&#233;unissent et passent au rouge, le couvercle saute. C'est de la physique sociale en forme d'anthropologie &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le caract&#233;rise 3 facteurs, vecteurs de d&#233;sint&#233;gration / d&#233;stabilisation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1) La Paup&#233;risation populaire&lt;/strong&gt;. Ce n'est pas &#8220;&#234;tre pauvre&#8221;. C'est basculer de la vie vers la survie, avec des revenus r&#233;els qui reculent, des prix qui montent, et la sensation que la croissance &#8211; si elle existe &#8211; ignore les plus fragiles. Le peuple, qui cherche non plus un projet, mais des voies de survie (et de sortie) se mue en baril de poudre : Il s'enflammera et explosera &#224; la premi&#232;re &#233;tincelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2) La Fragilit&#233; financi&#232;re de l'&#201;tat&lt;/strong&gt;. Quand l'&#201;tat n'a plus les moyens de payer correctement, d'entretenir, d'investir, de s&#233;curiser, il perd sa capacit&#233; &#224; &#8220;tenir&#8221; le pays. Un &#201;tat riche ach&#232;te du temps social. Un &#201;tat d&#233;sargent&#233; n'a plus que l'injonction en recours &#8230; ou la communication d&#233;magogique &#8230; Ou la matraque de la r&#233;pression &#8230; Et sinon le vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3) La Surproduction des &#233;lites&lt;/strong&gt;. C'est le facteur le plus explosif qui fonde le concept cl&#233; de Turchin. On connait le jeu des chaises musicales o&#249;, tant que la musique s'ex&#233;cute, les joueurs tournent autour d'un lot de chaises vides et se pr&#233;cipitent pour s'assoir quand la musique s'arr&#234;te : comme il y a toujours moins de chaises que de joueurs en lice, ceux qui n'ont pas eu leur fauteuil sont &#233;limin&#233;s&#8230; Frustr&#233;s, ces acteurs se muent en &lt;strong&gt;contre-&#233;lites&lt;/strong&gt;. Et ces contre-&#233;lites s'attachent &#224; mobiliser le Facteur 1 (le peuple paup&#233;ris&#233;) pour faire tomber le Facteur 2 (l'&#201;tat d&#233;sargent&#233;) &#8230; et prendre le fauteuil de ceux qui sont assis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appliquons la grille &#224; notre histoire nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la Colonisation &#224; la IVe R&#233;publique : La Fabrique &#224; Frustration&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de Madagascar depuis deux si&#232;cles est l'histoire d'une machine qui fabrique trop d'&#233;lite pour une &#233;conomie trop petite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la monarchie d&#233;j&#224;, la comp&#233;tition entre Hova et Andriana pour les faveurs du Premier ministre Rainilaiarivony fragilisait le royaume face aux Fran&#231;ais. Mais le vrai cycle d'opposition &#233;lites /contre-&#233;lites commence avec la colonisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration coloniale a structur&#233; un d&#233;but d'&#233;volution sociale centr&#233;e sur l'&#233;cole, le dipl&#244;me, la fonction. Mais elle a bloqu&#233; l'ascension des &#233;lites locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a form&#233; des m&#233;decins, des instituteurs, des &#233;crivains &#8230; Mais on leur a interdit les postes de commandement. R&#233;sultat ? &lt;strong&gt;1947&lt;/strong&gt;, o&#249; une contre-&#233;lite frustr&#233;e a mobilis&#233; une population exploit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Ind&#233;pendance de 1960 a ouvert les vannes de la mont&#233;e en statuts d'une classe qui n'&#233;tait jusque-l&#224; que la contre-&#233;lite des &#233;lites coloniales. Le jeu des chaises musicales s'ouvre alors avec une offre de postes abondante &#8230; Fauteuils de ministres, ambassadeurs, directeurs, secr&#233;taires g&#233;n&#233;raux&#8230; Et on a pu servir le plus grand nombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Age d'or ? Non&#8230; Parce que la d&#233;mographie se met &#224; galoper. L'universit&#233; de Tana, &#224; l'&#233;poque un fleuron de l'enseignement sup&#233;rieur en Afrique, commence &#224; produire des milliers de dipl&#244;m&#233;s &#8230; Mais l'&#233;conomie n&#233;ocoloniale ne cr&#233;e pas suffisamment d'emplois qualifi&#233;s. 1972 voit alors descendre dans la rue les &#233;tudiants&#8230; Cette future &#233;lite est ici confront&#233;e &#224; une p&#233;nurie de postes &#224; statut parce que les places sont majoritairement occup&#233;es par les caciques du PSD &#8230; Et les coop&#233;rants fran&#231;ais&#8230; Le &#171; non &#224; l'imp&#233;rialisme culturel ! &#187; est aussi un &#171; nous aussi on m&#233;rite notre fauteuil ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sch&#233;ma est l&#224; : Surproduction des &#233;lites + Paup&#233;risation = Chute du pouvoir Tsiranana. TSAK ! TSAK ! TSAK !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ratsiraka a tent&#233;, le premier, de geler le syst&#232;me par le socialisme. Il cr&#233;e une caste militaire (l'&#233;lite au pouvoir) mais appauvrit tout le reste. Et en accentuant la ruine de l'&#233;conomie, il coche en rouge la case &#171; Fragilit&#233; de l'&#201;tat &#187;. En 1991, l'&#201;tat est largement d&#233;sargent&#233;. Les Forces vives, m&#233;lange h&#233;t&#233;roclite d'&#233;lite exclue, d'&#201;glises et de bourgeois frustr&#233;s ont pouss&#233; le mur &#8230; Et le mur est tomb&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Acc&#233;l&#233;ration des Cycles : La Guerre des Chefs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en arrive &#224; 2002. Marc Ravalomanana, n'est pas un homme du peuple. C'est un repr&#233;sentant de la contre-&#233;lite &#233;conomique (Tiko) bloqu&#233; par une &#233;lite politique (l'Arema). Il veut sa part du pouvoir pour prot&#233;ger son business. Et il utilise alors la rue, ses frustrations, son m&#233;contentement. Et il gagne&#8230; Et la nouvelle &#233;lite TIM et Tiko boys vire l'&#233;lite AREMA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une fois au pouvoir, il verrouille l'&#233;conomie pour son clan (Tiko-isation)&#8230; Et engendre une &#171; Surproduction d'&#233;lite exclue &#187; massive : les autres op&#233;rateurs &#233;conomiques, les militaires mis au placard, les jeunes loups de la politique &#8230; Et un certain Disk Jockey.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2009, ainsi, l'&#233;quation Turchinienne est parfaite. Paup&#233;risation : Le prix du riz et de l'huile flambe, l'achat du Boeing Force One scandalise ; &#201;lites : Andry Rajoelina f&#233;d&#232;re autour de lui toute la contre-&#233;lite des d&#233;&#231;us du ravalomananisme ; &#201;tat fragile : L'arm&#233;e, divis&#233;e et sous-pay&#233;e, l&#226;che le pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais depuis 2009, nous n'avons rien r&#233;gl&#233;. Nous n'avons juste mis qu'un pansement sur une jambe de bois. La &#171; Transition &#187; a organis&#233; un pillage orgiaque du pays pour coopter les &#233;lites voraces (bois de rose) &#8230; Et en affaiblissant encore plus l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2025 : La Chronique d'une Explosion annonc&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait laisser &#224; tout un chacun le soin de mesurer les r&#233;cents &#233;v&#232;nements &#224; l'aune de l'&#233;quation de Turchin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2025 sentait la poudre et l'aiguille du compte-tours de Turchin &#233;tait coinc&#233;e en zone rouge. Paup&#233;risation absolue et insupportable. Le peuple n'en peut plus de privations. L'ins&#233;curit&#233; est le reflet d'un contrat social rompu. L'&#201;tat est sous perfusion et sous d&#233;pendance des bailleurs de fonds. La Jirama est un trou noir financier qui siffle tout le budget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout, la Surproduction des &#201;lites atteint des sommets. On l'a vu &#224; l'abondance des candidatures pour des postes au sein du nouveau pouvoir ou &#224; l'hallucinante pl&#233;thore de partis politiques qu'on n'a jamais vus d&#233;clar&#233;s en si grand nombre. La bataille de l'automne 2025 &#233;tait une bataille pour la survie biologique d'&#233;lites qui ne s'est n'est pas &#233;teinte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on suit le mod&#232;le, le renversement &#8211; qu'il soit par les urnes contest&#233;es, par la rue ou par la caserne &#8211; n'est pas un accident. C'est une correction statistique. Le syst&#232;me est trop lourd, trop corrompu, trop inefficace. Il doit &lt;strong&gt;purger&lt;/strong&gt; son exc&#232;s de pression. Et le constat est terrifiant&#8230; Parce que ce ne sont pas des &#233;lections ou une nouvelle constitution qui r&#233;soudront a priori cette &#233;quation :&lt;br class='autobr' /&gt;
Surproduction des &#233;lites ( Paup&#233;risation sur le terme ) / Etat Fragile = 0.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; pourquoi nos crises se ressemblent. &#192; chaque s&#233;quence, on retrouve la m&#234;me chor&#233;graphie : la population souffre, l'&#201;tat s'affaiblit, et la comp&#233;tition des aspirants au pouvoir se durcit. Les dates ne sont pas seulement des &#8220;coups d'&#201;tat&#8221;, des &#8220;r&#233;volutions&#8221; ou des &#8220;transitions&#8221;. Ce sont des moments o&#249; les trois pressions se synchronisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Peter Turchin, si on ne r&#233;sout pas le probl&#232;me structurel (trop d'&#233;lites, pas assez de g&#226;teau), les cycles de violence se rapprochent. Ce cycle n'implique pas que tout soit &#233;crit d'avance. Il dit autre chose, plus g&#234;nant : tant qu'on ne soulage pas les pressions structurelles, changer les personnes ne change pas la m&#233;canique. On peut repeindre la fa&#231;ade, le mur reste fissur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si on ne peut r&#233;duire la masse &#233;litaire en concurrence, on ne peut agir que sur la r&#233;duction de la paup&#233;risation &#8230; Et sur la fragilit&#233; financi&#232;re de l'Etat &#8230; Ici ce n'est donc pas la structure que l'on remet en cause &#8230; C'est le syst&#232;me incapable de canaliser, faute de place, ses contre-&#233;lites. Qu'en sera-t-il demain ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le faux paradoxe : manque de comp&#233;tences&#8230; mais trop d'&#233;lites ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait objecter : &#8220;On manque de comp&#233;tences, on doit former massivement. Et toi tu parles de surproduction d'&#233;lites. Contradiction !&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas contradiction. Il y a une tragique inad&#233;quation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;1. &#171; &#201;lite &#187; ne veut pas dire &#171; Comp&#233;tent &#187;&lt;/i&gt; : dans le mod&#232;le de Turchin, Une &#233;lite n'est pas forc&#233;ment constitu&#233;e que de personnes talentueuses ou utiles &#224; la soci&#233;t&#233;. Un membre de l'&#233;lite est quelqu'un qui d&#233;tient du pouvoir social/politique ou qui, par son statut (dipl&#244;me, richesse, nom de famille), aspire &#171; l&#233;gitimement &#187; &#224; en d&#233;tenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut ainsi caract&#233;riser une surproduction d'aspirants aux fonctions du pouvoir et, en m&#234;me temps, une p&#233;nurie de techniciens (ing&#233;nieurs agronomes, hydrauliciens, techniciens industriels) capables de construire l'&#233;conomie du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;2. Le probl&#232;me de l'inflation des dipl&#244;mes&lt;/i&gt; : C'est le pi&#232;ge des syst&#232;mes &#233;ducatifs d&#233;connect&#233;s du r&#233;el qui voit former massivement des &#171; cols blancs &#187; pour une &#233;conomie qui a besoin de &#171; cols bleus &#187;. Un jeune avec un Master sans d&#233;bouch&#233; caract&#233;rise un d&#233;classement. Et le d&#233;classement fabrique des contre-&#233;lites : des gens assez form&#233;s pour se sentir &#8220;l&#233;gitimes &#224;&#8221;, et assez frustr&#233;s pour devenir dangereux&#8230; Et assez nombreux pour faire masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;3. La fuite des cerveaux&lt;/i&gt; : les comp&#233;tences exportables partent. Elles sortent de l'&#233;quation nationale. Et il ne reste souvent, localement, en termes d'&#233;lites avides de pouvoir social, que ceux dont la r&#233;ussite d&#233;pend le plus de la rente politique ou de l'acc&#232;s &#224; l'&#201;tat. L'ar&#232;ne se sature, l'administration se d&#233;grade : surproduction d'aspirants &#224; l'&#233;lite, p&#233;nurie de savoir-faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;4. L'&#201;conomie est trop petite pour les talents existants&lt;/i&gt; : m&#234;me si nous formions des cadres parfaitement comp&#233;tents, le probl&#232;me de la surproduction demeurerait si l'&#233;conomie ne grandit pas. Si on forme 1000 excellents ing&#233;nieurs miniers demain, mais qu'il n'y a que 2 projets miniers actifs &#224; Madagascar, on a 900 &#233;lites comp&#233;tentes en surproduction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces 900 ing&#233;nieurs brillants, faute de poste technique, se muent d&#233;sormais en contre-&#233;lites qui vont se lancer en politique ou dans l'activisme pour survivre&#8230; Et deviennent des facteurs d'instabilit&#233;&#8230; Qui a dit &#171; Gen Z &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paradoxe se dissout donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion de cette partie, si Turchin a raison sur le diagnostic, des comparaisons historiques peuvent &#234;tre int&#233;ressantes &#224; &#233;tablir. C'est l&#224; que nous pouvons regarder ailleurs, vers le Vietnam, le Rwanda ou le Ghana, pour comprendre ce qui peut nous attendre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.madagascar-tribune.com/Madagascar-l-ineluctable-30258.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;(Partie 2 : Scenarios de Sortie)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule). 16/12/2025&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11864032566a1cab53adbd90.57140162&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La Cliodynamique, de Clio &#8211; la muse de l'Histoire &#8211; et de dynamique &#8211; le mouvement &#8211; est une discipline empruntant &#224; l'anthropologie, &#224; l'histoire, aux sciences sociales, &#224; l'informatique ainsi qu'&#224; la biologie &#233;volutive.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.cliodynamique.org/cliodynamique/quest-ce-que-la-cliodynamique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cliodynamique.org/cliodynamique/quest-ce-que-la-cliodynamique&lt;/a&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://youtu.be/bk9bs0F_oIU&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://youtu.be/bk9bs0F_oIU&lt;/a&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Peter-Turchin &#171; Le-Chaos-qui-vient-Elites-contre-elites-et-la-voie-de-la-desintegration-politique &#187;. Editions du Cherche Midi -2023&lt;br class='manualbr' /&gt;En 2012 (!!!) j'&#233;crivais dans &lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/2012/01/10/50-ans-de-transition-deuxieme-partie/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://madagoravox.com/2012/01/10/50-ans-de-transition-deuxieme-partie/&lt;/a&gt; en m'appuyant sur les textes de Dankwaert Rustow &#171; La deuxi&#232;me condition/phase [ &#224; la d&#233;mocratisation] est l'existence d'une crise politique prolong&#233;e et insoluble qui voit s'ouvrir une fen&#234;tre d'opportunit&#233; &#224; la d&#233;mocratisation quand un constat absolu d'impasse au conflit est &#233;tabli. La troisi&#232;me phase est une phase de &#171; D&#233;cision &#187; qui &#233;merge quand les acteurs, constatant l'impasse du conflit apr&#232;s avoir &#233;puis&#233; toutes les solutions, sont contraints de NEGOCIER un compromis et des r&#232;gles d&#233;mocratiques. L&#224;, il va falloir faire en sorte que les pseudo &#233;lites en question se sentent suffisamment &#233;trangl&#233;es par un r&#233;veil civique et militant avant que le pays n'ait lui-m&#234;me tr&#233;pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Refondation Madagascar : Asa fa tsy kabary (des actes et non des discours)</title>
		<link>https://m.madagascar-tribune.com/Refondation-Madagascar-Asa-fa-tsy.html</link>
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		<dc:date>2025-12-12T04:00:00Z</dc:date>

      <pubDate>Fri, 12 Dec 2025 07:00:00 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le Pi&#232;ge des Grands Mots &lt;br class='autobr' /&gt;
On les adore, ces grands mots : R&#233;volution, Refondation, Transition. Ils font s&#233;rieux dans les communiqu&#233;s, rassurent les bailleurs et donnent &#224; certains le plaisir inavou&#233; de sentir le parfum de l'Histoire. On nous promet de changer les choses en profondeur, de retrouver une identit&#233;, de r&#233;diger une Constitution enfin adapt&#233;e &#224; nos r&#233;alit&#233;s. Et l'on pense que, une fois ce texte refondateur pondu, tous nos probl&#232;mes seront r&#233;solus. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais quand grandirons-nous ? (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://m.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L150xH100/logo-12-d8cf6.jpg?1765515644' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_19988 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH272/image-1-2-c316c.jpg?1765515645' width='500' height='272' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Pi&#232;ge des Grands Mots&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On les adore, ces grands mots : R&#233;volution, Refondation, Transition. Ils font s&#233;rieux dans les communiqu&#233;s, rassurent les bailleurs et donnent &#224; certains le plaisir inavou&#233; de sentir le parfum de l'Histoire. On nous promet de changer les choses en profondeur, de retrouver une identit&#233;, de r&#233;diger une Constitution enfin adapt&#233;e &#224; nos r&#233;alit&#233;s. Et l'on pense que, une fois ce texte refondateur pondu, tous nos probl&#232;mes seront r&#233;solus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quand grandirons-nous ? Quand sortirons-nous de ce d&#233;lire structuraliste qui &#233;nonce que de bonnes institutions engendrent m&#233;caniquement la d&#233;mocratie et le d&#233;veloppement ? Quand r&#233;aliserons-nous que la mise en place de ces &#171; bonnes &#187; institutions, si tant est qu'elles le soient, prendrait au bas mot quinze ans ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Formalisme, Opium des &#201;lites&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je me veux profond&#233;ment d&#233;mocrate, mais je le vois : notre d&#233;mocratie s'enferme une fois de plus dans un formalisme st&#233;rile. Le d&#233;bat FFKM ou pas FFKM importe peu &#8230; Avec ou sans, nous avons d&#233;j&#224; vu par le pass&#233; que ces processus de dialogue national n'ont produit que tr&#232;s peu de r&#233;sultats tangibles&#8230; Le seul qui ait vraiment &#233;t&#233; men&#233; au bout (on oublie les annonces de concertation de 2002 et 2013), &#224; savoir la convention de Panorama de 1991 qui pr&#233;parait la 3e r&#233;publique, n'a pas permis &#224; cette derni&#232;re de durer plus de 18 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons-nous attendre vingt ans de plus pour accepter que ce f&#233;tichisme institutionnel ne r&#233;sout rien du quotidien des citoyens ?&#8230; Un peu de pragmatisme que diable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le peuple veut en priorit&#233; de la s&#233;curit&#233;, de l'emploi, de l'eau et de l'&#233;lectricit&#233;, un acc&#232;s aux soins et &#224; une &#233;cole de qualit&#233; pour les enfants, des infrastructures qui lui permettront de se d&#233;place, de communiquer et de distribuer ses produits&#8230; Et une justice juste &#233;quilibr&#233;e et ferme &#8230; Est-ce trop demander &#8230; Pourquoi pr&#233;f&#232;re-t-on se battre pour organiser au plus vite soit le r&#233;tablissement des anciennes &#233;lites pourries, soit leur remplacement par de nouvelles &#233;lites &#8230; moins pourries ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il s'agit aujourd'hui de reconstruire un pays bris&#233; par 60 ann&#233;es de gabegies, de corruptions et de renonciations. Qui peut VRAIMENT croire que cette reconstruction se fera en 2 ans ? &#8230; En 4 ans ???&#8230; En 10 ans ??? Qui peut VRAIMENT croire qu'il suffira d'une concertation nationale, d'une nouvelle &#233;lection et d'un vote pour que le pays, d'un claquement de doigts, refasse connaissance avec le progr&#232;s et une croissance inclusive&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qu'on puisse enfin permettre aux plus d&#233;munis de sortir de la mis&#232;re&#8230; On a encore en t&#234;te les ann&#233;es 70s et les conventions militantes qu'&#233;taient les Zaikabe &#8230; Le livre rouge de Ratsiraka s'est appuy&#233; sur cette s&#233;quence de mobilisation et de &#171; r&#233;novation nationale &#187; &#8230; pour l&#233;gitimer la Deuxi&#232;me R&#233;publique et sa ligne r&#233;volutionnaire &#8230; On en connait les dramatiques r&#233;sultats &#8230; C'&#233;tait pourtant formalis&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que Dieu nous garde qu'une configuration curieusement sym&#233;trique (r&#233;volte des jeunes, renversement du pouvoir, mont&#233;e au pouvoir de militaires &#8230;) produise les m&#234;mes tares.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De la pens&#233;e magique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est tout le paradoxe malgache. Nous venons de vivre l'un des &#233;pisodes les plus brutaux de notre histoire politique r&#233;cente&#8230; Et l'un des plus riches &#8230; Et pourtant, le logiciel mental reste le m&#234;me. On change le d&#233;cor, on repeint la fa&#231;ade, on renomme le r&#233;gime, mais on conserve cette croyance magique : la d&#233;mocratie &#8211; ou ce que nous en faisons &#8211; finira bien par produire le d&#233;veloppement&#8230; Un jour&#8230; Plus tard&#8230; Quand on aura fini de discuter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est dans la pens&#233;e magique, l&#224;&#8230; Le &#171; Asa fa tsy kabary &#187; (des actes, pas des discours) de Tsiranana commence &#224; me manquer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Divorce entre le Pays L&#233;gal et le Pays R&#233;el&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On nous rejoue le m&#234;me sc&#233;nario : proclamer une refondation, promettre une grande concertation inclusive, r&#233;&#233;crire la Constitution, puis organiser des &#233;lections &#171; libres et transparentes &#187;. Comme si le d&#233;veloppement allait couler m&#233;caniquement d'un bon texte fondamental et de bulletins bien compt&#233;s. On instillera bien au milieu quelques promesses sur l'&#233;lectricit&#233;, l'eau ou les routes, alors que cela devrait &#234;tre LA priorit&#233; absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le peuple, lui, ne vit pas dans un pr&#233;ambule constitutionnel. Pour lui, la question n'est pas : &#171; Quel r&#233;gime est le plus conforme aux standards internationaux ? &#187;, mais bien : &#171; Demain, aurai-je de quoi nourrir ma famille ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus ironique, c'est que ce moment de &#171; refondation &#187; offre en r&#233;alit&#233; la possibilit&#233; d'un pouvoir fort. Non pas un pouvoir fort contre la population, mais un pouvoir fort contre les inerties : contre les mafias de l'&#233;lectricit&#233;, les monopoles de l'importation, les r&#233;seaux qui confisquent l'&#201;tat depuis des d&#233;cennies. Un pouvoir qui oserait dire : &#171; Pendant deux ans, on arr&#234;te de disperser l'&#233;nergie politique. On se concentre sur dix priorit&#233;s de survie. Et on vous en rend compte. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de cela, on tergiverse. On discute d'organigrammes, on chipote sur la couleur des feux rouges alors qu'on n'a toujours pas dessin&#233; le plan du quartier. On annonce une transition calibr&#233;e en mois, sans savoir en quoi la vie d'une paysanne d'Itasy ou d'un jeune ch&#244;meur de Toliara sera diff&#233;rente au bout du compte.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'Alternative : Un Agenda d'Urgence Nationale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sortir de cette illusion, ce n'est pas m&#233;priser la d&#233;mocratie. C'est arr&#234;ter de la r&#233;duire &#224; un calendrier et &#224; une grammaire institutionnelle. C'est accepter cette v&#233;rit&#233; brutale : une &#233;lection propre n'a jamais, &#224; elle seule, rempli un bidon d'eau ni cr&#233;&#233; un emploi durable. Elle peut emp&#234;cher le pire ; elle ne produit pas le mieux. Il faut qu'on accepte que cette reconstruction du cadre DEVRA PRENDRE DES ANNEES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question devient alors : comment s'attaquer tout de suite aux priorit&#233;s, sans basculer dans l'autoritarisme ? La piste est de poser noir sur blanc un &lt;strong&gt;**Agenda d'Urgence Nationale**&lt;/strong&gt;, lisible par un coll&#233;gien, tenu par le gouvernement, mais surveill&#233; par la soci&#233;t&#233;. Il ne s'agirait pas de slogans, mais d'engagements d'objectifs v&#233;rifiables sur les sujets de l'&#233;nergie, de l'eau, des infrastructures, de la s&#233;curit&#233;, de la sant&#233;, de l'emploi massif&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de la justice avec la men&#233;e &#224; terme d'au moins cinq dossiers embl&#233;matiques de corruption et de crimes d'&#201;tat pour r&#233;duire le sentiment d'impunit&#233;&#8230;. Et de l'emploi en lan&#231;ant des programmes massifs tels que des programmes de travaux &#224; haute intensit&#233; de main-d'&#339;uvre (HIMO) pour cr&#233;er des dizaines de milliers d'emplois temporaires dans la r&#233;habilitation d'infrastructures publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mettre en &#339;uvre cet agenda, il faut des &#233;quipes d'ex&#233;cution resserr&#233;es. Pas un &#233;ni&#232;me Haut-Conseil pl&#233;thorique, mais des **task forces** dot&#233;es d'un mandat clair, d'un d&#233;lai strict et comptables de leurs r&#233;sultats. Leur performance serait suivie via des **tableaux de bord publics**, affich&#233;s en ligne et dans les mairies, comment&#233;s et discut&#233;s par tous : voici ce qui a &#233;t&#233; promis, voil&#224; ce qui est fait, et voil&#224; pourquoi le reste ne l'est pas encore. C'est la fin des excuses et le d&#233;but de la redevabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;inventer la D&#233;mocratie : le Contr&#244;le Citoyen en Action&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Et la d&#233;mocratie, dans tout &#231;a ? Elle ne dispara&#238;t pas, elle change de place. Elle cesse d'&#234;tre seulement la sc&#232;ne des grandes batailles de pouvoir pour devenir une machine de **contr&#244;le citoyen** sur cet agenda minimal. Elle devient aussi le laboratoire o&#249; s'exp&#233;rimente le nouveau contrat social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On renforcerait les espaces de parole : des m&#233;dias et des journalistes prot&#233;g&#233;s, des syndicats et collectifs l&#233;gitimes pour challenger les r&#233;sultats, les assembl&#233;es locales (*fokonolona*) o&#249; l'on peut dire ce qui ne va pas. On pourrait m&#234;me imaginer dissoudre l'Assembl&#233;e Nationale actuelle pour la remplacer par une **assembl&#233;e citoyenne tournante** compos&#233;e en partie de citoyens tir&#233;s au sort. Son r&#244;le ne serait pas de l&#233;gif&#233;rer sur tout, mais de contr&#244;ler l'action de l'ex&#233;cutif sur les priorit&#233;s de l'Agenda d'Urgence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contrat doit &#234;tre clair : la priorit&#233; de la Transition n'est pas de produire un texte parfait, mais de prouver que l'&#201;tat peut, pour une fois, tenir parole sur des choses simples et vitales.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion : Jouer pour la Dignit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La G&#233;n&#233;ration Z qui a brav&#233; les balles ne s'est pas lev&#233;e pour ajouter une Constitution de plus &#224; la collection. Elle s'est lev&#233;e parce qu'elle &#233;touffait dans un pays o&#249; l'on promet le &#171; d&#233;veloppement &#187; comme on promet la pluie pendant la saison s&#232;che. Il ne faudrait pas que ces jeunes tombent &#224; leur tour dans le pi&#232;ge de ce conformisme mortif&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors oui, gardons le mot &#171; refondation &#187; si cela rassure. Mais cessons de le traiter comme une incantation juridique. Refonder, ce n'est pas seulement r&#233;&#233;crire les r&#232;gles du jeu ; c'est changer **ce pour quoi on joue**.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour o&#249; la Transition mettra plus d'&#233;nergie &#224; faire tourner les pompes &#224; eau qu'&#224; polir les communiqu&#233;s, on pourra commencer &#224; croire qu'on sort enfin du cycle. D'ici l&#224;, on continuera de faire du sur-place&#8230; Tr&#232;s d&#233;mocratiquement, dans le noir &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule). 11/12/2025&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11864032566a1cab53adbd90.57140162&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entre sursaut moral et d&#233;rive th&#233;ocratique : L'&#201;glise au pouvoir ?</title>
		<link>https://m.madagascar-tribune.com/Entre-sursaut-moral-et-derive.html</link>
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		<dc:date>2025-12-02T04:11:47Z</dc:date>

      <pubDate>Tue, 02 Dec 2025 07:11:47 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;On a souvent reproch&#233; &#224; la politique malgache de manquer de vision, de naviguer &#224; vue entre deux ajustements structurels et trois promesses de campagne aussi vite oubli&#233;es qu'&#233;nonc&#233;es. Mais le probl&#232;me est plus profond&#8230; On l'a d&#233;j&#224; &#233;nonc&#233;. Ce qui manque &#224; la Grande &#206;le ce n'est pas seulement ou du bitume pour ses routes ou des devises pour sa Banque Centrale &#8230; Il manque &#224; sa gouvernance une colonne vert&#233;brale &#8230; Une &#233;thique&#8230; Qui ne soit pas que d&#233;clarative. &lt;br class='autobr' /&gt;
De fait, si le rapport (voir en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://m.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L150xH100/logo-11-7c671.jpg?1764648744' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_19952 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH279/illustration-4-d55a4.jpg?1764648744' width='500' height='279' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On a souvent reproch&#233; &#224; la politique malgache de manquer de vision, de naviguer &#224; vue entre deux ajustements structurels et trois promesses de campagne aussi vite oubli&#233;es qu'&#233;nonc&#233;es. Mais le probl&#232;me est plus profond&#8230; On l'a d&#233;j&#224; &#233;nonc&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui manque &#224; la Grande &#206;le ce n'est pas seulement ou du bitume pour ses routes ou des devises pour sa Banque Centrale &#8230; Il manque &#224; sa gouvernance une colonne vert&#233;brale &#8230; Une &#233;thique&#8230; Qui ne soit pas que d&#233;clarative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, si le rapport (voir en pi&#232;ce jointe) de la commission politique de la concertation nationale chr&#233;tienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ou le mandat du pr&#233;sident au FFKM pour piloter les Consultations R&#233;gionales (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; peut nous faire de mani&#232;re &#233;pidermique hurler au loup d'une d&#233;rive th&#233;ocratique, une analyse plus pouss&#233;e s'impose&#8230; D'autant que le Pr&#233;sident confie au FFKM l'organisation des assises nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un simple manifeste cl&#233;rical. Ce document pose le diagnostic clinique d'une nation qui a perdu son &#226;me. Il ne s'agit pas ici seulement de s'alerter de la potentielle mont&#233;e d'une th&#233;ocratie pour gouverner la Nation, mais de comprendre ce qui motive les chefs d'&#201;glises quand ils remettent en question le socle constitutionnel actuel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; la faillite morale d'une classe dirigeante rong&#233;e par la corruption et l'amateurisme, la concertation dit ne pas proposer une prise de pouvoir, mais une prise de conscience&#8230; un &#233;lectrochoc spirituel pour tenter de r&#233;animer une citoyennet&#233; moribonde.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Citoyen-Chr&#233;tien : une exigence, pas une exclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut relire le texte avec froideur pour ne pas se m&#233;prendre sur l'intention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le rapport &#233;nonce &#171; &lt;strong&gt;Tsy azo sarahina&lt;/strong&gt; tanteraka ny maha-Kristianina sy ny maha-olom-pirenena &#187;, il faut y lire &#171; ton identit&#233; chr&#233;tienne et ton identit&#233; de citoyen font partie d'un m&#234;me &#8220;toi&#8221;. Tes choix politiques, professionnels, associatifs, ton rapport &#224; la justice, &#224; la corruption, &#224; la solidarit&#233;&#8230; doivent &#234;tre coh&#233;rents avec ta foi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et on peut l'&#233;tendre &#8230; La foi n'est pas enferm&#233;e dans le priv&#233; ou le culte. Elle appelle le croyant &#224; se pr&#233;occuper du bien commun : de justice sociale, de d&#233;fense des plus vuln&#233;rables, de respect des lois justes, de participation &#224; la vie publique. Le &#8220;maha-Kristianina&#8221; pousse &#224; un &#8220;maha-olom-pirenena&#8221; responsable. Et le postulat &#171; le fait d'&#234;tre chr&#233;tien et le fait d'&#234;tre citoyen sont indissociables &#187;, ne pose pas une condition d'acc&#232;s &#224; la nationalit&#233;, mais bien une obligation de r&#233;sultat pour le croyant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une injonction &#224; sortir des sacristies et des presbyt&#232;res. Le message est clair : on ne peut pas se dire chr&#233;tien le dimanche et piller les caisses de l'&#201;tat le lundi. C'est un appel &#224; la fin de la schizophr&#233;nie malgache&#8230; cette capacit&#233; effrayante &#224; dissocier la foi priv&#233;e de l'inconduite publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet ne semble par ailleurs pas &#234;tre un projet d'exclusion : il est explicitement fait mention de la n&#233;cessit&#233; d'une &#201;glise qui &#171; respecte &#233;galement l'existence des autres religions &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu est ailleurs. Il est semble-t-il dans la qu&#234;te inqui&#232;te d'un nouveau &#171; mindset &#187;, d'un changement de mentalit&#233; radical. On peut sentir, &#224; travers les lignes, la lassitude des hommes de foi face &#224; l'inefficacit&#233; des lois. Et puisque le Code P&#233;nal ne suffit pas &#224; emp&#234;cher le vol, puisque les institutions de lutte contre la corruption tournent &#224; vide, on invoque d&#233;sormais une instance morale sup&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la r&#233;f&#233;rence &#224; Zach&#233;e &#171; Ny &#8220;Zakaiosy&#8221; dia fampibebahana, tsy sazy ; mila rafitra tsy mivadika amin'izany. &#187;, elle est peut-&#234;tre loin d'&#234;tre anodine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle va en h&#233;risser quelques-uns qui ne verront dans cet appel &#224; la transformation et &#224; la repentance du coupable plut&#244;t qu'&#224; sa sanction brutale que a) une tentative d'absolution des pourris de l'ancien r&#233;gime b) un v&#339;u pieu (un pieu vieux ?) de re-moralisation des m&#233;chants &#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il faut quand m&#234;me avoir &#224; l'esprit que Zach&#233;e, dans l'&#201;vangile, ne se contente pas de demander pardon ; il rend ce qu'il a vol&#233;, &lt;strong&gt;au quadruple&lt;/strong&gt;&#8230; On est s&#251;rs de renflouer les caisses avec ce principe&#8230; S'il est appliqu&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Transpos&#233; &#224; la politique malgache, ce principe de r&#233;paration est r&#233;volutionnaire. Imaginez un instant nos &#233;lites politiques et &#233;conomique pass&#233;es et actuelles soumises &#224; cette exigence : &#171; On vous menace non pas de la prison, qui ne r&#233;pare rien, mais de la restitution &#8230; Au quadruple &#8230; Et de la transformation de l'&#233;tat d'esprit&#8230; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'id&#233;e pourrait &#234;tre s&#233;duisante. Elle touche &#224; quelque chose de profond&#233;ment ancr&#233; dans notre culture mais qu'il serait temps d'actualiser : cette r&#233;f&#233;rence sempiternelle au &lt;i&gt;Fihavanana&lt;/i&gt; qui, sous l'alibi de la concorde, masque en fait la complaisance et la compromission. On passerait peut-&#234;tre &#224; l'adoption de vrais m&#233;canismes de v&#233;rit&#233; et de transparence&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis abandonner le syst&#232;me de la sanction brutale et froide devrait soulager la surpopulation carc&#233;rale. L'enjeu de ce principe de r&#233;paration redevient alors un enjeu de gouvernance et d'organisation judiciaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La tentation de la vertu par d&#233;cret&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cependant, et c'est ici que l'analyste doit reprendre sa place face au moraliste&#8230; Le chemin de &#171; l'enfer &#187; est pav&#233; de bonnes intentions&#8230; surtout quand elles se pr&#233;tendent constitutionnelles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le la&#239;c import&#233; de l'occident, pour n'avoir jamais r&#233;ussi &#224; emp&#234;cher nos d&#233;rives, a effectivement montr&#233; sa vacuit&#233;. Mais le rem&#232;de brutal d'un virage th&#233;ologique de la gouvernance du pays peut &#234;tre des plus dangereux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le rapport de la commission politique de la concertation semble sugg&#233;rer de &#171; supprimer la la&#239;cit&#233; &#187; pour asseoir l'&#201;tat sur des &#171; valeurs chr&#233;tiennes &#187;. C'est un gros double saut p&#233;rilleux avec salto qu'il s'agit de r&#233;aliser&#8230; Si certaines valeurs chr&#233;tiennes sont universelles, graver la morale dans le marbre de la Constitution, c'est CONFONDRE LE PECHE ET LE DELIT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est prendre le risque de transformer l'&#201;tat, la maison commune, en un tribunal des consciences&#8230; On r&#234;ve d'un virage id&#233;ologique et de la construction d'une nouvelle conscience citoyenne&#8230; Mais pas d'un syst&#232;me d'ali&#233;nation des masses sous couvert de la puret&#233; d'une doctrine morale &#224; d&#233;fendre&#8230; Pol Pot ne serait pas loin, m&#234;me habill&#233; de blanc cl&#233;rical. On ne peut passer brutalement d'une r&#233;publique sans foi ni loi &#224; une r&#233;publique &#224; trop de foi et trop de loi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e d'introduire des &#171; sentinelles &#187; chr&#233;tiennes au sein des structures de l'&#201;tat part d'une certaine logique : celle d'avoir des gardiens de l'int&#233;grit&#233;, des vigies &#233;thiques. Mais comment ne pas voir le danger op&#233;rationnel ? Qui gardera les gardiens ? On sait malheureusement ce que sont capables de faire des &#171; gardiens de la r&#233;volution &#187; dans l'histoire contemporaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un pays o&#249; le &lt;i&gt;Fifanajana&lt;/i&gt; (respect mutuel) est d&#233;j&#224; mis &#224; mal par les luttes partisanes, donner un mandat de surveillance morale &#224; une institution religieuse, c'est ouvrir une grosse bo&#238;te de Pandore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le risque serait au pire l'instauration d'une th&#233;ocratie brutale &#224; l'iranienne, et au mieux le glissement vers une &#171; d&#233;mocratie de la d&#233;votion &#187; o&#249; l'apparence de la pi&#233;t&#233; deviendrait le crit&#232;re ultime de la comp&#233;tence.&lt;br class='autobr' /&gt;
On &#233;nonce que seules des personnes &#171; justes et int&#232;gres, pr&#233;alablement &#233;prouv&#233;es &#187; peuvent acc&#233;der aux responsabilit&#233;s. Sur le papier, qui serait contre ? Mais dans la r&#233;alit&#233; de nos jeux de pouvoir, qui d&#233;livrera le certificat d'int&#233;grit&#233; ? &#8230; Si ce n'est pas comme cela qu'on cr&#233;e une nouvelle oligarchie, non plus bas&#233;e sur l'argent ou le parti, mais sur la proximit&#233; avec l'autel&#8230; :-(&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers une la&#239;cit&#233; contextuelle ou une impasse constitutionnelle ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce risque, les travaux de Lalao Tsiarify nous proposent une cl&#233; de lecture apais&#233;e. Elle propose d'inventer une &#171; la&#239;cit&#233; contextuelle &#187; qui, fond&#233;e sur les r&#233;alit&#233;s culturelles locales, obligera &#224; int&#233;grer dans le champ public d'autres croyances, notamment l'Islam (dont le r&#244;le politique grandit) et les religions traditionnelles. Cette reconnaissance du &lt;strong&gt;pluralisme&lt;/strong&gt; agirait ainsi comme un contre-pouvoir : une th&#233;ocratie s'installe difficilement dans un syst&#232;me qui reconnait officiellement la diversit&#233; et l'&#233;galit&#233; de multiples croyances &#8230; Et de la tradition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concertation a raison de dire que les constitutions pr&#233;c&#233;dentes &#233;taient des &#171; copi&#233;s-coll&#233;s &#187; d&#233;connect&#233;s du r&#233;el malgache. Nous avons besoin de penser l'&#201;tat avec nos propres cat&#233;gories, notre propre langue, notre propre rapport au sacr&#233;. Mais cette reconstruction identitaire ne doit pas se faire par exclusion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'objectif est de b&#226;tir un &lt;i&gt;Fanjakana Malagasy&lt;/i&gt; solide, il doit pouvoir abriter le chr&#233;tien fervent, le musulman pieux, et le traditionaliste attach&#233; aux &lt;i&gt;razana&lt;/i&gt;&#8230; Et le la&#239;c farouche&#8230; Et les acteurs de la Soci&#233;t&#233; Civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La morale qu'on semble appeler de nos v&#339;ux est une &#171; morale civique &#187; d'inspiration chr&#233;tienne. Si l'&#201;glise parvient &#224; insuffler cette exigence d'int&#233;grit&#233; dans la soci&#233;t&#233; civile, par l'&#233;ducation et la sensibilisation, elle aura rempli sa mission proph&#233;tique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si elle cherche &#224; l'imposer par des verrous constitutionnels et des prestations de serment obligatoires devant Dieu, elle risque de d&#233;truire ce qu'elle veut sauver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique est un m&#233;tier, pas seulement une vocation. Elle requiert de la technicit&#233;, du compromis, et une gestion du profane qui s'accommode mal des absolus th&#233;ologiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vouloir que la th&#233;ologie &#171; &#233;claire et corrige &#187; l'exercice du pouvoir est une ambition intellectuelle int&#233;ressante&#8230; Mais le pouvoir, par nature, a tendance &#224; corrompre tout ce qu'il touche&#8230; y compris la th&#233;ologie. L'enfer est toujours pav&#233; de belles intentions &#8230; Et les gens en blanc devraient avoir l'humilit&#233; et la sagesse de le reconnaitre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le diagnostic de la concertation est un miroir tendu &#224; notre propre d&#233;cadence : nous avons construit une R&#233;publique sans r&#233;publicains, un &#201;tat de droit sans justice. L'appel &#224; un sursaut moral, &#224; ce &#171; nouveau mindset &#187;, est salutaire, voire vital.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais attention &#224; ne pas confondre la fin et les moyens. On ne l&#233;gif&#232;re pas sur les &#226;mes comme on l&#233;gif&#232;re sur la TVA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le v&#233;ritable d&#233;fi de cette reconstruction n'est pas d'inscrire Dieu dans la Constitution, mais de faire en sorte que l'homme politique, qu'il jure sur la Bible ou sur l'Honneur, ait enfin peur de trahir la parole donn&#233;e au peuple. C'est l&#224;, et nulle part ailleurs, que r&#233;side la v&#233;ritable sacralit&#233; de la fonction publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule). 30/11/2025&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;br class='autobr' /&gt;
Tsiarify, L. S. A. (2013). L'imbrication du politique et du spirituel &#224; Madagascar : un d&#233;fi pour la la&#239;cit&#233;. Chr&#233;tiens et soci&#233;t&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/wp-content/uploads/2025/12/rapport-final-ffkm-commission-politique-version-mg-1.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Commission Politique de la concertation nationale chr&#233;tienne. (2025). Rapport Final. Version malagasy et traduction&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/wp-content/uploads/2025/12/mandat-presidentiel-au-ffkm-version-mg-1.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mandat du pr&#233;sident au FFKM. Version malagasy et traduction&lt;/a&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11864032566a1cab53adbd90.57140162&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ou le mandat du pr&#233;sident au FFKM pour piloter les Consultations R&#233;gionales et les Assises Nationales (voir en pi&#232;ce jointe)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Madagascar, le PGE de la Refondation : chronique d'une course contre la montre</title>
		<link>https://m.madagascar-tribune.com/Madagascar-le-PGE-de-la.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://m.madagascar-tribune.com/Madagascar-le-PGE-de-la.html</guid>
		<dc:date>2025-11-28T03:11:59Z</dc:date>

      <pubDate>Fri, 28 Nov 2025 06:11:59 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il est des silences qui, en politique, valent tous les discours. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et il est des changements de ton qui, &#224; eux seuls, constituent un programme. La pr&#233;sentation du Programme G&#233;n&#233;ral de l'&#201;tat (PGE) par le Premier ministre la semaine derni&#232;re a provoqu&#233; chez l'observateur pr&#233;tendument avis&#233; que je suis un &#233;trange m&#233;lange de sentiments contradictoires. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'un c&#244;t&#233;, une satisfaction presque physique&#8230; Celle de voir enfin &#233;merger une sobri&#233;t&#233; et une rationalit&#233; rassurante. Enfin quelque chose qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://m.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L150xH100/logo-10-9d0e5.jpg?1764299530' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_19933 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH273/illustration-3-cab85.jpg?1764299530' width='500' height='273' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il est des silences qui, en politique, valent tous les discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il est des changements de ton qui, &#224; eux seuls, constituent un programme. La pr&#233;sentation du Programme G&#233;n&#233;ral de l'&#201;tat (PGE) par le Premier ministre la semaine derni&#232;re a provoqu&#233; chez l'observateur pr&#233;tendument avis&#233; que je suis un &#233;trange m&#233;lange de sentiments contradictoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, une satisfaction presque physique&#8230; Celle de voir enfin &#233;merger une sobri&#233;t&#233; et une rationalit&#233; rassurante. Enfin quelque chose qui nous change des chim&#232;res d'hier, de ces &#171; Miami sur Pangalanes &#187;, de ces t&#233;l&#233;ph&#233;riques suspendus au-dessus de la mis&#232;re, de ces colis&#233;es incongrus&#8230; ou de l'importation baroque de girafes pour des touristes imaginaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait urgent, vital m&#234;me, de renouer avec un minimum de sobri&#233;t&#233;. On en avait assez de cet ostentatoire, de ce &#171; bling-bling &#187; d'&#201;tat qui ne faisait, en r&#233;alit&#233;, que masquer l'incomp&#233;tence et la corruption end&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rupture de ton de ce programme est donc en elle-m&#234;me un soulagement. D'aucuns ont jug&#233; la prestation du Ministre trop prudente. Mais pouvait-on en attendre plus ? Sans doute pas. Car l&#224; o&#249; les MAP, PEM et autres Fisandratana 2030 voulaient dresser une vision sur le temps long, ce PGE se devait de tracer une &#233;ch&#233;ance courte, brutale : la promesse de restituer le pouvoir au Civil dans 24 mois. Et 24 mois&#8230; c'est bref.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La c&#233;l&#233;rit&#233; et le paradoxe de l'urgence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On ne peut qu'&#234;tre surpris de la c&#233;l&#233;rit&#233; avec laquelle ce programme a pu &#233;clore. Globalement, un mois a suffi. La comparaison est cruelle pour le pass&#233; r&#233;cent : on se souvient de Rajoelina revenant triomphalement en 2017, en pr&#233;-campagne, pour annoncer qu'il s'&#233;tait retir&#233; cinq ans (!) pour r&#233;fl&#233;chir avec les &#171; meilleurs sp&#233;cialistes mondiaux &#187; sur son projet d'&#201;mergence&#8230; Pour en fait accoucher d'une souris, d'un texte qui semblait &#233;chapp&#233; des notes de cours d'un &#233;l&#232;ve m&#233;diocre de deuxi&#232;me ann&#233;e d'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais attention, danger : chicane en vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce PGE souffre d'une contradiction premi&#232;re, presque ontologique. Il veut &#233;tablir un contrat avec la nation&#8230; Mais il doit l'&#233;tablir sur une dur&#233;e pour le moins br&#232;ve. Deux ans pour rassurer. Deux ans pour remettre en marche une machine sociale d&#233;labr&#233;e. Deux ans pour relancer une machine &#233;conomique gripp&#233;e&#8230; C'est un semi-marathon qu'il va falloir courir au rythme d'un 400 m&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit bien d'incarner un nouveau contrat social&#8230; mais un Contrat Social d'urgence et de rupture. Ce n'est pas une simple feuille de route administrative ; le PGE se pr&#233;sente comme une r&#233;ponse morale et politique &#224; la crise multidimensionnelle que vient de vivre le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte repose ainsi sur une tension permanente entre deux imp&#233;ratifs : l'urgence et la profondeur. D'une part, stabiliser la nation imm&#233;diatement &#8212; r&#233;tablissement de l'eau, de l'&#233;lectricit&#233;, de la s&#233;curit&#233; &#8212; pour soulager une population &#224; bout de souffle&#8230; D'autre part, poser les fondements d'une &#171; Refondation &#187; structurelle pour emp&#234;cher le retour des crises cycliques, en s'attaquant enfin aux racines du mal : la corruption, l'impunit&#233; et la faiblesse institutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La lucidit&#233; du constat : &#171; Le pays est cass&#233; &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut le dire, l'&#233;nonc&#233; m&#234;me du constat &#8212; &#171; le pays est cass&#233; &#187; &#8212; est en soi une nouveaut&#233;. Personne, dans les programmes pr&#233;c&#233;dents cit&#233;s plus haut, n'avait os&#233; formuler un tel diagnostic&#8230; Eux ne parlaient, l&#233;gitimement ou na&#239;vement, que de progr&#232;s et d'enrichissement. &#201;videmment, comme dans tout texte programmatique, il a &#233;t&#233; n&#233;cessaire, dans le PGE d'&#233;num&#233;rer les incontournables &#233;l&#233;ments de langage : &#171; lutter contre la pauvret&#233; &#187;, &#171; prot&#233;ger les plus vuln&#233;rables &#187;&#8230; Cela peut sonner un peu tarte &#224; la cr&#232;me, c'est vrai&#8230; Mais faisons contre mauvaise fortune bon c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui retient l'attention, c'est la mani&#232;re dont ce projet &#233;nonce les valeurs culturelles malgaches : &lt;i&gt;Fifanajana, Fihavanana, Fiaraha-mientana&lt;/i&gt;. Non pas comme des cosm&#233;tiques culturels ou un folklore d&#233;suet, mais comme le ciment moral de l'autorit&#233; publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est, me semble-t-il, la premi&#232;re fois que l'on voit dans un document programmatique le terme de &#171; &lt;i&gt;Fifanajana&lt;/i&gt; &#187; port&#233; au premier chef. Le respect de l'autre&#8230; qui ne peut aller sans le respect de soi. C'est un propos &#233;minemment directeur si on l'&#233;rige v&#233;ritablement en principe de gouvernance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; les programmes habituels se concentraient sur la croissance, le d&#233;veloppement sectoriel et les infrastructures &#8212; et la volont&#233; de faire plaisir aux bailleurs &#8212; le PGE met ainsi l'accent sur la l&#233;gitimit&#233;, la moralit&#233; et la transition d&#233;mocratique. Quant &#224; l'&#233;vocation litt&#233;rale dans le texte des &#171; magouilles &#187; ou des &#171; monopoles &#187;, ce ne sont peut-&#234;tre que des mots&#8230; mais le changement s&#233;mantique est l&#224;, et on a envie d'y croire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'inad&#233;quation Temps / Ambition : L'impossible &#233;quation ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, une n&#233;cessaire prudence s'impose. Si l'on peut accorder au pouvoir de la Refondation le b&#233;n&#233;fice de l'urgence, et les f&#233;liciter d'avoir r&#233;pondu rapidement aux inqui&#233;tudes, on doit faire &#233;tat de &#171; trous dans la raquette &#187;. Tout n'est pas bleu&#8230; Ou rose&#8230; Mais r&#233;jouissons-nous, ce n'est d&#233;j&#224; plus orange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet se confronte &#224; un premier &#233;cueil majeur : l'inad&#233;quation Temps/Ambition. Il vit un risque d'embouteillage maximum. Et il n'y aura visiblement pas de solution t&#233;l&#233;ph&#233;rique pour acc&#233;l&#233;rer le trajet cette fois-ci. Le programme promet des r&#233;formes colossales : refonte de la Constitution, Code de la nationalit&#233;, digitalisation de l'&#201;tat, d&#233;centralisation pouss&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela en devant g&#233;rer des urgences vitales, r&#233;pondre aux attentes l&#233;gitimes de la GEN'Z malagasy, de celles de la soci&#233;te civile et des citoyens en g&#233;n&#233;ral &#8230; et organiser des &#233;lections&#8230; Le tout en 24 mois. Le risque est immense : celui de survoler les r&#233;formes structurelles ou de retarder le calendrier &#233;lectoral&#8230; Et de cr&#233;er, in fine, une nouvelle crise de l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le cadrage budg&#233;taire : La souverainet&#233; en trompe-l'&#339;il&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Et le cadrage budg&#233;taire dans tout cela ? Il ne s'agit pas de faire l'impasse sur ses apparentes carences. Le texte mentionne la n&#233;cessaire &#171; mobilisation des ressources &#187; et la rationalisation des d&#233;penses&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n'explique pas comment financer simultan&#233;ment des mesures sociales d'urgence, des infrastructures lourdes (routes, &#233;nergie) et un processus &#233;lectoral co&#251;teux dans une &#233;conomie en crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;pendance aux bailleurs internationaux est implicite mais constitue une vuln&#233;rabilit&#233; souveraine. Il faudra donc le dire clairement &#224; tous ceux qui veulent bouter dehors FMI, Banque Mondiale et autres partenaires sous pr&#233;texte d'autonomie imm&#233;diate : sans leur aide, point d'investissements aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien beau de dire que si la concertation nationale d&#233;cide de les pousser dehors, on s'y pliera&#8230; Mais de l&#224; &#224; la r&#233;alisation des chantiers, celui-l&#224; ne sera pas le moins critique. Bien que le gouvernement affiche une ambition de souverainet&#233; par l'aust&#233;rit&#233; et la pression fiscale, le PLF reste structurellement d&#233;pendant des bailleurs internationaux, qui financent l'essentiel des investissements structurants et pr&#232;s de 20% des ressources totales de tr&#233;sorerie. Il faut le savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne d&#233;taillera pas ici au-del&#224; des principes g&#233;n&#233;raux l'ad&#233;quation de la loi de Finances (PLF 2026). Elle para&#238;t &#224; peu pr&#232;s en coh&#233;rence avec le PGE quand elle aligne massivement les ressources sur l'&#201;ducation et l'&#201;nergie, validant ces deux piliers. Mais elle pr&#233;sente encore des &#233;carts majeurs sur le volet social (Eau, Solidarit&#233;) qui paraissent sous-financ&#233;s par rapport aux discours.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La gestion des R&#233;sistances : Le danger des &#171; magouilles &#187; syst&#233;miques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais le v&#233;ritable d&#233;fi est ailleurs. En fait d'engagement de chantier lourd, le texte promet de mettre fin aux &#171; magouilles &#187;, de &#171; casser les monopoles &#187; et les &#171; privil&#232;ges &#187;&#8230; Mais comment ? Le pouvoir ne pourra pas faire longtemps l'impasse d'une pr&#233;sentation de la strat&#233;gie pour contrer les monstrueux r&#233;seaux d'int&#233;r&#234;ts qui seront menac&#233;s. Ces r&#233;seaux ont eu tout le temps de b&#233;tonner leur d&#233;fense&#8230; et leur sauvegarde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne pourra pas non plus ignorer les modalit&#233;s de compensation des cha&#238;nes de valeur &#8212; et des revenus des classes moyennes induits &#8212; qui vont s'effondrer si on r&#233;duit drastiquement les vecteurs de corruption&#8230; Les 4 000 salari&#233;s de Sodiat en savent quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approche frontale d&#233;clar&#233;e (&#171; Tol&#233;rance Z&#233;ro &#187;) sans strat&#233;gie politique fine risque de provoquer des blocages institutionnels&#8230; ou pire, des sabotages &#233;conomiques. La strat&#233;gie semble sous-estimer &#8212; ou mettre sous le tapis ? &#8212; les rapports de force r&#233;els. Neutraliser les coalitions d'int&#233;r&#234;ts, les oligarchies &#233;conomiques, les clans politico-administratifs et les appareils s&#233;curitaires qui opposeront la r&#233;sistance la plus farouche s'av&#233;rera &#234;tre une t&#226;che titanesque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la clart&#233; sur les ressources financi&#232;res reste limit&#233;e. On parle de bonne gestion, mais sans aborder la ren&#233;gociation de la dette, la revue des grands contrats extractifs&#8230; Ou la nationalisation de l'or &#8212; celle-l&#224;, j'y tiens ! &#8212; ou encore la r&#233;vision des niches fiscales. Ce sont tous des &#233;l&#233;ments auxquels nous devrons pr&#234;ter attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, quelles sont les priorit&#233;s de l'Agenda ? Le Plan de Refondation, bien qu'anim&#233; par une forte volont&#233; politique et morale, pr&#233;sente un d&#233;faut majeur : ses carences doctrinales, qui mettent &#224; mal la hi&#233;rarchisation des priorit&#233;s. En rendant tout &#171; important &#187; &#8212; eau, &#233;nergie, sant&#233;, &#233;ducation, routes &#8212; le plan ne d&#233;gage pas clairement les trois ou quatre batailles cl&#233;s des 24 mois qui pourraient compromettre son succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il nous faut donc conclure sur une note de gravit&#233; lucide. Ce PGE est un pari&#8230; Un pari noble, certes, mais un pari dangereux. Il tente de r&#233;concilier l'&#233;thique et la technique, l'urgence du quotidien et le temps long de la structure. Mais l'histoire politique ne s'&#233;crit pas &#8211; malheureusement &#8211; avec des bons sentiments, ni m&#234;me avec des constats justes. Elle s'&#233;crit dans la capacit&#233; &#224; choisir ses batailles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En refusant de trancher, en voulant tout mener de front dans un d&#233;lai aussi contraint, le gouvernement prend le risque de se noyer. Sans une hi&#233;rarchisation impitoyable des priorit&#233;s, sans une strat&#233;gie chirurgicale pour d&#233;manteler les oligarchies sans casser l'&#233;conomie, ce plan ambitieux risque de se fracasser sur le mur du r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 24 mois qui s'ouvrent ne seront pas une promenade de sant&#233;&#8230; Ce sera un combat de chaque instant contre le temps, contre les habitudes, et surtout, contre les saboteurs de l'int&#233;rieur qui attendent, dans l'ombre, que l'&#233;lan de la refondation s'essouffle. La course a commenc&#233;&#8230; Esp&#233;rons que le souffle ne manquera pas. Et on devra les aider &#224; respirer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule). 27/11/2025&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11864032566a1cab53adbd90.57140162&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Corruption syst&#233;mique : le syst&#232;me invisible qui fait tourner Madagascar</title>
		<link>https://m.madagascar-tribune.com/Corruption-systemique-le-systeme.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://m.madagascar-tribune.com/Corruption-systemique-le-systeme.html</guid>
		<dc:date>2025-11-19T04:38:48Z</dc:date>

      <pubDate>Wed, 19 Nov 2025 07:38:48 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



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&lt;p&gt;Un syst&#232;me o&#249; l'informalit&#233; n'est pas une d&#233;rive mais une architecture fonctionnelle &lt;br class='autobr' /&gt;
S'il y a un mot qui aujourd'hui rime avec &#171; Refondation &#187; c'est bien &#171; Corruption &#187;&#8230; Ou mieux &#171; anti-corruption &#187;&#8230; Difficile de ne pas applaudir quand certains r&#233;seaux criminels, mafieux et notables jusque-l&#224; intouchables commencent enfin &#224; &#234;tre inqui&#233;t&#233;s&#8230;Difficile aussi de ne pas remarquer qu'on ne parle pas encore de tout le monde &#8212; que certains gros pr&#233;dateurs de l'&#232;re pr&#233;c&#233;dente semblent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://m.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L150xH100/logo-9-3960a.jpg?1763527182' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_19896 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH333/illustration-2-e4bc8.jpg?1763527182' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un syst&#232;me o&#249; l'informalit&#233; n'est pas une d&#233;rive mais une architecture fonctionnelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;S'il y a un mot qui aujourd'hui rime avec &#171; Refondation &#187; c'est bien &#171; Corruption &#187;&#8230; Ou mieux &#171; anti-corruption &#187;&#8230; Difficile de ne pas applaudir quand certains r&#233;seaux criminels, mafieux et notables jusque-l&#224; intouchables commencent enfin &#224; &#234;tre inqui&#233;t&#233;s&#8230;Difficile aussi de ne pas remarquer qu'on ne parle pas encore de tout le monde &#8212; que certains gros pr&#233;dateurs de l'&#232;re pr&#233;c&#233;dente semblent myst&#233;rieusement hors champ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, trois dangers sont &#233;vidents :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Une chasse aux sorci&#232;res imb&#233;cile en forme de r&#232;glements de comptes politiques plut&#244;t que traitement des probl&#232;mes structurels.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Une justice s&#233;lective, qui exhiberait quelques coupables tout en laissant filer les gros poissons &#8212; sp&#233;cialit&#233; locale (le brevet du filet qui laisse passer les gros poissons est un brevet malagasy).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Une vision simpliste, qui r&#233;duirait le probl&#232;me &#224; quelques individus, alors que la corruption est en fait un v&#233;ritable &#233;l&#233;ment d'infrastructure du fonctionnement socio-&#233;conomique du pays.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Madagascar vit aujourd'hui dans un syst&#232;me o&#249; l'informalit&#233; n'est plus un dysfonctionnement : c'est le m&#233;canisme central qui fait tourner l'ensemble.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#201;tat formel existe sur le papier. Mais l'&#201;tat r&#233;el fonctionne &#224; travers les interm&#233;diaires, les arrangements, les rentes, les r&#233;seaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et ce syst&#232;me n'est pas n&#233; d'hier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je revois encore, dans les ann&#233;es 60, mon grand-p&#232;re, mpanera respect&#233;, grand, &#233;l&#233;gant, imposant, plant&#233; sous les arcades de l'ancien H&#244;tel de Ville. On venait le voir pour tout : papiers, certificats, proc&#233;dures, litiges. On le saluait comme on salue un notable. &#192; l'&#233;poque, le gamin que j'&#233;tais n'y voyait que du prestige. Aujourd'hui, je r&#233;alise qu'il incarnait un mode d'acc&#232;s au droit&#8230; Et qu'il ne s'agissait pas d'une anomalie mais bien d'un rouage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relation directe entre l'usager et l'administration n'a jamais &#233;t&#233; la norme. Le mpanera &#233;tait (et reste) ce qui permettait au syst&#232;me de fonctionner malgr&#233; sa fragilit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et cela ne rel&#232;ve pas du folklore : il s'agit d'une logique institutionnelle parfaitement rationnelle dans un &#201;tat sous-dimensionn&#233;, sous-pay&#233;, sous-&#233;quip&#233;&#8230; Et plong&#233; dans l'incertitude permanente.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La pauvret&#233; structurelle : le carburant du syst&#232;me&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; de la population vit en dessous du seuil de pauvret&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ces conditions, la fronti&#232;re entre &#8220;paiement parall&#232;le&#8221; et &#8220;service acc&#233;l&#233;r&#233;&#8221; devient floue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour l'usager, l'enjeu est clair : r&#233;duire le temps perdu, r&#233;duire l'incertitude, &#233;viter la paralysie administrative rel&#232;ve de logiques de survie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour l'agent, la r&#233;alit&#233; est brutale : salaires insuffisants, absence de perspectives, besoin de survie &#233;conomique&#8230; Tiens, on parle encore de survie &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : chacun &#8220;arrange&#8221; ce qui peut &#234;tre arrang&#233;. Non pas par go&#251;t, mais par n&#233;cessit&#233; structurelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas un probl&#232;me individuel : c'est une &#233;conomie politique compl&#232;te o&#249; la r&#232;gle non &#233;crite est plus forte que la r&#232;gle &#233;crite.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une cha&#238;ne de valeur informelle : du guichet au sommet&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Contrairement au clich&#233; que l'on a qui r&#233;duirait la corruption &#224; une somme de petites magouilles isol&#233;es, Madagascar fonctionne avec une cha&#238;ne de valeur informelle parfaitement hi&#233;rarchis&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la base on a l'usager qui demande&#8230; Puis le petit interm&#233;diaire qui facilite &#8230; Et ensuite l'agent qui d&#233;bloque.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus haut &#8230; Les autorisations co&#251;teuses, les permis, les attributions fonci&#232;res, les imports, les march&#233;s publics.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et tout en haut : &lt;strong&gt;le jackpot&lt;/strong&gt;, o&#249; la rente sert &#224; financer des loyaut&#233;s politiques, des client&#232;les, des coalitions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas un &#8220;d&#233;r&#232;glement&#8221; : c'est &lt;strong&gt;le business model cach&#233; de l'administration&lt;/strong&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En pratique, la corruption joue deux r&#244;les : elle fluidifie ce qu'un &#201;tat sous-capacit&#233; ne parvient pas &#224; faire. Elle finance des positions administratives sous-r&#233;mun&#233;r&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, toucher un maillon, c'est toucher toute la cha&#238;ne. C'est perturber une &#233;conomie parall&#232;le qui fait vivre des milliers de gens et consolide des &#233;quilibres de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'opacit&#233; administrative : une ressource, pas une faiblesse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On croit souvent que l'opacit&#233; est un d&#233;faut. ERREUR !!! &#8230; c'est une ressource strat&#233;gique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Proc&#233;dures non disponibles, d&#233;lais incoh&#233;rents, instructions contradictoires, guichets multiples : ce chaos n'est pas fortuit. Il produit une asym&#233;trie d'information qui rend l'interm&#233;diaire indispensable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un syst&#232;me limpide, le mpanera serait inutile.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un syst&#232;me opaque, il devient le seul guide fiable. Et &#224; Madagascar, l'opacit&#233; est le principal capital politique de certaines strates administratives.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La gouvernance politique s'appuie sur l'informalit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;seaux d'interm&#233;diation ne survivent pas malgr&#233; le politique : ils survivent gr&#226;ce au politique. Ils permettent de distribuer des faveurs, de consolider des client&#232;les, d'acheter des loyaut&#233;s, de contourner les lourdeurs du droit &#8230; Et de stabiliser des alliances.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#201;tat formel et l'&#201;tat informel cohabitent. Le premier donne la l&#233;gitimit&#233;. Le second donne l'efficacit&#233; &#8212; et les rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, supprimer l'un sans reconfigurer l'autre cr&#233;e une crise syst&#233;mique.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pour cela que chaque &#8220;op&#233;ration anticorruption&#8221; qui s'attaque aux individus sans s'attaquer aux structures &lt;strong&gt;&#233;choue m&#233;caniquement&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un &#201;tat sous-&#233;quip&#233; et sous-financ&#233; depuis 60 ans&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me n'est pas que moral. Il est &lt;strong&gt;budg&#233;taire et structurel&lt;/strong&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis l'ind&#233;pendance, Madagascar n'a jamais financ&#233; une administration capable d'ex&#233;cuter les lois qu'elle produit. R&#233;sultat : effectifs insuffisants, moyens d&#233;risoires, outils obsol&#232;tes et proc&#233;dures ing&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration fonctionne en sous-capacit&#233; permanente. Le guichet, satur&#233;, devient une zone grise o&#249; l'improvisation est la seule option et o&#249; l'informalit&#233; comble le vide. Et ce d&#233;ficit de capacit&#233; devient h&#233;r&#233;ditaire : il se transmet d'une g&#233;n&#233;ration d'agents &#224; la suivante.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;conomie politique de la corruption : une question d'incitations, pas de morale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e n'est pas un d&#233;faut moral collectif.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un alignement d'incitations :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La r&#232;gle co&#251;te plus cher &#224; suivre qu'&#224; contourner.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le droit n'est jamais garanti sans interm&#233;diaire.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La sanction est improbable.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La survie d&#233;pend souvent de la rente informelle.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le pouvoir politique distribue des positions qui donnent acc&#232;s &#224; ces rentes.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Dans cet environnement, &#234;tre &#8220;vertueux&#8221; n'est pas seulement difficile : c'est &#233;conomiquement irrationnel. C'est pour cela que les campagnes moralisantes ou les discours de bonne gouvernance ne changent rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elles oublient la m&#233;canique centrale : les incitations.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi les politiques anticorruption &#233;chouent elles syst&#233;matiquement ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les approches classiques &#8212; commissions, lois, campagnes publiques &#8212; &#233;chouent parce qu'elles reposent sur trois postulats faux :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Elles supposent un &#201;tat capable, alors que l'&#201;tat r&#233;el fonctionne par compromis et m&#233;diation.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Elles ciblent des individus, alors que la corruption est un &#233;cosyst&#232;me complet.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Elles cr&#233;ent plus de normes que d'outils, et donc&#8230; de nouvelles opportunit&#233;s de rentes.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;L'anticorruption devient parfois un instrument politique ou de vengeance politique&#8230; Et non un outil de r&#233;forme&#8230; Pourvu que les Instances Hautement Sup&#233;rieures guident les initiatives du pouvoir actuel &#8230; Et de son pouvoir judiciaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les facteurs de verrouillage : pourquoi le syst&#232;me se reproduit il ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me se perp&#233;tue parce qu'il reste parfaitement logique pour ceux qui y participent. Il garantit d'abord une manne &#233;conomique consid&#233;rable, dont d&#233;pendent directement ou indirectement &lt;strong&gt;des centaines de milliers de personnes&lt;/strong&gt;. Il assure aussi une v&#233;ritable utilit&#233; sociale, puisqu'il offre des solutions concr&#232;tes l&#224; o&#249; l'&#201;tat n'en fournit pas ou plus. Faute d'alternative cr&#233;dible &#8212; aucune proc&#233;dure officielle n'&#233;tant plus rapide, plus simple ou plus fiable &#8212; il devient la voie la plus rationnelle pour avancer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cela s'ajoute un co&#251;t politique immense : ces pratiques entretiennent des r&#233;seaux de loyaut&#233; sans lesquels certains &#233;quilibres de pouvoir s'effondreraient&#8230; BIM !!! &#8230; Et, pour finir, l'informalit&#233; s'apprend comme une norme d&#232;s l'entr&#233;e dans l'administration, ce qui en fait un comportement transmis, reproduit et int&#233;gr&#233; naturellement par chaque nouvelle g&#233;n&#233;ration d'agents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La machine est coh&#233;rente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Changer une pi&#232;ce ne change rien tant que l'ensemble ne change pas.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les &#233;l&#233;ments d'une transformation r&#233;aliste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les exp&#233;riences r&#233;ellement concluantes montrent qu'une transformation durable repose sur plusieurs mouvements compl&#233;mentaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Digitaliser les d&#233;marches pour r&#233;duire les zones de rente ; simplifier les proc&#233;dures , r&#233;duire les autorisations et raccourcir les circuits ; revaloriser de mani&#232;re cibl&#233;e les salaires, mais de mani&#232;re cibl&#233;e et li&#233;e &#224; des objectifs pr&#233;cis et mesurables sont des mesures essentielles &#224; une v&#233;ritable r&#233;forme en profondeur &#8230; On le sait &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le sait aussi qu'une vraie r&#233;forme suppose une capacit&#233; REELLE &#224; sanctionner les NIVEAUX SUPERIEURS en prot&#233;geant les lanceurs d'alertes, sanction sans laquelle rien ne changera en profondeur.&lt;br class='autobr' /&gt;
On sait aussi qu'une vraie r&#233;forme exige enfin de cr&#233;er des formes alternatives de s&#233;curit&#233; &#233;conomique pour ceux qui perdront leurs rentes informelles &#8230; Sans oublier la n&#233;cessaire stabilisation de l'administration afin de limiter les rotations politiques&#8230;. Qu'on arr&#234;te de changer les techniciens &#224; chaque changement politique pour r&#233;pondre &#224; l'enjeu de satisfaire de nouvelles alliances &#8230; On prend 10 ans de retard &#224; chaque fois&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais un tel programme ne peut r&#233;ussir que s'il est vu coh&#233;rent&#8230; Que s'il est, men&#233; selon un calendrier ma&#238;tris&#233; et soutenu par une coalition institutionnelle suffisamment solide pour ne pas c&#233;der aux r&#233;sistances internes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, on peut pourtant avoir le d&#233;sesp&#233;rant sentiment que, au plus haut niveau, certains ont entretenu d&#233;lib&#233;r&#233;ment ces dysfonctionnements &#8230; Dysfonctionnements qui ont permis de garder sous contr&#244;le la population&#8230; Peut on esp&#233;rer qu'on y mettra fin ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Maintenant qu'on sait&#8230; Y'a plus qu'&#224;&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La corruption malgache n'est pas un accident.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un syst&#232;me complet, logique, r&#233;silient, rationnel dans son environnement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le combattre exige autre chose que des discours : il faut reconfigurer les incitations, les capacit&#233;s et les &#233;quilibres politiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
La t&#226;che est &#8230; Au moins immense&#8230;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il n'y a pas de refondation possible sans elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule). 18/11/2025&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;f&#233;rences :&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Michael Johnston &#8212; Syndromes of Corruption&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Madagascar correspond au mod&#232;le des &#171; oligarchies et cartels &#187;, o&#249; l'&#201;tat faible d&#233;pend de r&#233;seaux priv&#233;s.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Jean-Fran&#231;ois Bayart &#8212; La Politique du Ventre&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;L'&#201;tat postcolonial africain est un &#201;tat &#8220;patrimonial&#8221;, o&#249; la corruption est un mode d'int&#233;gration sociale.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Chabal &amp; Daloz &#8212; Africa Works&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;La corruption n'est pas un dysfonctionnement, mais une &lt;strong&gt;pratique rationnelle&lt;/strong&gt; dans un syst&#232;me o&#249; la r&#232;gle est l'exception.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Joel Migdal &#8212; Strong Societies and Weak States&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Quand la soci&#233;t&#233; est plus forte que l'&#201;tat, ce sont les r&#233;seaux, pas les institutions, qui dominent.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11864032566a1cab53adbd90.57140162&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Madagascar 2025, anatomie d'un effondrement politique</title>
		<link>https://m.madagascar-tribune.com/Madagascar-2025-anatomie-d-un.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://m.madagascar-tribune.com/Madagascar-2025-anatomie-d-un.html</guid>
		<dc:date>2025-11-10T04:40:43Z</dc:date>

      <pubDate>Mon, 10 Nov 2025 07:40:43 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les al&#233;as de l'Histoire &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Histoire n'avance jamais droit. Elle chancelle, recule, saute des chapitres, change d'auteur sans pr&#233;venir. On voudrait y lire une logique, des plans, des causalit&#233;s claires&#8230; Y identifier les mains invisibles qui guident les r&#233;volutions ou les chutes des pouvoirs&#8230; Mais en fait l'histoire se d&#233;brouille seule. Elle na&#238;t du hasard, de l'orgueil et des hubris d&#233;mesur&#233;s, des rancunes d'officiers brim&#233;s, des col&#232;res d'un peuple exasp&#233;r&#233;, des calculs et des complots (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://m.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L150xH100/logo-8-35f3d.jpg?1762749644' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_19858 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L364xH486/image-1-20ee4.jpg?1762698388' width='364' height='486' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les al&#233;as de l'Histoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Histoire n'avance jamais droit. Elle chancelle, recule, saute des chapitres, change d'auteur sans pr&#233;venir. On voudrait y lire une logique, des plans, des causalit&#233;s claires&#8230; Y identifier les mains invisibles qui guident les r&#233;volutions ou les chutes des pouvoirs&#8230; Mais en fait l'histoire se d&#233;brouille seule. Elle na&#238;t du hasard, de l'orgueil et des hubris d&#233;mesur&#233;s, des rancunes d'officiers brim&#233;s, des col&#232;res d'un peuple exasp&#233;r&#233;, des calculs et des complots tristes d'une opposition impuissante et de ses satellites en orbite&#8230; L'Histoire avance ainsi, bancale et impr&#233;visible, tiss&#233;e de co&#239;ncidences, d'ambitions bless&#233;es et d'occasions saisies au vol.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le kal&#233;idoscope de la politique malagasy&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour rajouter de l'impr&#233;visibilit&#233; &#224; l'impr&#233;visible, la politique malgache s'av&#232;re en fait &#234;tre un &#233;norme kal&#233;idoscope&#8230; Vous savez ce dispositif pour &#233;merveiller les enfants, b&#226;ti d'un tube optique contenant des fragments color&#233;s et des miroirs &#8230; Le moindre mouvement y transforme par r&#233;flexion (r&#233;flexion n'est peut-&#234;tre pas le bon mot) crois&#233;e des images instables qui se recomposent de mani&#232;re permanente&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est de m&#234;me de la recomposition permanente de la sc&#232;ne politique gasy &#8230; Les initiatives des uns et des autres, improvisations impulsives prises au fil de rencontres et d'improbables opportunit&#233;s, dessinent un tableau que les politistes, para&#238;t-il avis&#233;s, pr&#233;tendent d&#233;crypter &#8230; La politique fiction malagasy est un cadre riche o&#249; peut s'exercer l'imagination la plus d&#233;brid&#233;e&#8230;. Mais par-dessus tout cela domine encore et toujours &#8230; le hasard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, faut-il croire aux complots ? Oui, mais pas comme &#224; des faits &#233;tablis&#8230; Plut&#244;t comme des hypoth&#232;ses d'organisation du chaos que l'on a envie d'attribuer &#224; certains. L'id&#233;e de complot donne forme &#224; l'incompr&#233;hensible : on peut au moins avoir le sentiment que quelqu'un est aux commandes de l'avion. M&#234;me si l'origine de la licence des pilotes n'est pas rassurante. Mais le plus souvent, personne ne tient vraiment le manche. Au bout du compte c'est le hasard qui conduit&#8230; Certains pr&#233;tendent savoir o&#249; il va&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;quence malgache Septembre Octobre 2025 en est l'illustration&#8230; Le renversement effectif du pouvoir de Andry Rajaoelina &#233;tait-il le fruit d'un complot ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des rumeurs de renversement du pouvoir bruissaient depuis quelques mois&#8230; Avec l'&#233;chafaudage de logiques d'organisation th&#233;orique d'une transition&#8230; Sur fond de mis&#232;re, de d&#233;gradation des conditions de vie et d'exasp&#233;ration sociale de tous ceux-l&#224; qui, entre d&#233;lestages, p&#233;nuries d'eau, probl&#232;mes de s&#233;curit&#233; n'en pouvaient plus de l'incapacit&#233; du pouvoir &#8230; Incapacit&#233; &#224; r&#233;pondre aux probl&#232;mes vitaux tout en croyant que les gens pouvaient se satisfaire de cosm&#233;tique et de spectacle &#8230; incapacit&#233; &#224; entendre et &#224; prendre en compte &#8230; incapacit&#233; &#224; freiner cette choquante explosion des in&#233;galit&#233;s : l'enrichissement d'une frange et la paup&#233;risation d'une masse croissante&#8230; Et sur fond de cette insupportable violence symbolique : l'impunit&#233; de la corruption de haut vol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les cercles &#171; avertis &#187;, on entendait : &#171; &#231;a va n&#233;cessairement exploser&#8230; &#187;&#8230; Mais tout un chacun savait que quatre facteurs majeurs devaient &#234;tre a minima r&#233;unis pour qu'un renversement soit rendu possible, :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; l'appui ou tout au moins la bienveillance ou la neutralit&#233; des forces arm&#233;es,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la lev&#233;e d'un mouvement populaire de grande envergure,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; des moyens financiers cons&#233;quents pour pouvoir influer sur le premier facteur&lt;/li&gt;&lt;li&gt; et enfin, la mansu&#233;tude de la communaut&#233; internationale&#8230;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; parce qu'il faut, autant que possible, l'habillage d'un semblant de constitutionnalit&#233; &#8230; On ne va pas subir de nouveau ces mortif&#232;res sanctions internationales.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Le c&#339;ur du r&#233;acteur devait obligatoirement se construire autour de ces 4 &#233;l&#233;ments&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour le reste, les soutiens, les r&#233;seaux, les &#233;quipes&#8230; le programme &#8230; On fera comme d'habitude : on improvisera&#8230; On saura bien trouver dans le microcosme les alliances opportunistes pour faire tourner la machine si on arrive &#224; en prendre les commandes&#8230; Des palanqu&#233;es de comp&#233;titeurs sont toujours pr&#234;ts, avec leurs CV, sur la ligne de d&#233;part de la course aux fauteuils.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Complot il y a eu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais en fait, complot il y a bien eu &#8230; UN VRAI complot engag&#233; au cours de cette s&#233;quence&#8230; un beau vrai complot &#8230; pas comme ceux que nos r&#233;publiques banani&#232;res savent inventer&#8230; Pour se faire peur &#8230; Ou faire peur en embastillant quelques lampistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, on avait ici la vraie belle conspiration de certains qui croyaient avoir assur&#233; la conjonction des quatre facteurs &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce complot c'&#233;tait celui d'un milliardaire aujourd'hui embastill&#233; alli&#233; &#224; un pr&#233;sident du s&#233;nat aujourd'hui disparu, tous deux ligu&#233;s contre un pr&#233;sident de la r&#233;publique aujourd'hui en fuite on ne sait o&#249;, complot qui croyait profiter de l'inesp&#233;r&#233; mouvement populaire d'une extraordinaire ampleur spontan&#233;e qu'il aurait d&#251; faire d&#233;g&#233;n&#233;rer en pillages et destructions pour pouvoir engager une r&#233;pression encore plus dure par des corps d'arm&#233;e qu'ils leur croyaient acquis pour couvrir une proc&#233;dure d'urgence profitant de l'absence du pr&#233;sident en titre qui de fait se serait spontan&#233;ment exil&#233; en laissant au num&#233;ro deux de l'Etat l'opportunit&#233; de prendre la t&#234;te du pouvoir tout en satisfaisant les exigences de constitutionnalit&#233; pour satisfaire la communaut&#233; internationale &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouf&#8230; Elle est longue celle-l&#224; &#8230; La confusion de la s&#233;quence rendait impossible une narration structur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le beau sc&#233;nario du complot imagin&#233; s'est trouv&#233; largement contrari&#233; : le lapin pr&#233;sident revient, dissout le gouvernement, limoge le pr&#233;sident du S&#233;nat, nomme un militaire pour reb&#226;tir une administration centrale, en esp&#233;rant reprendre la main &#8230; Et &#8230; Catastrophe les alli&#233;s militaires des uns et des autres, que chacun se croyait respectivement acquis, commencent par d&#233;serter le palais, arr&#234;tent de se tirer dessus, refusent de tirer sur la foule &#8230; et ouvrent la place symbolique du 13 Mai aux manifestants &#8230; Et c'est la d&#233;bandade g&#233;n&#233;rale &#8230; La sc&#232;ne du g&#233;n&#233;ral au stetson et aux m&#233;dailles cliquetantes en train de se sauver devait &#234;tre des plus r&#233;jouissantes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;volution ou Implosion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais on n'a pas assist&#233; &#224; une r&#233;volution au sens propre du terme mais &#224; l'implosion d'un syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volution d&#233;signe basculement volontaire et organis&#233; du pouvoir. Elle r&#233;sulte d'une mobilisation collective, structur&#233;e, port&#233;e par une intention politique claire : renverser un ordre &#233;tabli pour en construire un autre&#8230; Elle suppose des acteurs identifi&#233;s, une strat&#233;gie, un horizon commun. Le changement est dirig&#233;, assum&#233;&#8230; Il se traduit par une reconfiguration des institutions&#8230; Et des valeurs qui les fondent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'implosion, au contraire, ne rel&#232;ve pas d'un projet &#8230; C'est une d&#233;faillance qui traduit l'usure interne d'un syst&#232;me. Les alliances se d&#233;litent, les structures se d&#233;sagr&#232;gent, les &#233;lites se neutralisent &#8230; Ce n'est pas une conqu&#234;te, mais un effondrement diffus&#8230; Qui laisse un vide que d'autres forces finissent par remplir &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'occupation de l'espace vide &#8211; les ma&#238;tres et les soldats&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans ce vide s'est opportun&#233;ment install&#233; un pouvoir militaire&#8230; qui ne surgit pas du n&#233;ant. Ce pouvoir militaire s'inscrit dans une g&#233;n&#233;alogie de crises successives o&#249; plusieurs de ses acteurs ont d&#233;j&#224; jou&#233; un r&#244;le d&#233;cisif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autour du colonel Micha&#235;l Randrianirina, nouveau visage charismatique de la transition, se sont rassembl&#233;s des officiers aux trajectoires entrem&#234;l&#233;es : strat&#232;ges du commandement, v&#233;t&#233;rans frustr&#233;s des mutineries de 2009 dont ils avaient &#233;t&#233; les artisans, coordinateurs logistiques, m&#233;diateurs exp&#233;riment&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous appartiennent &#224; une g&#233;n&#233;ration d'officiers form&#233;e par les transitions, rompus aux jeux d'&#233;quilibres entre casernes et palais, loyaut&#233;s et opportunismes&#8230; &#224; la comp&#233;tence b&#226;tie pour certains &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leurs r&#233;seaux et leur exp&#233;rience des renversements pass&#233;s expliquent peut-&#234;tre la pr&#233;cision de la prise de pouvoir d'octobre 2025&#8230; Celle-l&#224; n'avait rien d'une mutinerie impromptue &#8230; C'&#233;tait la reconduction inesp&#233;r&#233;e d'un sc&#233;nario appris&#8230; puis retravaill&#233; a minima &#8230; Sc&#233;nario qui semble s'&#234;tre r&#233;alis&#233; in extremis juste avant que ne commence &#224; s'&#233;teindre la flamme GenZ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'hypoth&#232;se d'une coordination issue de cercles initi&#233;s ajoute quand m&#234;me une touche de coh&#233;rence jusque-l&#224; invisible : la structuration des milieux d'influence est telle &#224; Madagascar que plusieurs de ces officiers ont probablement fr&#233;quent&#233; les m&#234;mes milieux&#8230; Milieux o&#249; se m&#234;lent hi&#233;rarchie, discipline et serment de fraternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'architecture du pouvoir mis en place associant chef charismatique, strat&#232;ge, garant institutionnel et m&#233;diateurs fait furieusement penser plus &#224; un organigramme de loge qu'&#224; une logique de gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;volution et d&#233;litement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Madagascar est un cas d'&#233;cole&#8230; Parce qu'en fait, entre hasard et d&#233;litement, il apparait qu'on n'a jamais eu de r&#233;volution si on s'en tient &#224; cette caract&#233;risation. On n'aurait donc eu affaire qu'&#224; des implosions &#8230; On n'aurait vu jusque-l&#224; que des s&#233;quences d&#233;coulant logiquement de processus de d&#233;litement&#8230; Et se pose alors un questionnement : pourquoi et comment ces pouvoirs se d&#233;litent ils de mani&#232;re aussi syst&#233;matique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre parce que le pouvoir &#224; Madagascar ne se construit jamais ni sur une base id&#233;ologique ni sur une base institutionnelle solide&#8230; Il se construit sur des &#233;quilibres pr&#233;caires de personnes &#8230; de clans&#8230; de rentes. Chaque r&#233;gime h&#233;rite d'un appareil d&#233;vitalis&#233;, d'une administration instrumentalis&#233;e et d'une soci&#233;t&#233; civile d&#233;mobilis&#233;e. Le d&#233;litement proc&#232;de d'une usure interne : client&#233;lisme, exclusion, perte de l&#233;gitimit&#233;&#8230; Et puis &#8230; Effondrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans culture de continuit&#233; ni responsabilit&#233; collective, chaque transition devient recyclage. Ce ne sont pas des r&#233;volutions, mais des implosions successives d'un syst&#232;me incapable de se r&#233;former de l'int&#233;rieur&#8230; Et o&#249; le changement d'hommes masque la permanence des m&#234;mes logiques de capture et de survie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez dit culture de continuit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule). 09/11/2025&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11864032566a1cab53adbd90.57140162&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Analyse du d&#233;cret d'organisation de la pr&#233;sidence de la transition : le pouvoir qui veut durer</title>
		<link>https://m.madagascar-tribune.com/Analyse-du-decret-d-organisation.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://m.madagascar-tribune.com/Analyse-du-decret-d-organisation.html</guid>
		<dc:date>2025-11-06T04:33:05Z</dc:date>

      <pubDate>Thu, 06 Nov 2025 07:33:05 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Certains d&#233;crets ne sont pas de simples textes administratifs ; ils sont de v&#233;ritables radiographies politiques. Le d&#233;cret n&#176;2025-1135 du 31 octobre 2025, fixant l'organisation de la Pr&#233;sidence de la Refondation, est de ceux-l&#224;. Une premi&#232;re lecture interpelle par la projection des effectifs, avoisinant les 600 agents. On a ici une inflation qui pourrait sembler ind&#233;cente mais qui r&#233;v&#232;le une mutation profonde : la transformation de la Pr&#233;sidence en un &#201;tat dans l'&#201;tat. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une Pr&#233;sidence (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://m.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L150xH100/image_logo-539cb.jpg?1762403608' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_19841 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L415xH415/image-9-e204e.jpg?1762395469' width='415' height='415' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Certains d&#233;crets ne sont pas de simples textes administratifs ; ils sont de v&#233;ritables radiographies politiques. Le d&#233;cret n&#176;2025-1135 du 31 octobre 2025, fixant l'organisation de la Pr&#233;sidence de la Refondation, est de ceux-l&#224;. Une premi&#232;re lecture interpelle par la projection des effectifs, avoisinant les 600 agents. On a ici une inflation qui pourrait sembler ind&#233;cente mais qui r&#233;v&#232;le une mutation profonde : la transformation de la Pr&#233;sidence en un &#201;tat dans l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une Pr&#233;sidence absorbante&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce texte ne se contente pas de r&#233;organiser : il refonde. Sous la mandature pr&#233;c&#233;dente, la Pr&#233;sidence se limitait &#224; un cabinet d'une cinquantaine de collaborateurs et une dizaine de directions, pour un total d'&#224; peine deux cents agents. Aujourd'hui, la structure est hypertrophi&#233;e : un Secr&#233;tariat g&#233;n&#233;ral bureaucratique, quatre Hauts Conseillers de la Refondation dot&#233;s de leurs propres mini-cabinets, six Conseillers sp&#233;ciaux, sept directions strat&#233;giques rattach&#233;es directement au Chef de l'&#201;tat, et un Conseil consultatif des &#8220;forces vives de la Nation&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes plus face &#224; une Pr&#233;sidence, mais &#224; un m&#233;ta-gouvernement, un organe de commandement qui absorbe les fonctions dispers&#233;es de l'ex&#233;cutif. La Primature est rel&#233;gu&#233;e au rang de fusible administratif, tandis que la Pr&#233;sidence devient le centre de gravit&#233; absolu du pouvoir. Cette inflation n'est pas le fruit du hasard ou du n&#233;potisme. Elle est calcul&#233;e, fonctionnelle et assum&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les quatre Hauts Conseillers de la Refondation en sont l'illustration. Ils ne sont pas des figures honorifiques mais les pilotes de quatre p&#244;les strat&#233;giques : socio-&#233;conomique, ressources strat&#233;giques, d&#233;fense-s&#233;curit&#233;, et relations internationales. Ces quatre colonnes forment le temple de la Refondation, un ordre permanent contrastant avec le caract&#232;re &#233;ph&#233;m&#232;re des minist&#232;res contraints par une &#233;valuation de leurs resultats dans deux mois. Le Secr&#233;tariat g&#233;n&#233;ral, avec ses directions d&#233;di&#233;es (RH, finances, patrimoine, juridique, SI), marque la reprise en main de toutes les fonctions vitales de l'&#201;tat. Les circuits de d&#233;cision &#8212; budgets, nominations, contr&#244;les &#8212; se referment autour du Palais, renforc&#233;s par une nouvelle Direction des Syst&#232;mes d'Information qui fait de la donn&#233;e une arme de gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Pr&#233;sidence-plateforme et la R&#233;publique de gestion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#201;merge alors une &#8220;Pr&#233;sidence-plateforme&#8221; : une machine &#224; gouverner et &#224; surveiller, &#224; la fois quartier g&#233;n&#233;ral militaire, cellule administrative et agora consultative. C'est une structure hybride con&#231;ue pour absorber les tensions d'un pays fractur&#233;, en canalisant les forces contraires. Le mot &#8220;Refondation&#8221; agit comme un mantra, neutralisant les clivages en promettant de les refa&#231;onner. Le pouvoir ne s'exerce plus &#8220;au nom du peuple&#8221;, mais &#8220;pour la Refondation&#8221;, transformant la transition en un projet moral et le pouvoir en mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re ce mot se cache un projet implicite : transformer la crise politique en une crise de gouvernance, puis en une vaste r&#233;forme administrative. L'objectif est de faire de la Pr&#233;sidence la matrice d'un ordre durable. Le Chef de l'&#201;tat n'est plus un leader politique mais un chef d'op&#233;ration ; la Pr&#233;sidence, un centre de commandement int&#233;gr&#233;. La l&#233;gitimit&#233; est d&#233;plac&#233;e du champ politique vers celui de la comp&#233;tence. On ne g&#232;re plus une vision, on g&#232;re une refondation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une structure &#224; double fond&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette strat&#233;gie est d'autant plus habile qu'elle s'appuie sur une dualit&#233;. &#192; premi&#232;re vue, le gouvernement para&#238;t fragile, compos&#233; de ministres jeunes et parfois improvis&#233;s. Mais derri&#232;re cette vitrine, l'appareil d'&#201;tat est d'une coh&#233;rence glaciale. Ce d&#233;calage est la m&#233;thode : pendant que les civils apprennent, les structures militaires et administratives tiennent les leviers. Trois cercles de pouvoir se dessinent : un noyau militaire rationaliste autour du Pr&#233;sident et des Hauts Conseillers ; un r&#233;seau technico-administratif qui garantit la coh&#233;rence interne ; et un cercle soci&#233;tal symbolique (Conseil Consultatif) qui donne un visage humain &#224; cette machine froide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle Pr&#233;sidence signe le retour de l'&#201;tat dans son sens le plus brut : centralisation, verticalit&#233;, hi&#233;rarchie. La transition militaire se pr&#233;sente comme une th&#233;rapie d'autorit&#233; apr&#232;s le chaos, une p&#233;dagogie de l'ordre. Le pouvoir est exerc&#233; par la technicit&#233;, l'administration par la rationalit&#233;, et la politique est neutralis&#233;e par la proc&#233;dure. La Refondation devient une technocratie d'&#201;tat en treillis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble fonctionne comme un &#201;tat-major civil : un chef supr&#234;me, quatre colonnes de commandement (les Hauts Conseillers), des cellules de support (Secr&#233;tariat g&#233;n&#233;ral), des unit&#233;s op&#233;rationnelles et un cercle de consultation. Cette architecture dense et redondante vise la solidit&#233; plus que la souplesse, une forteresse administrative con&#231;ue pour durer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion : l'&#201;tat qui se refonderait en s'&#233;tendant&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'inflation des effectifs ne serait pas une d&#233;rive ; ce serait un sympt&#244;me. Celui d'une Pr&#233;sidence qui ne gouvernerait plus un &#201;tat, mais qui le recomposerait autour d'elle. Ce qui se jouerait ici, ce ne serait pas une transition, mais une r&#233;&#233;criture de la R&#233;publique : une tentative de refonder l'autorit&#233; par la structure, la confiance par la m&#233;thode, la l&#233;gitimit&#233; par la comp&#233;tence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re la confusion apparente, il y aurait sans doute une vision pr&#233;cise : reprendre la main sur l'appareil d'&#201;tat, le reconstruire depuis le Palais. La Refondation ne serait peut-&#234;tre pas un id&#233;al ; ce serait un dispositif. Mais dans un pays satur&#233; de crises, ce serait d&#233;j&#224; une strat&#233;gie. Et Rawlings au Ghana n'avait pas fait moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout cela, bien s&#251;r, n'est que conjecture pitchboulienne &#8230; En esp&#233;rant toutefois qu'elle rel&#232;ve de la clairvoyance, et non encore d'un p&#233;ch&#233; de mon incorrigible optimisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci &#233;tant, cette analyse a un avantage. Elle apporte un &#233;clairage &#224; la question qui nous taraude depuis le 11 Octobre : a-t-on affaire &#224; un pool d'officiers id&#233;alistes (peut-&#234;tre revanchards) nationalistes port&#233;s par un projet et une vision, ou sommes nous confront&#233;s &#224; un groupe de mercenaires opportunistes ?&lt;br class='autobr' /&gt;
L'avenir nous le dira.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule). 05/11/2025&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11864032566a1cab53adbd90.57140162&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Double nationalit&#233;, d&#233;ch&#233;ance, m&#233;tissage et Diaspora : la Nation face &#224; un miroir</title>
		<link>https://m.madagascar-tribune.com/Double-nationalite-decheance.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://m.madagascar-tribune.com/Double-nationalite-decheance.html</guid>
		<dc:date>2025-10-27T05:51:30Z</dc:date>

      <pubDate>Mon, 27 Oct 2025 08:51:30 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Sp&#233;ciale d&#233;dicace &#224; toutes les mamans gasy de la Diaspora &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;ch&#233;ance de nationalit&#233; du pr&#233;sident Andry Rajoelina marque un tournant majeur de la vie politique malagasy. Elle met non seulement fin &#224; une anomalie juridique &#8212; un chef d'&#201;tat qui a volontairement demand&#233; sa naturalisation fran&#231;aise, devant perdre de ce fait sa nationalit&#233; malgache. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette affaire n'est pas un simple incident administratif. C'est une aberration politique et morale : celle d'un pays d&#233;couvrant que celui qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://m.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L150xH100/logo-7-afbb7.jpg?1761544313' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_19764 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L498xH746/image-7-5704b.jpg?1761528432' width='498' height='746' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sp&#233;ciale d&#233;dicace &#224; toutes les mamans gasy de la Diaspora&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;ch&#233;ance de nationalit&#233; du pr&#233;sident Andry Rajoelina marque un tournant majeur de la vie politique malagasy. Elle met non seulement fin &#224; une anomalie juridique &#8212; un chef d'&#201;tat qui a volontairement demand&#233; sa naturalisation fran&#231;aise, devant perdre de ce fait sa nationalit&#233; malgache.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette affaire n'est pas un simple incident administratif. C'est une aberration politique et morale : celle d'un pays d&#233;couvrant que celui qui incarnait sa souverainet&#233; l'a juridiquement trahie. &#8212; mais elle oblige surtout la nation &#224; se regarder en face : veut-elle se penser comme exclusive ou ouverte ? M&#233;fiante ou confiante envers ses enfants d'ici et d'ailleurs ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une d&#233;ch&#233;ance pour une trahison symbolique opportuniste et ind&#233;cente&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le scandale de la double nationalit&#233; d'Andry Rajoelina ne rel&#232;ve pas d'un hasard, mais d'un choix opportuniste. Il s'agit de la duplicit&#233; d'un dirigeant revendiquant les droits de deux nations tout en exer&#231;ant la plus haute charge d'une seule. Comment repr&#233;senter la Nation sans en faire partie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un peu le capitaine de foot qui arrive sur le terrain en palmes de plong&#233;e : une image d'absurdit&#233; et d'humiliation symbolique. Le peuple n'a plus accept&#233; cette dissociation entre la fonction et l'appartenance. Le slogan &#171; Miala prezida vazaha &#187; a alors r&#233;sonn&#233; comme un cri de mobilisation nationale, sur fond de sentiment anti-imp&#233;rialiste aliment&#233; par le soup&#231;on d'all&#233;geance &#224; reny malala.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;ch&#233;ance : n&#233;cessit&#233; et danger&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce scandale, la d&#233;ch&#233;ance de nationalit&#233; pr&#233;vue par la loi &#233;tait pleinement l&#233;gitime &#8212; et m&#234;me souhaitable. Mais il faut manier cet outil avec la plus grande prudence. Dans les r&#233;gimes fragiles, il devient ais&#233;ment une arme politique. Instrumentalis&#233;, il peut servir &#224; &#233;liminer des opposants sous couvert de patriotisme ; d&#233;tourn&#233; moralement, il alimente la suspicion envers les binationaux, assimil&#233;s &#224; des &#8220;demi-citoyens&#8221;. Mal encadr&#233;, il engendre l'arbitraire et fragilise l'&#201;tat de droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;passant son cadre judiciaire &#8212; fraude ou trahison prouv&#233;e &#8212; la d&#233;ch&#233;ance finit par diviser, discriminer et radicaliser. La citoyennet&#233;, cens&#233;e unir, devient instrument d'exclusion. Et on voit fleurir ici et l&#224; des appels &#224; la d&#233;ch&#233;ance en cha&#238;ne de tous les binationaux. Alors que, on le sait, les nations qui, &#224; l'inverse, ont r&#233;affirm&#233; l'&#233;galit&#233; des appartenances &#8212; du Canada &#224; l'Afrique du Sud ou au Rwanda post-1994 &#8212; ont consolid&#233; leur coh&#233;sion en choisissant la confiance plut&#244;t que la peur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une diaspora qui se m&#233;tisse, miroir de la 19e tribu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est dans la caract&#233;risation de ce que j'appelais la 19&#232;me tribu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;qu'il faut lire les donn&#233;es de l'enqu&#234;te &lt;strong&gt;Diaspora AINGA &amp; AKO&lt;/strong&gt;, men&#233;e par l'IRD dans le cadre du projet TADY avec le soutien de Fact Madagascar. Longtemps per&#231;ue comme p&#233;riph&#233;rique, la diaspora malagasy incarne un visage contemporain de la Nation : jeune, ouverte et profond&#233;ment m&#233;tiss&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats sont &#233;loquents : une grande partie de la deuxi&#232;me g&#233;n&#233;ration se d&#233;finit autant malgache que fran&#231;aise. Et c'est &#233;minemment normal. Cette pluralit&#233; n'est pas une perte, mais une extension vivante de la nation malgache dans le monde. Cette &#8220;dix-neuvi&#232;me tribu&#8221;, celle des malagasy ampielezana, conserve un lien profond avec l'&#238;le :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 70 % envoient r&#233;guli&#232;rement des fonds ou soutiennent des projets de d&#233;veloppement ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 80 % sont pr&#234;ts &#224; partager leurs comp&#233;tences ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la moiti&#233; participe &#224; des associations culturelles ou caritatives.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;tissage, loin d'affaiblir l'identit&#233;, en devient la force. Et non, on est tr&#232;s loin du &#8220;Grand Remplacement&#8221; &#8212; qu'on se rassure. Ce n'est pas parce qu'un C&#233;dric vazaha rainiliainga a perverti l'id&#233;e d'identit&#233; nationale qu'il faut jeter tous les binationaux avec l'eau du bain.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le m&#233;tissage en horizon d'avenir ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Vouloir une identit&#233; &#8220;pure&#8221;, c'est ignorer la nature m&#234;me de Madagascar : un carrefour de peuples, de langues et de cultures depuis mille ans. La grandeur d'une nation ne r&#233;side pas dans la fermeture, mais dans sa capacit&#233; &#224; transformer l'alt&#233;rit&#233; en &#233;nergie commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Franco-Malgaches ne sont pas des &#8220;&#233;trangers privil&#233;gi&#233;s&#8221;, mais des vecteurs d'enrichissement r&#233;ciproque. Leurs exp&#233;riences, leurs r&#233;seaux et leur double culture sont des leviers de d&#233;veloppement et de diplomatie. Leur m&#233;tissage linguistique et professionnel constitue un atout strat&#233;gique dans un monde o&#249; la diversit&#233; fait la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enqu&#234;te AINGA le souligne : une int&#233;gration r&#233;ussie de la diaspora doublerait les transferts financiers et renforcerait la confiance envers les institutions. La reconnaissance de cette &#8220;23&#232;me r&#233;gion ext&#233;rieure&#8221; ne fragilise pas la Nation et l'&#201;tat malgache : elle les prolonge.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De la m&#233;fiance &#224; la confiance : revisiter la loyaut&#233; nationale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La crise ouverte par la d&#233;ch&#233;ance du pr&#233;sident offre une occasion rare : repenser le contrat civique. L'enjeu n'est pas d'opposer ouverture et exclusivit&#233;, mais de red&#233;finir ce que signifie &#234;tre Malgache aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loyaut&#233; ne se mesure plus &#224; un passeport, mais &#224; la contribution au destin collectif. &#202;tre Malgache, c'est enseigner, entreprendre, soigner, investir, d&#233;fendre la dignit&#233; du pays &#8212; qu'on vive &#224; Antananarivo, Paris, Montr&#233;al ou Mahajanga. Voil&#224; la v&#233;ritable souverainet&#233; : celle d'un peuple qui se reconna&#238;t dans ses valeurs plus que dans ses fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;ch&#233;ance d'Andry Rajoelina doit servir de le&#231;on, non de mod&#232;le. La trahison n'est pas dans la double appartenance, mais dans le reniement volontaire de son all&#233;geance. La fid&#233;lit&#233;, elle, peut se d&#233;cliner au pluriel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion : reconstruire la Nation en assumant le monde&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'affaire Rajoelina n'a pas seulement r&#233;v&#233;l&#233; une faute individuelle&#8230; Elle a mis &#224; nu une question essentielle : qu'est-ce qu'&#234;tre Malgache ? Parce qu'on ne peut opposer puret&#233; identitaire et ouverture diasporique. L'avenir r&#233;side dans la synth&#232;se de nos origines et de nos horizons : et vivre un pays enracin&#233; dans sa culture mais capable d'embrasser le monde sans se perdre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paradoxe moral est clair : en pr&#233;tendant d&#233;fendre la souverainet&#233; et l'identit&#233;, on risque de diviser la communaut&#233; nationale et d'entretenir la peur de l'alt&#233;rit&#233;. Une nation ne se prot&#232;ge pas en retranchant ses enfants, mais en renfor&#231;ant les liens qui les unissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;ch&#233;ance doit rester exceptionnelle, encadr&#233;e et transparente &#8212; pour corriger l'indignit&#233;, et non pas pour entretenir la m&#233;fiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre &#8220;dix-neuvi&#232;me tribu&#8221;, cette diaspora m&#233;tiss&#233;e, ne menace pas la Nation : elle en est le prolongement. Elle porte la conscience projet&#233;e de Madagascar dans le monde. L'enjeu n'est pas de la contenir, mais de l'int&#233;grer pleinement au r&#233;cit national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nation qui sait accueillir ses enfants d'ailleurs s'assure un avenir chez elle. Pourvu que le plus grand nombre l'entende&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule). 26/10/2025&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11864032566a1cab53adbd90.57140162&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/2019/06/01/23eme-region-ou-19eme-tribu-de-madagascar-la-diaspora/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://madagoravox.com/2019/06/01/23eme-region-ou-19eme-tribu-de-madagascar-la-diaspora/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'arrestation de Ravatomanga, la roue tourne enfin</title>
		<link>https://m.madagascar-tribune.com/L-arrestation-de-Ravatomanga-la.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://m.madagascar-tribune.com/L-arrestation-de-Ravatomanga-la.html</guid>
		<dc:date>2025-10-25T04:25:54Z</dc:date>

      <pubDate>Sat, 25 Oct 2025 07:25:54 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Et d'un !!! &lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re fissure dans ce mur de l'impunit&#233; malagasy vient non pas d'Antananarivo, mais de Port-Louis. Et la temp&#234;te tropicale qui nous int&#233;resse dans l'Oc&#233;an Indien n'est pas Chenge qui approche Madagascar, c'est le cyclone Rableu qui nait &#224; Maurice. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mamy Ravatomanga, ce magnat r&#233;put&#233; intouchable, omnipr&#233;sent m&#233;c&#232;ne et mentor jusqu'il y a peu du r&#233;gime Rajoelina, a &#233;t&#233; interpell&#233; par la Financial Crimes Commission mauricienne. YESSS !!! Motif : soup&#231;ons de blanchiment. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://m.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L150xH100/logo_pitchboule-3081a.jpg?1761366373' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_19759 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L424xH424/image-6-0d303.jpg?1761336174' width='424' height='424' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et d'un !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re fissure dans ce mur de l'impunit&#233; malagasy vient non pas d'Antananarivo, mais de Port-Louis. Et la temp&#234;te tropicale qui nous int&#233;resse dans l'Oc&#233;an Indien n'est pas Chenge qui approche Madagascar, c'est le cyclone Rableu qui nait &#224; Maurice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mamy Ravatomanga, ce magnat r&#233;put&#233; intouchable, omnipr&#233;sent m&#233;c&#232;ne et mentor jusqu'il y a peu du r&#233;gime Rajoelina, a &#233;t&#233; interpell&#233; par la &lt;i&gt;Financial Crimes Commission&lt;/i&gt; mauricienne. YESSS !!! Motif : soup&#231;ons de blanchiment. R&#233;sultat : un s&#233;isme, un souffle d'air neuf qui pourrait prendre l'allure d'un tsunami dans une R&#233;publique trop longtemps asphyxi&#233;e par ses propres silences et ses compromis en forme de compromissions&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est peu dire que l'&#233;v&#233;nement r&#233;jouit (RE YESSS !!!) &#8230; Et qu'il ranime un espoir presque oubli&#233; : celui de voir, enfin, un &#8220;intouchable&#8221; confront&#233; &#224; la rigueur d'une proc&#233;dure judiciaire. Depuis des lustres, que dis-je depuis une &#233;ternit&#233; &#224; Madagascar, les grands et gros poissons passent entre les mailles pendant que les lampistes remplissent les prisons. C'est d'ailleurs un grand et myst&#233;rieux savoir-faire malagasy : faire des filets qui ne gardent que le menu fretin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les procureurs se taisent. Les dossiers s'empilent, avec une certaine propension &#224; faire curieusement descendre en bas de la pile les gros scandales qu'on oublie. Et Bing &#8230; voil&#224; qu'un jet priv&#233; et des comptes troubles viennent, d'une &#238;le voisine, rappeler &#224; tout le monde qu'un jour ou l'autre, la roue tourne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arrestation d'un homme de cette stature, dans un syst&#232;me o&#249; l'argent et le pouvoir politique se confondent depuis trop longtemps, a valeur d'&#233;lectrochoc. Et le fait que cette arrestation ait eu lieu hors du territoire national ne change rien &#8212; au contraire. C'est la preuve que la justice, quand elle le veut, peut s'abstraire des fronti&#232;res et faire tomber les masques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ravatomanga n'est pas un simple &#8220;homme d'affaires&#8221;. C'est le pilier &#233;conomique du r&#233;gime, le financier des campagnes, le propri&#233;taire des m&#233;dias, l'ombre port&#233;e de l'&#201;tat. Le symbole d'un syst&#232;me o&#249; les affaires se font et se d&#233;font autour du pouvoir, o&#249; l'&#201;tat s'est privatis&#233; &#224; mesure de l'effacement de la morale publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le voir arr&#234;t&#233;, m&#234;me provisoirement, c'est un peu comme voir le volcan de l'impunit&#233; enfin fumer. &#171; Ca va leur p&#8230; &#224; la g&#8230; YESS Encore &#187;. Et cette fum&#233;e, disons-le, a une odeur grisante : celle d'une justice qui ose&#8230; Et celle d'une peur qui va peut-&#234;tre changer de camp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le plaisir et l'&#233;motion pass&#233;s, vient le temps des questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que si cette arrestation a valeur de symbole, elle doit interroger tout autant qu'elle rassure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord sur sa port&#233;e r&#233;elle : s'agit-il du premier acte d'un grand m&#233;nage ou d'un simple &#233;pisode, calibr&#233; pour calmer l'opinion ? Les observateurs avertis savent que les &#8220;affaires&#8221; malgaches ne sont jamais isol&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ravatomanga, c'est un n&#339;ud de relations, un centre de gravit&#233; reliant politiques, militaires et entrepreneurs de l'ombre. Son nom revient dans les dossiers de march&#233;s publics, d'importations opaques, de financements politiques. Le toucher, c'est in&#233;vitablement toucher les &#233;quilibres du syst&#232;me Rajoelina.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi toucher &#224; des accointances dans les cercles militaires qui, quand l'un contr&#244;lait les sous, les autres contr&#244;laient la force &#8230; Ce contr&#244;le a peut-&#234;tre laiss&#233; voir ses limites&#8230; Mais sait on jamais &#8230; On a vu, et pas seulement dans les films noirs am&#233;ricains, des parrains mafieux tirer les ficelles de leurs r&#233;seaux depuis leur cellule dor&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sur le plan diplomatique, l'affaire ouvre aussi des perspectives in&#233;dites.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#238;le Maurice n'agit pas en &#233;lectron libre : pour qu'une telle arrestation se produise, il fallait probablement des signaux, des coop&#233;rations, peut-&#234;tre m&#234;me des pressions. Difficile d'imaginer la FCC lancer une telle op&#233;ration sans coordination avec des partenaires internationaux &#8212; Union europ&#233;enne, &#201;tats-Unis &#8230; le Royaume Uni qui a encore en travers de la gorge l'affaire Romy Voos &#8230; Et dont l'ambassadeur vient si justement rappeler l'attachement du Royaume d'Angleterre &#224; la lutte contre la corruption&#8230; Ou tout simplement Paris dont ne sait absolument plus d&#233;crypter le jeu trouble dans son &#171; je t'aime moi non plus &#187; avec les Rajoelina, Ravatomanga et autres op&#233;rateurs Karana ou pas &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a peut-&#234;tre l&#224; un message plus large, un avertissement discret adress&#233; aux &#233;lites malgaches : &lt;i&gt;la complaisance r&#233;gionale a des limites&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mais attention.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le risque inverse serait de transformer cette bouff&#233;e d'air frais de justice en une naus&#233;abonde et aveugle &lt;strong&gt;chasse aux sorci&#232;res&lt;/strong&gt;..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que les chaines de corruption &#224; la Ravatomanga ne sont pas des &#233;difices dont il suffirait de d&#233;truire le sommet : c'est chaine de valeurs (de non valeurs ?), une chaine de corruption qui traverse toute l'&#233;chelle sociale &#8230; C'est une liane parasite qui s'est accroch&#233;e et d&#233;velopp&#233;e des racines au sommet de l'arbre&#8230; Du sommet de l'&#201;tat jusqu'aux guichets les plus ordinaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;seaux de Ravatomanga &#8212; ses march&#233;s, ses commissions, ses client&#232;les &#8212; traversent toutes les cat&#233;gories sociales. Des ministres jusqu'aux petites mains des administrations locales, beaucoup ont profit&#233;, cautionn&#233;, ou simplement surv&#233;cu en fermant les yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire tomber un homme sans questionner la structure reviendrait &#224; repeindre la fa&#231;ade d'un b&#226;timent dont les fondations pourrissent. Ca on sait faire. Il suffit de la visite d'une personnalit&#233; pour passer un petit coup de cosm&#233;tique et laisser les choses pourrir en dessous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette affaire devrait servir &lt;strong&gt;d'exemple &#233;ducatif&lt;/strong&gt;, pas de d&#233;fouloir collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu n'est pas de &#8220;faire payer&#8221; mais de comprendre comment un pays tout entier s'est habitu&#233; &#224; l'opacit&#233;. Une justice stupidement et aveuglement vengeresse serait aussi st&#233;rile que l'impunit&#233; qu'elle pr&#233;tend remplacer. La vraie victoire serait que cette arrestation d&#233;clenche un vrai sursaut moral &#8212; dans les administrations, dans les entreprises, et surtout dans les consciences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arrestation de Mamy Ravatomanga ne suffira pas &#224; purifier le syst&#232;me, mais elle l'&#233;branle. Elle &#233;veille ce m&#233;lange de jubilation et de prudence, d'espoir&#8230; Et de m&#233;fiance et de crainte. Mais pour une fois, oui, on peut sourire. RE RE YESSS ENCORE UNE FOIS &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'un symbole vient de s'effondrer. Parce que la peur a chang&#233; de camp. C'est peut-&#234;tre le premier gros domino qui vient de tomber. Il aura peut-&#234;tre des choses &#224; n&#233;gocier quant &#224; d&#233;s&#233;quilibrer les autres dominos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'un. Qu'il y en ait d'autres &#8212; mais cette fois, avec discernement, justice, et lucidit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ET ENCORE MERCI A LA JEUNESSE DE NOUS AVOIR OFFERT CE PLAISIR&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19760 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L267xH149/image-5-99b54.jpg?1761336174' width='267' height='149' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule). 24/10/2025&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11864032566a1cab53adbd90.57140162&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;cerise sur le g&#226;teau, je viens de lire la nouvelle de la d&#233;ch&#233;ance de nationalit&#233; de C&#233;dric. YES !!!&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Les chasse-neiges sib&#233;riens et les illusions tropicales</title>
		<link>https://m.madagascar-tribune.com/Les-chasse-neiges-siberiens-et-les.html</link>
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		<dc:date>2025-10-22T05:09:48Z</dc:date>

      <pubDate>Wed, 22 Oct 2025 08:09:48 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Quand j'ai vu arriver les hommes en treillis sur la place du 13 mai, j'ai eu, comme tout le monde, un &#233;lan d'enthousiasme et de soulagement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais deux jours apr&#232;s la chute d'Andry Rajoelina, la Russie, par la voix de son ambassadeur Andrey Andreev, proposait d&#233;j&#224; au CNDT un partenariat &#171; s&#233;curit&#233;, &#233;conomie, formation &#187;. Et ce 21 octobre 2025, le m&#234;me Andreev rencontre le pr&#233;sident de transition Micha&#235;l Randrianirina pour pr&#233;parer un accord-cadre de s&#233;curit&#233; r&#233;gionale dans l'oc&#233;an Indien&#8230; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://m.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_19733 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH333/image-4-40785.jpg?1761187016' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quand j'ai vu arriver les hommes en treillis sur la place du 13 mai, j'ai eu, comme tout le monde, un &#233;lan d'enthousiasme et de soulagement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais deux jours apr&#232;s la chute d'Andry Rajoelina, la Russie, par la voix de son ambassadeur Andrey Andreev, proposait d&#233;j&#224; au CNDT un partenariat &#171; s&#233;curit&#233;, &#233;conomie, formation &#187;. Et ce 21 octobre 2025, le m&#234;me Andreev rencontre le pr&#233;sident de transition Micha&#235;l Randrianirina pour pr&#233;parer un accord-cadre de s&#233;curit&#233; r&#233;gionale dans l'oc&#233;an Indien&#8230; Sur le mod&#232;le du Sahel. A&#239;e &#8230; Colonels+Russie+Mod&#232;le AES, mariage dangereux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ironie de l'histoire : en 2009, c'&#233;tait Jean-Marc Chataignier, ambassadeur de France, qui venait serrer la main d'un Rajoelina tout fra&#238;chement putschiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on a de la m&#233;moire : dans les ann&#233;es 1970 (oui je sais, je suis hasbeen), lors du virage socialiste, les Sovi&#233;tiques avaient fourni &#224; Madagascar au titre de l'aide technique et de la coop&#233;ration socialiste, dans le cadre des accords bilat&#233;raux sign&#233;s entre Antananarivo et Moscou &#8230; &lt;strong&gt;de vrais chasse-neiges&lt;/strong&gt; ! On affirmait qu'ils pouvaient &#234;tre reconvertis en tracteurs pour la r&#233;volution agricole. Symbole d'une aide plus id&#233;ologique que sinc&#232;re : l'affichage d'une amiti&#233; politique l'emportait sur les besoins r&#233;els. Mais c'&#233;tait aussi l'expression d'un insoutenable m&#233;pris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinquante ans plus tard, &#224; l'heure o&#249; un discours de rapprochement avec Moscou refait surface, l'anecdote m&#233;rite d'&#234;tre rappel&#233;e : les grandes puissances ne reviennent jamais par g&#233;n&#233;rosit&#233;. Et surtout pas celle-l&#224; qui signe en cyrillique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le retour m&#233;thodique de l'influence russe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis trois ans, la Russie r&#233;investit l'Afrique avec une strat&#233;gie limpide : occuper l'espace laiss&#233; vide par la France et les &#201;tats-Unis, s'appuyer sur des r&#233;gimes fragiles et obtenir en retour des positions &#233;conomiques et militaires. Le sch&#233;ma est r&#244;d&#233; : propagande anti-occidentale, d&#233;stabilisation, soutien aux putschistes, accords miniers, puis contr&#244;le de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Centrafrique, Mali, Burkina Faso, Niger : quatre laboratoires du mod&#232;le.Madagascar n'en fait pas encore partie, mais les signaux de rapprochement se multiplient : d&#233;l&#233;gations, discours, promesses de &#171; coop&#233;ration &#233;quilibr&#233;e &#187;. Et toujours, la rengaine : &#171; accords de s&#233;curit&#233; &#187;. Contre qui doit on se prot&#233;ger au fait ? Ah oui, j'oubliais les conflits des Eparses&#8230; :-/&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience sah&#233;lienne montre surtout qu'&#224; ces slogans succ&#232;dent d&#233;pendance, opacit&#233; et recul institutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mirage de l'AES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Alliance des &#201;tats du Sahel (AES) se pr&#233;sente comme un rempart contre la domination occidentale ; c'est surtout une bou&#233;e pour des r&#233;gimes militaires isol&#233;s. Au Mali, la pr&#233;sence du groupe Wagner n'a pas ramen&#233; la s&#233;curit&#233; ; au Burkina, le territoire reste morcel&#233; ; au Niger, la rupture avec les partenaires a paralys&#233; une &#233;conomie d&#233;j&#224; exsangue. Aucune souverainet&#233; nouvelle n'en est sortie : seulement un changement de tutelle encore plus vampirisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les erreurs fran&#231;aises, facteur aggravant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la Russie s'infiltre, c'est aussi parce que la France a perdu le fil. Les maladresses (je reste poli) de Macron l'ont illustr&#233; : sa sortie sur l'exfiltration de Rajoelina fut un mod&#232;le d'impr&#233;paration. Entre sa main gauche qui invoque la Constitution et la droite qui salue &#171; la jeunesse admirable &#187;, la France r&#233;ussit &#224; se d&#233;cr&#233;dibiliser toute seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps per&#231;ue comme arrogante, elle n'a pas su transformer son histoire en partenariat de confiance. &#192; force d'osciller entre ing&#233;rence et inertie, elle a fini par perdre son auditoire. D&#233;fendre la stabilit&#233; des r&#233;gimes plut&#244;t que la l&#233;gitimit&#233; des peuples est un pari perdant. La France ne perd pas Madagascar parce que la Russie la conquiert ; elle la perd parce qu'elle n'&#233;coute pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les pr&#233;c&#233;dents oubli&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapprochement avec l'URSS sous Ratsiraka devait industrialiser, m&#233;caniser, planifier. Il a surtout import&#233; des mod&#232;les sans adaptation. Les chasse-neiges sib&#233;riens cens&#233;s labourer les rizi&#232;res, les MIG-21 sans pilotes, sans moyens d'entretien, les usines fant&#244;mes : tout y &#233;tait. Pourtant les chenilles des engins de Sib&#233;rie &#233;taient parfaitement adapt&#233;es aux sols et aux rizi&#232;res de l'&#238;le rouge&#8230; Non&#8230; J'ironise (jaune).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ratsiraka voulait des symboles ; il les a eus &#8212; mais d&#233;coup&#233;s ensuite au chalumeau. Il n'a pas eu l'id&#233;e du t&#233;l&#233;ph&#233;rique, lui. Sous couvert d'ind&#233;pendance, nous avons surtout accru notre d&#233;pendance : technique, financi&#232;re, id&#233;ologique. Le parall&#232;le avec le Sahel est frappant : posture politique d'abord, strat&#233;gie de d&#233;veloppement ensuite (quand il en reste).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les nouveaux app&#233;tits miniers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Russes d'aujourd'hui s'int&#233;ressent moins &#224; la fraternit&#233; qu'aux ressources : nickel, cobalt, graphite, or, uranium&#8230; Chrome &#224; Madagascar. Moscou s'impose comme acteur extractif majeur du continent : Lukoil, Gazprom, Rosneft, Alrosa, Nordgold, Rostec, Rosatom&#8230; Avec leur mod&#232;le : &#171; &lt;strong&gt;s&#233;curit&#233; contre ressources&lt;/strong&gt; &#187;. S&#233;curit&#233; contre qui d&#233;j&#224; ? Ah oui, les ennemis internes &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces paramilitaires d'&lt;strong&gt;Africa Corps&lt;/strong&gt; remplacent Wagner pour s&#233;curiser r&#233;gimes et sites au Mali, en Centrafrique, au Burkina. Parall&#232;lement, la Russie m&#232;ne une diplomatie alimentaire et &#233;nerg&#233;tique : bl&#233;, engrais, m&#233;taux critiques de la transition &#233;nerg&#233;tique &#8230; Qui pourraient &#234;tre les m&#233;taux critiques de notre transition politique. Objectif : contourner les sanctions, p&#233;renniser sa pr&#233;sence et rallier un bloc africain au BRICS+.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les illusions de la rupture&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Critiquer la Fran&#231;afrique est sain &#8230; Bien que le concept et le vocables largement utilis&#233;s par des sp&#233;cialistes de la mobilisation et de la col&#232;re des foules, soient compl&#232;tement d&#233;tourn&#233;s de leur signification premi&#232;re&#8230; Mais croire qu'il suffit de changer d'alli&#233; pour &#234;tre libre rel&#232;ve de la fable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'anti-occidentalisme de fa&#231;ade ne fait pas une politique &#233;trang&#232;re. Les alliances dict&#233;es par le ressentiment produisent rarement autre chose que de nouvelles d&#233;pendances. La v&#233;ritable ind&#233;pendance repose sur la comp&#233;tence, la transparence et la vision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes Malgaches qui r&#233;clament des services publics n'attendent ni Moscou ni Paris : ils veulent un &#201;tat capable de d&#233;cider et de rendre des comptes. C'est l&#224; que se joue la souverainet&#233; &#8212; dans la gouvernance, pas dans les slogans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une diplomatie &#224; reconstruire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madagascar doit refonder sa politique ext&#233;rieure autour de trois mots : clart&#233;, r&#233;ciprocit&#233;, coh&#233;rence. Clart&#233; : savoir ce qu'on veut avant de signer. R&#233;ciprocit&#233; : exiger des accords &#233;quilibr&#233;s et v&#233;rifiables. Coh&#233;rence : ne pas confondre opportunit&#233; diplomatique et alignement id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diversifier nos partenaires est l&#233;gitime ; r&#233;p&#233;ter les d&#233;pendances du pass&#233; serait suicidaire. Les chasse-neiges, les MIG et les t&#233;l&#233;ph&#233;riques rappellent le prix des choix faits sans lucidit&#233;&#8230; ou sans courage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une le&#231;on de r&#233;alisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madagascar n'a pas vocation &#224; devenir un nouveau laboratoire g&#233;opolitique. Tout au moins pas dans ce sens. Le pays a besoin de stabilit&#233;, de comp&#233;tences, et d'investissements utiles. Les grandes puissances doivent &#234;tre des partenaires, pas des tuteurs &#8212; et encore moins des sangsues. On a d&#233;j&#224; donn&#233;, merci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diplomatie malgache doit redevenir un instrument de d&#233;veloppement, non une vitrine d'ego politiques. Le vrai danger, c'est la pr&#233;cipitation : un pouvoir stress&#233; pris entre le marteau des sanctions et l'enclume d'un peuple &#233;puis&#233; risque de c&#233;der aux sir&#232;nes faciles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ind&#233;pendance ne s'affirme pas &lt;strong&gt;contre&lt;/strong&gt; quelqu'un, mais &lt;strong&gt;pour&lt;/strong&gt; quelque chose : la capacit&#233; d'un &#201;tat &#224; d&#233;cider, produire et prot&#233;ger. Voil&#224; le principe qui devrait guider nos n&#233;gociations, qu'elles aient lieu &#224; Paris, P&#233;kin ou Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les maladresses (je reste poli) fran&#231;aises ont pr&#233;par&#233; le terrain ; les ambitions russes s'y engouffrent. D'autres ; pas moins opaques, vont s'y engouffrer. Mais la responsabilit&#233; ultime appartient aux malagasy : celle de ne pas r&#233;p&#233;ter les erreurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chasse-neiges des ann&#233;es 70 et le t&#233;l&#233;ph&#233;rique de 2025 ne sont pas que des aberrations techniques : ce sont les symboles d'une c&#233;cit&#233; politique face au cynisme des puissances. La Russie, &#224; peine moins que la France dans son attitude r&#233;cente, n'a pas donn&#233; la preuve d'un grand respect pour ses interlocuteurs. Il ne faut oublier ni les MIGs, ni les chasse-neiges, ni le Sahel de l'AES&#8230; et ses colonels&#8230;.Ni les t&#233;l&#233;ph&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; le pays cherche sa voie, souvenons-nous : la souverainet&#233; n'est pas un alignement, mais une lucidit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19732 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH324/mig-21-maf1-24bfc.jpg?1761109844' width='500' height='324' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule). 21/10/2025&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11864032566a1cab53adbd90.57140162&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Transition politique &#224; Madagascar : deux ans pour restaurer la l&#233;gitimit&#233; par la justice</title>
		<link>https://m.madagascar-tribune.com/Transition-politique-a-Madagascar.html</link>
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		<dc:date>2025-10-20T04:38:39Z</dc:date>

      <pubDate>Mon, 20 Oct 2025 07:38:39 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;J'&#233;crivais il y a (d&#233;j&#224; !) 13 ans &#171; [&#8230;] cette transition n'est pas la premi&#232;re que vit le pays &#8230; 1960, 1972, 1975, 1991, 2002 &#8230; Si on ne bat pas un record l&#224;, on ne doit pas en &#234;tre bien loin &#8230; Le pays vit des crises &#224; r&#233;p&#233;tition, c'est une LaPalissade. Mais, justement, n'est-il pas int&#233;ressant de s'attacher non pas aux crises elles-m&#234;mes, mais &#224; ces p&#233;riodes de transition manqu&#233;es, &#224; leurs dynamiques propres et aux processus inaboutis qui auraient th&#233;oriquement d&#251; r&#233;soudre le probl&#232;me de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://m.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_19718 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L336xH505/image-3-2-c88c0.jpg?1761187048' width='336' height='505' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;crivais il y a (d&#233;j&#224; !) 13 ans&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#171; [&#8230;] &lt;i&gt;cette transition n'est pas la premi&#232;re que vit le pays &#8230; 1960, 1972, 1975, 1991, 2002 &#8230; Si on ne bat pas un record l&#224;, on ne doit pas en &#234;tre bien loin &#8230; Le pays vit des crises &#224; r&#233;p&#233;tition, c'est une LaPalissade. Mais, justement, n'est-il pas int&#233;ressant de s'attacher non pas aux crises elles-m&#234;mes, mais &#224; ces p&#233;riodes de transition manqu&#233;es, &#224; leurs dynamiques propres et aux processus inaboutis qui auraient th&#233;oriquement d&#251; r&#233;soudre le probl&#232;me de la d&#233;mocratisation du pays&lt;/i&gt; &#187;&#8230; Et si on rajoute d&#233;sormais &#224; cette &#233;num&#233;ration 2009, 2025 &#8230; La question se pose donc de mani&#232;re encore plus aig&#252;e&#8230; Parce qu'aucune des transitions politiques successives n'a permis de restaurer la confiance entre l'Etat et les citoyens. Le mot &lt;i&gt;transition &lt;/i&gt; s'est us&#233; &#224; force d'&#234;tre invoqu&#233; sans jamais produire de rupture r&#233;elle avec les pratiques du pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte qu'un ami m'&#233;non&#231;ait : &#171; &lt;i&gt;Une transition de deux ans n'est pas cr&#233;dible, sauf si nous organisons une justice transitionnelle pendant la transition politique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette affirmation, d'apparence technique, pose une question centrale : comment redonner sens &#224; une p&#233;riode d'exception sans qu'elle ne se transforme en une nouvelle parenth&#232;se de consolidation pour les forces d&#233;j&#224; en place ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse tient dans un postulat simple en forme de rappel : la justice est le fondement de toute l&#233;gitimit&#233; politique durable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La transition : un outil exceptionnel qui exige un contrat moral&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une transition n'est pas un r&#233;gime de gouvernement ordinaire. Il s'agit d'un moment d'exception qui doit r&#233;parer une rupture de l'ordre constitutionnel et &#224; pr&#233;parer le retour &#224; la l&#233;galit&#233; r&#233;publicaine&#8230; ET &#224; la l&#233;gitimit&#233; du pouvoir&#8230; Mais cette r&#233;paration ne peut &#234;tre seulement institutionnelle. Elle doit &#234;tre &#233;galement morale et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas pr&#233;sent, la &lt;i&gt;Charte de Transition de la R&#233;publique&lt;/i&gt; adopt&#233;e par le Conseil de D&#233;fense Nationale de Transition (CDNT) semble fixer des principes : restauration de l'&#233;thique publique, refondation de l'&#201;tat, r&#233;conciliation nationale, retour &#224; la l&#233;galit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ici la dur&#233;e envisag&#233;e de vingt-quatre mois, possiblement renouvelable une fois, ne peut &#234;tre justifi&#233;e que si elle s'accompagne d'un engagement ferme &#224; rendre compte des d&#233;rives du pass&#233;&#8230; Et &#224; pr&#233;venir leur r&#233;p&#233;tition. Si c'est pour laisser le champ d&#233;vast&#233; dans le m&#234;me &#233;tat, autant rendre la main sous 60 jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps de la transition ne doit pas se mesurer en mois, mais en sinc&#233;rit&#233;. Deux ans peuvent suffire &#224; condition que chaque jour soit consacr&#233; &#224; r&#233;tablir la confiance du peuple dans l'&#201;tat &#8230; Donc &#224; r&#233;habiliter les institutions &#8230; Donc &#224; restaurer la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La justice transitionnelle : un instrument de v&#233;rit&#233; et de refondation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;justice transitionnelle&lt;/i&gt; n'a pas pour vocation de punir syst&#233;matiquement. Elle n'a pas vocation &#224; venger. Dieu nous garde de r&#233;inventer la Terreur &#224; la malagasy et ses horreurs&#8230; La justice transitionnelle vise &#224; &#233;tablir la v&#233;rit&#233;, &#224; reconna&#238;tre les torts, &#224; r&#233;parer les victimes &#8230; Et veut garantir qu'on ne r&#233;p&#232;te plus ces d&#233;rives et ces abus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle devrait se d&#233;ployer &#224; travers plusieurs leviers : a) la mise en place de commissions v&#233;rit&#233; et r&#233;conciliation (&lt;i&gt;&#171; encore !!! &#187; diront justement certains&#8230; Mais que celles-ci soient effectivement mises en place et en op&#233;rantes&lt;/i&gt;) b) l'ouverture des archives politiques et militaires, c) la reconnaissance publique des violations des droits fondamentaux et d) la r&#233;forme des institutions judiciaires et s&#233;curitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre contexte malagasy, cette d&#233;marche est incontournable. Les crises de 1972, 1991, 2002, 2009 et 2025 ont toutes en commun un encha&#238;nement de violations des droits humains, de manipulations institutionnelles et de compromissions entre &#233;lites politiques, militaires et &#233;conomiques, qui elles-m&#234;mes ont fait suite &#224; des logiques de spoliation, de corruption, de n&#233;potisme et autres collusions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les alliances bleues symbolisent ce m&#233;lange des sph&#232;res de pouvoir o&#249; se sont confondues autorit&#233; politique, force arm&#233;e et int&#233;r&#234;t priv&#233;. Ce sont ces interconnexions, souvent &#233;voqu&#233;es, parfois fantasm&#233;es mais jamais &#233;lucid&#233;es qui nourrissent ce sentiment d'impunit&#233;. Sentiment d'impunit&#233; qui mine la cr&#233;dibilit&#233; de tout processus dit de transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette commission ind&#233;pendante v&#233;rit&#233; et justice devrait donc &#234;tre institu&#233;e d&#232;s le d&#233;but de la p&#233;riode transitoire. Sa mission ne serait pas de juger en lieu et place des tribunaux, mais de produire un r&#233;cit officiel, document&#233;, des d&#233;rives du pass&#233; et de formuler des recommandations contraignantes pour la r&#233;forme des institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cit qui servira de socle, ENFIN, &#224; la construction d'une Histoire accept&#233;e par tous&#8230; Et d'une Nation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La v&#233;rit&#233; comme condition de la r&#233;conciliation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Charte de Transition &#233;voque la &lt;i&gt;r&#233;conciliation nationale&lt;/i&gt; comme objectif central, mais sans en pr&#233;ciser les instruments. Cette r&#233;conciliation ne peut &#234;tre d&#233;cr&#233;t&#233;e. Elle suppose la reconnaissance de la v&#233;rit&#233; et l'engagement la r&#233;paration des injustices. Elle ne serait, sinon, qu'un nouvel artifice politique : une amnistie de fait qui efface les fautes sans corriger les causes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les transitions pr&#233;c&#233;dentes ont peut-&#234;tre &#233;chou&#233; pour cette raison : certains ont confondu RECONCILIATION et OUBLI (commode). En 2009, la HAT avait d&#233;j&#224; promis la moralisation de la vie publique et la justice pour les victimes. A-t-on vu autre chose que de l'engagement purement et idiotement symbolique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les acteurs responsables des pr&#233;c&#233;dentes d&#233;rives institutionnelles n'ont-ils pas &#233;t&#233; jusqu'ici (r&#233;)int&#233;gr&#233;s dans le syst&#232;me politique sans avoir &#224; rendre de comptes. Ce processus mortif&#232;re alimente le scepticisme populaire et d&#233;cr&#233;dibilise les institutions qui seront issues des prochaines &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;conciliation durable repose de fait sur un diagnostic partag&#233; du pass&#233;. Cela implique de rendre visibles les responsabilit&#233;s : celles des dirigeants, des forces justice et de s&#233;curit&#233;, mais aussi des r&#233;seaux &#233;conomiques qui ont profit&#233; du chaos (KO ?) de l'&#201;tat. Sans cette mise &#224; plat on ne fera que pr&#233;parer la prochaine crise. En particulier si la transition ne garantit pas a minima sa transparence, son ind&#233;pendance et sa capacit&#233; &#224; la reddition des comptes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces garanties constituent le socle d'un &#201;tat transitoire l&#233;gitime. Elles traduiront la volont&#233; ou non de substituer d'une part la redevabilit&#233; &#224; la Nation &#224; la personnalisation du pouvoir et, d'autre part, la transparence &#224; la connivence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ici, les enjeux d'ind&#233;pendance en termes d'organes de justice transitionnelle sont essentiels. Ces organes doivent &#234;tre compos&#233;s de personnalit&#233;s reconnues pour leur int&#233;grit&#233; et non affili&#233;es &#224; des partis ou des institutions militaires. La pr&#233;sence d'experts &#233;trangers ou d'observateurs r&#233;gionaux pourrait id&#233;alement renforcer cette cr&#233;dibilit&#233;, sans qu'elle puisse pour autant porter atteinte &#224; la souverainet&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La transition, un temps limit&#233; pour une &#339;uvre durable&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Deux ans peuvent para&#238;tre courts pour reconstruire un &#201;tat. Mais 730 jours para&#238;tront longs pour une population qui attend d&#233;sormais des r&#233;sultats tangibles. L'enjeu n'est donc pas la dur&#233;e, mais la clart&#233; des priorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;tablir la justice et la v&#233;rit&#233; historique &#224; travers une commission nationale ind&#233;pendante, r&#233;former les institutions garantes de la d&#233;mocratie, pr&#233;parer des &#233;lections inclusives et cr&#233;dibles sont trois chantiers prioritaires de la transition qui se met en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute autre ambition &#8211; au-del&#224; des logiques de redressement &#233;conomique et d'actions sociales imm&#233;diates &#8211; que seraient la r&#233;daction pr&#233;cipit&#233;e d'une nouvelle Constitution, la multiplication des minist&#232;res, ou la recherche de consensus artificiels &#8212;diluerait la mission premi&#232;re de la transition : rendre l'&#201;tat &#224; la Nation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La justice comme condition de la l&#233;gitimit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La transition ne sera jug&#233;e que sur un seul crit&#232;re : aura-t-elle restaur&#233; la confiance des Malagasy dans leurs institutions ? Cette confiance ne na&#238;tra ni de promesses, ni de discours, mais de la conviction que nul n'est au-dessus de la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organiser une justice transitionnelle n'est pas un luxe acad&#233;mique, c'est une exigence politique et historique. Elle seule permettra d'interrompre le cycle des crises, d'assainir la vie publique et de rendre aux citoyens le sentiment que la R&#233;publique existe encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans de transition ne seront cr&#233;dibles que s'ils sont deux ans de v&#233;rit&#233;, de justice et de r&#233;forme. Sans cela, la p&#233;riode ne fera que reproduire l'histoire d'une R&#233;publique suspendue, incapable de se juger pour mieux rena&#238;tre. La justice n'est pas un volet secondaire du processus politique : elle en est le c&#339;ur, la condition de l&#233;gitimit&#233; et la seule promesse que la transition puisse tenir envers le peuple malagasy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) 18/10/25&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11864032566a1cab53adbd90.57140162&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/2012/01/09/50-ans-de-transition-1ere-partie/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://madagoravox.com/2012/01/09/50-ans-de-transition-1ere-partie/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'impasse absolue&#8230; Il doit partir</title>
		<link>https://m.madagascar-tribune.com/L-impasse-absolue-Il-doit-partir.html</link>
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		<dc:date>2025-10-10T05:22:46Z</dc:date>

      <pubDate>Fri, 10 Oct 2025 08:22:46 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il a cru que le peuple l'aimait &lt;br class='autobr' /&gt;
Il a cru que le peuple l'aimait. Parce qu'il lui offrait du riz, de l'huile et des lampes solaires. Parce qu'il pensait qu'un concert ou un t-shirt valaient bulletin de confiance. Parce qu'il confondait assistance et adh&#233;sion. Il s'est convaincu que quelques distributions suffiraient &#224; calmer la faim&#8230; Et &#224; &#233;teindre les frustrations &#8230; &#171; le malagasy n'est pas pauvre&#8230; Il ne mange pas de caviar, mais il est heureux &#187; , disait-il &#224; un m&#233;dia &#233;tranger. Il a cru (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://m.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_19653 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L352xH350/edito-3-96658.jpg?1761187048' width='352' height='350' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il a cru que le peuple l'aimait&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a cru que le peuple l'aimait. Parce qu'il lui offrait du riz, de l'huile et des lampes solaires. Parce qu'il pensait qu'un concert ou un t-shirt valaient bulletin de confiance. Parce qu'il confondait assistance et adh&#233;sion. Il s'est convaincu que quelques distributions suffiraient &#224; calmer la faim&#8230; Et &#224; &#233;teindre les frustrations &#8230; &#171; le malagasy n'est pas pauvre&#8230; Il ne mange pas de caviar, mais il est heureux &#187; , disait-il &#224; un m&#233;dia &#233;tranger. Il a cru que le peuple &#233;tait na&#239;f. Il n'a pas compris que, si une petite partie de ce peuple pouvait lui rester acquise par une visc&#233;rale fid&#233;lit&#233; endog&#232;ne, la plus grande partie attendait son heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Acheter la paix, louer la loyaut&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a cru qu'en payant, il pouvait se s&#233;curiser. Des enveloppes de 500 000 ar pour les forces de l'ordre, des primes pour les cadres, des postes pour les fid&#232;les. Tout s'est achet&#233;, tout s'est n&#233;goci&#233;. Jusqu'&#224; la loyaut&#233;. Mais quand l'argent se tarira, la loyaut&#233; restera-t-elle ?.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les grad&#233;s ont pris, sans croire. Les policiers ont ob&#233;i, sans adh&#233;rer. La hi&#233;rarchie a suivi, par r&#233;flexe, et pas n&#233;cessairement par conviction. Aujourd'hui, certains regardent d&#233;j&#224; ailleurs. Ils savent que la protection du pouvoir ne vaut probablement plus grand-chose dans cette atmosph&#232;re de fin de r&#232;gne o&#249; il va falloir trouver de quoi survivre face &#224; l'hostilit&#233; publique. &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La rupture&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rupture est l&#224;. Totale. Irr&#233;m&#233;diable. Et l'impasse est absolue. Trop de mensonges, trop de promesses recycl&#233;es, trop d'arrogance. Les d&#233;lestages, les scandales, les inaugurations r&#233;p&#233;t&#233;es. Les erreurs assum&#233;es sans cons&#233;quence.&lt;br class='manualbr' /&gt;La communication comme seule politique. Les d&#233;penses somptuaires. Le n&#233;potisme familial. Les chiffres gonfl&#233;s, les bilans trafiqu&#233;s. Le pays ne l'&#233;coute plus. Sa voix ne produit plus d'effet. Son autorit&#233; ne repose plus sur rien. Il parle d&#233;sormais seul, dans le vide. Impasse absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;conomie hors service&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il pr&#233;tend redresser les choses, r&#233;soudre les dysfonctionnements. Il &#233;met la promesse de partir &#8230; dans un an &#8230; Si les probl&#232;mes de Jirama ne sont pas r&#233;solus&#8230; Mat&#233;riellement, les caisses vides, pourra-t-il seulement &#233;baucher la moindre solution ? Et fonde-t-on un programme sur la seule promesse d'une al&#233;atoire am&#233;lioration de la distribution d'&#233;lectricit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie est en panne, Jirama ou pas Jirama. Les jeunes partent, Avec une inflation toujours insupportablement &#233;lev&#233;e &#224; plus de 8%, un PIB &#224; la croissance insuffisante pour r&#233;sorber la pauvret&#233;, le taux de celle-ci atteindra 85 &#224; 90 % en 2026( !!!). Les bailleurs sont lass&#233;s. Trop d'irr&#233;gularit&#233;s, trop d'interf&#233;rences politiques. Les financements existent, mais ne sont plus d&#233;caiss&#233;s. Les conditionnalit&#233;s sont ignor&#233;es, les dossiers ralentis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#8220;Plan &#201;mergence Madagascar&#8221; n'est plus cit&#233; que par ses r&#233;dacteurs. Aucun indicateur n'a &#233;t&#233; tenu. Les infrastructures vitrines n'ont pas cr&#233;&#233; d'emplois. L'&#201;tat survit sur les restes des programmes des bailleurs et des taxes &#224; la consommation. Tout est &#224; l'arr&#234;t, sauf la propagande. Sauf son hubris d&#233;mesur&#233;. Que pourra t il redresser ? Impasse &#233;conomique absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'isolement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impasse est aussi politique. Le pouvoir est isol&#233;. Les alliances bleues anciennes se d&#233;font&#8230; Quand elles ne mutent pas en guerres d&#233;clar&#233;es. Les partenaires ext&#233;rieurs se tiennent &#224; distance. Les bailleurs attendent la suite faute d&#8216; interlocuteur cr&#233;dible. Autour de lui, le vide. Quelques fid&#232;les de circonstance. Les institutions fonctionnent &#224; l'inertie. Plus personne ne prend de d&#233;cision de fond. Le syst&#232;me tourne sur lui-m&#234;me. Il n'y a plus d'&#233;coute, plus de respect, plus d'image. L'usure politique est devenue une donn&#233;e structurelle&#8230; La nomination contrainte de hauts grad&#233;s au gouvernement faute d'alternative en est l'image&#8230; Impasse politique absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le constat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a cru que le peuple l'aimait. Il a cru que l'argent et la peur suffiraient &#224; le prot&#233;ger. Il a cru que la communication rempla&#231;ait la gestion. Il s'est tromp&#233; sur tout. La rupture est d&#233;finitive.&lt;br class='manualbr' /&gt;L'impasse soci&#233;tale est absolue. Il n'y a plus de confiance, plus de cr&#233;dit, plus d'autorit&#233;. Le d&#233;part est in&#233;vitable. Sa forme d&#233;cidera du reste. S'il s'accroche, le pays basculera dans l'instabilit&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;S'il part dans l'ordre, le pays pourra respirer. Mais une chose est acquise : le cycle Rajoelina est termin&#233;. Politiquement, moralement, &#233;conomiquement. La suite appartient &#224; ceux qui n'ont plus rien &#224; perdre et qui ne veulent plus &#234;tre tromp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le danger de l'acharnement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pire serait qu'il s'accroche. Qu'il choisisse la force plut&#244;t que la sortie. Que ces images de bless&#233;s ou de barbarie sordide de ces bidasses, se banalisent. Qu'il transforme la peur en m&#233;thode de gouvernement. Ce serait la d&#233;rive finale : un pouvoir sans contr&#244;le, une r&#233;pression sans limite. Un &#201;tat qui ne prot&#232;ge plus, mais qui &#233;crase. Un chef retranch&#233; derri&#232;re ses milices, coup&#233; du r&#233;el, enferm&#233; dans la parano&#239;a du maintien. La cons&#233;quence d&#233;passerait le champ du politique. Ce serait une rupture morale, ontologique, m&#233;taphysique &#8230; qui viderait le pays de ce qui lui reste de sens, gouvern&#233; par la peur et o&#249; plus rien ne relierait les citoyens entre eux.&lt;br class='manualbr' /&gt;Un pr&#233;sident qui r&#232;gne contre son peuple n'est plus qu'un tyran, et un peuple gouvern&#233; par la peur cesse d'&#234;tre une nation. &#171; Je ne peux pas faire pire que Ravalomanana &#187; pariait il &#224; l'&#233;poque&#8230; Il a malheureusement largement gagn&#233; son d&#233;fi &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;part n&#233;cessaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il doit donc partir. Le postulat &#233;nonc&#233; ne rel&#232;ve plus de l'opinion&#8230; C'est un constat d'&#233;vidence. Il ne peut plus gouverner. Rester, c'est prolonger la crise. C&#233;der c'est trahir son camp (et ses propres int&#233;r&#234;ts) &#8230; Partir, c'est offrir une (petite) chance de stabilisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais un d&#233;part improvis&#233; serait dangereux. On l'a v&#233;cu d&#233;j&#224; v&#233;cu. L'&#201;tat malagasy est trop fragile pour encaisser encore une vacance brutale. Les forces de l'ordre sont fragment&#233;es si ce n'est en rivalit&#233; ouverte &#8230; Les administrations d&#233;sorganis&#233;es. Le S&#233;nat et son stetson n'ont ni autorit&#233; ni l&#233;gitimit&#233; pour assurer une transition.&lt;br class='manualbr' /&gt;Il faut donc pr&#233;parer cette sortie. La n&#233;gocier, l'encadrer, la s&#233;curiser. Non pas pour le prot&#233;ger, lui, le titulaire du pouvoir, mais bien pour prot&#233;ger le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas de rupture brutale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population n'acceptera pas un nouveau cycle d'autoritarisme d&#233;guis&#233;. Mais le coup d'&#201;tat n'est pas une solution. On le sait. Il ne produirait qu'encore plus de chaos, de r&#232;glements de comptes, de magouilles et de luttes intestine st&#233;riles.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le pays n'a pas besoin d'une chute spectaculaire, il a besoin d'un ATTERRISSAGE CONTR&#212;L&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;La rue ne veut pas de militaires, elle veut du changement r&#233;el. Mais une rupture brutale ouvrirait la porte &#224; l'effondrement institutionnel, &#224; la divisions des forces arm&#233;es, aux violences sociales, et &#224; la paralysie &#233;conomique&#8230; Et de fait au d&#233;sespoir collectif. Sans transition encadr&#233;e, le pays risque la fragmentation . Seul un d&#233;part n&#233;goci&#233; ou un accord politique impos&#233; clair , soutenu par les instances morales, les jeunes, et la soci&#233;t&#233; civile, autour d'un calendrier de d&#233;part, d'une d&#233;l&#233;gation progressive du pouvoir et de la garantie de continuit&#233; des services publics peut pr&#233;server la stabilit&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Une supervision par une instance morale reconnue et accept&#233;e de tous devra mener, avec un nouveau gouvernement, &#224; des &#233;lections apais&#233;es.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce n'est pas un luxe, c'est une condition de survie nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'apr&#232;s &#224; construire&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;part d'Andry Rajoelina ne sera pas une d&#233;livrance. Juste une respiration. Une parenth&#232;se o&#249; tout peut encore basculer, dans un sens ou dans l'autre. Ce d&#233;part ne fera pas dispara&#238;tre la mis&#232;re, ni la corruption, ni le d&#233;sordre. Mais il ouvre un passage &#233;troit, fragile. Une chance de reprendre souffle avant que l'on se noie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit donc d'une solution de transition. Cette transition devra &#234;tre simple, nette, sans maquillage politique&#8230; Pour stabiliser, auditer, pr&#233;parer des &#233;lections auxquelles on puisse enfin croire et qui nous ressemblent. Pour r&#233;tablir un minimum de confiance entre l'&#201;tat et ceux qu'il a trahis.&lt;br class='manualbr' /&gt;Les &#233;glises, les syndicats, les partis, la soci&#233;t&#233; civile, la communaut&#233; &#233;conomique, devront en poser les n&#233;cessaires garde-fous. Mais ce sont les jeunes &#8212; ceux qui se sont lev&#233;s &#8212; qui donneront la mesure du possible. Eux n'attendront plus.&lt;br class='manualbr' /&gt;Quant &#224; l'arm&#233;e, elle, devra simplement veiller. Les bailleurs, accompagner sans s'imposer. Et nous, surtout, &#233;viter la vengeance&#8230; Et reconstruire sans r&#233;p&#233;ter.&lt;br class='manualbr' /&gt;Parce que reb&#226;tir un pays, ce n'est pas que tourner la page. C'est refuser d'&#233;crire les suivantes avec la m&#234;me encre contamin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fin d'un pouvoir, d&#233;but d'un inventaire.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana Pitchboule)- 09/10/25&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/2025/10/09/les-chroniques-de-ragidro-limpasse-absolue-il-doit-partir/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11864032566a1cab53adbd90.57140162&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Robots et fant&#244;mes : quand le pouvoir nie jusqu'&#224; l'existence de ses propres citoyens</title>
		<link>https://m.madagascar-tribune.com/Robots-et-fantomes-quand-le.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://m.madagascar-tribune.com/Robots-et-fantomes-quand-le.html</guid>
		<dc:date>2025-10-06T06:43:15Z</dc:date>

      <pubDate>Mon, 06 Oct 2025 09:43:15 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'allocution du pr&#233;sident malgache de ce d&#233;but d'apr&#232;s-midi m'a &#233;videmment fait rire&#8230; Probablement comme beaucoup &#224; en voir la floraison de caricatures et de mots d'esprit qui lui ont aussit&#244;t r&#233;pondu sur la toile &#8230; m&#234;me si je gardais de l'inqui&#233;tude en arri&#232;re pens&#233;e des menaces &#224; peine voil&#233;es que contenait son discours. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais &#224; lire le dernier communiqu&#233; du r&#233;gime, ce qui pourrait &#234;tre une mauvaise farce cyberpunk (c'est &#224; la mode ici) m'a profond&#233;ment irrit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La farce cyberpunk qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://m.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_19639 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L334xH500/image-3-c94f6.jpg?1761187048' width='334' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'allocution du pr&#233;sident malgache de ce d&#233;but d'apr&#232;s-midi m'a &#233;videmment fait rire&#8230; Probablement comme beaucoup &#224; en voir la floraison de caricatures et de mots d'esprit qui lui ont aussit&#244;t r&#233;pondu sur la toile &#8230; m&#234;me si je gardais de l'inqui&#233;tude en arri&#232;re pens&#233;e des menaces &#224; peine voil&#233;es que contenait son discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; lire le dernier communiqu&#233; du r&#233;gime, ce qui pourrait &#234;tre une mauvaise farce cyberpunk (c'est &#224; la mode ici) m'a profond&#233;ment irrit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour &#233;crire deux papiers en trois jours, il fallait que je sois f&#226;ch&#233;&#034; id=&#034;nh10-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La farce cyberpunk qui tourne au tragique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'en fait, que sont les contestations sociales ? Ce seraient donc de simples &#171; robots &#187;, des &#171; cyberattaques &#187; t&#233;l&#233;guid&#233;es de l'&#233;tranger, des &#171; intelligences artificielles &#187; inject&#233;es par des puissances obscures (ou mal&#233;fiques, au choix). C'est donc tout&#8230; sauf la r&#233;alit&#233; : des jeunes (et des moins jeunes) qui en ont assez des coupures, de la mis&#232;re, de l'injustice, de la corruption &#8230; et dont les vies restent suspendues &#224; l'esp&#233;rance d'un avenir plus digne. Ceux l&#224; n'existent pas&#8230; &#171; Vous avez vu des contestataires avec des revendications l&#233;gitimes ? Moi pas &#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la farce tourne au tragique. Car ce communiqu&#233; r&#233;v&#232;le que ce discours n'est pas une maladresse isol&#233;e d'un dirigeant dont on d&#233;nonce depuis quinze ans l'hubris. Ce discours est r&#233;p&#233;t&#233;, scand&#233; par les membres du gouvernement&#8230; Y compris ceux qu'on croyait les plus brillants&#8230; R&#233;cital de l'absurde, o&#249; le d&#233;lire de toute puissance du chef devient la partition obligatoire d'un orchestre d&#233;sormais muet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le manuel du d&#233;ni&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est l&#224; que l'ironie se change en danger. Car ce qui pouvait passer pour une maladresse isol&#233;e devient une v&#233;ritable m&#233;thode, presque un cat&#233;chisme. On n'est plus dans l'erreur, mais dans une strat&#233;gie, une p&#233;dagogie du d&#233;ni que l'on d&#233;cline dans le manuel du pouvoir en cinq le&#231;ons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le&#231;on 1 &#8211; Le d&#233;ni de r&#233;alit&#233; : rien n'est vrai, sauf le complot. Les coupures d'eau, le prix du riz, les d&#233;lestages, la mis&#232;re urbaine ? Balay&#233;s : Illusions fabriqu&#233;es par l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le&#231;on n&#176;2 &#8211; La parano&#239;a s&#233;curitaire : l'ennemi est partout&#8230; surtout l&#224; o&#249; il n'est pas. Chaque jeune manifestant devient un agent infiltr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le&#231;on n&#176;3 &#8211; La diabolisation des opposants : Ce ne sont pas des citoyens, mais des pantins t&#233;l&#233;guid&#233;s, des marionnettes de forces obscures (mal&#233;fiques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le&#231;on n&#176;4 La strat&#233;gie de diversion : quand la mis&#232;re hurle, on parle d'algorithmes mal&#233;fiques. Les coupures d'eau deviennent un &#171; bug &#187; g&#233;opolitique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le&#231;on n&#176; 5 &#8211; L'alignement oblig&#233; : interdiction aux membres du gouvernement de rompre la chorale. Le d&#233;lire du chef devient la v&#233;rit&#233; de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;j&#224; vu ailleurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on l'a trop souvent vu d&#233;rouler ce manuel. Car ce discours n'est pas nouveau. Il porte la marque de r&#233;gimes fragilis&#233;s, qui choisissent la fuite en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il s'agisse du Zimbabwe de Mugabe, du Cameroun 2019 , de Guin&#233;e 2020, de Tunisie 2011, d'Iran, de la Russie, de la Chine, ce sont les m&#234;mes rengaines et les m&#234;mes caricatures &#8230; Ce ne sont jamais les d&#233;cennies d'incomp&#233;tence, de client&#233;lisme et de corruption que l'on remettra en question pour caract&#233;riser les manifestations &#8230; On attribuera les troubles &#224; d'obscures manipulations &#233;trang&#232;res, &#224; des agitateurs financ&#233;s de l'ext&#233;rieur, &#224; des extr&#233;mistes manipul&#233;s&#8230; Ou &#224; des tra&#238;tres. &#171; On en a m&#234;me les preuves &#8230; Fournies par nos experts en cybers&#233;curit&#233; &#187; &#171; &#8230; Preuves que bien s&#251;r personne ne verra jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours le m&#234;me sch&#233;ma : externalise la responsabilit&#233;, d&#233;l&#233;gitime la contestation, tu justifieras mieux de la r&#233;pression. Mais derri&#232;re cette m&#233;canique r&#233;p&#233;t&#233;e se cache quelque d'extr&#234;mement grave : la n&#233;gation m&#234;me de l'existence de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nier l'autre pour mieux l'effacer&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui rend la chose insupportable, ce n'est pas seulement l'absurdit&#233; du discours. C'est la violence symbolique radicale qu'il contient : nier l'alt&#233;rit&#233;. L'autre n'est plus un citoyen qui souffre, mais un objet manipul&#233;. Il n'a plus de voix, plus de droits, plus de dignit&#233;. Il est r&#233;duit &#224; une fonction : celle de menace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philosophiquement. L'autre n'est plus un visage, mais une ombre. Politiquement, c'est la d&#233;shumanisation : on gouverne plus facilement contre des &#171; agents &#187; que contre des voisins. Psychologiquement, c'est un &#233;vitement : si l'autre n'existe pas, je n'ai pas &#224; r&#233;pondre de son malheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et historiquement, c'est la premi&#232;re &#233;tape de toutes les violences de masse : avant de frapper, on efface. Avant de tuer, on nie. Dachau et Gaza et d'autres drames sont l&#224; pour nous rappeler que &#171; nier l'existence de l'autre, c'est d&#233;j&#224; commencer &#224; vouloir le faire dispara&#238;tre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;GEN Z, cible et espoir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#233;canique n'appartient pas qu'au pass&#233; : elle s'actualise sous nos yeux. Et aujourd'hui, c'est notre jeunesse malgache, la GEN Z, qui se retrouve directement vis&#233;e par cette intimidation de la part du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces jeunes qui n'ont pas grandi avec 2009, qui ne portent pas nos vieilles rancunes, mais qui veulent simplement vivre autrement, le pouvoir les traite comme des robots, des avatars, des fant&#244;mes. L'intimidation est claire : vous n'&#234;tes rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment peuvent-ils (doivent-ils) r&#233;sister &#224; cette n&#233;gation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GEN Z n'a pas besoin de mode d'emploi. Elle sait d&#233;j&#224; que pour survivre, il faut raconter sa v&#233;rit&#233; face aux fables officielles, tenir ensemble quand la peur cherche &#224; isoler, et s'ancrer dans la vie quotidienne des familles et des quartiers pour ne pas rester enferm&#233;e dans l'image de &#171; jeunes rebelles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a compris aussi que le num&#233;rique est &#224; la fois un terrain d'attaque et une arme de d&#233;fense, qu'il faut manier avec prudence, inventivit&#233; et humour. Et surtout, elle sait qu'elle ne doit pas se laisser entra&#238;ner dans les pi&#232;ges de la violence : l'art, le rire, les symboles d&#233;tourn&#233;s frappent plus fort que les pierres. Enfin, elle n'est pas seule : la diaspora, les ONG, les regards ext&#233;rieurs savent reconna&#238;tre en elle non pas une marionnette, mais une g&#233;n&#233;ration debout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle n'est pas seule. Derri&#232;re elle se tiennent les g&#233;n&#233;rations qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;e, : les baby- boomers, la g&#233;n&#233;ration X des d&#233;sillusions, les Y et les mill&#233;nials qui ont port&#233; les contradictions d'un monde en crise. A eux d'accompagner, &#224; elle d'inventer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et si le r&#233;gime voit des robots, des algorithmes, des fant&#244;mes, c'est peut-&#234;tre parce qu'il n'ose plus regarder en face les personnes de chair et de sang qu'il a trahies.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) &#8211; 03/10/25&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/2025/10/03/les-chroniques-de-ragidro-robots-et-fantomes-quand-le-pouvoir-nie-jusqua-lexistence-de-ses-propres-citoyens/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb10-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour &#233;crire deux papiers en trois jours, il fallait que je sois f&#226;ch&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>G&#233;n&#233;ration One Piece : Wake Up 2013 n'a pas pris, Gen Z 2025 a explos&#233;</title>
		<link>https://m.madagascar-tribune.com/Generation-One-Piece-Wake-Up-2013.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://m.madagascar-tribune.com/Generation-One-Piece-Wake-Up-2013.html</guid>
		<dc:date>2025-10-03T05:16:53Z</dc:date>

      <pubDate>Fri, 03 Oct 2025 08:16:53 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Oui, je le reconnais volontiers : je suis de la g&#233;n&#233;ration des has been. De ceux qui ont v&#233;cu 2009. De ceux qui ont cru qu'un meeting, une p&#233;tition, une tribune pouvaient faire &#233;voluer les choses et peut-&#234;tre changer le pays. Je l'avais d'ailleurs &#233;crit dans mon texte : &#171; Nous avons v&#233;cu 2009. Pas eux. &#187; Eh bien, voil&#224;. Aujourd'hui Eux sont l&#224;. Et ils ne nous ressemblent pas. Et c'est tant mieux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une g&#233;n&#233;ration qui navigue autrement &lt;br class='autobr' /&gt;
Le mouvement Gen Z Madagascar ne s'inscrit dans aucune (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://m.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Oui, je le reconnais volontiers : je suis de la g&#233;n&#233;ration des has been.&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;De ceux qui ont &lt;strong&gt;v&#233;cu 2009&lt;/strong&gt;. De ceux qui ont cru qu'un meeting, une p&#233;tition, une tribune pouvaient faire &#233;voluer les choses et peut-&#234;tre changer le pays.&lt;br class='manualbr' /&gt;Je l'avais d'ailleurs &#233;crit dans mon texte : &lt;i&gt;&#171; Nous avons v&#233;cu 2009. Pas eux. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Eh bien, voil&#224;. Aujourd'hui &lt;strong&gt;Eux sont l&#224;&lt;/strong&gt;. Et ils ne nous ressemblent pas.&lt;br class='manualbr' /&gt;Et c'est tant mieux.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19619 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://m.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L499xH500/edito-2-92a63.jpg?1761187048' width='499' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une g&#233;n&#233;ration qui navigue autrement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement Gen Z Madagascar ne s'inscrit dans aucune lign&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne descend pas de Wake Up, ni des luttes de 1972&#8230; Celles que j'ai v&#233;cues jeune et auxquelles GEN Z me fait avec un peu de nostalgie penser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il descend encore moins (et c'est heureux) des mouvements de 2009. Il est vrai que le drapeau pirate de Luffy d&#233;tourn&#233; &#224; la Gasy est quand m&#234;me autrement plus cr&#233;atif et plus gai que des t-shirts orange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est n&#233; ailleurs : dans le monde num&#233;rique, dans les r&#233;seaux, dans la col&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette jeunesse ne lit pas nos manifestes, elle regarde des mangas.&lt;br class='manualbr' /&gt;Elle ne croit plus aux partis, elle croit aux crews.&lt;br class='manualbr' /&gt;Elle ne suit pas des leaders, elle suit des principes.&lt;br class='manualbr' /&gt;Et c'est l&#224; que j'ai d&#233;couvert le socle symbolique de cette g&#233;n&#233;ration : le manga One Piece (oui, je sais &#8230; je suis has been).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;One Piece&lt;/i&gt; , un manifeste politique sans le dire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;One Piece&lt;/strong&gt;, c'est bien plus qu'un manga, ou un dessin anim&#233;, ou m&#234;me aujourd'hui une s&#233;rie (r&#233;jouissante) sur NetFlix. C'est une &#233;pop&#233;e politique d&#233;guis&#233;e en histoire de jeunes pirates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On y apprend que :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;la libert&#233; vaut plus que la gloire,&lt;/li&gt;&lt;li&gt;l'amiti&#233; est une force r&#233;volutionnaire,&lt;/li&gt;&lt;li&gt;le pouvoir corrompt toujours,&lt;/li&gt;&lt;li&gt;la dignit&#233; se conquiert par la loyaut&#233;,&lt;/li&gt;&lt;li&gt;et que &lt;i&gt;le rire est une arme contre la peur&lt;/i&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Luffy et ses compagnons incarnent le refus du conformisme, le courage joyeux de ceux qui se battent sans haine, et la foi dans une fraternit&#233; horizontale.&lt;br class='manualbr' /&gt;Pas besoin de lire Marx ni Fanon.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Ils ont Luffy.&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Et dans un monde satur&#233; de mensonges, &lt;strong&gt;cela suffit pour r&#234;ver juste&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand les anciens parlaient, les jeunes &#233;coutaient&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les jeunes agissent &#8212; et les anciens commentent. Je me souviens ici de Wake Up Madagascar&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hommage &#224; Ketakandriana&#034; id=&#034;nh11-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en 2013. C'&#233;tait magnifique. C'&#233;tait sinc&#232;re. Mais &#231;a n'a pas pris comme a pu prendre GEN Z.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ? Peut-&#234;tre parce que Wake Up &#233;tait trop raisonnable, trop &#8220;citoyen&#8221;, trop confiant dans les principes et la vertu de la morale publique. Wake Up croyait peut-&#234;tre qu'il fallait convaincre. Les GEN Z savent qu'il faut bousculer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Wake Up &#224; Gen Z : le passage du verbe &#224; l'acte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wake Up Madagascar, c'&#233;tait une jeunesse urbaine, connect&#233;e, &#233;duqu&#233;e. Une &#233;lite qui r&#234;vait d'un &#201;tat meilleur. Mais qui ne parlait peut-&#234;tre pas assez la langue du peuple. Et qui n'avait pas encore les outils d'aujourd'hui et leur diffusion pour se propager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gen Z Madagascar, c'est la rue, le t&#233;l&#233;phone, la vid&#233;o, le hashtag. C'est la foule qui apprend &#224; dire non, &#224; filmer la violence, &#224; rire de ses oppresseurs. C'est le peuple num&#233;rique, sans leader, sans drapeau, sans parti &#8212; mais avec une conscience aigu&#235; de l'injustice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wake Up voulait &#8220;r&#233;veiller les consciences&#8221;. Gen Z veut &#8220;r&#233;veiller le pays.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une r&#233;volution connect&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2013, Wake Up imprimait encore des tracts. En 2025, ils font un live TikTok et atteignent 100 000 personnes. En 2013, les cam&#233;ras appartenaient aux journalistes. En 2025, chaque smartphone est une cam&#233;ra de v&#233;rit&#233;. Leur force, c'est la viralit&#233;. Leur arme, c'est la sinc&#233;rit&#233;. Leur champ de bataille, c'est la toile. Et quand ils enflamment la toile, ce sont les puissants qui tremblent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une col&#232;re saine et morale, pas haineuse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui me frappe dans ce mouvement, c'est que malgr&#233; la rage, malgr&#233; la violence &#224; laquelle il est confront&#233;, malgr&#233; les tentatives de d&#233;cr&#233;dibilisation et les pillages, il reste digne et enthousiaste. Pas de violence gratuite, pas de vengeance. Une col&#232;re nette, claire, assum&#233;e. Ils ne veulent pas br&#251;ler le pays : ils veulent qu'on arr&#234;te de le voler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur &#8220;non-alignement&#8221; n'est pas un slogan. Leur &#8220;non-alignement&#8221; est une &#233;thique. Et cette &#233;thique-l&#224;, le peuple la sent. C'est ce qui explique leur cr&#233;dibilit&#233; spontan&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faut-il une th&#233;orie pour durer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la question qui revient souvent : &lt;i&gt;Peuvent-ils durer sans id&#233;ologie ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1972, la jeunesse avait Marx. En 2013, elle avait la morale. En 2025, elle a la rage m&#234;me si elle para&#238;t joyeuse. Mais la rage, si elle ne s'organise pas, s'&#233;puise. Le d&#233;fi pour Gen Z Madagascar, c'est donc d'apprendre &#224; penser sans se figer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas besoin de copier les anciens sch&#233;mas. Ils inventeront leurs mots, leurs symboles, leurs utopies. Et peut-&#234;tre qu'ils trouveront et adopteront, entre la spontan&#233;it&#233; et la strat&#233;gie, entre la cr&#233;ativit&#233; et les rencontres, une nouvelle grammaire politique plus &#233;thique, plus morale, plus durable, plus respectueuse des Communs. Une grammaire faite d'images, d'&#233;motions, de partages &#8212; et d'intelligence collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le des &#8220;anciens&#8221;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre r&#244;le &#224; nous, les has been, n'est pas de les juger. Ni de leur donner des le&#231;ons. Et encore moins de les r&#233;cup&#233;rer. Notre r&#244;le, c'est de les accompagner. De leur pr&#234;ter un peu de notre 'exp&#233;rience &#8212; sans leur voler leur horizon. Nous avons nos cicatrices. Ils ont leur foi. Et c'est leur foi qui fera avancer le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parler au futur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas parler d'avenir sans parler au futur. Et on ne peut parler au futur &lt;strong&gt;qu'avec ceux qui le portent&lt;/strong&gt;. Ce futur, ce n'est pas dans les programmes, ni dans les institutions, mais dans les yeux de ces jeunes qui filment, dessinent, chantent, d&#233;noncent, codent et r&#234;vent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, laissons-les naviguer (ce sont des pirates). M&#234;me si la mer est agit&#233;e. M&#234;me si nous ne comprenons pas toujours leur cap. On a r&#234;v&#233; de Libertalia, ils le r&#233;inventent peut &#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car &#224; la fin, c'est &lt;strong&gt;eux&lt;/strong&gt; qui peuvent ramener Madagascar vers la lumi&#232;re. Et ce jour-l&#224;, peut-&#234;tre, nous pourrons sourire et dire, avec tendresse et humilit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons v&#233;cu 2009, pas eux. Mais c'est bien eux qui vivront 2030.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) &#8211; 02 octobre 2025&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript11864032566a1cab53adbd90.57140162&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb11-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hommage &#224; Ketakandriana&lt;/p&gt;
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