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L’ethnie merina reste la cible privilégiée car on l’accuse de profiter du centralisme. Il faut savoir qu’en avance sur son temps, l’Imerina était déjà il y a deux siècles un royaume structuré, disposant d’une armée régulière et d’un gouvernement rompu à la diplomatie internationale. Mais la cohésion insulaire n’étant nullement réalisée au XIXe siècle, les Merinas furent perçus par les Malgaches de la périphérie comme forces occupantes et comme envahisseurs. La revendication de la décentralisation est ramenée au rang de simple slogan politique, utilisé pour accéder au pouvoir ! La centralisation à outrance est pratiquée par les politiciens qui sont soucieux, une fois élus, de garder le plus longtemps possible le pouvoir. Et recourent pour ce faire à la facilité des moyens les plus rétrogrades comme l’ethno-régionalisme. La revendication du fédéralisme sous une forme violente s’est manifestée une première fois dans la période 1991-1992, avec la crise de la décentralisation qui a accompagné l’échec de la « révolution socialiste » (1975-1991) du président Didier Ratsiraka.
Le discours actuel présente Antananarivo comme un prédateur qui s’accrocherait au centralisme pour pouvoir survivre. Les contempteurs du « centralisme tananarivien » ont trouvé depuis quelques années un filon politique inépuisable : accuser la capitale de tous les maux.
De telles vérités crues sont minutieusement cachées au grand public par les bureaucrates car elles s’inscrivent en faux contre le « merina bashing » qui est devenu politiquement correct.
Un autre mythe cultivé par les partisans du fédéralisme concerne l’ordonnance 73-015 (prise par le général Ramanantsoa au lendemain de la révolution de 1972) qui, en supprimant les budgets provinciaux, est brandie comme la preuve ultime de la spoliation des 5 provinces par la capitale.
Les clans régionaux voient dans le fédéralisme une opportunité de verrouiller leur influence, de contrôler les ressources naturelles et de réduire l’ingérence du pouvoir central.
« Firenena Merina » (Nation Merina) se montre déterminé. « L’injustice territoriale, c’est la province d’Antananarivo qui la subit en ayant été privée d’un accès à la mer au moment de l’indépendance ».
Mais l’unité nationale est sacrée , le « fédéralisme » est une fuite en avant !