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mardi 20 octobre 2026
Antananarivo | 10h29
 

Politique

Assemblée nationale : budget 2027 et réformes électorales devront être au coeur des débats à Tsimbazaza

mardi 20 octobre | Mandimbisoa R. |  170 visites  | 3 commentaires 

L’Assemblée nationale ouvre sa session ordinaire ce mardi 20 octobre à Tsimbazaza, avec deux dossiers majeurs : l’examen du projet de loi de finances pour 2027 et les réformes électorales destinées à encadrer les prochains scrutins. Les députés pourraient également être saisis du projet controversé sur la cybercriminalité et de dispositions concernant la création de nouvelles structures destinées aux jeunes. Cette rentrée parlementaire intervient alors que l’économie nationale traverse une période de forte instabilité, dans un environnement politique marqué par de nouvelles alliances et l’absence d’un Sénat opérationnel.

Le budget de l’État pour 2027 constitue incontestablement l’un des principaux enjeux de cette session. Son élaboration et son adoption interviennent dans des conditions économiques particulièrement délicates. Les réformes financières engagées par l’État concernant ses agents devront notamment trouver leur place dans les prévisions budgétaires, avec des conséquences possibles sur les dépenses publiques. Les parlementaires auront également à examiner les hypothèses retenues en matière d’inflation, alors que les incertitudes liées à la conjoncture politique et économique mondiale continuent de peser sur les perspectives nationales. Dans une économie déjà fragilisée, la cohérence entre les recettes attendues, les engagements de l’État et les dépenses envisagées nécessitera une attention particulière. Les arbitrages budgétaires devront ainsi tenir compte des capacités financières réelles du pays, sans négliger les besoins sociaux et les priorités économiques.

Sur le volet institutionnel, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) prévoit l’adoption de nouvelles dispositions électorales durant cette session. Son président, Thierry Rakotonarivo, a évoqué cette échéance devant la presse la semaine dernière. Les textes attendus doivent permettre de préciser les règles applicables aux prochaines élections. Ils s’inscrivent dans la continuité des consultations organisées en septembre par le président Michaël Randrianirina avec différentes formations politiques. Ces échanges, suivis également par des partenaires internationaux, avaient permis d’aborder les changements nécessaires au fonctionnement du système électoral.

La législation sur la cybercriminalité pourrait également revenir devant les parlementaires. Le projet élaboré par les ministères de la Justice et des Télécommunications avait été écarté des discussions lors des sessions extraordinaires d’août et de septembre, après de nombreuses contestations. Certaines dispositions avaient notamment suscité des inquiétudes concernant la liberté d’expression sur les plateformes numériques. Une éventuelle reprise de son examen pourrait rouvrir le débat sur les moyens juridiques de lutter contre les infractions commises sur Internet. Le gouvernement n’a cependant pas encore confirmé sa volonté de présenter à nouveau ce texte.

Les initiatives annoncées par le chef de l’État en faveur de la jeunesse pourraient, elles aussi, nécessiter des décisions parlementaires. La création de nouveaux organismes consacrés aux jeunes suppose notamment de définir leurs missions, leur organisation et les ressources financières nécessaires à leur fonctionnement. Les modalités de leur mise en place restent à préciser.

Cette session se déroule également dans un paysage politique en recomposition. La plateforme VFM, constituée notamment d’anciens membres de l’IRMAR, formation autrefois associée à Andry Rajoelina, cherche à renforcer sa présence dans plusieurs districts. Ses déplacements sur le terrain traduisent une volonté d’élargir son implantation, mais son influence réelle dans les débats parlementaires demeure incertaine.

L’absence d’un Sénat opérationnel donne enfin une dimension particulière aux décisions attendues à Tsimbazaza. Entre les contraintes financières de l’État, les modifications du cadre électoral et les initiatives institutionnelles annoncées, les députés devront examiner des textes dont les conséquences dépasseront largement cette session. Le projet de loi de finances pour 2027 sera notamment l’occasion de mesurer la capacité du gouvernement à présenter des prévisions budgétaires crédibles dans un contexte économique particulièrement incertain.

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3 commentaires

Vos commentaires

  • 20 octobre à 09:31 | Vohitra (#7654)

    C’est la session budgétaire en vue de l’élaboration de la loi des finances initiale pour l’année 2027, et qui est la première du genre dont la définition est sous la responsabilité totale et entière du régime transitoire intérimaire non-élu.

    Et comme le régime au pouvoir s’est donné en tant qu’ objectif global la refondation de la République, la LFI 2027 devrait refléter fidèlement des prévisions dans ce sens.

    Le processus de concertation nationale, les dépenses pour le fonctionnement des organismes en charge de la traduction des aspirations et attentes issues de la concertation à différents niveaux en loi fondamentale pour la République, les prévisions pour faire face aux risques liés au climat et perturbations cycloniques ainsi que les besoins de reconstruction nécessaire, les actions de prédisposition de stocks alimentaires dans les zones d’accès difficiles, les prévisions nécessaires permettant le fonctionnement optimal du service public "essentiel" partout sur l’étendue du territoire de la République, ces rubriques devraient être clarifiées et définies, dimensionnées et établies dans la future LFI 2027.

    Il est impératif de réduire les dépenses inutiles en période de refondation de la République, notamment les sorties et visites à l’extérieur du pays, les événements festifs, la hausse de salaires et indemnités des agents de l’Etat et des élus, les achats inutiles d’équipements destinés à satisfaire les privilèges des hauts dirigeants et haut fonctionnaires, l’octroi de primes diverses de quelle nature que ce soit aux agents au service de l’Etat.

    Sur ce dernier aspect, il est indispensable de supprimer totalement les primes accordées aux institutions de la République en cours de refondation.

    Le ministère des finances devrait apporter des éclairages sur les implications budgétaires de l’adoption par l’Assemblée Nationale du nouveau statut des militaires.

    Bref, est-ce que cette fois-ci, la loi sur l’accès aux informations à caractères publics (LAICP) sera adoptée par les députés ?

    Répondre

  • 20 octobre à 09:54 | tonga soa (#11899)

    Un vrai programme...électoral.

    Répondre

    • 20 octobre à 10:10 | RATOVO (#10503) répond à tonga soa

      tonga soa ROMY VOOS

      Rien que ça dans la petite cervelle ?
      Quid de la mise en accusation du voleur et assassin Andry Rajoelina durant cette session ?
      Au centre d’un système de pillage organisé, le clan familial de l’ancien président Andry Rajoelina est aujourd’hui ouvertement mis en cause pour des années de trafic de minerais précieux sous couvert d’impunité d’État. Les frontières du pays sont devenues une passoire pour le cercle restreint du pouvoir " orange " . En première ligne : le père de l’ex-président, le colonel à la retraite Yves Roger Rajoelina. Bénéficiant d’un statut d’intouchable, il multipliait les déplacements internationaux exemptés de toute fouille ou contrôle douanier. Avec d’autres proches, il est suspecté d’avoir fait office de convoyeur privilégié, évacuant clandestinement d’importantes quantités d’or et de pierres précieuses hors des frontières. Ce schéma familial s’est matérialisé lors de plusieurs scandales retentissants, à commencer par la saisie de 73 kilos d’or interceptés en Afrique du Sud fin 2020. Yves Roger Rajoelina et Rodolphe Razakandisa, beau-père d’Andry Rajoelina, y ont été directement impliqués avant d’être blanchis au terme de négociations informelles en coulisse .
      Aujourd’hui, alors qu’Andry Rajoelina a trouvé refuge hors du pays, les maillons essentiels de cette chaîne de contrebande, à commencer par son père, résident toujours à Madagascar. L’inaction des autorités à leur égard interroge sur la persistance de leurs soutiens et soulève une question légitime : jusqu’à quand la justice évitera-t-elle de demander des comptes à ceux qui ont orchestré l’évasion des richesses de la Nation ? Ce parlement croupion dominé par des FORONGONY qui jouent des manœuvres dilatoires pour complicité envers le lâche fugitif à Dubaï !
      La RATE va arguer encore que ce sont des ragots !

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