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vendredi 30 janvier 2026
Antananarivo | 10h53
 

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Tension entre le TIM et le pouvoir transitoire : le colonel Michaël Randrianirina répond à Marc Ravalomanana sur la légalité de son pouvoir

vendredi 30 janvier | Mandimbisoa R. |  338 visites  | 4 commentaires 

Le président de la Refondation de la République, le colonel Michael Randrianirina, a réagi aux déclarations de Marc Ravalomanana, qui affirmait la veille que « les dirigeants actuels doivent reconnaître qu’ils ne sont plus dans un cadre légal, car ils sont déjà sortis de la Constitution ». Une sortie médiatique faite dans un contexte diplomatique, alors que le président fondateur du TIM venait d’évoquer ce point lors d’une rencontre avec la SADC, appelant à clarifier le mode de gouvernance du pays et à établir un calendrier précis menant aux prochaines élections.

Le colonel Randrianirina s’est défendu face à ces propos de l’ancien président. « Qu’il explique en quoi consiste cette sortie de la Constitution, qu’il ne fasse pas d’affirmations gratuites », a-t-il déclaré. Selon lui, l’argument d’une illégalité du pouvoir transitoire ne tient pas, dans la mesure où « toutes les institutions sont présentes » et que le pouvoir actuel découle d’un cadre validé par la Haute Cour Constitutionnelle (HCC).

Le président de la Refondation insiste sur le rôle central de cette institution, qu’il qualifie de régulatrice : « C’est la HCC, par son pouvoir régulateur, qui nous a donné le pouvoir », affirme-t-il.

Le colonel Randrianirina renvoie ainsi Marc Ravalomanana vers la HCC, rappelant l’existence d’une décision rendue en novembre qui, selon lui, établit clairement que l’organisation des élections ne pouvait pas se faire en seulement deux mois. Cette décision aurait, d’après le président de la Refondation, permis de dégager le temps nécessaire pour préparer le scrutin. Le régime transitoire se serait ensuite fixé une période de deux ans pour mettre en œuvre un ensemble de réformes majeures, incluant l’organisation de l’élection présidentielle, un référendum sur la Constitution, ainsi qu’une concertation nationale destinée à bâtir les bases de la nouvelle République.

Les propos de Marc Ravalomanana interviennent toutefois dans un climat politique déjà chargé, alimenté par des rumeurs persistantes autour d’un éventuel projet visant à porter à 75 ans l’âge limite pour se présenter à l’élection présidentielle. Une mesure qui, si elle venait à être adoptée, pourrait exclure de facto l’ancien chef de l’État, aujourd’hui âgé de plus de 75 ans. Dans le même temps, le parti TIM semble déjà engagé dans une dynamique de préparation électorale, se présentant comme un acteur incontournable et un favori potentiel de la prochaine présidentielle.

Cette séquence révèle une tension grandissante entre le TIM et le pouvoir transitoire, malgré des déclarations antérieures plus conciliantes. Il y a seulement quelques semaines, Marc Ravalomanana a pourtant affirmé que son parti soutenait le régime de transition. Mais depuis, les relations se sont visiblement détériorées. La cheffe de la Région d’Analamanga, Clémence Raharinirina, a récemment attaqué frontalement le TIM, visant également Marc Ravalomanana et son fils Tojo Ravalomanana, qu’elle accuse de ne pas avoir été présent sur le terrain lors du dernier mouvement de contestation qui a conduit à la chute de Rajoelina.

Du côté du TIM, le sentiment de frustration se renforcerait aussi sur le terrain économique et judiciaire. Le parti reproche à l’État de refuser la réouverture des sociétés liées à Marc Ravalomanana. Il dénonce également l’absence de décision claire de la justice dans le contentieux opposant Tojo Ravalomanana à Harilala Ramanantsoa, maire de la capitale, concernant les dernières élections municipales à Antananarivo.

Alors que la transition affirme disposer d’une légitimité constitutionnelle validée par la HCC et s’inscrire dans un processus de refondation, l’opposition — y compris des alliés supposés — réclame des garanties, des clarifications et surtout un calendrier électoral crédible. Dans ce bras de fer politique qui s’intensifie, la question de la légalité du pouvoir en place et des règles du jeu électoral semble désormais au cœur du débat national.

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4 commentaires

Vos commentaires

  • 30 janvier à 09:22 | lancaster (#10636)

    L’ex PRM vient tout simplement de designer son principal rival en cas d’élection presidentiel. Cette bipolarisation de fait ecarte tout autre pretendant hors du camp des favoris. Cest aussi un piège tendu par R8 pour pousser le PRRM a se confirmer candidat éventuel. L’avenir le dira

    Répondre

    • 30 janvier à 10:19 | Isambilo (#4541) répond à lancaster

      Bien vu.
      Cette histoire de légalité du nouveau pouvoir relève de l’imagination.

  • 30 janvier à 10:33 | Vohitra (#7654)

    Cette situation n’aurait jamais dû avoir si le Colonel n’avait pas entretenu le doute sur l’éventualité de sa candidature à la prochaine élection présidentielle...

    Normalement, et ce qui est souhaitable, c’est que celui qui a en charge et la responsabilité de mener, de diriger et d’animer le processus de Refondation de la République ne se présentera pas à la prochaine élection, et se focaliser dans la préparation et organisation ainsi que la mise en œuvre d’une élection sincère, transparente et crédible, dans l’impartialité en inaugurant les réformes des lois électorales Issues de la Refondation achevée...

    Quoi qu’il en soit, et quoi qu’on dise, le régime au pouvoir actuel est tout à fait légitime MAIS ne respecte pas la légalité constitutionnelle dans sa lettre et son esprit, et reste conforme aux souhaits et revendications manifestés de changement lors de la révolte populaire du 25 septembre 2025.

    Une transition politique est le reflet et conséquence d’une sortie du cadre constitutionnelle, le Colonel n’était pas le président du Sénat lors de sa prise et accès au pouvoir, il ne faisait pas partie non plus d’un gouvernement collégial en exercice à cette époque, encore moins un représentant reconnu et officiel de l’institution militaire.

    Et pourtant, une situation et cas éventuel d’un "intérim" est déjà cadré dans la loi fondamentale à l’issue de la vacance au sommet de l’exercice de responsabilité dans la fonction à la magistrature suprême, ainsi que la période et conditions d’exercice de responsabilité ainsi que les modalités de la conduite et l’achèvement de l’intérim.

    Dans les deux cas, la période et situation d’exercice de l’autorité à Madagasikara ne sont plus conformes et cadrées dans la Constitution de la quatrième République.

    Mais la grande majorité de la population Malagasy accepte l’exercice du pouvoir suprême par le Colonel avec comme principale mission et objet premier la mise en oeuvre de la Refondation de la République.

    Le Colonel n’est NI un élu NI un Président de la République. Il est un chef d’État.

    Répondre

    • 30 janvier à 10:51 | Vohitra (#7654) répond à Vohitra

      De tout ce qui précède, le Colonel est un chef d’État "de facto" , et en conséquence, son pouvoir et exercice d’autorité, bien que légitime eu égard à l’esprit de la révolte populaire, reste limité par le respect de l’unité nationale.

      Le régime actuel n’a pas le droit ni l’onction populaire voulue pour :

      * Engager la Nation dans un accord et traité, que ce soit à l’international ou bilatéral

      * De contracter une dette de régime et une dette d’État, encore moins une dette odieuse

      * De prononcer une déclaration de guerre de façon conventionnelle ou non.

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