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Entre politique et finances publiques

samedi 17 juin 2017 | Bill |  4611 visites  | 36 commentaires 

Le vécu du commun des habitants de Madagascar est très loin des préoccupations des gouvernants ou de ce qui prétendent être des leaders d’opinion. Au moment où la population voit les prix augmenter tel le café en grain qui se raréfie sur le marché et dont l’impact atteint la tasse de café jusqu’auprès des gargotes du coin, les gouvernants et responsables des institutions et organes rattachés multiplient les événements pour diluer cette grogne qui frise le ras-le-bol dans l’opinion. A titre d’exemple, l’émission présidentielle « fotoam-bita » qui veut expliquer la politique de l’Etat et contredire les informations véhiculées et rabâchées par les « opposants » sur les actualités et le cours de la vie nationale. L’opinion publique est plutôt tiraillée par l’insécurité qui sévit dans tous les compartiments de sa vie, par les difficultés et coup de la survie. Les politiciens ne cessent de se réunir, de mettre en place des plateformes et d’appeler la population à étoffer leurs rangs, à réagir par rapport aux politiques des gouvernants qui n’ont pas d’effets palpables et qui ne sont que des discours pour noyer le poisson dans l’eau déjà insalubre. Sous le couvert de politiques et stratégies à visions à moyen et long terme et d’inaugurations, le gouvernement n’a pas de politique de sécurité qui convainc et persuade autant les chancelleries étrangères que le citoyen lambda qui vit dans la ville ou à la campagne.

Les politiciens de l’opposition sont en manque d’idées nouvelles persuasives. Ils sont attachés au passé et ne trouvent comme remède au mal qui gangrène le pays que la formule du 31 octobre 1991 : une transition dans laquelle le président verrait ses prérogatives et autorités réduites tandis que le Premier ministre serait un Premier ministre de consensus. Un Directoire de la transition est proposé par une autre tendance de cette opposition qui suggère également la dissolution du Parlement. On se demande si la solution réclamée par un parti politique représenté à l’Assemblée nationale tient toujours la route ; ce parti revendique l’organisation d’élections présidentielles anticipées si des plateformes politiques ne crient haut et fort ni plus ni moins que la démission du gouvernement. En tout cas, les diversions ne manquent pas d’après Maharavo Tolojanahary, un leader de l’« opposition » Dinika Fanavotam-Pirenena (DFP). Ce dernier a été à notre connaissance le premier à réclamer que les poursuites contre les malfaisants tel les bénéficiaires de détournements ne s’arrêtent pas au receleur mais s’effectuent rapidement contre les ordonnateurs et véritables acteurs de ces détournements ; allusion à l’affaire Claudine Razaimamonjy, et consorts car Claudine Razaimamonjy n’est pas agent de l’Etat et donc n’a pas pu faire ces détournements toute seule.

Toujours est-il que les prestations des organes de contrôle des finances publiques de ces derniers jours ont montré qu’ils sont impuissants car en plus du manque de moyens (finances et ressources humaines), ils ne sont pas réellement indépendants. Ils souhaitent vivement la réforme des textes en vigueur sinon l’adoption de nouvelles lois pour plus d’indépendance et pour être plus près des contribuables. Dans cette perspective, l’Inspection générale de l’Etat par exemple envisage que les rapports des investigations soient rendus publics. Ceci pour informer le contribuable de l’usage de leurs impôts et pour la transparence de gestion des finances publiques.

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