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jeudi 18 juin 2026
Antananarivo | 12h06
 

Politique

Conjoncture politique

Les deux juges de la HCC, Noëlson William et Merlin Rasolo Nandrasana démissionnent

jeudi 18 juin | Mandimbisoa R. |  283 visites  | 3 commentaires 

Un nouveau rebondissement vient secouer la Haute Cour Constitutionnelle (HCC). Noëlson William et Georges Merlin Rasolo Nandrasana, les deux hauts conseillers, élus par les députés, ont pris la décision de démissionner. L’information a été confirmée hier par Florent Rakotoarisoa, président de la HCC, lors d’un déplacement à l’Assemblée nationale à Tsimbazaza.

Florent Rakotoarisoa a précisé avoir reçu les lettres de démission en main propre le lundi 15 juin. Devant les journalistes, le chef de la Cour d’Ambohidahy a affirmé que ce double départ était motivé par des raisons personnelles.

Le juge Merlin Rasolo Nandrasana, a choisi de s’exprimer en fin de journée pour livrer ses confidences. Il a affirmé que sa décision est mûrement réfléchie depuis trois mois. « L’ambiance n’y est plus, a-t-il déclaré en faisant référence à l’ambiance qui prévaut au sein de la juridiction d’Ambohidahy. Il a précisé avoir pris cette lourde décision en considération des intérêts de tous, tout en assurant qu’il s’agissait d’un choix volontaire.

Ce n’est pas la première fois que cette institution sombre dans un climat délétère. Depuis l’accession au pouvoir de la junte militaire en octobre 2025, la HCC traverse des zones de fortes turbulences. En décembre 2025, trois juges de la Cour ont été remplacés d’une manière très controversée. Le pouvoir a annoncé leur démission, tandis que les concernés ont immédiatement démenti cette version officielle. Malgré leurs contestations, ces trois juges nommés sur le quota du Président de la République sous le régime de l’ancien président Andry Rajoelina ont tous été remplacés sans ménagement.

Pour Noëlson William et Georges Merlin Rasolo Nandrasana, élus par les députés, l’engrenage a commencé lorsque l’Assemblée nationale a tenté d’organiser par forcing une vote pour leur remplacement le 28 avril dernier. Les deux hauts conseillers ont alors riposté en qualifiant cette initiative d’illégale et impossible en raison du non-respect des procédures. Face à cette résistance, le vote des députés n’a pas pu se tenir.

La pression s’est ensuite accrue quand le procureur général, sous les ordres de la ministre de la Justice Fanirisoa Ernaivo, a lancé une demande de poursuites judiciaires visant quatre juges de la HCC, dont Noëlson William et Georges Merlin Rasolo Nandrasana. Ces juges sont ciblés par des soupçons de complot en vue de déstabilisation suite à des décisions prises dans l’exercice de leur fonction. On leur reproche notamment d’avoir voté la recevabilité d’une requête du député Rajerison Antoine Randriamampianina, demandant la destitution du président de la Refondation.

Face à cette menace de poursuites, la HCC avait réagi fermement le 2 juin en dénonçant une atteinte grave à son indépendance et une violation du secret des délibérations. Bien que le président de la Refondation ait apporté publiquement son soutien à la Cour, le climat est resté intenable pour les deux magistrats, menant finalement à leur démission. À présent, la vacance des sièges doit être constatée par un décret présidentiel. L’Assemblée nationale disposera alors d’un délai de huit jours pour élire de nouveaux représentants et combler le vide laissé à Ambohidahy.

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3 commentaires

Vos commentaires

  • 18 juin à 10:50 | Vohitra (#7654)

    Rajoelina a laissé en héritage suite à sa fuite précipité un poison dangereux à la Nation et à la République : les institutions qu’il avait toujours manipulées sans retenue...

    Et les membres de ces institutions dévoyées ont su en profiter largement en contrepartie des allégeances offertes...

    Hier, à la question d’un journaliste adressée au président de la HCC sur le secret ou les raisons de sa présence inamovible à la tête de la HCC, la réponse avec un sourire inoubliable du personnage : "c’est parce que je travaille bien"...

    Oui, l’antidote vis à vis du venin dangereux et letal tarde à être mobilisé : la dissolution...

    Répondre

  • 18 juin à 10:55 | rakotobe (#7825)

    République bananière,

    Malgré le soutien du chef de la junte militaire le colonel Michael à la plus haute juridiction de l’État dans cette affaire, face à la fronde de Fanirisoa.
    2 juges sur 4 ont préféré prendre leur destin en main, ne supportant pas " l’épée de damoclès " au dessus de leur tête sous pretexte de destabiliser le nouveau État de droit version Fanirisoa.
    Cette 2ième épisode secouant les magistrats de la HCC confirment bien le non-respect du principe de la séparation des pouvoirs qui permet de garantir les droits fondamentaux et de conserver un équilibre en Démocratie.
    C’est aussi simple que ça, tant que les fondamentaux d"un État de droit et l’État social ne sont pas pleinement reconnus par ses dirigeants, Madagascar restera un régime bananier .

    Répondre

  • 18 juin à 11:45 | lé kopé (#10607)

    Personne n’est dupe sur la nomination du Colonel comme Chef d’Etat par Intérim , pour justifier et permettre au chasseur des Flamands roses à siéger dans son fauteuil avec impunité .
    L’octroi des indemnités mirobolantes aux ...cinq membres de la Trasition , dénommés Hauts Conseillers , ne font que confirmer cette démarche .
    Seule la Conférence Nationale est habilitée à mettre fin à cette grotesqque gabegie .

    Répondre

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