Soixante-huit ans après la proclamation de la République, Madagascar doit encore conquérir son indépendance véritable. C’est le message défendu par le colonel Michaël Randrianirina lors des célébrations du 14 octobre à Antsohihy, dans la région Sofia. Devant la population, le chef de l’État a dressé un constat critique de la situation nationale, estimant que les dépendances économiques, les influences étrangères et certaines pratiques héritées du passé empêchent le pays de disposer pleinement de son avenir.
Pour le président de la Refondation, l’existence d’institutions nationales et la reconnaissance internationale de Madagascar ne garantissent pas, à elles seules, une souveraineté effective. Il considère que le pays demeure exposé à des mécanismes de domination qui réduisent sa liberté de décision. Une situation qu’il assimile à une nouvelle forme de colonisation, différente de celle connue avant 1960, mais dont les conséquences pèseraient toujours sur le développement national.
La politique étrangère figure parmi ses principales préoccupations. Le colonel Randrianirina affirme avoir été interpellé par certains partenaires internationaux au sujet des relations entretenues par Madagascar avec d’autres États. Sans identifier les gouvernements concernés, il conteste toute tentative d’influencer les choix diplomatiques d’Antananarivo. Selon lui, les autorités malgaches doivent pouvoir diversifier leurs coopérations sans avoir à justifier leurs décisions auprès de puissances étrangères.
Cette revendication d’autonomie concerne également les finances publiques. Le chef de l’État déplore que la réalisation de nombreux projets reste conditionnée aux financements extérieurs. À ses yeux, cette dépendance limite les possibilités de définir librement les orientations économiques du pays et soulève la question de sa capacité à financer ses propres priorités.
Le président a également abordé la place de la langue malgache dans l’enseignement. Il a notamment critiqué les établissements francophones qui interdiraient à leurs élèves de s’exprimer dans leur langue nationale. Une pratique qu’il juge incompatible avec la reconnaissance de l’identité culturelle malgache.
Au-delà de ces critiques, Michaël Randrianirina a insisté sur la nécessité de préserver l’unité nationale. Il appelle les différentes composantes de la société à dépasser leurs différends pour soutenir la reconstruction du pays. Le chef de l’État estime que les divisions politiques et les intérêts particuliers constituent autant d’obstacles à la réalisation des ambitions nationales. Il a également évoqué l’existence de résistances à son action, y compris parmi des personnes de son entourage, sans fournir davantage de précisions.
Le choix d’Antsohihy pour accueillir les festivités revêtait aussi une dimension historique. Cette localité est étroitement associée à Philibert Tsiranana, originaire d’Anahidrano, premier président de la République malgache. Michaël Randrianirina a voulu rendre hommage à cette figure de l’indépendance, qui avait dirigé le gouvernement mis en place après la proclamation de la République, le 14 octobre 1958.
Cette commémoration coïncidait également avec le premier anniversaire de la désignation du colonel Randrianirina à la tête du pays, le 14 octobre 2025. Le dirigeant a lui-même souligné cette correspondance de dates, à laquelle il accorde une signification particulière.
Pour les prochaines éditions, il envisage d’étendre les célébrations du 14 octobre à l’ensemble du territoire national. Quant à la souveraineté qu’il revendique, son discours pose désormais la question des moyens concrets que le gouvernement entend mobiliser pour réduire les dépendances dénoncées et traduire les ambitions de la Refondation en résultats économiques et sociaux.
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Vos commentaires
Je pense que parmi les pays (ou peut être le pays) visés il y a la France. Je pense aussi qu’il prépare le terrain pour un rapprochement beaucoup plus fort avec La Grande Russie.
Courage mes "amis".
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Tout d’abord, la célébration de la date du 14 octobre fait partie des "dépenses inutiles" dans un pays où près de trois millions de personnes sont menacées par la famine et la malnutrition chronique et aiguë...
Le 14 octobre n’était qu’un jalon de l’histoire... l’avènement d’une République par voie d’abrogation de la loi d’annexion de 1896 alors que le pays à cette date n’était pas encore indépendant !
De plus, à la date du 14 octobre 1958, le pays ne disposait pas encore de sa propre Constitution, avec une autonomie interne amputée de pouvoir décisionnel en matière de coopération extérieure, de justice et de défense nationale...
Par ailleurs, à propos du discours sur la souveraineté nationale et dépendances du pays, qu’est-ce qu’il a fait le Monseigneur pour changer la situation depuis une année déjà qu’il exerce la responsabilité de chef d’État ?
Ça ne sert à rien de discourir dans le vide alors qu’on reste inactif et passif alors qu’on dispose déjà du levier pour engager le changement dans ce sens...
On dirait que le Monseigneur ne fait que de la manipulation de l’esprit chez un peuple affamé confronté à de nombreuses privations et perte de dignité !
Est-ce encore une manœuvre dilatoire pour détourner l’attention du public sur la disparition et évasion programmée de 11 chinois sur fond de corruption avérée perpétrée par des responsables étatiques ?
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Il faut arrêter ce genre de discours de colonisé, en quelque sorte, c’est un complexe.
Colonel a choisi de s’orienter vers le camp de boiteux du Sahel, au lieu de recopier la politique de Rwanda, ferme avec les anciennes puissances coloniales, tout en continuant de maintenir les partenariats avec eux, et ne néglige aucun partenariat.
Parce qu’ils ont compris que les occidentaux restent un océan de marché que ni la chine, ni la Russie ne peut rivaliser, en terme de consommation.
"Le Fonds monétaire international (FMI) et le Rwanda poursuivent une étroite coopération financière et technique, marquée par de récents accords de financement."
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