Le programme américain de préférences commerciales AGOA (African Growth and Opportunity Act) a été prolongé jusqu’au 31 décembre 2026, avec un effet rétroactif à son échéance du 30 septembre 2025.
Concrètement, l’AGOA permet à des pays d’Afrique subsaharienne éligibles d’exporter vers les États-Unis sans droits de douane sur de nombreuses lignes de produits, en particulier dans le textile-habillement, pilier des exportations malgaches. Le dispositif, en vigueur depuis 2000, est encadré par les autorités douanières américaines et repose sur des critères d’éligibilité liés notamment à la gouvernance et à l’ouverture économique.
Pour Madagascar, l’enjeu dépasse largement le commerce : il s’agit d’emplois. D’après l’International Trade Administration (Département américain du Commerce), le textile à Madagascar restait, en avril 2025, le premier employeur du pays, soutenant plus de 400 000 emplois directs et indirects, dont environ la moitié dans les zones franches (EPZ) autour d’Antananarivo et d’Antsirabe. Une étude de l’OIT sur l’industrie textile-habillement décrit aussi l’importance structurelle du secteur et les défis sociaux qui y sont associés.
Côté flux commerciaux, les chiffres officiels américains montrent la dépendance de la relation : en 2024, les importations américaines en provenance de Madagascar ont atteint 731,7 millions de dollars, en hausse par rapport à 2023.
Dans le même temps, l’administration américaine rappelle que Madagascar fait partie des fournisseurs notables d’habillement dans le cadre des échanges préférentiels liés à l’AGOA.
Dans les coulisses, sous la présidence d’Andry Rajoelina, des responsables malgaches ont, de l’aveu même des acteurs officiels, remué ciel et terre pour arracher cette prolongation : suivi étroit par l’ambassade à Washington et mission de plaidoyer conduite à la mi-janvier 2026 par la ministre du Commerce et de la Consommation, afin de défendre un mécanisme qui fait vivre des centaines de milliers de familles.
Reste que ce répit est aussi un compte à rebours. À Washington, plusieurs scénarios sont étudiés pour l’après-AGOA : ajustement du régime, ou bascule vers des accords plus ciblés. Madagascar, lui, dispose désormais de quelques mois pour sécuriser sa compétitivité, consolider la filière textile, et préparer une stratégie d’exportation moins vulnérable aux chocs politiques et tarifaires.
Mais au delà de l’aspect purement économique de cette prolongation, il s’agit également d’un clin d’œil de l’administration Trump aux pays Africains à qui il a demandé d’envoyer les migrants aux États-Unis et dans lesquels les Américains veulent imposer leurs investissements comme dans le très contesté projet "Base Toliara" qui a déjà changé de nom pour faire bonne impression.
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Vos commentaires
La boutade du jour :
Un " clin d’oeil " de la part de " l’hyperpuissance voyou de l’histoire " qu’est devenu les Etats Unis d’Amérique de l’administration trumpienne ?
Faut il rappeler que cet accord provisoire est conditionné , entre autres, par l’accueil des migrants expulsés des USA.
Madagascar doit se faire à l’idée une bonne fois pour toute qu’en matière de relations internationales, le bilatéralisme c’est fini et
a fait place à la loi du plus fort.
Le concept " d’amis-amis " n’a jamais existé , c"est encore plus vrai aujourd’hui.
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Tant mieux pour notre pays et surtout les employés de ce secteur,...!
Malheureusement, l’arrêt de délestages que la junte vante comme leur prouesse, n’était que éphémère, , ils reprennent leur rythme habituel,...ces usines continuent de souffrir le manque d’énergie, rien ne change.
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Un pays qui vit dans la contradiction...
On remue ciel et terre afin de pouvoir exporter en franchise des produits du secteur textile et habillement...tout en faisant importer massivement du riz et de l’huile alimentaire... Rien que pour l’année 2025, plus de 700.000 tonnes de riz importés !
Alors que le secteur agricole et transformation dispose d’une forte capacité d’absorption en matière d’opportunités d’emplois et de développement de productivité...
Il ne faudra perdre à l’esprit que l’objectif initial dans la création des zones franches est uniquement dans le but de pouvoir offrir du travail dans un contexte difficile de survie et afin de pouvoir absorber les chocs engendrés par la politique d’ajustement structurel (PAS) appliquée par les partenaires techniques et financiers eu égard à la situation d’endettement alarmante traversée par le pays au début de la décennie 2000...
Les zones franches dans le pays ne sont pas du tout des pôles de développement industriel et technologique... Non, pas du tout !
Alors que ces zones franches bénéficient, pour ses promoteurs, des avantages fiscaux colossaux...
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