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jeudi 30 juillet 2026
Antananarivo | 11h01
 

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Concertation nationale des jeunes : une génération veut peser sur l’avenir de Madagascar

jeudi 30 juillet | Mandimbisoa R. |  262 visites  | 1 commentaire 

Le Centre de conférences internationales (CCI) d’Ivato accueille depuis le 29 juillet la phase décisive de la Concertation nationale des jeunes. Pendant trois jours, des centaines de participants venus des 24 régions de Madagascar confrontent leurs analyses et élaborent des propositions destinées à contribuer au processus de refondation du pays. Cette rencontre, qui s’achèvera par une séance de restitution, doit permettre de dégager des recommandations communes. Celles-ci seront officiellement remises aux plus hautes autorités le 1er août avant d’alimenter les travaux de la Concertation nationale annoncée pour la fin de l’année.

Placée sous le thème « Donner une voix aux jeunes pour la refondation de Madagascar », cette initiative offre un espace d’échanges sur les principaux défis auxquels le pays est confronté. Les ateliers abordent notamment la gouvernance, les réformes institutionnelles, le processus électoral, le développement économique, la culture ainsi que les questions environnementales. Pour la ministre d’État chargée de la Refondation, Maître Hanitra Razafimanantsoa, cette démarche doit permettre à la jeunesse de participer pleinement aux choix qui façonneront l’avenir du pays. Elle estime qu’une refondation durable ne peut être envisagée sans une implication active des nouvelles générations.

Les discussions ont rapidement mis en lumière des visions parfois contrastées sur l’organisation de l’État. Des étudiants des universités de Toliara et de Fianarantsoa ont défendu l’idée d’une plus grande décentralisation, allant jusqu’à proposer un modèle fédéral afin de rapprocher les centres de décision des territoires. D’autres participants ont appelé à une transformation profonde des institutions. Les représentants de Gen Z Madagasikara Ofisialy ont notamment réaffirmé leur volonté de voir engager une réforme de grande ampleur, considérant que le fonctionnement actuel ne répond plus aux attentes d’une partie de la jeunesse.

Au-delà des questions politiques, les préoccupations du quotidien ont occupé une place importante dans les échanges. L’accès à un emploi stable est revenu comme l’une des principales priorités exprimées par les participants. Beaucoup ont également insisté sur la nécessité d’adapter davantage le système éducatif aux réalités économiques afin de développer l’esprit d’entreprise et de favoriser l’insertion professionnelle des jeunes. La montée de l’insécurité a également été largement évoquée, plusieurs intervenants appelant à des réponses plus efficaces pour protéger les populations et restaurer un climat de confiance.

Présent à cette concertation, Herizo Andriamanantena, l’un des porte-parole de la Gen Z, a souligné que les différentes concertations organisées ces derniers mois ne produiront des résultats concrets qu’à condition d’être accompagnées d’une véritable volonté politique. Selon lui, la réussite des réformes passe aussi par une organisation institutionnelle clairement définie, un approfondissement de la décentralisation, un renforcement de l’État de droit ainsi qu’une souveraineté nationale pleinement assumée. Ces éléments constituent, à ses yeux, des conditions indispensables pour répondre durablement aux attentes des citoyens.

Les conclusions issues des travaux feront l’objet d’une synthèse avant leur transmission officielle aux autorités. Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Alain Rasambany, a indiqué, dans une intervention vidéo, que ces recommandations serviront à définir les grandes orientations du processus de refondation et à établir un calendrier de mise en œuvre. Elles seront également communiquées au président de la Refondation, au Premier ministre, au FFKM et à la communauté internationale. Pour les participants, cette concertation représente désormais une occasion de faire entendre la voix d’une jeunesse qui souhaite voir ses propositions déboucher sur des décisions concrètes.

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1 commentaire

Vos commentaires

  • 30 juillet à 10:58 | RATOVO (#10503)

    L’ethnie merina reste la cible privilégiée car on l’accuse de profiter du centralisme. Il faut savoir qu’en avance sur son temps, l’Imerina était déjà il y a deux siècles un royaume structuré, disposant d’une armée régulière et d’un gouvernement rompu à la diplomatie internationale. Mais la cohésion insulaire n’étant nullement réalisée au XIXe siècle, les Merinas furent perçus par les Malgaches de la périphérie comme forces occupantes et comme envahisseurs. La revendication de la décentralisation est ramenée au rang de simple slogan politique, utilisé pour accéder au pouvoir ! La centralisation à outrance est pratiquée par les politiciens qui sont soucieux, une fois élus, de garder le plus longtemps possible le pouvoir. Et recourent pour ce faire à la facilité des moyens les plus rétrogrades comme l’ethno-régionalisme. La revendication du fédéralisme sous une forme violente s’est manifestée une première fois dans la période 1991-1992, avec la crise de la décentralisation qui a accompagné l’échec de la « révolution socialiste » (1975-1991) du président Didier Ratsiraka.
    Le discours actuel présente Antananarivo comme un prédateur qui s’accrocherait au centralisme pour pouvoir survivre. Les contempteurs du « centralisme tananarivien » ont trouvé depuis quelques années un filon politique inépuisable : accuser la capitale de tous les maux.
    De telles vérités crues sont minutieusement cachées au grand public par les bureaucrates car elles s’inscrivent en faux contre le « merina bashing » qui est devenu politiquement correct.
    Un autre mythe cultivé par les partisans du fédéralisme concerne l’ordonnance 73-015 (prise par le général Ramanantsoa au lendemain de la révolution de 1972) qui, en supprimant les budgets provinciaux, est brandie comme la preuve ultime de la spoliation des 5 provinces par la capitale.
    Les clans régionaux voient dans le fédéralisme une opportunité de verrouiller leur influence, de contrôler les ressources naturelles et de réduire l’ingérence du pouvoir central.
    « Firenena Merina » (Nation Merina) se montre déterminé. « L’injustice territoriale, c’est la province d’Antananarivo qui la subit en ayant été privée d’un accès à la mer au moment de l’indépendance ».
    Mais l’unité nationale est sacrée , le « fédéralisme » est une fuite en avant !

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