La nouvelle a crée la surprise. Le président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, a dissout le gouvernement dirigé par Herintsalama Rajaonarivelo, selon un communiqué de la Présidence de république publié hier. En attendant la nomination d’un nouveau premier ministre, l’intérim sera assuré par les secrétaires généraux de chaque ministère.
Cette décision intervient dans un contexte de critiques croissantes contre l’équipe gouvernementale et de fortes attentes de changement exprimées par une partie de la jeunesse, fer de lance de la chute d’Andry Rajoelina. Depuis plusieurs semaines, des voix s’élèvent pour dénoncer un décalage entre les promesses de transformation politique portées par les mouvements populaires et la réalité de la gouvernance actuelle.
Le 3 mars, des groupes de jeunes issus de la génération Z ont ouvertement critiqué le pouvoir en place. Pour ces jeunes militants, les idéaux qui avaient mobilisé la population lors des manifestations semblent aujourd’hui relégués au second plan. Sans ambages, ils ont affirmé que plusieurs proches de Rajoelina gravitent toujours autour du pouvoir et continuent d’exercer une influence dans les cercles décisionnels. Ils pointent du doigt également la proximité des dirigeants avec des personnes impliquées dans des affaires controversées : trafiquants présumés, anciens détenus ou encore auteurs présumés de détournements de fonds publics.
Selon la Gen Z, cette situation alimente le sentiment de l’ancien système qui se reproduit sous une autre forme. Face à cela, ils ont réclamé la dissolution de plusieurs institutions qu’ils jugent discréditées, notamment l’Assemblée nationale, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et la Haute Cour constitutionnelle (HCC). Ces jeunes sont revenus à la charge vers la fin de la semaine, cette fois accompagnés de représentants de la génération Y, pour exiger la dissolution du gouvernement. L’initiative a pris davantage d’ampleur avec l’entrée en scène de ces deux générations, qui partagent les mêmes attentes.
Bien que vivement attaqués par des proches de l’actuel régime sur les réseaux sociaux, ces jeunes militants ont maintenu leur position et poursuivi leurs appels au changement. Beaucoup d’entre eux faisaient déjà partie des principaux acteurs des mouvements de rue du 25 septembre dernier, qui avaient contribué à l’accession au pouvoir du colonel Michaël Randrianirina et de ses soldats. Leur engagement dans ces mobilisations leur donne aujourd’hui un poids particulier dans le débat politique. Finalement, leur revendication concernant la dissolution du gouvernement a été entendue.
La nomination du futur Premier ministre devra se faire avec l’accord de l’Assemblée nationale, ce qui limite la portée immédiate de cette décision. Le groupe parlementaire majoritaire à l’Assemblée nationale devra proposer des noms au chef de l’État. Or, ce groupe parlementaire est composé en grande partie de députés, partisans de l’ancien régime mais qui ont changé de position après le changement de pouvoir intervenu en octobre dernier.
Dans leur déclaration, les représentants de la génération Z ont clairement indiqué que l’Assemblée nationale fait partie, selon eux, des institutions qui freinent la mise en place d’un changement profond dans le pays. Pour ces jeunes, tant que ces structures resteront en place sans réformes importantes, les transformations attendues par une grande partie de la population risquent de rester limitées.
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Vos commentaires
Salama djiaby
On ne pourra pas dire que ce Président n’ est pas à l’ écoute de ses administrés .
Pour le moment il fait avec ce qu’ il a et faute d’ expérience il ne fait pas pire que le 6e dan !
Souhaitons que les " dissouts" ne lui mettent pas de bâtons dans les roues ce qui dans ces sphères est commun , particulièrement avec ces arrivistes corrompus et sans scrupules .
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La République se trouve dans l’impasse absolue. Est-ce un fait prémédité ou une situation voulue afin de légitimer un contexte par défaut ?
Les yeux et les espérances se tournent maintenant vers le Colonel, est-ce qu’il en est conscient maintenant ? Est-ce qu’il est encore apte à assainir au plus vite cette situation désastreuse ?
Il ne faut plus se voiler la face maintenant : parmi les multiples erreurs commises depuis, la plus dévastatrice est le rétropédalage effectué : c’est de n’avoir pas le courage de s’engager dans la dissolution de toutes les institutions laissées par le voyou criminel fuyard de Dubaï !
Tous ceux et celles qui ont suggéré au Colonel d’effectuer cette prestation de serment du 17 octobre devant la HCC de Rajoelina sont les vers pourris dans le fruit de la passion...du pouvoir.
Et le Colonel ne s’est pas bien préparé pour assumer sa réelle conviction de départ, je n’en doute pas, c’est de bonne foi qu’il avait agi au début...et progressivement, il s’est laissé tromper par ses entourages immédiats qui ne sont que des opportunistes vestiges des anciens régimes qui avaient mené le pays dans cette lamentable situation.
C’est la mafia locale bien connue qui tente de manœuvrer actuellement à travers les têtes brûlées et bras cassés au sein de l’Assemblee Nationale, en voulant faire valoir l’article 54 de la Constitution qui donne la prérogative de proposer le nom de PM à la majorité qui se dégage au sein du parlement...
Mais le fait est là : la majorité issue des urnes, truquées et manipulées, au sein de l’Assemblee Nationale est les partisans du Calife fugitif et criminel qui avait capturé en bandes organisées l’Etat Malagasy.
Le pays est déjà dans un cadre extra-constitutionnel, et on s’entête à vouloir remettre en surface la Constitution, et avec elle la HCC de Rajoelina !
Non, la seule solution mon Colonel, c’est de ne plus nommer un PM. Et c’est vous même qui assurera la charge de chef d’État et chef de gouvernement, et de mettre en place une Assemblée Constituante pour rédiger un projet de loi fondamentale à soumettre à la concertation nationale après un processus de validation depuis la base communautaire Fokonolona.
Et on vous suggère de nommer des membres restreints de gouvernement apolitique c’est à dire non-issus du milieu politique, de 12 à 15 membres au maximum.
Et de faire un nettoyage de fond dans votre entourage immédiat : éloignez-vous des personnalités politiques ayant déjà marqué les régimes politiques successifs au pouvoir dans le pays au cours des 50 dernières années !
Autrement, une situation que je ne souhaite pas du tout en toute humilité, le pays va basculer dans le chaos total.
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Aslm alkm
Mieux vaut tard que jamais et c’était prévisible suite aux erreurs de casting.
Il faut répondre aux fondamentaux exigés par la situation du moment voire l’état des lieux et l’objectif à atteindre qui n’est autre que le retour à l’ordre constitutionnel. Tout doit être mise en œuvre pour le réaliser. Comment s’y prendre ? Mettre en évidence l’austérité à la réduction de l’effectif gouvernemental. Il faut cumuler la plupart des ministères même si on doit garder en place le nombre des secrétaires généraux. La loi de finance rectificative 2026 basée sur la décentralisation positive que la situation exige.
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