Facebook Twitter Google+ Les dernières actualités
samedi 20 juin 2026
Antananarivo | 11h30
 

Transport

Téléphérique d’Antananarivo

Le financement de 150 millions d’euros n’est pas une dette effaçable

samedi 20 juin | Mandimbisoa R. |  297 visites  | 2 commentaires 

« Il n’y a pas d’endettement vis-à-vis de la France s’agissant du projet de transport par câble, il y a une relation commerciale », a déclaré l’ambassadeur de France à Madagascar, Arnaud Guillois, en marge de la signature de trois conventions de financement d’un montant total de 60 millions d’euros avec le gouvernement malgache. Pour les autorités françaises, le financement du téléphérique d’Antananarivo ne relève donc pas d’une dette contractée entre les deux États.

Lancé sous le régime d’Andry Rajoelina, le téléphérique d’Antananarivo représente un investissement de 150 millions d’euros. Depuis les manifestations du 25 septembre 2025 ayant conduit à l’exil de l’ancien président malgache et donc à l’accession au pouvoir du colonel Michael Randrianirina, il est totalement à l’arrêt. Symbole des réalisations les plus contestées de l’ancien régime, l’infrastructure a été prise pour cible par des manifestants. Plusieurs stations ont été vandalisées et certaines incendiées, leurs détracteurs estimant que ce projet ne répondait pas aux besoins les plus urgents de la population.

Lors de son déplacement en France, où il a rencontré Emmanuel Macron, le président de la Refondation, le colonel Michael Randrianirina a voulu se démarquer de son prédécesseur et a demandé l’effacement du financement lié au téléphérique. Il y a quelques semaines, le tombeur d’Andry Rajoelina a affirmé ne pas avoir encore obtenu de réponse à sa requête auprès des autorités françaises.

A entendre l’ambassadeur français, Arnaud Guillois, le projet repose sur un montage financier à caractère commercial et non sur une aide publique accordée directement par la France à Madagascar. Ce type de financement est encadré par des contrats conclus selon les règles du marché et implique plusieurs intervenants économiques. Contrairement à un emprunt d’État à État, qui peut faire l’objet de négociations diplomatiques ou de mesures d’effacement décidées au niveau politique, ce mécanisme obéit avant tout à des engagements contractuels. C’est cette différence qui conduit la France à écarter la notion de dette bilatérale dans ce dossier.

Le cadre financier du projet avait été défini dès le 20 septembre 2021 avec la signature d’un accord intergouvernemental entre Madagascar et la France. L’infrastructure devait être financée grâce à un prêt du Trésor français. À l’époque, le ministère français de l’Économie et des Finances avait précisé qu’il s’agissait d’un prêt commercial bénéficiant notamment d’une garantie de BPIFrance et d’autres mécanismes de financement.

Malgré tout, le diplomate français a réaffirmé la disponibilité de la France pour échanger sur le sujet. Il a souligné que les autorités françaises restent ouvertes au dialogue, y compris lorsque celui-ci concerne des acteurs privés impliqués dans le projet. Arnaud Guillois a également indiqué que la France a pris note de la volonté exprimée par le ministère malgache des Transports de remettre le téléphérique en service avant la fin de l’année. Une reprise qui pourrait contribuer à atténuer les embouteillages qui pénalisent quotidiennement les habitants de la capitale.

Dans ce contexte, la volonté du gouvernement de remettre l’équipement en fonctionnement apparaît comme une option pragmatique. Une telle décision permettrait de respecter les engagements pris dans le cadre de ce financement, même si les autorités actuellement au pouvoir n’en sont pas à l’origine. Elle offrirait également une réponse partielle aux problèmes de circulation qui paralysent régulièrement Antananarivo. Pour autant, le téléphérique ne saurait, à lui seul, résoudre les défis structurels de la mobilité urbaine dans la capitale malgache.

-----

2 commentaires

Vos commentaires

  • 20 juin à 09:54 | canal baobab 13 (#11848)

    Ce téléphérique est symbolique de ce que devrait être une digne politique du développement et à la place du colonel je dis à la France que au moins parfois lorsque sa mafia installe le PMU il a quelques malgaches qui gagnent...parfois je suppose deja qu en France c est une perte sèche à 99,99% pour les joueurs de courses à canacon et moi je dirai à manu ou on co organise réorganise un plu à tana depuis notre hypodrome)dont j ai oublié le nom..j’ai aimé 2, 3 dimanche là fermé après 96 après l arrivée du PMU bref) soit ça aussi ça degage il faut établir un rapport de force avec Paris la jésuite bref la mafia faut appeler un chat un chat !
    ( un petit télécabine pour monter au rova depuis le lac suffira pour les touristes et buizeness d affaire et.-)

    Répondre

  • 20 juin à 10:30 | Vohitra (#7654)

    Une véritable crapulerie pour endetter un État avec la complicité du milieu politique et des composants du secteur privé...

    Dans quel but du côté du milieu politique local ? C’est pour rafler des commissions juteuses bien entendu !

    On l’assimile à un "engagement contractuel à caractère commercial", avec un taux d’intérêt commercial...

    Ils savent pertinemment dans le contexte local que c’est un projet tres difficile à rentabiliser pour plusieurs raisons, mais le service de la dette du pays prendra effet pour honorer l’engagement quelle que soit l’issue de la rentabilité financière du projet... d’ailleurs avec l’intelligence en arithmétique du promoteur politique du projet, aborder le sujet sous l’angle financier est un réel parcours de combattant...

    L’ambassadeur français est en train de faire un rappel sous un ton à peine voilé : ce qui était signé est là, à charge pour vous d’honorer votre engagement... commercial qui n’est pas du ressort d’une aide publique au développement...

    Le français Rajoelina nous a mis dans le pétrin ni plus ni moins, c’est un crapule ploutocrate sans scrupules...

    Du côté Malagasy, accelerons la procédure judiciaire à son égard, et procédons à la saisie de ses biens pour rembourser ce prêt commercial prohibitif...

    Répondre

Réagir à l'article

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, merci de vous connecter avec l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Publicité




Newsletter

[ Flux RSS ]

Suivez-nous

Madagascar-Tribune sur FACEBOOK  Madagascar-Tribune sur TWITTER  Madagascar-Tribune sur GOOGLE +  Madagascar-Tribune RSS 
 
{#URL_PAGE{archives}}