Le premier trimestre 2026 révèle une situation budgétaire contrastée pour l’État. Alors que les recettes fiscales enregistrent un léger ralentissement par rapport à l’an dernier, les dépenses publiques demeurent fortement orientées vers les charges de fonctionnement et le service de la dette, dans un contexte marqué par les cyclones Fytia et Gezani ainsi que par un remaniement gouvernemental intervenu en mars.
Selon le compte rendu de l’exécution budgétaire du ministère de l’Économie et des Finances, les recettes fiscales ont atteint 2 158 milliards d’ariary à fin mars 2026, soit un taux de réalisation de 19,2 % contre 21,3 % au premier trimestre 2025. Cette baisse de 2,1 points est principalement liée à la contre-performance des recettes douanières. Ces dernières se sont établies à 860 milliards d’ariary, avec un taux de réalisation de seulement 17 %, contre plus de 22 % l’an dernier.
Les recettes fiscales internes affichent néanmoins une certaine résilience. Elles ont progressé de 12,4 %, soit une hausse de 143 milliards d’ariary par rapport à la même période de 2025, grâce notamment à l’augmentation des recettes issues de la TVA, des impôts sur les revenus salariaux et des droits d’accise. Les recettes internes ont atteint 1 298 milliards d’ariary, correspondant à un taux de réalisation de 20,9 %.
Le gouvernement explique la baisse des recettes douanières par les perturbations provoquées par le cyclone Gezani, qui a endommagé plusieurs infrastructures portuaires et ralenti les échanges commerciaux. La baisse des prix des produits pétroliers sur le marché international a également pesé sur les recettes liées aux hydrocarbures.
Du côté des dépenses, l’État a engagé 2 651 milliards d’ariary sur une enveloppe globale de 19 645 milliards, soit un taux d’exécution de 13,5 %, légèrement inférieur au niveau observé en 2025.
Le Budget général concentre l’essentiel des dépenses avec 2 195 milliards d’ariary engagés. La rubrique la plus marquante reste celle des intérêts de la dette, dont le taux d’engagement atteint 97,6 %, représentant 956 milliards d’ariary. Cette hausse importante traduit le poids croissant du service de la dette dans les finances publiques.
Les dépenses de personnel demeurent également élevées. La masse salariale du budget central a atteint 982,6 milliards d’ariary au premier trimestre, soit 20,2 % des crédits prévus dans la Loi de finances initiale.
À l’inverse, les dépenses d’investissement restent très faibles. Les investissements sur financement interne n’ont été exécutés qu’à hauteur de 2,3 %, révélant un démarrage difficile des projets publics. Certains secteurs clés, comme les infrastructures, la santé ou l’éducation, affichent des niveaux d’engagement particulièrement bas.
L’analyse sectorielle montre toutefois quelques évolutions positives. Les dépenses liées à la protection sociale et à la sécurité publique progressent par rapport à 2025, notamment sous l’effet des actions d’urgence engagées après les catastrophes naturelles.
Le premier trimestre 2026 illustre les difficultés de l’État à maintenir un équilibre budgétaire dans un environnement marqué par les crises climatiques et les réorganisations institutionnelles. Si certaines recettes internes résistent, le ralentissement des recettes douanières et la faible exécution des investissements risquent de peser sur la croissance et les projets de développement au cours des prochains mois.
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Vos commentaires
La junte militaire MANGE-TOUT a naturellement tout faux sur tous tes tableaux
Hausse des dépenses publiques
Baisse des recettes de l’Etat.
Et comme tout bon gouvernant qui se respecte :
On clame le contexte anxiogène
Le PIRE à venir est á craindre
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Le pays se trouve dans une situation transitoire et intérimaire, il n’y a pas d’ambiguïté là dessus.
Ainsi, les dépenses courantes relatives aux affaires courantes sont et doivent rester les postes et rubriques de dépenses de l’Etat.
Les services de la dette et les dépenses de fonctionnement de l’Etat occupent maintenant les charges budgétaires allouées.
Étant donné la situation exceptionnelle traversée par le pays, ainsi, il est impératif de réduire autant que possible les dépenses de l’Etat qui ne sont pas utiles à la réalisation de la mission régalienne de l’Etat.
Les sorties à l’extérieur de responsables, les paiements de primes diverses au profit des agents de l’Etat et des membres des institutions, les paiements à caractères électoralistes au cours des "meeting et réunions corporatiste", les dépenses de fonctionnement attribuées titre de privilèges rattachés à des fonctions... devraient être limités, encadrés et régulés dorénavant.
Et les dettes de régime doivent être limitées à ce qui peuvent être assimilées à des rubriques permettant de maintenir fonctionnel les missions principales de l’Etat.
Le gouvernement en place n’est pas issu d’un pouvoir exécutif élu et doté de la complémentarité permise par la légitimité et la légalité républicaines.
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