Après des passages remarqués à Toliara, Mahajanga et Toamasina, le président de la Refondation a poursuivi sa série de déplacements en se rendant à Fianarantsoa le 3 avril. Officiellement inscrites dans le cadre du suivi des actions gouvernementales, ces visites successives à travers les différentes régions du pays suscitent de plus en plus d’interrogations quant à leur véritable portée politique.
Depuis plusieurs mois, le chef de l’État multiplie les descentes sur le terrain, dans un rythme soutenu et une mise en scène qui rappelle fortement les périodes électorales. À Toliara comme à Toamasina, les déplacements ont été marqués par des rassemblements populaires, des annonces ambitieuses et un discours axé sur le développement rapide du pays. À Mahajanga, la même dynamique s’est répétée, avec une forte mobilisation des autorités locales et une communication directe à destination de la population.
La visite à Fianarantsoa s’inscrit dans cette continuité. Entouré de membres du gouvernement et d’une délégation civilo-militaire, le président a de nouveau insisté sur les priorités de l’exécutif tout en renforçant sa proximité avec les habitants. Mais au-delà du cadre institutionnel affiché, ce sont surtout les annonces faites à chaque étape qui attirent l’attention et alimentent le débat.
À travers ses interventions, le chef de l’État multiplie les promesses à forte portée sociale. Parmi celles-ci figurent notamment l’envoi de jeunes Malagasy à Dubaï dans le cadre de programmes d’emploi, ainsi que l’augmentation des indemnités de pension pour certaines catégories, dont les anciens survivants des événements de 1947. Ces engagements, largement relayés lors de ses déplacements, participent à construire un discours orienté vers l’amélioration immédiate des conditions de vie.
Dans un contexte politique encore marqué par les tensions récentes et les recompositions du pouvoir, cette stratégie de présence continue sur le terrain apparaît pour certains observateurs comme une phase de pré-campagne. La répétition des déplacements, l’importance accordée à la communication directe et la nature des promesses formulées renforcent l’idée d’une campagne qui ne dit pas encore son nom.
Si le pouvoir maintient qu’il s’agit avant tout d’une démarche de gouvernance de proximité, la frontière entre action publique et stratégie électorale semble de plus en plus difficile à distinguer. Cette tournée nationale pourrait ainsi traduire une volonté de reconquérir l’opinion publique, à mesure que se profilent les prochaines échéances politiques. Reste désormais à savoir si les engagements pris sur le terrain se concrétiseront, ou s’ils s’inscriront dans la tradition des promesses de campagne souvent contestées.
-----





Vos commentaires
Un fort taux... d’abandon de bureau !
Entre deux sorties à l’extérieur, le Révérend Colonel sillonne à travers le pays...
Peut être qu’il veut constater de visu s’il existe encore actuellement des localités épargnées par les fréquents délestages...
Peut être que pendant ses descentes auprès du peuple de Zanahary, les contacts humains donnent parfois des inspirations ingénieuses et des émotions...il se mettra plus tard à l’œuvre pour l’écriture de son "livre noir", l’Amiral avait eu son livre rouge, Beriziky avec son livre blanc...
Il aime bien bouger lui, il ne s’arrête jamais de bouger et tourner même si des fois en rond, c’est la raison pour laquelle il n’a pas suffisamment de temps pour réfléchir sur le processus de Refondation dont il est le président du comité de pilotage...
Puisqu’on ne pourra empêcher un laitier de descendre auprès du peuple de Zanahary et de réaliser des réunions publiques, alors, pourquoi veut-on empêcher un refondateur en mal d’inspiration pour s’y mettre aussi...
De toutes les façons, pourquoi s’inquiéter de ses multiples visites et échanges partout et ailleurs puisqu’il y a encore quatre autres personnages ayant les privilèges de chef d’État qui peuvent diriger eux aussi le pays...de plus, celui qui était retenu à Dubaï est déjà au pays et vaque à ses occupations quotidiennes avec les barons...
Vous savez tres bien que dans le calendrier de la transition intérimaire, juste après la concertation, nationale ou non, il y aura un référendum et une élection présidentielle, le Révérend Colonel n’aura pas suffisamment de temps pour abreuver de promesses le peuple s’il se contente de respecter ce calendrier, prendre un peu d’avance ne fera pas du mal à la gouvernance, c’est juste les dépenses qui flambent...
Et puis, où est le mal si le Révérend Colonel veut partager son sourire légendaire pour réconforter les âmes affligées, les ventres creux et les cerveaux abrutis...
Répondre
Herintsalama Rajaonarivelo a payé au prix fort par une éviction ses déclarations affirmant que tout ce beau monde à la traîne de cette refondation devrait quitter le pouvoir à la fin de la période transitoire . C’était un crime de lèse-majesté pour le Colonel qui voyait son destin autrement . Surtout si on voit ce nouveau PM muet comme une carpe à ce jour malgré sa grande gueule au départ et qui nous refait penser à un certain Ntsay Christian !
Répondre