Le dossier Volobe connaît un nouveau tournant. Après des années de discussions, d’annonces et de difficultés financières, les autorités malgaches veulent accélérer la réalisation de cette infrastructure hydroélectrique considérée comme stratégique pour l’approvisionnement du pays. Le président Michaël Randrianirina a confirmé la volonté de son gouvernement de remettre le projet en mouvement à son retour d’une tournée en Europe.
Cette nouvelle étape repose notamment sur une implication financière directe de l’État. Madagascar envisage désormais de devenir actionnaire du projet, une option susceptible de modifier son équilibre économique. Pour financer cette participation, l’Exécutif cherche des soutiens auprès de partenaires internationaux. La France devrait accompagner les démarches malgaches auprès de l’Union européenne pour solliciter le Fonds vert pour le climat. La Belgique aurait également manifesté son appui, tandis que la Banque mondiale serait disposée à accompagner financièrement l’entrée de l’État au capital.
Volobe II est pourtant loin d’être un nouveau dossier. Lancé en 2016, le projet prévoit l’aménagement d’une centrale hydroélectrique de 120 MW sur la rivière Ivondro, dans la région Atsinanana. Sa production doit notamment renforcer l’alimentation des réseaux interconnectés d’Antananarivo et de Toamasina. Mais, dix ans après les premières conventions conclues avec la Compagnie générale d’hydroélectricité de Volobe, les travaux n’ont toujours pas véritablement démarré.
Au cœur des désaccords figurait notamment le prix de vente de l’électricité. L’écart était considérable entre les prétentions de l’opérateur, autour de 17 cents de dollar le kilowattheure, et l’objectif de 9 cents défendu par l’État. La concession a certes été établie sur vingt-cinq ans en 2023, mais l’équation financière demeurait sans solution.
L’arrivée annoncée d’EDF dans le consortium en 2025 n’avait pas suffi à débloquer définitivement la situation. Un avenant conclu en juillet dernier a d’ailleurs prolongé la période de négociation jusqu’en juin 2027.
La participation publique pourrait désormais changer la donne. Selon le chef de l’État, elle contribuerait à faire diminuer le coût de l’électricité produite tout en facilitant le financement de l’ouvrage. Aucun montant précis concernant l’investissement malgache n’a cependant été communiqué.
Volobe revient ainsi au centre de la stratégie énergétique nationale, dans un contexte où les difficultés d’approvisionnement en électricité restent importantes. Après une décennie d’attente, l’enjeu sera surtout de savoir si cette nouvelle impulsion permettra enfin au projet de passer des négociations au chantier.
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