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mardi 23 juin 2026
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PLFR 2026 : adoption unanime à Tsimbazaza, les coupes budgétaires suscitent des réserves

mardi 23 juin | Mandimbisoa R. |  233 visites 

Le Projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 a été adopté lundi par l’Assemblée nationale à l’issue d’une longue séance de débats ayant duré plus de sept heures. Présenté par le gouvernement comme un outil destiné à répondre aux urgences économiques, à soutenir le pouvoir d’achat et à renforcer les secteurs productifs, le texte a néanmoins mis en évidence plusieurs divergences parmi les députés, notamment sur la répartition des ressources publiques entre les différents ministères.

Le ministre de l’Économie et des Finances, Herinjatovo Aimé Ramiarison, a défendu une révision budgétaire articulée autour de trois priorités : l’amélioration des conditions de vie de la population, le soutien à l’économie nationale et le renforcement des capacités d’intervention de l’État face aux défis actuels.

Parmi les mesures phares figure l’instauration d’une indemnité de logement de 200 000 ariary au profit des agents de l’État. Le texte prévoit également la suppression de la TVA appliquée aux intérêts bancaires afin de réduire le coût du financement pour les entreprises, ainsi que plusieurs ajustements fiscaux concernant les importations de riz, les produits de boucherie, les produits anti-moustiques ou encore le secteur brassicole.

Le gouvernement affirme également vouloir renforcer l’appui aux petites et moyennes entreprises, au secteur textile, à l’entrepreneuriat local et aux filières utilisant des matières premières produites à Madagascar.

Derrière cette présentation axée sur la justice sociale et le développement économique, plusieurs choix budgétaires ont alimenté les discussions au sein de l’hémicycle.

Le cas du ministère de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène a concentré une grande partie des échanges. Lors des travaux préparatoires en commission, une réduction estimée à près de 40 milliards d’ariary a été décidée sur le budget de ce département, principalement au niveau des investissements. Une décision qui a surpris plusieurs députés. Pour certains élus, il apparaît difficile de justifier une diminution des crédits consacrés à l’eau potable alors que l’accès à cette ressource demeure un problème majeur dans de nombreuses régions du pays.

Des parlementaires ont rappelé que les difficultés d’approvisionnement en eau avaient largement contribué au mécontentement social observé ces derniers mois. D’autres ont souligné que de nombreux districts restent encore insuffisamment couverts par les projets d’adduction d’eau, même avec les moyens prévus dans le budget initial.

L’argument de la faible exécution budgétaire avancé pour expliquer cette réduction n’a pas fait l’unanimité. Plusieurs intervenants ont rappelé que ce problème ne concerne pas uniquement le ministère de l’Eau mais touche l’ensemble de l’administration. Selon les chiffres évoqués durant les débats, le taux moyen d’exécution budgétaire pour le premier semestre 2026 avoisinerait seulement 21 %.

La discussion a également pris une tournure politique lorsque certains députés ont estimé que réduire les crédits d’un secteur aussi sensible risquait d’être mal perçu par la population. Les questions liées à l’eau et à l’électricité figurent en effet parmi les principales préoccupations exprimées par les citoyens dans plusieurs régions.

Dans le même temps, le ministère de l’Énergie et des Hydrocarbures a bénéficié d’une augmentation de l’ordre de 40 milliards d’ariary. Selon les explications fournies au cours des débats, cette enveloppe supplémentaire devrait notamment permettre de soutenir l’approvisionnement en carburant des centrales thermiques afin de limiter les délestages pendant la période d’étiage.

Un autre sujet continue également d’alimenter les commentaires en dehors de l’Assemblée Nationale. Selon plusieurs élus, les budgets du ministère de l’Éducation nationale et du ministère de la Santé publique auraient également été revus à la baisse dans le cadre des arbitrages effectués sur le PLFR. À l’inverse, celui de l’Assemblée nationale aurait connu une augmentation, une décision qui avait déjà provoqué des réactions ces dernières semaines.

Malgré les nombreuses demandes d’explications formulées au cours de la séance, certaines zones d’ombre subsistaient encore au moment du vote. Plusieurs députés souhaitaient notamment connaître avec précision les modifications apportées aux différents chapitres budgétaires. Le texte a finalement été adopté à l’unanimité, mais sans que le détail des ajustements concernant certains ministères, notamment celui de l’Eau, ne soit clairement présenté en séance publique.

Si le gouvernement met en avant un budget rectificatif destiné à protéger le pouvoir d’achat et à soutenir l’économie nationale dans un contexte international incertain, les débats parlementaires ont montré que la question de la répartition des ressources publiques demeure au cœur des préoccupations des élus. Entre impératifs financiers, attentes sociales et arbitrages politiques, le PLFR 2026 laisse encore plusieurs interrogations ouvertes sur les priorités budgétaires de l’État pour les mois à venir.

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