Le gouvernement malgache a franchi un nouveau cap dans la réforme de son système électoral avec l’adoption du décret n°2026-942, relatif à la refonte complète des listes électorales et du Registre électoral national. Signé par le Premier ministre et publié en avril 2026, ce texte vise à moderniser, fiabiliser et assainir le processus d’inscription des électeurs à l’échelle nationale.
Selon les dispositions du décret, cette refonte s’inscrit dans le cadre de la « Refondation de la République » et répond à la nécessité d’améliorer la transparence et la crédibilité des élections. L’opération repose sur quatre grandes phases : le recensement des électeurs, l’arrêtage provisoire des listes, la gestion des réclamations, puis l’arrêtage définitif accompagné de l’établissement du registre national. L’ensemble du processus doit s’achever au plus tard le 25 avril 2027.
Le recensement des électeurs constitue la première étape clé. Il est placé sous la responsabilité de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), qui s’appuie sur des commissions locales de recensement des électeurs (CLRE) établies dans chaque Fokontany. Ces structures sont chargées d’identifier les citoyens remplissant les conditions légales pour voter, notamment être âgé d’au moins 18 ans et détenir une carte nationale d’identité.
Deux principales méthodes de recensement sont prévues : les visites de ménage et l’inscription directe auprès des Fokontany. Les agents habilités peuvent se rendre au domicile des électeurs pour collecter les informations nécessaires, tandis que les citoyens ont également la possibilité de s’inscrire en personne ou via une plateforme numérique. Cette digitalisation marque une avancée importante, permettant une collecte préalable des données en ligne, accompagnée du téléchargement de pièces justificatives.
Le décret introduit également des mesures strictes pour lutter contre les inscriptions multiples. Des critères précis, tels que les similitudes de noms, dates de naissance ou numéros d’identification, sont utilisés pour détecter les doublons. En cas de conflit, la dernière inscription annule automatiquement les précédentes.
Par ailleurs, des audits peuvent être réalisés tout au long du processus afin d’évaluer la qualité des listes électorales et la fiabilité du traitement informatique. Les recommandations issues de ces audits seront rendues publiques, renforçant ainsi la transparence du dispositif.
À l’issue des opérations de correction et de vérification, les listes électorales feront l’objet d’un arrêtage définitif. Ce registre national servira de référence pour toutes les consultations électorales futures, jusqu’à l’adoption d’un nouveau cadre juridique.
Enfin, le décret prévoit l’implication d’observateurs issus de partis politiques, d’organisations de la société civile et d’ONG, bien que leur absence ne puisse entraver le déroulement des opérations.
Avec cette réforme ambitieuse, les autorités malgaches entendent restaurer la confiance des citoyens dans le système électoral et garantir des scrutins plus transparents et inclusifs.
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Vos commentaires
Ce n’est pas de la Refondation ça !
C’est juste du bon travail, á faire et surtout à vérifier
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